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29 mars 2018 4 29 /03 /mars /2018 22:23

NICOLAS Ier de MONTÉNÉGRO À CANNES :

À la faveur d’une conférence donnée par M. Marro avec le talent que nous lui connaissons, évoquons sommairement la vie de Nicolas Ier.

Il ne reste pas même un an à Cannes, du 12 janvier 1920 à décembre. Il habite la villa Mauritzia, énorme propriété donnant sur deux boulevards, le boulevard de la Source et le boulevard Eugène-Gazagnaire (plus tard, Louis Louis-Dreyfus, un temps notre député, en sera également locataire). Celle-ci appartient à Mme Chevreau de Kronenberg. La villa est somptueuse avec son grand parc, ses magnifiques palmiers, son jardin d’hiver et sa chapelle.

Il y eut jusqu’en 1923 une rue Monténégro, proche de la villa (actuellement rue J. Grant-Milne). Et pourtant Nicolas Ier ne remplit pas les colonnes de la gazette locale : Le Littoral 29 août 1920 S.M. le roi d’Italie Victor-Emmanuel III venant d’Italie par la route, accompagné de cinq personnes a rendu visite à son beau-père… et c’est tout.

Carte postale aimablement proposée par Frédéric Vincent.

Carte postale aimablement proposée par Frédéric Vincent.

Pour la très petite histoire, son fils aîné Danilo par son caractère festif inspirera Viktor Léon et son collaborateur Léo Stein pour le « prince Danilo » de l’opérette La Veuve Joyeuse. Dans la réalité, il n’épousera pas la Veuve.

Pour une plus grande histoire, ses neuf filles noueront de brillantes unions matrimoniales à l'étranger, ce qui vaudra à Nicolas Ier d'être surnommé le « beau-père de l'Europe ».

 

CE MOIS À CANNES :

Paul Deschanel est dans les Alpes-Maritimes les 5 et 6 avril 1920. L’Illustration relate une émouvante rencontre : A Cannes … à un aveugle qui lui offrait des fleurs, le président dit, très ému en l’embrassant : « vous ne voyez pas, mon ami, mais vous allez sentir mon cœur battre près du vôtre ». Et il le serra dans ses bras. Il était venu à Nice pour célébrer la fête fédérale de la gymnastique qui se déroulait chaque année dans une ville différente.

Sources : Nice-Matin 16 avril 2017.

 

QUE RESTE-T-IL ?

L’application du calendrier révolutionnaire du 5 octobre 1793 est d’un usage obligatoire jusqu’à sa suppression par Napoléon le 1er janvier 1806. Il n’avait pas empêché à Cannes le maintien du repos dominical et le refus de chômer le décadi. Le calendrier des mariages participe également à cette opposition, période prohibée du carême et de l’avent. L’institution du mois de Marie (mai) en 1815 s’est confondue avec un interdit religieux.

An VIII (1800) les Cannois subissent disette, grande détresse et, ce qui n’arrange rien, séjour et passage de l’armée française qui vient d’évacuer Nice avec un immense matériel de guerre.

Vers 1802, construction d’une maison commune à l’emplacement du terrain Ricord angle de l’actuelle rue Emile Négrin.

Accompagné d’une compagnie de chevau-légers, le pape Pie VII descendra à l’hôtel Pinchinat. Napoléon Bonaparte l’avait fait enlever pour l’amener à Paris sous escorte. La salle commune avait été vidée de tous ses clients. Le maire et le curé furent reçus par un pape fatigué (il avait 62 ans).

Monsieur Gras demanda au pape de bénir, du balcon, le peuple amassé devant la maison, ce qu’il fit …

Le lendemain, de fort bonne heure, Pie VII reprenait la route de Paris pour y couronner, le 2 décembre 1804, Napoléon Ier, empereur des Français.

L’empereur Napoléon veut instaurer la saint Napoléon le 15 août, l’ordre est très précis pour le préfet du Var d’organiser procession, messe, fête communale. Nous ne savons pas si l’exécution a eu lieu à Cannes mais il reste la fête chômée.

Cannes, à plusieurs reprises, avait été un lieu de réunion de conjurés. Les Royalistes Cannois avaient formé un Comité et il fut décidé qu'avec le concours de trois officiers espagnols et de prisonniers évadés, on établirait des communications régulières avec l'escadre anglaise qui croisait au large de Saint-Tropez…

…mais, la police impériale avait eu vent de l’affaire, et le mauvais temps ayant empêché cette expédition, les conjurés furent arrêtés et traduits devant une Cour Martiale siégeant à Toulon, le 10 décembre 1813. Après un long réquisitoire du juge-rapporteur onze conjurés furent fusillés, dans un bois d'oliviers, près de la Porte d'Italie à Toulon.

A l'avènement de Louis XVIII, les biens des deux Cannois qui avaient été confisqués par un ordre du gouvernement impérial, furent rendus à leurs familles par faveur spéciale.

Malgré ces exécutions, les royalistes cannois continuèrent à se réunir à l'Hôtel Saint-Antoine, en 1814, leur président était le cannois André Varaldi. Ce n’est pas lui qui reçut le général Cambronne qui exigeait qu’on lui remette 6 000 rations alors que Cannes ne comptait que 3 000 âmes. (Voir billet N°60 avril 2015)

1822 : Le chemin boueux qu’il faut emprunter pour accéder à l’église Notre-Dame de l’Espérance est remplacé par une rampe régulière grâce à l’aide fournie par le préfet du Var, Louis-Germain Chevalier.

Rampe de la rue Chevalier. Photo MLR

Rampe de la rue Chevalier. Photo MLR

 Les Cannois s’opposeront pendant 20 ans au plan d’alignement des rues rendu nécessaire par le trafic de la route d’Italie qui débouche sur le quartier de la Marine.

Rue Félix-Faure. Photo MLR 

Rue Félix-Faure. Photo MLR 

En 1832, un ouragan d’une force inouïe jette sur la côte les navires mouillés en rade et fait périr des marins sous les yeux des Cannois. L’eau s’engouffre dans la rue Grande (rue Meynadier). Est réexaminé un projet de môle réclamé depuis 1772.

1834 : Auberge Pinchinat. Photo L.S

1834 : Auberge Pinchinat. Photo L.S

Commencent alors les effets bénéfiques de l’implantation imprévue d’une petite colonie d’hivernants britanniques.

Carte postale, le bas du Suquet. Archives municipales.

Carte postale, le bas du Suquet. Archives municipales.

Cherchez l’erreur !

Sources : Pierre Cosson, Cannes, ses lointaines origines.

                 Alain Ruggiero et groupe d’historiens, Histoire de Cannes.

                 Philippe Pinatel, Quatre siècles d’histoire de Cannes.

                 Groupe d’historiens régionaux, Histoire de Cannes

                  Pierre Dulbeco, L’Hôtel de ville de Cannes.

                  Atelier Les Amis des Archives : Recherches sur le passé cannois, Le Suquet.

                 Cannes Université : La mémoire publique de Cannes, plaques et monuments.

                J.J. Pierrugues : publication, Le Littoral 1934

 

LIENS ANNEXES : La lettre froissée, une enquête à la Belle Epoque par Alice Quinn

Ce prétexte nous permet de voyager avec plaisir dans un temps antérieur dont nous aimons dire « c’était mieux avant ». Découverte de La villa des Pavots : chemin vicinal Saint-Nicolas. C’était un chalet à la mode avec balcon, comme on en faisait de nombreux. Je détestais ce style que je trouvais étrange au bord de la Méditerranée. Des chalets comme dans les Alpes ? Mais auxquels on rajoutait parfois des bow-windows à l’anglaise ? Un mélange hétéroclite sans goût, avec un côté mièvre, mignon, charmant que je trouvais désespérant.

Les Pavots. Angle de la rue Marius-Aune et de l’avenue Saint-Nicolas. Frédéric Vincent.Les Pavots. Angle de la rue Marius-Aune et de l’avenue Saint-Nicolas. Frédéric Vincent.

Les Pavots. Angle de la rue Marius-Aune et de l’avenue Saint-Nicolas. Frédéric Vincent.

ON NOUS COMMUNIQUE :

Jeudi 5 avril : journée à Antibes en covoiturage.

Matin : promenade commentée dans la Commune Libre du Safranier et visite du petit musée privé de Monsieur Boetti. Déjeuner au restaurant le Safranier.

Après-midi : visite guidée du vieil Antibes. Rendez-vous à 10h30 sur les remparts devant le musée Picasso.

Pour tous renseignements ( : 06 10 83 12 39.

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28 février 2018 3 28 /02 /février /2018 21:13

ACTUALITES : La fin du viaduc de la Siagne.

L’ouvrage fut posé en 1862, il présentait des signes de fatigue, la vitesse des trains était ralentie à 40 km/h au moment de leur passage au-dessus de la Siagne. Le chantier est ouvert et durera un an pour faire place à un paysage moins bucolique (voir billet N° 78, octobre 2016).

Photo bientôt d’archives : La Siagne.

Photo bientôt d’archives : La Siagne.

CE MOIS A CANNES : 

La voie Julia Augusta empruntait les hauteurs de la Croix-des-gardes. Elle fut longtemps démunie de ponts et l’on devait acquitter un péage pour la traverser. Une criée publique du 15 mars 1570 nous apprend que l’on sème du riz sans autorisation. Cette culture sera abandonnée vers 1720 étant donné les eaux croupissantes qui donnent une infestion insupportable.

 

 

QUE RESTE-T-IL ?

1789 : Un tournant pour Cannes ? Régénération sera le mot de ralliement de tous les Cannois.

On se préoccupe surtout du procès Ricord. Louis-François Ricord, négociant de Grasse reçoit de l’évêque de Grasse un terrain à la Marine, pour y faire construire des magasins, . Pour Cannes, c’était un terrain communal. Le procès dura jusqu’en 1803. Pendant que l’affaire traînait, Ricord fit construire sa bâtisse.

En septembre 1792, on venait d’inaugurer l’arbre de la liberté sur la Marine, la foule exaltée se porta à la maison commune au Suquet et enjoignit le corps municipal de prendre possession de la bâtisse Ricord, on se saisit de chaises, meubles, dossiers, registres pour emménager chez Ricord, il y eut des tentatives de conciliation, un compromis intervint : Ricord restait propriétaire de la bâtisse, le reste du terrain était reconnu propriété de la commune. La municipalité resta locataire du bâtiment jusqu’en 1808, date où elle louait le premier étage de la maison Aune, sur le port. Enfin en novembre 1810, elle achetait la maison Calvy. 

Cannes, septembre 1831. La Marine et la maison Ricord. Dessin aimablement communiqué par les Archives municipales.

Cannes, septembre 1831. La Marine et la maison Ricord. Dessin aimablement communiqué par les Archives municipales.

Il faudra attendre 1867 pour un règlement qui donne la nue-propriété à M. Ricord et accorde un bail à la Ville, le reste du terrain est alors reconnu propriété de la commune.

Revenons à la Révolution.

Plaque commémorative sur la chapelle de la Miséricorde.

Plaque commémorative sur la chapelle de la Miséricorde.

C’est à la chapelle de la Miséricorde ou chapelle des Pénitents noirs qu’eurent lieu les ventes aux enchères publiques des églises et chapelles de Cannes. La chapelle Notre-Dame du Bon-Port, anciennement Notre-Dame des Sables, édifiée en 1580 après la terrible épidémie de peste qui ravagea la Provence, fut vendue à un artisan tonnelier; la vente de l’Hermitage et de la butte de Saint-Cassien à 85 notables pour 25 000 francs.

