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29 novembre 2017 3 29 /11 /novembre /2017 20:07

ACTUALITES :

Dans une certaine discrétion, le Grand-duc Nicolas de Russie, né en 1856 à Saint-Pétersbourg, mort à Antibes en 1929, et son épouse, Anastasia de Monténégro (1865-1935) reposaient dans la crypte de l’église russe de Cannes jusqu’à leur transfert le 24 août 2015 à la chapelle de la Transfiguration à Moscou. Son frère Pierre, né en 1864 à Saint-Pétersbourg, mort à Antibes en 1921 (villa Thénard pour les deux couples) épouse Militza de Monténégro (sœur d’Anastasia), décédée à Alexandrie en 1951, repose, apparemment, toujours dans la crypte.

Merci à J. B. pour cette recherche … à suivre.

QUE RESTE-T-IL ?

Intéressons-nous à Cannes.

Plan de La Castre 1480

Plan de La Castre 1480

Première rue du Barri, tour de Bélouard.

Première rue du Barri, tour de Bélouard.

C’est l’emplacement de l’ancien rempart détruit en partie en 1752 pour faire passer la route d’Italie.

En 990, à l’approche du millénaire, Guillaume Gruetta, comte d’Antibes, craignant la fin du monde et voulant gagner le ciel, donne le château aux moines de Lérins. C’est aussi la donation du port de Cannes. Port est un mot pompeux, il s’agit plutôt d’une plage portuaire (devant l’actuelle mairie et la gare des bus).

Plan de l’ancien château de Cannes.

Plan de l’ancien château de Cannes.

Auparavant, en 978, Rodoard, comte d’Antibes, arrivant selon toute vraisemblance du Nord de la France, relève la région après la conquête sarrasine.

Son influence et ses activités aux origines de Cannes sont certaines. Rodoard eut sous son autorité les anciennes propriétés des églises et des abbayes, devint le seigneur du Puy, ses descendants accorderont à Marcellinus le château ou castrum, il entreprend sa fortification ainsi que la construction de sa chapelle, Notre-Dame du Puy.

Chapelle Notre-Dame du Puy, puis Sainte-Anne, aile du musée de La Castre.

Chapelle Notre-Dame du Puy, puis Sainte-Anne, aile du musée de La Castre.

Une relative sérénité gagne enfin les Cannois qui quittent le Suquet protecteur pour se déplacer vers l’intérieur des terres. Ainsi en 1022-1030 l’église de Cannes s’écarte du château, c’est l’église Saint-Nicolas.

L’église paroissiale Saint-Nicolas. Aquarelle aimablement communiquée par J.M.M.

L’église paroissiale Saint-Nicolas. Aquarelle aimablement communiquée par J.M.M.

Avenue Saint-Nicolas ont été découvertes des sépultures des Ier et IVe siècles après l’ère commune, soit tout au long de la période impériale romaine et des lampes à huile datant du Ve siècle.

Au hasard de fouilles avenue de la République, on a pu penser à des ateliers de potiers pour avoir trouvé de la céramique et des monnaies de la même période, puis encore des monnaies.

Au XIe siècle, les moines de Lérins revendiquent la propriété du château et de l‘église. L’évêque d’Antibes cède. Les moines entreprennent la construction du donjon en 1070. Ils établissent un hôpital, prolongement continental de l’assistance aux laïcs nécessiteux.

Donjon du château de La Castre.

Donjon du château de La Castre.

En 1107, a lieu un catastrophique débarquement des Sarrasins à la fois à Lérins et à Antibes qui sera renouvelé en 1125. Mainfroi, évêque d’Antibes, se réfugie au château, il y restera de 1124 à 1130 et finira par quitter Cannes, rendant définitivement le château aux moines de Lérins.

En 1131, Béranger-Raymond, comte de Provence-Barcelone, confirme la possession du château à l’Abbaye.

Tour du Masque de Fer.

Tour du Masque de Fer.

C’est une tour de vigie, la tour de La Panthière, datant du XIIe siècle. La légende raconte l’évasion d’un mystérieux prisonnier qui aurait trouvé refuge dans cette tour où il serait mort en odeur de sainteté, après une longue période de recueillement et de prières ayant pardonné à ses ennemis. La tour faisait partie des murailles sud-est de la vieille ville. C’est par elle que passait le chemin d’Antibes à Fréjus. Vers 1521, la route s’est déplacée rue Saint-Antoine et rue Saint-Sauveur.