La chapelle de la Miséricorde fut donnée au club des Jacobins pour lui servir de siège.  En 1794, à la mort de Robespierre, l’église fut rendue au culte et devint la seule ouverte dans notre ville.

La chapelle vouée à saint Sébastien est transformée en poudrière, en boulangerie qu’ont connue nos parents et voilà la suite. Dans les années 1990, l’arrondi du chœur était visible de la rue du Suquet.

En 1791, la tour, le château et la chapelle Sainte-Anne sont vendues à Jean-Charles Hibert qui devra les restituer pour les besoins de l’actualité : la chapelle Sainte-Anne est utilisée comme prison, d’autres bâtiments du château comme hôpital de l’armée d’Italie, la chapelle Saint-Pierre transformée en magasin à fourrage, celle des Pénitents blancs en boulangerie militaire.

Quant à l’arbre de la Liberté, nulle trace de son nom. Jusqu’en 1791 on plantait le chêne, à partir de 1792 on préféra le peuplier, peu probable à Cannes.

Pour faciliter le logement des troupes chez l’habitant, les maisons furent numérotées et un état des lits disponibles établi. Lourde charge pour les 600 à 700 familles cannoises.

1795, la municipalité demande l’établissement de garde-champêtres. Cannes obtient du préfet une garde de 25 hommes.

A suivre.

 

COMPLÉMENTS D’ENQUÊTE :

Un saint Nicolas, le seul connu qui soit signé et daté Malchio-Nadae Nissa-Pintor 1619 appartient à l’école de Bréa. Description de Mireille Vincent : de plate peinture mitan de saint Nicolas, du côté l’épître saint Pol, et de l’évangile saint Pierre. Au-dessus de l’architrave, le Christ en croix entre la Vierge et saint Jean l’Evangéliste et de chaque côté l’Annonciation, avec à gauche l’ange Gabriel et à droite la Vierge. Il est signé Melchior Nadale Pintor 1619. 

 

LIENS EXTERNES : JOURNAL DE MADAME MARCELLE CAPRON, non édité.

Celle-ci est la directrice du collège de jeunes filles, actuel collège André-Capron, quand se déroule ce récit.

Madame Domenica Walter, la veuve du grand marchand de tableau, épouse de l’architecte Jean Walter (également découvreur des mines de Zellidja, au Maroc), venait me demander de prendre son fils adoptif, un petit garçon de sept ans, comme pensionnaire pendant quelques mois. Elle alléguait la situation exceptionnelle de la guerre qui l’obligeait à s’en séparer. Deux heures après on m’amenait l’enfant. Je le confiais à une gouvernante-infirmière qui vint presque aussitôt me dire que le petit n’avait pour trousseau qu’une chemise à laquelle il manquait des boutons, trois mouchoirs, un caleçon, un vieux pull défraîchi et une culotte rapiécée. Elle était indignée car elle aussi avait vu les bijoux, (elle portait à onze heures du matin clips, boucles, bagues, tous en diamants)….Quelques années plus après, un scandale éclatait dont cet enfant devenu jeune homme faisait les frais. Les journaux avaient parlé d’une tentative d’assassinat sur sa personne.

Plaque commémorative, collège Capron, avenue de Madrid. Photo aimablement communiquée  par le collège.

Plaque commémorative, collège Capron, avenue de Madrid. Photo aimablement communiquée par le collège.

VU POUR VOUS : les Mémoires boccassiennes

Il s’agit d’un film-documentaire, œuvre d’une jeune réalisatrice cannoise (ou bocassienne) Caroline Tracanelli, c’est le résultat d’un long travail d’enquêtes et de recherche sur ce quartier de Cannes - quartier de Cannes ou village à part entière. Elle nous fait partager le vécu des habitants rencontrés.

Quinze personnages hauts en couleurs, dans leur milieu nous livrent leurs souvenirs de vie, jeunesse, libération, profession…

A la demande de définition de la Bocca, pour tous, la réponse est : la Bocca c’est la Bocca.

Mon conseil ne ratez pas la rediffusion du film. L.S.

 

ARCHIVES DE DEMAIN : Notre Toto Soldes n’est plus. Une résurrection se prépare.

Toto Soldes, rue Lecerf. Photo MLR.

Toto Soldes, rue Lecerf. Photo MLR.

ON NOUS COMMUNIQUE

Samedi 10 mars Assemblée générale de l’Association, 11h à la villa Véra Avenue de Vallauris à Cannes. Accueil à partir de 10h30. Repas sur place à la villa Véra à 12h30. Participation au repas 28 €. Inscriptions obligatoires pour le repas avec chèque impérativement avant le 1er mars.

Mercredi 30 mars Visite guidée de l’exposition Cannes occupée 1942-1944 à 15h Espace Calmette rue Calmette à Cannes.

Pour tous renseignements : ( 06 10 83 12 39

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24 janvier 2018 3 24 /01 /janvier /2018 23:31

Nos billets auront une nouvelle rubrique d’un fidèle lecteur, elle sera intitulée « À Propos ». Soyons honnête, l’article sur Simone Capony du précédent billet aurait déjà dû avoir déjà ce titre.

À PROPOS : INFO OU INTOX : Les Échos de Cannes. 25 JUIN 1882 :

Lettre du Dr ARMAND au sujet du minaret de Cannes

… M. le maire, j'ai l'honneur de vous écrire les réflexions que j'ai faites au sujet du Minaret de l'ancienne mosquée sarrasine de Cannes. La mosquée détruite, il y a bien longtemps, avait fourni, par ses ruines, les matériaux de trois ou quatre vieilles bicoques qui l'enserrent, au tiers de sa hauteur par trois côtés, celui du N. N.O. partant à peu près du niveau du sol. Cette tour quadrangulaire de style roman, date de près de mille ans !

Elle est sise à l'extrémité du port, à l'angle de la jetée du phare qu'elle domine. Elle a une terrasse plane, avec légère balustrade de barreaux en fer droits.

Au centre s'élève une dunette dont la coupole semi-sphérique est encapuchonnée par des briques vernies colorées . Elle est coiffée d'un turban turc traversé par un dard en cœur, faisant girouette et le tout est surmonté par une aiguille supportant le croissant musulman.

Combien de temps les Muezzins crièrent-ils, du haut de ce Minaret, les heures de la nuit et de la prière arabe, en murmurant ces mots sacramentels des croyants ? Allah ! Mohamed ! Allah !  Je l’ignore mais à coup sûr jusqu'à la fin de la domination ou invasion barbaresque.

… Eh bien ! Ce monument précieux, si remarquable et si peu remarqué de nos jours, est sur le point, à la veille même, de tomber sous les coups du marteau démolisseur ! Heureusement que j'ai eu le temps d'attirer votre attention, M. le Maire, sur l'urgence de sauver et conserver à tout prix ce monument historique et légendaire que M. le Ministre des Beaux-Arts fera classer, je n'en doute pas, au nombre des monuments historiques de la France ! …

La chapelle Saint-Pierre. Document aimablement communiqué par les A.M.Cannes.

La chapelle Saint-Pierre. Document aimablement communiqué par les A.M.Cannes.

Le seul témoignage jamais découvert d’une présence sarrasine dans notre région, affirme Y. Codou, archéologue et Maître de conférences de l’université de Nice, est une pièce de monnaie arabe d’Al-Andalous du VIIIe siècle découverte lors des fouilles à l’île Saint-Honorat en 2009.

 

LIENS ANNEXES : Jean-Louis Cotte et Jean Bresson Les Cavaliers de Mai.

Histoire authentique vers 1908 : le conseil municipal prit un arrêté faisant interdiction formelle à tt un chacun d’élever des lapins, des poules, des cochons et des coqs dans l’enceinte de la ville, du boulevard Vallombrosa au boulevard Alexandre III et au nord, du Petit-Juas au boulevard Carnot. La ville continua de se réveiller sous les cocoricos. Pour approcher au plus près sans alerter le coupable le sous-brigadier Bridois assura la surveillance du chant du coq rue Grande et boulevard de la Ferrage. Ci-après, liste des contrevenants dressée par le gardien qui faisait le coq qui a chanté de nuit. Tous les noctambules de Cannes mirent à mal le guet, imitant eux-mêmes qui le cri du coq, qui, le gloussement d’une poule et qui, le grognement d’un porc.

QUE RESTE-T-IL ? Suite.

En 1536, Charles-Quint livre Cannes au pillage. Selon la traditon, il aurait logé dans une maison du Suquet qui fut démolie et remplacée par le « nouvel hôpital Saint-Jacques » au XVIIIsiècle.

 Hubert Dhumez a trouvé plusieurs actes de rachats d’esclaves dans les minutes de notaires. Ainsi, en 1563, sont rachetés des esclaves et une barque à sel au pirate turc Morato Bey, mais c’est surtout la guerre entre états européens qui pèse sur la population cannoise. Sans oublier la peste (1580, 1587), Cannes aurait perdu les deux tiers de sa population, plus de 1 600 personnes, entre 1587 et 1720.

Depuis 1522, une fontaine à quatre goulots avec borne et conques, offrait l’eau de la Foux à la hauteur de la mairie actuelle. Captée dans une serve voutée et fermée à clefs elle parcourait une canalisation tout du long sur une calade, (Mélanges inédits relatifs au passé du pays. Hubert Dhumez).

Dès 1524, la guerre opposant François Ier à Charles-Quint va aussi se dérouler dans nos régions.

Vers 1550 est construite la morgue de l’ancien hôpital. Dans ses salles voûtées des artistes peintres exposent actuellement leurs œuvres là où étaient entreposés les corps. 900 m2 de souterrains « à la fraîche ».

Dans les entrepôts de cette impasse étaient déposées les peaux tannées. Dans un rapport rédigé en juin 1678 par M. Milot, les rues sont un cloaque nauséabond où viennent se mêler les relents pestilentiels de l’issugan de la boucherie où séchaient les peaux des animaux abattus…

L’issugan. Photo MLR.

L’issugan. Photo MLR.

1569 : Date historique, Lérins cède à Cannes l’île Sainte-Marguerite.

C’est en 1575 qu’est édifiée la chapelle Saint-Pierre ou chapelle des Pénitents bleus.

Oratoire (1951) sur l’emplacement de la chapelle Saint-Pierre.

Oratoire (1951) sur l’emplacement de la chapelle Saint-Pierre.

Puis ce sont les guerres de religion. Les Ligueurs ont demandé l’aide du duc de Savoie dès 1587, il s’empresse de franchir le Var et Cannes qui avait pris parti pour la Ligue. Cannes pouvait devenir une place forte appréciable. Ascanio Vitozzi prévoit de transformer le bourg en une forteresse avec la construction d’un môle. Seuls quelques bastions seront érigés.

XVIe siècle : Façade ouest du château de Cannes, 1590. Dessin de Vitozzy.

XVIe siècle : Façade ouest du château de Cannes, 1590. Dessin de Vitozzy.

En 1604 intervient Monseigneur Le Meingre de Boucicaut, grand aumônier de la Reine. Il visite la maîtresse église du prieuré, il s’agit de l’église Saint-Nicolas. Elle est en triste état, l’évêque exige les réparations nécessaires. Quant au cimetière attenant, ses murailles devront être relevées de hauteur de quatre pieds car il avait été profané. A cette époque est réalisée une peinture signée Melchior Nadale Pintor 1619. On peut voir ce tableau en l’église du Prado.

Saint Nicolas.

Saint Nicolas.

Suivant l’enquête réclamée par Richelieu, Cannes se résume à quelques cinq cents maisons qui pourraient faire mille hommes et deux cents mariniers, chair à canon en perspective.

1707 : les troupes impériales conduites par le duc de Savoie et le prince Eugène ravagent la Provence. 110 maisons sont brûlées. Vers 1790, le bourg se développe en bordure de mer et jusqu’au ruisseau du Châtaignier. Il n’y a toujours qu’une seule fontaine publique.

22 octobre 1718, Maître François Vidal, propriétaire de l’Hôtel de la Cloche d’Or, rue du Pré, voit s’arrêter des cavaliers richement vêtus. Don Blagarez, Grand d’Espagne, déclare au maître de céans que le lendemain la reine d’Espagne lui fera le grand honneur de prendre logement chez lui et qu’il doit donc s’apprêter à la bien recevoir.

Il s’agissait de Sa Majesté Très Catholique Elisabeth Farnese, fille d’Edouard II, duc de Parme et de Plaisance, seconde épouse de Philippe V roi d’Espagne, lui-même petit-fils de Louis XIV, veuf en premières noces de Marie-Louise de Savoie. … Les chevaux étaient des bêtes splendides ainsi que les célèbres mules andalouses ; toutes de la même couleur, au nombre de vingt-quatre, étaient chargées de coffres richement travaillés ; il fallut d’ailleurs fournir 25 livres de foin et 104 panais d’avoine pour ces dernières, conduites par un brigadier d’attelage et quinze muletiers…

Maître François avait déclaré aux cuisiniers royaux (qu’il avait écartés de ses feux) qu’il était fort bien capable de pourvoir au souper d’une souveraine. Le 24 octobre, la reine et « son train » repartirent vers 9 heures de relevé.

 L’invasion de 1746 par l’armée du général Brown affaiblit durablement la population, morte de soldats, de marins, contribution à la guerre, pillage par les troupes austro-sardes.

1772, Cannes par Michel Campion. Actuelle rue Félix-Faure.

1772, Cannes par Michel Campion. Actuelle rue Félix-Faure.

On assiste à des débordements xénophobes quand Turgot veut rendre le commerce des grains libre : les Cannois détruisent les tentes des marchands étrangers lors de la foire de Saint-François, en 1774. Depuis 1761, c’est l’interdiction d’entrée des vins étrangers.

Les émigrés piémontais tentent d’acclimater du riz aux terres alluviales bordant la Siagne, cependant en semant le riz il est nécessaire de le faire croupir dans l’eau pendant une partie de l’este et ses eaux croupissantes donnent une infession insupportable à tous les terroirs voisins qui deviennent inhabitables et exposés aux maladies fâcheuses que cette infession cause.

En 1784, Le Cannet obtient la création d’une commune distincte au terme d’une longue et douloureuse procédure qui avait commencé en 1777 (Archives municipales CC 94). Il y avait auparavant trois consuls pour les deux villes qui portaient trois couvre-chefs, des chaperons, (ancienne toque portée jusque Charles VII) qui avaient donné lieu à des querelles picrocholines.

À suivre…

 

ON NOUS COMMUNIQUE :

Jeudi 15 février.

Conférence : Un hôte méconnu de la Côte d’Azur, le roi Nicolas de Monténégro par Monsieur Claude Marro. Elle sera suivie d’une crêpe-party. Hôtel Windsor, avenue Windsor à Cannes.

Rendez-vous sur place à 14h45.

Inscriptions avant le 3 février

( 06 10 83 12 39 ou * amisarchivescannes@orange.fr

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19 décembre 2017 2 19 /12 /décembre /2017 17:16

ACTUALITES :

JEAN d’ORMESSON nous a quittés. Il a eu la courtoisie de répondre lui-même à la demande de renseignements que nous lui avions faite. Un hommage de plus à sa mémoire.

Quand l’association Les Amis des Archives a entrepris la rédaction d’une publication concernant « Le Quartier Anglais », à l’ouest de Cannes, figurait la villa d’Ormesson, boulevard Beau-Site. C’était une très belle propriété d’environ 3 hectares, dans un style néo-classique avec cinq chambres de maître, trois salles de bains, cinq chambres de domestique, garage pour voiture et logement de chauffeur ainsi qu’une maison de gardien.

 Le jardin en terrain plat se compose d’un vaste potager, de grandes serres pour la culture des fleurs et des plantes tropicales. Les grandes pelouses sans gazons, ce n’est pas du plus heureux effet, mais qu’y faire puisque le gazon est impossible à Cannes en été. Texte écrit par M. Pollak devenu propriétaire des lieux en 1932.

Le marquis Lefevre Emmanuel d’Ormesson, ancien maître des Requêtes au Conseil d’Etat, conseiller ordinaire du Roi, avait fait l’achat de cette propriété rurale en 1860 ; il fut membre du conseil municipal en 1863. En 1876, le téléphone recensé par le guide Jacob est toujours à son nom. Il meurt à Nice en 1922.

Grille d’entrée de la villa d’Ormesson.

Grille d’entrée de la villa d’Ormesson.

La grille d’entrée reste le seul vestige du passé de l’importante résidence Il Paradisio.

 

COMPLÉMENT D’ENQUÊTE

La mémoire de Simone Capony a été évoquée dans le billet N° 91. Elle fut la doyenne des Français, cannoise d'adoption, arrivera avec ses parents en 1923 et y décédera en 2007 à l'âge de 113 ans. Une histoire passionnante racontée par son neveu Bernard Capony. (Imprimerie de Bretagne à Morlaix. 2009)

Simone Capony a été bibliothécaire à Cannes de 1931 à 1947, et quand, centenaire, on lui demandait d'évoquer des souvenirs de son passé, malicieusement elle s'amusait à citer cette anecdote dont elle avait été témoin à l’époque de son activité à la bibliothèque municipale : un journaliste venu chercher Le Mariage de Figaro- de Beaumarchais, se serait entendu répondre, le plus sérieusement du monde : « Les mariages ce n’est pas ici, cher monsieur, et de toute façon nous n’avons rien de bon marché !!... »

Simone Capony. Merci à F V pour cette recherche

Simone Capony. Merci à F V pour cette recherche

CE MOIS A CANNES : CANNES SAISON N° 92 CHRONIQUE DU 4 JANVIER 1880

Avec la modique somme de 2,50 F. par jour, on peut occuper un journalier. Le projet peut s’arrêter sans que cela puisse nuire ou compromettre ce qui aura déjà été fait.      

Les personnes généreuses qui voudront bien s’associer à cette œuvre de bienfaisance auront atteint un double but, celui de soulager la misère et d’ajouter une ravissante promenade à celles qui existent déjà à Cannes …

On trouve sur place et très à portée, autant de pierres de toutes dimensions qu’il en faut pour donner à la future butte une élévation qui permettra de dominer les pins d’alentour et d’où la vue s’étendra sur cette contrée ravissante surnommée, à juste titre, le jardin de la France.

 

QUE RESTE-T-IL ? (suite)

Au XIIIe siècle, le château est construit. Depuis 1395, il a sa collerette de mâchicoulis. L’hôpital est à l’extérieur de l’enceinte mais dans ses abords immédiats. La tour ne sera parachevée qu’au XIVe siècle.

Une partie du plan actuel de Cannes

Une partie du plan actuel de Cannes

La ville s’étend autour du château et descend du Suquet.

2 rue Rouguière se tenait à la fois la mairie, l’infirmerie, la réception des gabelles, du sel et des myrtes.

Rue Rouguière. Photo MLR

Rue Rouguière. Photo MLR

La prison était peut-être rue Fery comme en témoigne les fenêtres grillagées.

Rue Fery. Photo MLR

Rue Fery. Photo MLR

Au début de la rue Grande (rue Meynadier), sur la placette, se tenait l’auditoire de justice et en face le pilori (on a longtemps conservé au sol le tracé).

 

Place actuelle du tribunal ou Maison de Justice

Place actuelle du tribunal ou Maison de Justice

L’actuel moulin Tuby, était accessible de l’intérieur des remparts qui encerclaient la ville, par une porte située actuellement au n°10 de la rue du Suquet. Les campagnards, conduisant leurs mules à travers champs, y pénétraient par les portes numérotées maintenant 15 et 17 de la rue qui prit le nom de l’antique moulin.

L’édifice est du XIVe d’après une inscription gravée dans une pierre formant linteau de porte, mentionnant la date de 1316.

Propriété de l‘abbaye de Lérins, le moulin Forville est un vieux moulin à huile du type des antiques moulins à traction humaine, appelés « moulins à sang » où les prisonniers de guerre ou de droit commun poussaient la meule et tournaient les pressoirs.

L’actuel moulin Tuby, était accessible de l’intérieur des remparts qui encerclaient la ville, par une porte située actuellement au n° 10 de la rue du Suquet. Les campagnards, conduisant leurs mules à travers champs, y pénétraient par les portes numérotées maintenant 15 et 17 de la rue qui prit le nom de l’antique moulin.

L’édifice est du XIVe d’après une inscription gravée dans une pierre formant linteau de porte, mentionnant la date de 1316.

Propriété de l ‘abbaye de Lérins, le moulin Forville est un vieux moulin à huile du type des antiques moulins à traction humaine, appelés « moulins à sang » où les prisonniers de guerre ou de droit commun poussaient la meule et tournaient les pressoirs.

Entrée du moulin Tuby. Photo MLR

Entrée du moulin Tuby. Photo MLR

En 1448, Cannes se constitue en commune, se libérant des abbés-seigneurs. La maison du Saint-Esprit, premier siège des syndics, se trouvait au chevet de l’église Notre-Dame de l’Espérance avant d’être transférée à la Maison de Ville dans le bâtiment de la boucherie.

Emplacement de la Maison Commune, actuellement école des Beaux-Arts. Photo MLR

Emplacement de la Maison Commune, actuellement école des Beaux-Arts. Photo MLR

Le Conseil s’y réunira pendant plus de deux siècles.

En 1468, les Cannois demandent au peintre niçois Jacques Durandi un tableau pour la décoration d’une église vouée à saint Sébastien (ou saint Sauveur). Actuel coffee-shop.

 Chevet de l’église. Photo MLR

Chevet de l’église. Photo MLR

 A proximité, la chapelle Saint-Antoine est érigée.

Au n°12 de la rue de Riouffe actuelle, se tient l’ancienne chapelle des Capucins. Le monastère s’étendait jusqu’à la rue de la Pompe actuelle.

La chapelle du château est intégrée dans le système défensif de la forteresse et les Cannois désirent un sanctuaire indépendant où ils n’auraient pas l’impression de se trouver chez le Seigneur Abbé. C’est ainsi que va s’édifier Notre-Dame de l’Espérance. L’édifice est seulement terminé en 1641.

 Le clocher de Notre-Dame de l’Espérance. Ancienne tour de défense ou Porte du Puy. Photo MLR

Le clocher de Notre-Dame de l’Espérance. Ancienne tour de défense ou Porte du Puy. Photo MLR

En 1500, la vieille ville a 150 maisons. 

Elle est entourée d’une enceinte et protégée par trois pont-levis ; les rues du Barri (rempart en provençal) rappellent les anciennes fortifications. Ainsi, de la première rue du Barri nous passons sous la Pousterle ou porte marine du XIVe siècle qui était surmontée d’une tour de défense avec herse et pont-levis. 

La « Porte du Puy » érigée sur la poterne de la deuxième enceinte donne accès au château, y aboutissaient les chemins venant de Fréjus, Grasse et des moulins de la Siagne. Avec la construction de l’église Notre-Dame de l’Espérance, la tour servit de clocher.