A suivre.

CE MOIS A CANNES

Décembre 1931, Sur la Riviera : « Félicitons la ville de Cannes qui vient de placer des poteaux indicateurs franco-esperanto : phares interdits, malpermisaj, lanternegov ».

 

COMPLÉMENT D’ENQUÊTE

Un aimable correspondant nous dit son sentiment après sa visite de l’exposition Lycklama (voir le billet N° 91). Sa tristesse en lisant l’enthousiasme du baron évoquant Erbil, Nimroud, Mossoul, Palmyre et d’autres qui viennent d’être livrées à de nouveaux vandales.

Palmyre. Photo prise de l’exposition par R.D.

Palmyre. Photo prise de l’exposition par R.D.

C’EST LA FÊTE :

LA POMPE est une galette ronde ou en forme de raquette, profondément striée de six rainures, parfumée à la fleur d’oranger. On doit la partager à la main sinon dans l’année on serait ruiné.

Les ingrédients sont de l’huile, de l’eau de fleur d’oranger, de la farine, du sucre et de la levure de boulanger « grosse comme une noix ». Elle se faisait bien avant l’an XI, date à laquelle on n’appliquait pas encore le système métrique à Cannes.

Pétrir jusqu’à ce que la pâte se décolle du récipient. L’abaisser pour chasser l’air. Etaler à la main, d’un doigt d’épaisseur. Pratiquer des incisions du centre de la pâte vers les bords de façon régulière comme pour la fougasse. Les écarter un peu avec les doigts.

Laisser lever la pâte et enfourner à four chaud 15 à 20mn (four seigneurial, du boulanger, ou luxe suprême, 180° four domestique).

La Pompe fait toujours partie des 13 desserts de Noël en Provence.

BILLET N° 92 DÉCEMBRE 2017

ON NOUS COMMUNIQUE

Samedi 9 décembre Cannes en fêtes, diapo conférence par Jacqueline Leconte et Michelle David sur un montage d’Irène Payan suivie du traditionnel buffet de fin d’année.

16h à la Maison des Associations 9 rue Louis-Braille.

( 06 10 83 12 39.

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25 octobre 2017 3 25 /10 /octobre /2017 18:43

ACTUALITES :

Masque de Fer aux îles, Le 15 septembre 2017, on pouvait lire dans Nice-Matin que les derniers débris de l’hôtel-restaurant L’Hostellerie du Masque de Fer étaient évacués sur le continent. Une plage est en train d’être créée (4 200 m2) qui sera ensablée. Ceci pour être en conformité avec la loi du littoral. Regrets personnels.

Le premier restaurant de l’île s’appelle La Réserve, déjà signalé dans l’édition 1865 du guide Joanne, il devient en 1923 La Potinière puis L’Hostellerie du Masque de Fer en 1950, coquillages et crustacés, bouillabaisses exquises.

Carte postale aimablement communiquée par M.D.

Carte postale aimablement communiquée par M.D.

Des problèmes d’environnement se posaient déjà. On trouve une lettre que Jean-Baptiste Manaira, propriétaire, adresse au maire pour se plaindre de l’accumulation d’algues et de gravats autour de son restaurant. Durant les Années folles, l’ancien bâtiment de bois s’agrandit d’une aile de vingt-quatre chambres. En 1922, l'ensemble est attribué en concession (bail emphytéotique renouvelable tous les 18 ans). Les autorisations ne seront pas renouvelées après le 31 décembre 1988.

 Le masque de fer. Photo MLR.

Le masque de fer. Photo MLR.

En 1995, l’hostellerie ne pouvant être mise aux normes ferme, puis le restaurant en 2005.

Source : publication des Amis des Archives, Promenade à l’île Sainte-Marguerite.

QUE RESTE-T-IL ?

La lecture du livre de Pierre COSSON, Cannes, ses lointaines origines, nous a donné l’idée d’écrire l’histoire de Cannes chronologiquement à partir de documents et vestiges que possèdent le musée de La Castre, les Archives municipales et d’éminents spécialistes. Les sources seront précisées à la fin de cette recherche.

ARLUC

Est relatée bien avant Cannes, son importance est liée à l’histoire de Lérins.

 Portion de plan actuel de la ville.

Portion de plan actuel de la ville.