La nouvelle église devait être à l’imitation de celle de Roquebrune-sur-Argens mais l’invasion des troupes du connétable de Bourbon en 1524 retarda l’exécution. Les travaux durèrent plus de 120 ans. Elle mesure 18 cannes de long (36m.) et 6 de large. Le plan adopté prévoit la démolition d’une partie du rempart nord, il faut donc élever une muraille en face, on utilisera les blocs de gneiss provenant des déblais des fondations de l’église avec trois embrasures et trois pièces de canon formant batterie. C’est la demi-lune ou cavalier.

A suivre.

 La demi-lune. Face à l’église. Photo MLR

La demi-lune. Face à l’église. Photo MLR

A suivre.

A COMMUNIQUER A SON VETERINAIRE

CLINIQUE POUR CHIENS : Toute blanche la villa du docteur Gavda se détache avenue Florida, dans le quartier aristocratique, au pied de la Californie. Cette clinique modèle pour chien s’appelle Ric et Rac. Les clients attendent leur tour dans une salle aux murs blancs garnis de dessins de Picabia…d’une aquarelle de J.G. Domergue, d’une inévitable caricature de Mich représentant le docteur en tenue de travail tendant les bras vers des chiens avec cette légende : « Laissez venir à moi les petits animaux »…

 Clinique Ric et Rac.   Actuellement 3, avenue des Cèdres
 Clinique Ric et Rac.   Actuellement 3, avenue des Cèdres

Clinique Ric et Rac. Actuellement 3, avenue des Cèdres

Montons par l’escalier jusqu’en haut de l’immeuble. Une grande terrasse avec pergola fleurie nous enchante : c’est le solarium… Gabriel Coffin-Sur la Riviera. Août 1932.

UN CLIN D’ŒIL

Quel plaisir de voir et goûter la Pompe à huile à la boulangerie pâtisserie Tordjmann à Cannes.

Suggérons à un jeune cannois de faire fortune en Chine avec la fougasse, la michette et la pompe avec tout le charme des ''mots exotiques’’, l'eau de fleur d'oranger, l'huile d'olive et le savoir faire !

ON NOUS COMMUNIQUE

Jeudi 18 janvier, à 15h30, visite guidée de l’exposition Jean Giletta et la Côte d’Azur, paysages et reportages 1870/1930 au musée Masséna, 65 rue de France à Nice.

Jeudi 25 janvier à 15 heures Blériot, l’homme de la Manche par Nicole Sabbagh, conférence suivie par la dégustation de la galette des Rois. Maison des associations, 9 rue Louis-Braille, Cannes.

Pour tous renseignements ( 06 10 83 12 39 ou par mail amisarchivescannes@orange.fr

 

Laissons derrière nous l'année qui se termine avec son cortège de malheurs, de deuils et de violence dans le  monde et dans notre entourage.

Rêvons une nouvelle année qui nous apportera paix, respect.

Souhait de bonheur à tous.

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29 novembre 2017 3 29 /11 /novembre /2017 20:07

ACTUALITES :

Dans une certaine discrétion, le Grand-duc Nicolas de Russie, né en 1856 à Saint-Pétersbourg, mort à Antibes en 1929, et son épouse, Anastasia de Monténégro (1865-1935) reposaient dans la crypte de l’église russe de Cannes jusqu’à leur transfert le 24 août 2015 à la chapelle de la Transfiguration à Moscou. Son frère Pierre, né en 1864 à Saint-Pétersbourg, mort à Antibes en 1921 (villa Thénard pour les deux couples) épouse Militza de Monténégro (sœur d’Anastasia), décédée à Alexandrie en 1951, repose, apparemment, toujours dans la crypte.

Merci à J. B. pour cette recherche … à suivre.

QUE RESTE-T-IL ?

Intéressons-nous à Cannes.

Plan de La Castre 1480

Plan de La Castre 1480

Première rue du Barri, tour de Bélouard.

Première rue du Barri, tour de Bélouard.

C’est l’emplacement de l’ancien rempart détruit en partie en 1752 pour faire passer la route d’Italie.

En 990, à l’approche du millénaire, Guillaume Gruetta, comte d’Antibes, craignant la fin du monde et voulant gagner le ciel, donne le château aux moines de Lérins. C’est aussi la donation du port de Cannes. Port est un mot pompeux, il s’agit plutôt d’une plage portuaire (devant l’actuelle mairie et la gare des bus).

Plan de l’ancien château de Cannes.

Plan de l’ancien château de Cannes.

Auparavant, en 978, Rodoard, comte d’Antibes, arrivant selon toute vraisemblance du Nord de la France, relève la région après la conquête sarrasine.

Son influence et ses activités aux origines de Cannes sont certaines. Rodoard eut sous son autorité les anciennes propriétés des églises et des abbayes, devint le seigneur du Puy, ses descendants accorderont à Marcellinus le château ou castrum, il entreprend sa fortification ainsi que la construction de sa chapelle, Notre-Dame du Puy.

Chapelle Notre-Dame du Puy, puis Sainte-Anne, aile du musée de La Castre.

Chapelle Notre-Dame du Puy, puis Sainte-Anne, aile du musée de La Castre.

Une relative sérénité gagne enfin les Cannois qui quittent le Suquet protecteur pour se déplacer vers l’intérieur des terres. Ainsi en 1022-1030 l’église de Cannes s’écarte du château, c’est l’église Saint-Nicolas.

L’église paroissiale Saint-Nicolas. Aquarelle aimablement communiquée par J.M.M.

L’église paroissiale Saint-Nicolas. Aquarelle aimablement communiquée par J.M.M.

Avenue Saint-Nicolas ont été découvertes des sépultures des Ier et IVe siècles après l’ère commune, soit tout au long de la période impériale romaine et des lampes à huile datant du Ve siècle.

Au hasard de fouilles avenue de la République, on a pu penser à des ateliers de potiers pour avoir trouvé de la céramique et des monnaies de la même période, puis encore des monnaies.

Au XIe siècle, les moines de Lérins revendiquent la propriété du château et de l‘église. L’évêque d’Antibes cède. Les moines entreprennent la construction du donjon en 1070. Ils établissent un hôpital, prolongement continental de l’assistance aux laïcs nécessiteux.

Donjon du château de La Castre.

Donjon du château de La Castre.

En 1107, a lieu un catastrophique débarquement des Sarrasins à la fois à Lérins et à Antibes qui sera renouvelé en 1125. Mainfroi, évêque d’Antibes, se réfugie au château, il y restera de 1124 à 1130 et finira par quitter Cannes, rendant définitivement le château aux moines de Lérins.

En 1131, Béranger-Raymond, comte de Provence-Barcelone, confirme la possession du château à l’Abbaye.

Tour du Masque de Fer.

Tour du Masque de Fer.

C’est une tour de vigie, la tour de La Panthière, datant du XIIe siècle. La légende raconte l’évasion d’un mystérieux prisonnier qui aurait trouvé refuge dans cette tour où il serait mort en odeur de sainteté, après une longue période de recueillement et de prières ayant pardonné à ses ennemis. La tour faisait partie des murailles sud-est de la vieille ville. C’est par elle que passait le chemin d’Antibes à Fréjus. Vers 1521, la route s’est déplacée rue Saint-Antoine et rue Saint-Sauveur.

A suivre.

CE MOIS A CANNES

Décembre 1931, Sur la Riviera : « Félicitons la ville de Cannes qui vient de placer des poteaux indicateurs franco-esperanto : phares interdits, malpermisaj, lanternegov ».

 

COMPLÉMENT D’ENQUÊTE

Un aimable correspondant nous dit son sentiment après sa visite de l’exposition Lycklama (voir le billet N° 91). Sa tristesse en lisant l’enthousiasme du baron évoquant Erbil, Nimroud, Mossoul, Palmyre et d’autres qui viennent d’être livrées à de nouveaux vandales.

Palmyre. Photo prise de l’exposition par R.D.

Palmyre. Photo prise de l’exposition par R.D.

C’EST LA FÊTE :

LA POMPE est une galette ronde ou en forme de raquette, profondément striée de six rainures, parfumée à la fleur d’oranger. On doit la partager à la main sinon dans l’année on serait ruiné.

Les ingrédients sont de l’huile, de l’eau de fleur d’oranger, de la farine, du sucre et de la levure de boulanger « grosse comme une noix ». Elle se faisait bien avant l’an XI, date à laquelle on n’appliquait pas encore le système métrique à Cannes.

Pétrir jusqu’à ce que la pâte se décolle du récipient. L’abaisser pour chasser l’air. Etaler à la main, d’un doigt d’épaisseur. Pratiquer des incisions du centre de la pâte vers les bords de façon régulière comme pour la fougasse. Les écarter un peu avec les doigts.

Laisser lever la pâte et enfourner à four chaud 15 à 20mn (four seigneurial, du boulanger, ou luxe suprême, 180° four domestique).

La Pompe fait toujours partie des 13 desserts de Noël en Provence.

BILLET N° 92 DÉCEMBRE 2017

ON NOUS COMMUNIQUE

Samedi 9 décembre Cannes en fêtes, diapo conférence par Jacqueline Leconte et Michelle David sur un montage d’Irène Payan suivie du traditionnel buffet de fin d’année.

16h à la Maison des Associations 9 rue Louis-Braille.

( 06 10 83 12 39.

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25 octobre 2017 3 25 /10 /octobre /2017 18:43

ACTUALITES :

Masque de Fer aux îles, Le 15 septembre 2017, on pouvait lire dans Nice-Matin que les derniers débris de l’hôtel-restaurant L’Hostellerie du Masque de Fer étaient évacués sur le continent. Une plage est en train d’être créée (4 200 m2) qui sera ensablée. Ceci pour être en conformité avec la loi du littoral. Regrets personnels.

Le premier restaurant de l’île s’appelle La Réserve, déjà signalé dans l’édition 1865 du guide Joanne, il devient en 1923 La Potinière puis L’Hostellerie du Masque de Fer en 1950, coquillages et crustacés, bouillabaisses exquises.

Carte postale aimablement communiquée par M.D.

Carte postale aimablement communiquée par M.D.

Des problèmes d’environnement se posaient déjà. On trouve une lettre que Jean-Baptiste Manaira, propriétaire, adresse au maire pour se plaindre de l’accumulation d’algues et de gravats autour de son restaurant. Durant les Années folles, l’ancien bâtiment de bois s’agrandit d’une aile de vingt-quatre chambres. En 1922, l'ensemble est attribué en concession (bail emphytéotique renouvelable tous les 18 ans). Les autorisations ne seront pas renouvelées après le 31 décembre 1988.

 Le masque de fer. Photo MLR.

Le masque de fer. Photo MLR.

En 1995, l’hostellerie ne pouvant être mise aux normes ferme, puis le restaurant en 2005.

Source : publication des Amis des Archives, Promenade à l’île Sainte-Marguerite.

QUE RESTE-T-IL ?

La lecture du livre de Pierre COSSON, Cannes, ses lointaines origines, nous a donné l’idée d’écrire l’histoire de Cannes chronologiquement à partir de documents et vestiges que possèdent le musée de La Castre, les Archives municipales et d’éminents spécialistes. Les sources seront précisées à la fin de cette recherche.

ARLUC

Est relatée bien avant Cannes, son importance est liée à l’histoire de Lérins.

 Portion de plan actuel de la ville.

Portion de plan actuel de la ville.

Son emplacement a pratiquement disparu. Les fouilles remontent à 1881 lors de travaux de labour à l’ouest de Saint-Cassien, on trouve des tombeaux très rapprochés. On a pu identifier des entrepôts, des horrea sous le stade de Saint-Cassien. (Alain Ruggiero)

Urne funéraire. Fouilles Revellat. Auditorium Les Arlucs. Photo M.D.

Urne funéraire. Fouilles Revellat. Auditorium Les Arlucs. Photo M.D.

Les Romains avaient détourné une partie du cours de la Siagne pour l’amener au pied de la butte de Saint-Cassien. De l’autre côté se trouvait la Bastide rouge où des fouilles de R. Varaldi ont mis à jour des tombes de soldats romains.

L’indice du passage d’une voie romaine est la présence de l’épithète « rouge ». On sait, grâce aux textes de Barralis qu’il y avait sur la butte un temple dédié à Vénus et que cet endroit s’appelait Aralucis 

On pourra lire les pages édifiantes de la vie de saint Eucher, de sa femme Galla et de sa fille sainte Consortia (ou Consorce) p 197 et suivantes du livre susnommé.

Un xenodochium (hôpital) dédié à Saint-Etienne est réalisé par Consortia pour aider les malades et les voyageurs à résoudre au mieux le problème du franchissement de la Siagne et du transport vers Saint-Honorat.

Le monastère Saint-Etienne des bénédictines d’Arluc a été fondé vers 616 sous le roi Clotaire. II semble qu’il ait été édifié sur la butte de Saint-Cassien sur le temple vénéré d’Aphrodite il y a 2 000 ans (documents disparus).

En 731, le débarquement inopiné des Sarrasins à Lérins fut l’occasion d’un massacre sans précédent, les religieuses se sentant menacées se dispersèrent dans la nature, puis tentèrent de reprendre leurs activités caritatives avant de disparaître définitivement vers 830.

Reliquaire de Sainte-Maxime (854). Ancienne religieuse bénédictine d’Arluc, elle avait fondé à Caillan un monastère similaire.

Reliquaire de Sainte-Maxime (854). Ancienne religieuse bénédictine d’Arluc, elle avait fondé à Caillan un monastère similaire.

 

Autour de l’an 1000, (Grégoire Ier) Lérins est indépendante du pouvoir local, laïque ou ecclésiastique mais sous l’entière dépendance du Saint-Siège. Lérins a des appuis si grands et si efficaces qu’elle possède domaines et droits sur la « presque » Cannes.

Au Moyen Âge, le pagus d’Arluc s’étendait jusqu’au pré de l’Abbé à l’Arboquatz (premier nom de La Bocca). En 1513, Augustin Grimaldi, évêque de Grasse, demande toutes les prérogatives sur le château d’Arluc et son territoire. En 1514, le Seigneur rattache Arluc au territoire de Cannes, précisant qu’il ne restait que quelques ruines de vieux monastères et non un château.

1636 : Une chapelle est construite sur le site de Saint-Cassien, elle est confiée à des ermites. Le lundi de Pentecôte et le 23 juillet s’institue la fête des romérages.

Chapelle Saint-Cassien.

Chapelle Saint-Cassien.

Au printemps 1868, fut dégagée au fond de la chapelle Saint-Nicolas (quartier Saint-Nicolas, actuellement détruite) une inscription funéraire romaine de Venusia Anthimilla, dernier reste d’un tombeau romain, 1 000 ans avant l’existence de Cannes. L’inscription est dédiée par ses parents à la mémoire de leur fille chérie, laquelle n’a pas de praenomen comme toutes les femmes romaines d’alors. Son cognomen Anthimilla est grec. Elle appartient donc à une de ces très anciennes familles qui ont fait prospérer le comptoir grec d’Antipolis fondé 500 ans plus tôt, le conomen Andronicue est grec, une vieille famille grecque ralliée à Rome, peut-être avant la conquête de César ?

Cippe funéraire d’Anthimilla. Musée de La Castre, Cannes. 1er siècle après l’ère commune.

Cippe funéraire d’Anthimilla. Musée de La Castre, Cannes. 1er siècle après l’ère commune.

TERRITOIRE D’EXSOSTA.

C’est un carrefour dont l’activité était centrée sur le passage de la Siagne. Des fouilles ont été conduites en 1941 par Hubert Dhumez. Sur un tertre de gneiss, surélevé par rapport à la rivière, des ruines ont révélé la présence d’une villa romaine conséquente d’où fut dégagée, entre autres, la moitié d’une petite arula grecque supportant encore une partie de la dédicace « aux déesses ».

Tête de jeune fille.  Auditorium d’Arluc. Photo M.D.

Tête de jeune fille. Auditorium d’Arluc. Photo M.D.

Saint-Georges-le-Vieux fut un lieu de culte chrétien dont l’histoire est liée à celle du gué de Pas-Estrech. Le mallus, terme carolingien ou germanique, aurait remplacé les assemblées populaires romaines au cours desquelles deux fois par an, en mai et en septembre, les foules se rassemblaient  à l’occasion du départ d’éventuels combattants pour la guerre, provoquant ainsi une foire des armes, des chevaux accompagnés de danses, de beuveries. Avec la christianisation, le mallus fut remplacé par la fête du saint titulaire de l’église éponyme. Ainsi au cours de la saint Georges, le 23 avril, saison des labours, aux toutes premières récoltes. En 1109, le seigneur de Saint-Georges restitue à l’abbaye de Lérins la terre de Saint-Georges. La chapelle fut totalement abandonnée pendant la longue occupation sarrasine de la Provence (830-978). Puis Saint-Georges-le-Vieux retrouva Lérins et les moines restaurèrent la chapelle dans le style roman relançant le romérage.

Mais en 1390, Raymond de Turenne mit en fuite les habitants d’Exsosta vers Arluc et Cannes, l’insalubrité s’installa dans toute la vallée. Le cadastre napoléonien la signale sous le nom de Georges-le-Vieux, la chapelle est transformée en écurie, c’est actuellement une annexe d’une exploitation agricole.

BILLET N° 91 NOVEMBRE 2017

Une deuxième chapelle dédiée à saint Georges fut construite comme église paroissiale de La Roquette, à 400 mètres à l’est de l’ancienne, aujourd’hui chapelle Saint-Jean.

La Roquette est qualifiée de village et quartier d’Isoste ou Exsosta qui représenterait donc un territoire plus étendu.

A la fin du XIIIe siècle, toute la région subit inondations catastrophiques, épidémie de peste ou de paludisme. A partir de 1250, Exsosta et Arluc se dépeuplent.

Dès 1357, débutait la politique désordonnée de la reine Jeanne causant la ruine de la Provence, Arluc, Exsosta, disparurent dans les flammes provoquées par le seigneur dévoyé Raymond de Turenne. Arluc est détruit en 1390. Les réfugiés au château du Suquet y demeurent définitivement.

En 1490, l’abbé de Lérins relance le romérage de la Saint-Georges au milieu des ruines d’Exstosa que l’insalubrité croissante de la vallée de la Siagne a définitivement vidée.

Au XVe siècle, Ranguin a fait partie d’Exsosta et ce, cent ans après les destructions de Raymond de Turenne, Ranguin dépend de Cannes et y restera jusqu’en 1776. L’activité liée au gué d’Estrech, au mallus, à la criée de Saint-Georges, puis aux moulins de l’Abadie fut pour Cannes un atout majeur.

La déviation de la Siagne entreprise par les Romains sera utilisée pour réaliser le Réal desservant les différents moulins abbatiaux. L’abbé de Lérins décide de reconstruire sur l’ancien Exstosa le moulin du Val qu’il double pour les besoins de Cannes.

Vous avez dit « Archives », réactualisons : le mannequin, acteur, cinéaste Guillaume Campanacci revient pour un long métrage sur la butte de Saint-Cassien. Nice-Matin, mardi 1er août 2017.

VU POUR VOUS

L’exposition Lycklama au musée de La Castre facilitée par la présence de M. Roustan Delatour, conservateur du musée.

En vrac, 

la richesse des Lycklama provenait de l’exploitation de la tourbe dans la Frise (on peut en voir un échantillon qui, parait-il, ressemble à un paquet de shit),

l’illustration de ses grandes expéditions à travers les peintres, ainsi le prêt du musée de Montpellier,

La mosquée bleue à Tauris en Perse, Jules Laurens, huile sur toile.

La mosquée bleue à Tauris en Perse, Jules Laurens, huile sur toile.

De Babylone, un bol à incantation contre les démons représentant la démone Lillith. Il porte l’inscription en araméen « Pour guérir Nana, fille de Khatima », utilisé dans la tradition juive.

Coupe anti démone

Coupe anti démone

L’évocation élogieuse de cette secrétaire du musée, Simone Caponi, (l’histoire est relatée par Frédéric Vincent dans notre bulletin trimestriel N° 55 de janvier 2015) qui, à l’arrivée des Allemands mit dans un coffre en banque à son nom différentes pièces archéologiques dont ce masque funéraire en or trouvé dans un énorme sarcophage de pierre dans la petite ville de Saïda.

Masque or funéraire de Saïda

Masque or funéraire de Saïda

Et la « nouveauté » de cette exposition, le tableau du baron de Lycklama en majesté revu et corrigé :

Lycklama

Lycklama

Dont on nous narre l’histoire : Deux versions du portrait étaient connues. L’une conservée au musée de La Castre, l’autre photographiée en 1869 et considérée comme disparue. L’examen du tableau de La Castre, réalisé en 2017 par le CICRP de Marseille, a révélé qu’il s’agissait d’une seule et même œuvre. La version originelle peinte par Emile Vernet-Lecomte fut partiellement repeinte par Pierre Tetar van Elven, le jeune serviteur noir portant une cafetière….

Chacun d’entre nous visite une exposition avec sa sensibilité, nous aimerions bien avoir en retour votre impression sur une vitrine, un tableau qui vous a marqué.

ON NOUS COMMUNIQUE

Vendredi 3 novembre, visite guidée du cimetière du Grand Jas par Michelle David.

Rendez-vous à 14h devant l’entrée principale. Inscriptions ( 06 10 83 12 39.

Jeudi 16 novembre : A la demande de l’association des Amis de l’île Sainte-Marguerite diapo conférence Quand écrivains et peintres puisent leur inspiration à l’île Sainte-Marguerite 18h à la Maison des Associations 9 rue Louis-Braille. Entrée gratuite.

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20 septembre 2017 3 20 /09 /septembre /2017 19:17

COMMENT ON ECRIT L’HISTOIRE :

Louis II de Bavière à Cannes ?

Selon deux auteurs, il y en a peut-être d’autres ! Prosper Mérimée, en 1862, aurait fait visiter l’île Saint Honorat à Louis II de Bavière.

Dans les Annales de la Société Scientifique et Littéraire de Cannes, année 1983, M. Jean-Marie Robain, arrière-neveu de P. Mérimée, en page 43, indique, en évoquant les relations et les mondanités de son grand-oncle à Cannes : il fait visiter l’île Saint-Honorat à Louis II de Bavière, et cite le commentaire de P. Mérimée sur son visiteur homme de beaucoup d’esprit, très vicieux, of course, et ferré à glace en matière d’art et d’archéologie, sans plus de précision.

Cette affirmation est reprise par l’auteur Marc Boyer dans son ouvrage L’invention de la Côte d’Azur, Ed. de l’Aube, 2002, page 117 :

En décembre 1862 arriva Louis II de Bavière que Mérimée présente ainsi : « J’ai eu ces jours derniers la visite du roi Louis de Bavière, roi dégommé, le « feu roi » comme l'appelait son aubergiste à Cannes. Il m’a paru homme de beaucoup d'esprit, très artiste et très vicieux… Il m’a prié de le mener à l’île Saint-Honorat où il a voulu tout voir… »

L’auteur précise sa source, la citation est extraite d’une lettre de Prosper Mérimée à son ami Viollet-le-Duc écrite en décembre 1862. Mais surtout par cet extrait, P. Mérimée indique qu’il a eu la visite du roi Louis de Bavière, et non pas Louis II de Bavière, et il qualifie ce roi de « roi dégommé », « le feu roi ».