Son emplacement a pratiquement disparu. Les fouilles remontent à 1881 lors de travaux de labour à l’ouest de Saint-Cassien, on trouve des tombeaux très rapprochés. On a pu identifier des entrepôts, des horrea sous le stade de Saint-Cassien. (Alain Ruggiero)

Urne funéraire. Fouilles Revellat. Auditorium Les Arlucs. Photo M.D.

Urne funéraire. Fouilles Revellat. Auditorium Les Arlucs. Photo M.D.

Les Romains avaient détourné une partie du cours de la Siagne pour l’amener au pied de la butte de Saint-Cassien. De l’autre côté se trouvait la Bastide rouge où des fouilles de R. Varaldi ont mis à jour des tombes de soldats romains.

L’indice du passage d’une voie romaine est la présence de l’épithète « rouge ». On sait, grâce aux textes de Barralis qu’il y avait sur la butte un temple dédié à Vénus et que cet endroit s’appelait Aralucis 

On pourra lire les pages édifiantes de la vie de saint Eucher, de sa femme Galla et de sa fille sainte Consortia (ou Consorce) p 197 et suivantes du livre susnommé.

Un xenodochium (hôpital) dédié à Saint-Etienne est réalisé par Consortia pour aider les malades et les voyageurs à résoudre au mieux le problème du franchissement de la Siagne et du transport vers Saint-Honorat.

Le monastère Saint-Etienne des bénédictines d’Arluc a été fondé vers 616 sous le roi Clotaire. II semble qu’il ait été édifié sur la butte de Saint-Cassien sur le temple vénéré d’Aphrodite il y a 2 000 ans (documents disparus).

En 731, le débarquement inopiné des Sarrasins à Lérins fut l’occasion d’un massacre sans précédent, les religieuses se sentant menacées se dispersèrent dans la nature, puis tentèrent de reprendre leurs activités caritatives avant de disparaître définitivement vers 830.

Reliquaire de Sainte-Maxime (854). Ancienne religieuse bénédictine d’Arluc, elle avait fondé à Caillan un monastère similaire.

Reliquaire de Sainte-Maxime (854). Ancienne religieuse bénédictine d’Arluc, elle avait fondé à Caillan un monastère similaire.

 

Autour de l’an 1000, (Grégoire Ier) Lérins est indépendante du pouvoir local, laïque ou ecclésiastique mais sous l’entière dépendance du Saint-Siège. Lérins a des appuis si grands et si efficaces qu’elle possède domaines et droits sur la « presque » Cannes.

Au Moyen Âge, le pagus d’Arluc s’étendait jusqu’au pré de l’Abbé à l’Arboquatz (premier nom de La Bocca). En 1513, Augustin Grimaldi, évêque de Grasse, demande toutes les prérogatives sur le château d’Arluc et son territoire. En 1514, le Seigneur rattache Arluc au territoire de Cannes, précisant qu’il ne restait que quelques ruines de vieux monastères et non un château.

1636 : Une chapelle est construite sur le site de Saint-Cassien, elle est confiée à des ermites. Le lundi de Pentecôte et le 23 juillet s’institue la fête des romérages.

Chapelle Saint-Cassien.

Chapelle Saint-Cassien.

Au printemps 1868, fut dégagée au fond de la chapelle Saint-Nicolas (quartier Saint-Nicolas, actuellement détruite) une inscription funéraire romaine de Venusia Anthimilla, dernier reste d’un tombeau romain, 1 000 ans avant l’existence de Cannes. L’inscription est dédiée par ses parents à la mémoire de leur fille chérie, laquelle n’a pas de praenomen comme toutes les femmes romaines d’alors. Son cognomen Anthimilla est grec. Elle appartient donc à une de ces très anciennes familles qui ont fait prospérer le comptoir grec d’Antipolis fondé 500 ans plus tôt, le conomen Andronicue est grec, une vieille famille grecque ralliée à Rome, peut-être avant la conquête de César ?

Cippe funéraire d’Anthimilla. Musée de La Castre, Cannes. 1er siècle après l’ère commune.

Cippe funéraire d’Anthimilla. Musée de La Castre, Cannes. 1er siècle après l’ère commune.

TERRITOIRE D’EXSOSTA.