Louis II de Bavière (1845-1886), fils de Maximilien (1811-1864), ne sera roi qu’en 1864, en 1862 il ne pouvait pas avoir le qualificatif de roi dégommé.

Cependant, son grand-père Louis 1er  de Bavière (Strasbourg 1786 - Nice 1868), a régné de 1825 à 1848 et a été contraint d’abdiquer en faveur de son fils Maximilien, suite aux troubles politiques de 1848 et à sa liaison jugée scandaleuse avec la danseuse et aventurière Lola Montès. C’est un esthète, épris d’art et d’archéologie, durant son règne il fait l’acquisition d’œuvres antiques d’époque romaine et grecque, et constitue une galerie de peintures. Sous son impulsion Munich devient le plus brillant et le plus important centre artistique et universitaire allemand. Donc ce roi méritait bien le qualificatif de P. Mérimée « ferré à glace en matière d’art et d’archéologie ».

Recherche de Frédéric Vincent.

 

CE MOIS A CANNES

La Société Brutus de Cannes, le 23 octobre 1793, envisage de transformer les noms des îles Sainte-Marguerite et Saint-Honorat en île Marat et île Pelletier du nom des deux députés révolutionnaires qui sont morts assassinés, et qui ont été considérés comme des « martyrs de la Révolution ».

Nice-Matin 26 février 2017. 


 

LIENS ANNEXES : CHRISTIAN GALLO Les dessous de la Côte.

16 X 1979 : 13h57, une partie de la plate-forme de remblaiement que l’on construit devant les pistes de l’aéroport disparaît en mer emportant 9 ouvriers qui travaillaient à la construction d’une nouvelle digue devant abriter un port de commerce. Quelques minutes plus tard un raz-de-marée se précipite vers le littoral et une vague de 2,50 m à 3,50 m de haut déferle sur les plages de l’Ilette et de la Salis à Antibes… Une semaine plus tard, des spécialistes attribuèrent ce phénomène à l’avalanche sous-marine d’une colline sédimentaire de 150 millions de m3 située à l’embouchure du Var. Son effondrement provoqua la rupture de câbles sous-marins à plus de 100 km de distance de la côte. La construction du port de commerce de Nice fut abandonnée et le dossier ne sera consultable qu’en 2079. Dans le film Brice de Nice, ce dernier attend toujours la fameuse vague de 1979 dont a parlé son père.


 

COMPLÉMENT D’ENQUÊTE

L.L. Dreyfus après être descendu à la villa Luna Nova (Billet N° 71 mars 2016) est toujours resté locataire à la Villa Mauritzia, énorme propriété sur deux boulevards, boulevard Gazagnaire et boulevard de la Source. Elle appartenait à Madame de Kronemberg avec la villa La Dorade. Madame de Kronemberg lui avait proposé un prix d’achat qui n’était certainement pas exagéré étant donné la dévaluation du franc par rapport à l’époque où elle avait été achetée.

Source : Bulletin L’Ami des Archives N°54.

Entrée principale de la Villa Mauritzia.

Entrée principale de la Villa Mauritzia.

Et :

PHILIPPE ERLANGER écrit dans La France sans Étoile :

Je reste béat devant des cyclistes inattendues. Madame Louis-Louis Dreyfus, veuve du roi des céréales, a été une très belle femme à l’ancienne mode. Elle garde grande allure. Je la vois à bicyclette, suprêmement digne dans son corset et sa robe noire, des cheveux formant une espèce de tour. Derrière elle se trouve le panier qui contient son pékinois.

 

ON NOUS COMMUNIQUE

Jeudi 12 octobre, à la demande de Cannes Bel Âge Cannes à travers ses peintres diapo conférence par Michelle David à 14 h 30 à la Maison des Associations 9 rue Louis-Braille. Inscription dans les clubs Bel Âge.

Mardi 17 octobre, à la demande de l’association pour le Développement Culturel de la Région Cannoise En baie de Cannes, des Régates de Légende diapo conférence par Jacqueline Leconte et Michelle David sur un montage d’Irène Payan. Salle Bel-Aube, rue des Michels au Cannet à 18 h.

  06 10 14 43 72.

Jeudi 19 octobre, visite guidée de l’exposition Lycklama au musée de la Castre.

Rendez-vous à 14 h 15 à l’entrée du musée. Limité à 20 personnes.  06 10 83 12 39.

À partir de la rentrée, les Archives municipales vous proposent un nouvel atelier : « Plumes d’archives »

Il s’agit d’un atelier d’écriture organisé le deuxième mercredi du mois en salle de lecture sur le site de Montrose, de 15 h à 17 h 15.

Réservé aux adultes, cet atelier consiste à imaginer et écrire un texte littéraire à partir de documents d'archives. L'animation de cet atelier créatif est assurée bénévolement par Mme Christine Huet.

Les différentes dates seront les suivantes : 11 octobre 2017 ; 8 novembre ; 13 décembre 2017 ; 10 janvier 2018 ; 14 février ; 14 mars ; 11 avril  ; 2 mai  ; 13 juin 2018.

Renseignements et réservations obligatoires  04 89 82 20 60

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30 août 2017 3 30 /08 /août /2017 18:40

 

POUR UN SOURIRE

1960 : Présenté en sélection officielle, L'Avventura de Michel Angelo Antonioni est très mal accueilli par le public lors de sa projection. Monica Vitti, actrice principale, sort en larmes de la salle et se fait injurier. Le soir même, lors d'un dîner de gala organisé au Palm Beach par la production de L'Avventura, un incident éclate entre le chanteur Dario Moreno, qui se produit devant les convives, et l'acteur Alain Cuny, l'un des interprètes principaux de La Dolce Vita. Alain Cuny, choqué par l'accueil fait à L'Avventura, s'indigne que l'on fasse un triomphe au « pitre » Moreno après avoir hué Antonioni, et invective publiquement le chanteur, le comparant au « poisson énorme et visqueux » qui apparaît à la fin de La Dolce Vita. Dario Moreno répond à Alain Cuny : Monsieur, je regrette beaucoup les paroles que vous venez de prononcer parce que moi je vous admire beaucoup.

Alain Cuny est ensuite exclu du Festival par le délégué général Robert Favre Le Bret. La polémique autour de L'Avventura, qui reçoit finalement le prix spécial du jury, est citée comme l'un des scandales du Festival.

BILLET N° 89 SEPTEMBRE 2017

L'affiche du 62e Festival de Cannes reprend un photogramme du film, on y voit Monica Vitti de dos en contre-jour dans l'embrasure d'une fenêtre.

 

NOS DEPUTES (suite)

Nous avons eu à Cannes « notre Dreyfus », il fut député de Cannes et d’Antibes de 1932 à 1936 et nous allons le suivre durant les années trente-quarante.

Dessin : L. L. Dreyfus, la terreur de Jeanpierre et Guiter. Archives municipales de Cannes.

BILLET N° 89 SEPTEMBRE 2017

Sa première réunion, en 1930, se tient au bar Augusta, 114 rue d’Antibes, devant 200 auditeurs. Il est partisan du désarmement pacifique mais la France ne doit pas se laisser berner. La Fédération française de bridge abonde en son sens et convie les bridgeurs à prélever 10 % sur leur gain de jeu qui seront consacrés à l’achat d’un avion pour la défense de l’Empire, il portera le nom symbolique de L’As de Coeur.

Louis Louis-Dreyfus est connu pour sa grande aisance financière, il sera surnommé « Double Louis Dreyfus » par le pamphlétaire Léon Daudet, et il multiplie les dons, ce que ne manquera pas de publier Le Littoral : à l’occasion du mariage de sa fille à Paris avec M. Jean Rheims, il verse la somme de 5 000 francs qui seront répartis entre les bonnes œuvres de Cannes. Il est alors député de la circonscription Cannes-Antibes. Les honnêtes gens le feront triompher.

Photographie prise à l’occasion de la pose d’une plaque commémorative du pyroscaphe de 1783 inventé par Claude de Jouffroy d’Abbans.

Photographie prise à l’occasion de la pose d’une plaque commémorative du pyroscaphe de 1783 inventé par Claude de Jouffroy d’Abbans.

Il est attentif aux problèmes horticoles de la région cannoise : nous le retrouvons dans les critiques du journal local Le Littoral, il invite le gouvernement à organiser la déclaration obligatoire des récoltes de plantes à parfum (fleurs et herbes) ainsi que celle des produits dérivés (huiles essentielles).

En mai 1931, non encore élu, il décrit la situation des producteurs de fleurs et plantes servant à la fabrication des eaux de fleurs d’oranger, des eaux de toilette et des essences pour parfums qui ne fait qu’empirer depuis des années :  des milliers de travailleurs de la terre, groupés ou non en coopératives de production, et s’adonnant surtout dans nos régions du Midi, à la culture des plantes à parfum (oranger, lavande, jasmin, rose, œillet, menthe),  voient s’accroître sans cesse la mévente de leurs produits. Ce fait n’est pas dû aux produits dérivés des plantes à parfum, qui, bien au contraire, est plutôt en augmentation, mais à la surproduction industrielle qui sévit dans les laboratoires, surtout à l’étranger. On a, en effet, tendance à y remplacer de plus en plus les produits naturels par des produits artificiels dont le prix de revient est infiniment moindre, mais dont la qualité est inférieure et qui s’avèrent même nocifs lorsqu’il s’agit de produits destinés à l’alimentation (fleur d’oranger) ou, à l’usage externe par pénétration sur l’épiderme (eaux de toilette, à base de lavande et de néroli) .

Quant aux parfums proprement dits, la clientèle, qui croit avoir à faire à des parfums fabriqués avec de pures essences de fleurs, alors que les huiles essentielles n’entrent plus dans la fabrication que pour une part infime, risque de ne plus recourir aux produits français quand elle s’apercevra qu’elle a été dupée.

(Notons que ceci est toujours d’actualité dans le plateau de Valensole pour les producteurs de lavandin).

En juin, soucieux de la crise économique sans précédent qui atteint cruellement nos compatriotes, il apporte son obole, une somme de 2 000 francs, aux communes de Cannes et d’Antibes. En juillet, c’est 2 000 francs, à titre de coopération personnelle, qu’il verse au Collège international de Cannes.

Il s’inquiète avec succès du confort de ses électeurs, réclamant auprès de la Compagnie du P.L.M. une redevance annuelle pour assainir le quartier de La Bocca, l’établissement du chemin de fer ayant modifié le régime d’évacuation des eaux pluvieuses.

Que dire de son épouse ? Le 9 mars 1932, Madame Louis-Dreyfus (née Emma Levy) est allée accomplir un geste généreux à Vallauris dévasté par l’orage, apportant 500 000 francs au Dr Sénès, maire de la ville. Toujours préoccupé par l’économie locale, L. Louis-Dreyfus intervient auprès du Gouverneur général de l’Algérie pour qu’on revoie les exigences phytosanitaires de l’arrivée des fleurs, par suite de la détérioration du produit (30 octobre 1932).

En 1934, il intervient au sujet des droits de douane appliqués aux produits des potiers de Vallauris à leur entrée en Angleterre, remerciements des intéressés.