C’est un carrefour dont l’activité était centrée sur le passage de la Siagne. Des fouilles ont été conduites en 1941 par Hubert Dhumez. Sur un tertre de gneiss, surélevé par rapport à la rivière, des ruines ont révélé la présence d’une villa romaine conséquente d’où fut dégagée, entre autres, la moitié d’une petite arula grecque supportant encore une partie de la dédicace « aux déesses ».

Tête de jeune fille.  Auditorium d’Arluc. Photo M.D.

Tête de jeune fille. Auditorium d’Arluc. Photo M.D.

Saint-Georges-le-Vieux fut un lieu de culte chrétien dont l’histoire est liée à celle du gué de Pas-Estrech. Le mallus, terme carolingien ou germanique, aurait remplacé les assemblées populaires romaines au cours desquelles deux fois par an, en mai et en septembre, les foules se rassemblaient  à l’occasion du départ d’éventuels combattants pour la guerre, provoquant ainsi une foire des armes, des chevaux accompagnés de danses, de beuveries. Avec la christianisation, le mallus fut remplacé par la fête du saint titulaire de l’église éponyme. Ainsi au cours de la saint Georges, le 23 avril, saison des labours, aux toutes premières récoltes. En 1109, le seigneur de Saint-Georges restitue à l’abbaye de Lérins la terre de Saint-Georges. La chapelle fut totalement abandonnée pendant la longue occupation sarrasine de la Provence (830-978). Puis Saint-Georges-le-Vieux retrouva Lérins et les moines restaurèrent la chapelle dans le style roman relançant le romérage.

Mais en 1390, Raymond de Turenne mit en fuite les habitants d’Exsosta vers Arluc et Cannes, l’insalubrité s’installa dans toute la vallée. Le cadastre napoléonien la signale sous le nom de Georges-le-Vieux, la chapelle est transformée en écurie, c’est actuellement une annexe d’une exploitation agricole.

BILLET N° 91 NOVEMBRE 2017

Une deuxième chapelle dédiée à saint Georges fut construite comme église paroissiale de La Roquette, à 400 mètres à l’est de l’ancienne, aujourd’hui chapelle Saint-Jean.

La Roquette est qualifiée de village et quartier d’Isoste ou Exsosta qui représenterait donc un territoire plus étendu.

A la fin du XIIIe siècle, toute la région subit inondations catastrophiques, épidémie de peste ou de paludisme. A partir de 1250, Exsosta et Arluc se dépeuplent.

Dès 1357, débutait la politique désordonnée de la reine Jeanne causant la ruine de la Provence, Arluc, Exsosta, disparurent dans les flammes provoquées par le seigneur dévoyé Raymond de Turenne. Arluc est détruit en 1390. Les réfugiés au château du Suquet y demeurent définitivement.

En 1490, l’abbé de Lérins relance le romérage de la Saint-Georges au milieu des ruines d’Exstosa que l’insalubrité croissante de la vallée de la Siagne a définitivement vidée.

Au XVe siècle, Ranguin a fait partie d’Exsosta et ce, cent ans après les destructions de Raymond de Turenne, Ranguin dépend de Cannes et y restera jusqu’en 1776. L’activité liée au gué d’Estrech, au mallus, à la criée de Saint-Georges, puis aux moulins de l’Abadie fut pour Cannes un atout majeur.

La déviation de la Siagne entreprise par les Romains sera utilisée pour réaliser le Réal desservant les différents moulins abbatiaux. L’abbé de Lérins décide de reconstruire sur l’ancien Exstosa le moulin du Val qu’il double pour les besoins de Cannes.

Vous avez dit « Archives », réactualisons : le mannequin, acteur, cinéaste Guillaume Campanacci revient pour un long métrage sur la butte de Saint-Cassien. Nice-Matin, mardi 1er août 2017.

VU POUR VOUS

L’exposition Lycklama au musée de La Castre facilitée par la présence de M. Roustan Delatour, conservateur du musée.

En vrac, 

la richesse des Lycklama provenait de l’exploitation de la tourbe dans la Frise (on peut en voir un échantillon qui, parait-il, ressemble à un paquet de shit),

l’illustration de ses grandes expéditions à travers les peintres, ainsi le prêt du musée de Montpellier,

La mosquée bleue à Tauris en Perse, Jules Laurens, huile sur toile.

La mosquée bleue à Tauris en Perse, Jules Laurens, huile sur toile.

De Babylone, un bol à incantation contre les démons représentant la démone Lillith. Il porte l’inscription en araméen « Pour guérir Nana, fille de Khatima », utilisé dans la tradition juive.

Coupe anti démone

Coupe anti démone

L’évocation élogieuse de cette secrétaire du musée, Simone Caponi, (l’histoire est relatée par Frédéric Vincent dans notre bulletin trimestriel N° 55 de janvier 2015) qui, à l’arrivée des Allemands mit dans un coffre en banque à son nom différentes pièces archéologiques dont ce masque funéraire en or trouvé dans un énorme sarcophage de pierre dans la petite ville de Saïda.

Masque or funéraire de Saïda

Masque or funéraire de Saïda

Et la « nouveauté » de cette exposition, le tableau du baron de Lycklama en majesté revu et corrigé :

Lycklama

Lycklama

Dont on nous narre l’histoire : Deux versions du portrait étaient connues. L’une conservée au musée de La Castre, l’autre photographiée en 1869 et considérée comme disparue. L’examen du tableau de La Castre, réalisé en 2017 par le CICRP de Marseille, a révélé qu’il s’agissait d’une seule et même œuvre. La version originelle peinte par Emile Vernet-Lecomte fut partiellement repeinte par Pierre Tetar van Elven, le jeune serviteur noir portant une cafetière….

Chacun d’entre nous visite une exposition avec sa sensibilité, nous aimerions bien avoir en retour votre impression sur une vitrine, un tableau qui vous a marqué.

ON NOUS COMMUNIQUE

Vendredi 3 novembre, visite guidée du cimetière du Grand Jas par Michelle David.

Rendez-vous à 14h devant l’entrée principale. Inscriptions ( 06 10 83 12 39.

Jeudi 16 novembre : A la demande de l’association des Amis de l’île Sainte-Marguerite diapo conférence Quand écrivains et peintres puisent leur inspiration à l’île Sainte-Marguerite 18h à la Maison des Associations 9 rue Louis-Braille. Entrée gratuite.

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20 septembre 2017 3 20 /09 /septembre /2017 19:17

COMMENT ON ECRIT L’HISTOIRE :

Louis II de Bavière à Cannes ?

Selon deux auteurs, il y en a peut-être d’autres ! Prosper Mérimée, en 1862, aurait fait visiter l’île Saint Honorat à Louis II de Bavière.

Dans les Annales de la Société Scientifique et Littéraire de Cannes, année 1983, M. Jean-Marie Robain, arrière-neveu de P. Mérimée, en page 43, indique, en évoquant les relations et les mondanités de son grand-oncle à Cannes : il fait visiter l’île Saint-Honorat à Louis II de Bavière, et cite le commentaire de P. Mérimée sur son visiteur homme de beaucoup d’esprit, très vicieux, of course, et ferré à glace en matière d’art et d’archéologie, sans plus de précision.

Cette affirmation est reprise par l’auteur Marc Boyer dans son ouvrage L’invention de la Côte d’Azur, Ed. de l’Aube, 2002, page 117 :

En décembre 1862 arriva Louis II de Bavière que Mérimée présente ainsi : « J’ai eu ces jours derniers la visite du roi Louis de Bavière, roi dégommé, le « feu roi » comme l'appelait son aubergiste à Cannes. Il m’a paru homme de beaucoup d'esprit, très artiste et très vicieux… Il m’a prié de le mener à l’île Saint-Honorat où il a voulu tout voir… »

L’auteur précise sa source, la citation est extraite d’une lettre de Prosper Mérimée à son ami Viollet-le-Duc écrite en décembre 1862. Mais surtout par cet extrait, P. Mérimée indique qu’il a eu la visite du roi Louis de Bavière, et non pas Louis II de Bavière, et il qualifie ce roi de « roi dégommé », « le feu roi ».

Louis II de Bavière (1845-1886), fils de Maximilien (1811-1864), ne sera roi qu’en 1864, en 1862 il ne pouvait pas avoir le qualificatif de roi dégommé.

Cependant, son grand-père Louis 1er  de Bavière (Strasbourg 1786 - Nice 1868), a régné de 1825 à 1848 et a été contraint d’abdiquer en faveur de son fils Maximilien, suite aux troubles politiques de 1848 et à sa liaison jugée scandaleuse avec la danseuse et aventurière Lola Montès. C’est un esthète, épris d’art et d’archéologie, durant son règne il fait l’acquisition d’œuvres antiques d’époque romaine et grecque, et constitue une galerie de peintures. Sous son impulsion Munich devient le plus brillant et le plus important centre artistique et universitaire allemand. Donc ce roi méritait bien le qualificatif de P. Mérimée « ferré à glace en matière d’art et d’archéologie ».