Pour rappeler l’air du temps, il est friand de la guillotine et retient sa place pour les exécutions publiques (exécution de Weidmann). Il s’intéresse à un criminel, Michel Scarella, ancien lieutenant des milices espagnoles qui a abattu, le 12 mai 1939, le chef cuisinier de l’hôtel où il travaillait à Antibes ; condamné à mort, il sera gracié le 12 juillet 1939.

L’entrée en jeu de M. Louis-Dreyfus dans la lutte pour une élection municipale a fait se retirer le maire sortant, le Dr Gazagnaire. Et le gagnant est : Pierre Nouveau (1935-1940).

IM. Louis Louis-Dreyfus termine tristement son parcours et devient sénateur des Alpes-Maritimes en 1937, il est surveillé à distance par un policier et deux infirmières quand il se rend à la préfecture. Son élection est une honte pour le département.

Sources : AM Cannes K 46, 2S173.  Le Littoral.

COMPLÉMENT D’ENQUÊTE

Masséna, duc de Rivoli, fut candidat officiel pour la députation de 1869 (billet N°84). Il était très mondain et il faut bien le dire, ne s’occupait pas beaucoup de sa députation. Il a enrichi le monde de découvertes importantes. C’est lui qui a prouvé le premier qu’un gilet pouvait tenir avec un seul bouton. Revue de Cannes 28 janvier 1869.

 

CE MOIS A CANNES : 

Septembre 1946. Pour inaugurer le premier festival de Cannes, le ministre du Commerce et de l’Industrie (Robert Lacoste) a eu cette phrase célèbre : Je déclare ouvert le festival de l’Agriculture.

 

LIENS ANNEXES :

Natalia Sumarakov-Elston, une comtesse exilée, raconte : autour de Cannes, il y avait de nombreux Cosaques qui élevaient des volailles, ils n’ont jamais appris le français…. Ils lancèrent le chic miséreux : les balayeurs de Cannes étaient célèbres, ils étaient très élégants et avaient grande allure dans leurs vareuses militaires. Tout le monde les adorait. J’ai connu une Anglaise qui vivait au-dessous de l’appartement d’un colonel qui travaillait comme balayeur, et il avait pris l’habitude de lui donner un exemplaire de Tattler le magazine qu’il recevait chaque semaine…

Sources : M.Glenny et N. Stone. The Other Russia: The Experience of Exile. 1919-1939, New-York, Oxford University Press. 1990.

 

ON NOUS COMMUNIQUE :

Samedi 23 septembre, nous serons à Viva Association, espace Riviera du Palais des Festivals.

Jeudi 28 : Journée à Bordighera à la découverte de l’architecte Charles Garnier. Le matin, visite guidée de la vieille ville, l’après-midi sera consacrée à celle de la villa Garnier.

L’atelier des Amis des Archives a réalisé une brochure forte intéressante :

BILLET N° 89 SEPTEMBRE 2017

Pour tous renseignements ( : 06 10 83 12 39.

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26 juillet 2017 3 26 /07 /juillet /2017 00:34

Une très jolie photographie à la vitrine de l’agence Europa 2 boulevard de La Croisette, une curiosité incessante, l’agréable accueil de M. Yann Rouault, un nom, un article.

Château Sainte-Anne. Rue du Commandant Bret, 28 à 36 boulevard d’Oxford. Photo de l’agence.

Château Sainte-Anne. Rue du Commandant Bret, 28 à 36 boulevard d’Oxford. Photo de l’agence.

C’est dans le cadre champêtre de ce quartier de Cannes que, vers 1855, lady Elisa Murgent épouse de sir Alfred Harley, comte d’Oxford et Mortimer achète de vastes terrains et fait bâtir le château Sainte-Anne et la villa Montfial.

En 1886, les deux demeures sont devenues la propriété d’un autre Anglais, le capitaine Wyner de Gray. En 1896, entouré de sa femme Eléonore, de ses filles Mary et Violet, le capitaine offre un bal somptueux en l’honneur du prince de Galles.

A cette époque, six domestiques dont un cocher vivaient au château.

Passionné de chasse, le capitaine louait auprès de la municipalité tous les terrains de l’île Sainte-Marguerite où elle pouvait se pratiquer.

Le jardin du château Sainte-Anne. Source Culture.gouv.fr.

Le jardin du château Sainte-Anne. Source Culture.gouv.fr.

Puis le capitaine se sépare de son domaine, qui, en 1925, figure dans les annuaires sous le nom d’Oasis, est habité par le futur propriétaire d’Isola Bella, M. Blum. Lord et lady Micheland en sont alors propriétaires. Lorsque Louis Hachette s’en porte acquéreur en 1929, il doit négocier l’achat du château Sainte-Anne qui a retrouvé son nom demandant l’autorisation de faire venir ses meubles avant même que l’acte de vente soit signé. Il vendra la villa Montfial avec jardin attenant, le tout occupant une surface de 2189 m2 détachée d’une plus grande propriété… Cette charmante bâtisse sera détruite pour laisser place à un immeuble moderne.

Après le décès de M. Hachette, ses héritiers honorant la promesse du défunt, vendent le château Sainte-Anne à Mademoiselle Gabrielle Dujardin. Dans les années 30, celle-ci épouse son cousin germain, Fernand Adda, le plus important cotonnier d’Alexandrie.

Le château Sainte-Anne s’appelle désormais Oasis El Beïda sur une superficie de 18 970 m2.

Sources : Les Belles Collines de Terrefial, Montfial, Bénéfiat. Publication des Amis des Archives, article de J.L.

 

CE MOIS A CANNES :

Le 31 août 1897, la Fête Nationale sera célébrée à Cannes. C’est de Peternof, à bord du Pothuau que l’empereur Nicolas II de Russie et le Président de la République Française ont fait savoir au monde l’Alliance Franco-Russe. Source Archives municipales 1 J 18.

Affiche aimablement communiquée par les Archives municipales.

Affiche aimablement communiquée par les Archives municipales.

MAIS AUSSI ... 

Fête de Saint Porcaire martyr : il était abbé de Lérins lorsque des corsaires venus d’Afrique menacèrent l’asile où il donnait l’exemple de toutes les vertus. Le Saint Abbé mit en sûreté les plus jeunes de ses religieux puis, convoquant tous ceux qui étaient sous sa juridiction, il les exhorta à ne pas refuser de donner leur sang en témoignage de leur foi. Deux seuls sentirent faiblir leur courage et se cachèrent dans une grotte. Les autres, au nombre de cinq cents furent tous massacrés aussi bien que l’un des fugitifs, honteux de sa retraite.

Sources: Guide bleu Cannes-Le Cannet 1935. Archives municipales.

 

NOS DEPUTES (suite)

De par la loi du 12 janvier 1816, cinq députés de notre région étaient condamnés à l’exil, ayant voté la mort de Louis XVI. Jean-François Ricord, avocat à Grasse, s’était lié à Bonaparte lors du siège de Toulon en 1793, il dut s’exiler en Belgique.

Nous connaissons André Capron célèbre maire de notre ville. Nous évoquons maintenant sa courte vie de député.

Quelle était la tendance politique d'André Capron ? Il se dit républicain, terme vague qui lui permet selon les mouvances politiques d'évoluer, avec un certain opportunisme, diront ses opposants. C'est un républicain, il n'hésitera pas à faire référence aux engagements de son père dans ses discours électoraux. Mais il est modéré, progressiste, libéral, il ne veut ni révolution, ni réaction. Il est favorable à une politique d'apaisement, c'est-à-dire un rapprochement avec les conservateurs, et notamment avec les milieux cléricaux.

Il reprend les paroles d’Émile Loubet : le programme de tout républicain tient dans ces mots la tolérance, l'union, l'apaisement.

En 1902, après son élection à la mairie de Cannes en janvier, le décès de son ami Jean Hibert, lui donne l'opportunité de briguer un siège, sans concurrent, le 13 juillet, au Conseil général. Il restera élu jusqu'à sa démission en 1910, pour être réélu en 1919 jusqu'en 1929.

Le journal Le Littoral lui était opposé. Le 23 mai 1903, il se fait élire administrateur puis président du conseil d'administration de la Société d'imprimerie et journaux du Littoral. Il contrôle dorénavant cet important journal local, qui s'était montré particulièrement violent contre lui ces derniers mois.

A. Capron veillera à ce qu’il soit un journal fait pour tous et par tous, destiné à être le défenseur des intérêts de Cannes et de la région, se gardant des personnalités tapageuses, tenant son rôle d'informateur propagateur de toutes les réformes généreuses qui peuvent être tentées sans violence dans le domaine politique et social . Le Littoral devient un journal d'opinion, républicain progressiste, qui soutiendra sans faillir la municipalité Capron, défendant ses positions, généralement conservatrices, et s'attaquant, parfois violemment, à l'idéologie radical-socialiste.

En 1903, la carrière politique d'André Capron pouvait prendre une nouvelle dimension, il avait toutes ses chances pour être élu député des Alpes-Maritimes, mais le principal obstacle en a été son épouse qui redoutait là un prétexte pour le bel André de s'échapper souvent de Cannes. Beaucoup de proches, et Ferdinand Bac le premier, confirment qu'elle avait quelques sérieuses raisons d'être jalouse, son mari ayant la réputation d'un charmeur invétéré. Ni objurgations, ni prières ne purent faire fléchir le veto de la châtelaine de la Villa Madrid écrit un journaliste du Suquétan le 11.02.1903. Il présentera la candidature de son ami François Arago, qui remportera l'élection. Il ne sera député des Alpes Maritimes qu'en 1928 après le décès de son épouse.

Dorénavant, le sort politique de la candidature Arago, qui sera député de la circonscription cannoise de 1903 à 1910 puis de 1914 à 1924, est lié à celui de la municipalité Capron. L'échec de l'un retentit sur l'autre. Fidèle dans ses amitiés et à ses idées, Capron suivra Arago dans la défaire de 1910. Le système politique régional est ainsi complet et verrouillé : le lien entre le pouvoir municipal et le pouvoir départemental est renforcé par le pouvoir législatif, sous le parrainage bienveillant du sénateur M. Rouvier.

Ses alliances politiques, sa main mise sur un important journal régional démontrent chez André Capron ruse, calculs ambitieux et opportunisme. Je pense que l'on a trop souvent décrit André Capron, comme un maire débonnaire, patelin, dont les réparties et les somnolences lors des discours officiels étaient source d'amusantes plaisanteries de la part des journalistes locaux.

 

 

André Capron, dessin humoristique. Aimablement communiqué par F.V.

André Capron, dessin humoristique. Aimablement communiqué par F.V.

Lors de la campagne pour les législatives, un journaliste, excessif et sans doute calomnieux, du Réveil d'Antibes écrit le 28 avril 1928 toutes les opinions sont respectables à la condition pourtant qu'elles soient sincères ; or, ignore-t-on encore que M. Capron préparant son élection se faisait conduire par sa fidèle gouvernante tous les dimanches à la grand' messe, ce, pour ne pas froisser les susceptibilités des gens d'église ; sait-on qu'en sortant de l'église, M. Capron, le même, allait régulièrement prendre séance aux tenues d'obligations de la loge maçonnique du rite écossais, ce pour se ménager les sympathies des francs-maçons ; se doute-t-on qu'entre temps, le même M. Capron, allait verser son obole à la caisse du secours rouge communiste ? ? ? Voici l'homme et ses opinions…

Ses compromissions et louvoiements politico-électoraux ne lui enlèvent en rien son côté très humain et charitable et le succès des nombreuses réalisations en faveur des Cannois et de la ville de Cannes. F.V.

 

COMPLEMENTS D’ENQUÊTE :

Dès le recensement de 1866, est signalée une propriété Arimondy dans le quartier des Vallergues. Sur le plan régulateur de 1884, elle s’appelle la villa Sainte-Rose. Elle appartient à Monsieur Jules-Antoine Arimondy, négociant en blé sur le quai Saint-Pierre. On la remarque par sa tourelle octogonale coiffée d’un beau toit de tuiles et surmontée d’un élégant paratonnerre. A son décès, sa fille unique, épouse de notre député Gilette, hérite de la villa. Madame Gilette-Arimondy décède le 3 janvier 1920… Cela devient une autre histoire.

Villa Marie-Rose, allée Sainte-Rose. Photo aimablement proposé par un correspondant.

Villa Marie-Rose, allée Sainte-Rose. Photo aimablement proposé par un correspondant.

Bonnes vacances .

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28 juin 2017 3 28 /06 /juin /2017 19:18

ACTUALITÉS :

Une innovante exposition au Musée Picasso qui se tient à Paris du 21 mars au 3 septembre 2017, nous a donné l’idée de retrouver la trace d’Olga Picasso.

Acte de décès d'Olga Picasso

Acte de décès d'Olga Picasso

En 1935, la liaison durable de Picasso avec Marie-Thérèse Walter dont il aura une fille cette année-là, précipite le départ d’Olga Picasso pour Cannes avec son fils Paulo. Elle va mener une vie très discrète, recueillant sa petite-fille Marina après la séparation de ses parents, Paulo et Emilienne, jusqu’ à sa mort, Marina est alors âgée de cinq ans.

Une rencontre fortuite au boulevard Carnot à la recherche de l’immeuble où elle a vécu, le 76 aujourd’hui démoli, N. C. a rencontré une dame, très âgée, qui l’a connue : Olga donnait des réceptions très appréciées mais nous apportions mets et vins, elle ne se séparait jamais d’un médaillon contenant une photo jaunie de sa mère. Elle reposait avec ce médaillon sur son lit de mort.

Olga Picasso décède d’un cancer dans une certaine solitude, jamais son illustre époux n’ira la voir. Elle est enterrée au cimetière du Grand-Jas, quartier protestant. Des témoins compatissants feront en sorte que son petit-fils, Pablo, suite à son suicide horrible en 1973, la rejoigne dans la tombe.

Gardons d’Olga Picasso l’image si connue

Portrait d’Olga dans un fauteuil. Huile sur toile 130 x 88,8 cm. 1917. Musée Picasso.

Portrait d’Olga dans un fauteuil. Huile sur toile 130 x 88,8 cm. 1917. Musée Picasso.

LES DÉPUTÉS DE CANNES :

Après l’article paru dans le précédent billet, Gillette fut battu et pourtant réhabilitons sa mémoire :

Lecture du  Courrier du Littoral, 15 janvier 1903.

… Pour beaucoup, M. Gillette-Arimondy est un commerçant très intelligent, très actif, qui, méthodique et ordonné, a « su faire ses affaires », mais la plupart ignorent que ce commerçant est doublé d'un universitaire, d'un normalien, ayant acquis des grades dont tous ceux qui ont quelque culture connaissent la valeur.

… Né à Grasse en 1846, M. J. Gillette fit ses premières études à l'école laïque de M. Cresp, le père Cresp, comme l'appelaient les écoliers de l'époque.

Le jeune écolier eut tôt fait d'apprendre les premiers rudiments de l'enseignement que professait le père Cresp, et à neuf ans, il entrait comme externe au collège de Grasse, où il ne tardait point à manifester un goût marqué pour les sciences.

Cinq ans après, il fut envoyé au Lycée de Nice, où il reste jusqu' à l'épreuve du baccalauréat, qu'il subit avec succès. A ce moment, le jeune lycéen partit pour Paris, où il entra au Lycée Charlemagne, en mathématiques spéciales.

Deux ans plus tard, c’est-à-dire à vingt ans, — l’âge des beaux rêves et des nobles aspirations — M. Gillette était reçu à I 'Ecole Normale supérieure, section des sciences, où il fut l’élève du grand Pasteur.

A vingt-deux ans, il était reçu licencié de sciences mathématiques et licencié ès-sciences physiques.

A sa sortie de l'Ecole, il fut nommé professeur de physique au lycée de Niort.

Là, le jeune professeur ne se contenta  point de faire des cours aux jeunes lycéens qui lui étaient confiés…  Il s'affilia à la Ligue de l'Enseignement public, que présidait Jules Simon, et dont une section avait été fondée à Niort par Antonin Proust, et il enseigna les sciences aux enfants du peuple.

Mais la carrière du jeune professeur, qui semblait devoir être des plus brillantes, fut brusquement interrompue par les événements de 1870. Le 4 septembre, la République fut proclamée à Paris et la nouvelle en parvint aussitôt à Grasse, où M. Gillette se trouvait en congé de vacances. Un Comité Républicain fut constitué et il en fut élu le président. En cette qualité, il se rendit à l'Hôtel de la Sous-Préfecture et, entouré des membres de son comité, il proclama la République. Quelques jours après, il était désigné pour faire partie de la commission municipale, que présidait un proscrit de décembre, l'avocat Rebuffet.

Durant cette période troublée, M. J. Gillette fit preuve du plus grand sang-froid, et se faisant l'apôtre des idées démocratiques, il s'appliqua à vaincre les résistances de ceux qui ne voyaient point sans amertume, l'avènement du régime nouveau.

Mais les évènements se précipitaient, il ne suffisait pas d’administrer, il fallait combattre. En janvier 1871, des bataillons de mobilisés étaient organisés et M. J. Gillette, élu capitaine de la première compagnie, du premier bataillon, partait pour l'Algérie, où il fit campagne durant cinq mois. Il prit part à l'expédition d'El-Miliah, où l'arrière-garde de la colonne subit une vigoureuse attaque dans laquelle elle perdit plusieurs hommes.

Après la guerre, le jeune professeur soldat vint se fixer à Cannes où résidait depuis longtemps toute la famille de son père, il épousait Mademoiselle Arimondy, fille de M. Antonin Arimondy, négociant. Allié ainsi à l'une des plus anciennes familles cannoises, M. Gillette devint bientôt l'associé, puis le successeur de son beau-père. C'est ainsi que  son nom se doubla de celui d’une famille qui, devenue la sienne, l'attachait pour toujours au sol cannois.

M. Gillette-Arimondy a été pendant trente-deux ans à la tête d'une maison de commerce importante…

 

Commerce Graines et Farines, quai Saint-Pierre. Archives municipales.

Commerce Graines et Farines, quai Saint-Pierre. Archives municipales.

Mais durant ces mêmes périodes, M. Gillette-Arimondy a pris part à toutes les créations d’intérêt public. C’est ainsi qu’il participa activement à la campagne qui aboutit à la création d'un Tribunal de commerce à Cannes , qu'il présida les commissions d'enquêtes dont les travaux aboutirent à l'agrandissement de notre port , qu'il prit une part active à la création de notre école d'hydrographie, qu'il s'associa à la création de sociétés diverses, qu'il prit l'initiative de la création de la Société du Matériel d'Eclairage, qui a permis de donner à nos fêtes de nuit un éclat incomparable, qu'il a contribué puissamment à donner à l 'ensemble de nos fêtes une impulsion telle qu'elles sont devenues pour notre ville l'un des éléments essentiels de sa prospérité.

M. Gillette-Arimondy est, depuis sa fondation, l'un des membres les plus actifs de la Société d' Horticulture et d’ Agriculture de Cannes, qui l'a élu vice-président.

En 1884, M. Gillette-Arimondy fut nommé membre de la Chambre de Commerce de Nice, depuis, il a constamment été réélu. Il y a quelques années, les membres de cette Compagnie l'appelèrent à la vice-présidence.

Telle est la vie de cet homme qui, cédant aux instances de nombreux républicains, se présente devant les électeurs de la circonscription de Cannes-Antibes…

Signé G. BON.

M. Gillette-Arimondy fut battu par M. Arago, petit-fils de l’illustre physicien.

 

TOUJOURS d’ ACTUALITE : LE FESTIVAL.

En avant-première et en exclusivité, le trophée qui devait être décerné à l’occasion du 1er festival international du film de Cannes en 1939, sera présenté au cours d’un cocktail de presse.

Trophée du Festival 1939.

Trophée du Festival 1939.

Ce Trophée, ancêtre de la Palme d’or, avait quitté Cannes alors que le festival avait été interrompu par la déclaration de la Seconde Guerre mondiale. Cette pièce unique fut réalisée pour les organisateurs du 1er festival en 1939, par Jean de Vernon (1897-1975), graveur-médailleur et sculpteur français et retrouvée, en l’an 2000, au hasard d’une vente aux enchères en Allemagne.

Et en 2017 : Caroline Scheufele, coprésidente du joaillier CHOPARD qui réalise gracieusement chaque année la Palme d’or, a indiqué que pour le 70e anniversaire du Festival de Cannes, le trophée serait étoilé de 167 diamants.

VILLA MARIPOSA

C’est dans le billet N° 84 d’avril 2017 que nous l’avions citée. En feuilletant, mot inadéquat puisque numérisé, Le Littoral du 11 avril 1920 on apprend qu’un terrible incendie a ravagé la villa Mariposa dont le propriétaire était M. Terenchenko, (ministre des Affaires étrangères de Russie) durant le début de la Grande guerre) il était dans les lieux avec son épouse, sa fille et son gendre, M. et Mme Tchaïkovski, et des amis. C’était alors au 50 avenue Roi-Albert.

Photo d’archives.

Photo d’archives.

La villa a été érigée en 1878, riche de vingt-huit pièces, et a été remplacée en 1973 par dix-huit appartements. L’architecte cannois, M. Lizero en sera le « consultant » en France sur un projet de Sir Basile Spence, le jardin a été reconfiguré, la piscine occupe les anciennes serres.

En 1903, Bernard Kall, qui a acheté des terrains au sud-ouest de la villa, fait faire une analyse du sol. Le jardin, dont la superficie atteint dès lors 1,6 ha, est complété par des parterres et plantations rares de palmiers.

Résidence Mariposa   56-58 avenue Roi-Albert. Photo F. V.

Résidence Mariposa 56-58 avenue Roi-Albert. Photo F. V.

Si Mariposa était contée : sa vie fut brillante. Jugeons-en :

Madame Bernard KALL ouvre ses salons à un excellent orchestre et à un flot de danseurs le 21 janvier (Courrier de Cannes 17 janvier 1886).

Terenchenko adorait la musique et engageait des violoncellistes pour qu’ils restassent chez lui vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Après la révolution russe, ruiné, il vendit Mariposa.

Elle fut la résidence du prince Christian de Hesse, figure bien cannoise ; il était apparenté à la fois à la famille impériale russe et aux Mountbatten.

Pendant l’Occupation, elle fut réquisitionnée par l’armée allemande. Au moment de la menace du débarquement allié, on sacrifia le parc, creusant des tranchées et des abris individuels.

Mise en vente en 1950, elle fut achetée par le baron Olivier Allard qui venait d’épouser la veuve du fondateur de L’Ecole universelle. Pendant des mois un procès retentissant, interminable et à rebondissements multiples, eut lieu en Belgique, le Baron en sortit acquitté en 1972. Vivant toujours à Cannes mais dans une autre villa, il s’éteignit le 26 août 1981.

Sources : Journaux d’époque.

                 Inventaire général du patrimoine culturel.

                 Jean Bresson : La Fabuleuse histoire de Cannes.

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