Recherche de Frédéric Vincent.

 

CE MOIS A CANNES

La Société Brutus de Cannes, le 23 octobre 1793, envisage de transformer les noms des îles Sainte-Marguerite et Saint-Honorat en île Marat et île Pelletier du nom des deux députés révolutionnaires qui sont morts assassinés, et qui ont été considérés comme des « martyrs de la Révolution ».

Nice-Matin 26 février 2017. 


 

LIENS ANNEXES : CHRISTIAN GALLO Les dessous de la Côte.

16 X 1979 : 13h57, une partie de la plate-forme de remblaiement que l’on construit devant les pistes de l’aéroport disparaît en mer emportant 9 ouvriers qui travaillaient à la construction d’une nouvelle digue devant abriter un port de commerce. Quelques minutes plus tard un raz-de-marée se précipite vers le littoral et une vague de 2,50 m à 3,50 m de haut déferle sur les plages de l’Ilette et de la Salis à Antibes… Une semaine plus tard, des spécialistes attribuèrent ce phénomène à l’avalanche sous-marine d’une colline sédimentaire de 150 millions de m3 située à l’embouchure du Var. Son effondrement provoqua la rupture de câbles sous-marins à plus de 100 km de distance de la côte. La construction du port de commerce de Nice fut abandonnée et le dossier ne sera consultable qu’en 2079. Dans le film Brice de Nice, ce dernier attend toujours la fameuse vague de 1979 dont a parlé son père.


 

COMPLÉMENT D’ENQUÊTE

L.L. Dreyfus après être descendu à la villa Luna Nova (Billet N° 71 mars 2016) est toujours resté locataire à la Villa Mauritzia, énorme propriété sur deux boulevards, boulevard Gazagnaire et boulevard de la Source. Elle appartenait à Madame de Kronemberg avec la villa La Dorade. Madame de Kronemberg lui avait proposé un prix d’achat qui n’était certainement pas exagéré étant donné la dévaluation du franc par rapport à l’époque où elle avait été achetée.

Source : Bulletin L’Ami des Archives N°54.

Entrée principale de la Villa Mauritzia.

Entrée principale de la Villa Mauritzia.

Et :

PHILIPPE ERLANGER écrit dans La France sans Étoile :

Je reste béat devant des cyclistes inattendues. Madame Louis-Louis Dreyfus, veuve du roi des céréales, a été une très belle femme à l’ancienne mode. Elle garde grande allure. Je la vois à bicyclette, suprêmement digne dans son corset et sa robe noire, des cheveux formant une espèce de tour. Derrière elle se trouve le panier qui contient son pékinois.

 

ON NOUS COMMUNIQUE

Jeudi 12 octobre, à la demande de Cannes Bel Âge Cannes à travers ses peintres diapo conférence par Michelle David à 14 h 30 à la Maison des Associations 9 rue Louis-Braille. Inscription dans les clubs Bel Âge.

Mardi 17 octobre, à la demande de l’association pour le Développement Culturel de la Région Cannoise En baie de Cannes, des Régates de Légende diapo conférence par Jacqueline Leconte et Michelle David sur un montage d’Irène Payan. Salle Bel-Aube, rue des Michels au Cannet à 18 h.

  06 10 14 43 72.

Jeudi 19 octobre, visite guidée de l’exposition Lycklama au musée de la Castre.

Rendez-vous à 14 h 15 à l’entrée du musée. Limité à 20 personnes.  06 10 83 12 39.

À partir de la rentrée, les Archives municipales vous proposent un nouvel atelier : « Plumes d’archives »

Il s’agit d’un atelier d’écriture organisé le deuxième mercredi du mois en salle de lecture sur le site de Montrose, de 15 h à 17 h 15.

Réservé aux adultes, cet atelier consiste à imaginer et écrire un texte littéraire à partir de documents d'archives. L'animation de cet atelier créatif est assurée bénévolement par Mme Christine Huet.

Les différentes dates seront les suivantes : 11 octobre 2017 ; 8 novembre ; 13 décembre 2017 ; 10 janvier 2018 ; 14 février ; 14 mars ; 11 avril  ; 2 mai  ; 13 juin 2018.

Renseignements et réservations obligatoires  04 89 82 20 60

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30 août 2017 3 30 /08 /août /2017 18:40

 

POUR UN SOURIRE

1960 : Présenté en sélection officielle, L'Avventura de Michel Angelo Antonioni est très mal accueilli par le public lors de sa projection. Monica Vitti, actrice principale, sort en larmes de la salle et se fait injurier. Le soir même, lors d'un dîner de gala organisé au Palm Beach par la production de L'Avventura, un incident éclate entre le chanteur Dario Moreno, qui se produit devant les convives, et l'acteur Alain Cuny, l'un des interprètes principaux de La Dolce Vita. Alain Cuny, choqué par l'accueil fait à L'Avventura, s'indigne que l'on fasse un triomphe au « pitre » Moreno après avoir hué Antonioni, et invective publiquement le chanteur, le comparant au « poisson énorme et visqueux » qui apparaît à la fin de La Dolce Vita. Dario Moreno répond à Alain Cuny : Monsieur, je regrette beaucoup les paroles que vous venez de prononcer parce que moi je vous admire beaucoup.

Alain Cuny est ensuite exclu du Festival par le délégué général Robert Favre Le Bret. La polémique autour de L'Avventura, qui reçoit finalement le prix spécial du jury, est citée comme l'un des scandales du Festival.

BILLET N° 89 SEPTEMBRE 2017

L'affiche du 62e Festival de Cannes reprend un photogramme du film, on y voit Monica Vitti de dos en contre-jour dans l'embrasure d'une fenêtre.

 

NOS DEPUTES (suite)

Nous avons eu à Cannes « notre Dreyfus », il fut député de Cannes et d’Antibes de 1932 à 1936 et nous allons le suivre durant les années trente-quarante.

Dessin : L. L. Dreyfus, la terreur de Jeanpierre et Guiter. Archives municipales de Cannes.

BILLET N° 89 SEPTEMBRE 2017

Sa première réunion, en 1930, se tient au bar Augusta, 114 rue d’Antibes, devant 200 auditeurs. Il est partisan du désarmement pacifique mais la France ne doit pas se laisser berner. La Fédération française de bridge abonde en son sens et convie les bridgeurs à prélever 10 % sur leur gain de jeu qui seront consacrés à l’achat d’un avion pour la défense de l’Empire, il portera le nom symbolique de L’As de Coeur.

Louis Louis-Dreyfus est connu pour sa grande aisance financière, il sera surnommé « Double Louis Dreyfus » par le pamphlétaire Léon Daudet, et il multiplie les dons, ce que ne manquera pas de publier Le Littoral : à l’occasion du mariage de sa fille à Paris avec M. Jean Rheims, il verse la somme de 5 000 francs qui seront répartis entre les bonnes œuvres de Cannes. Il est alors député de la circonscription Cannes-Antibes. Les honnêtes gens le feront triompher.

Photographie prise à l’occasion de la pose d’une plaque commémorative du pyroscaphe de 1783 inventé par Claude de Jouffroy d’Abbans.

Photographie prise à l’occasion de la pose d’une plaque commémorative du pyroscaphe de 1783 inventé par Claude de Jouffroy d’Abbans.

Il est attentif aux problèmes horticoles de la région cannoise : nous le retrouvons dans les critiques du journal local Le Littoral, il invite le gouvernement à organiser la déclaration obligatoire des récoltes de plantes à parfum (fleurs et herbes) ainsi que celle des produits dérivés (huiles essentielles).

En mai 1931, non encore élu, il décrit la situation des producteurs de fleurs et plantes servant à la fabrication des eaux de fleurs d’oranger, des eaux de toilette et des essences pour parfums qui ne fait qu’empirer depuis des années :  des milliers de travailleurs de la terre, groupés ou non en coopératives de production, et s’adonnant surtout dans nos régions du Midi, à la culture des plantes à parfum (oranger, lavande, jasmin, rose, œillet, menthe),  voient s’accroître sans cesse la mévente de leurs produits. Ce fait n’est pas dû aux produits dérivés des plantes à parfum, qui, bien au contraire, est plutôt en augmentation, mais à la surproduction industrielle qui sévit dans les laboratoires, surtout à l’étranger. On a, en effet, tendance à y remplacer de plus en plus les produits naturels par des produits artificiels dont le prix de revient est infiniment moindre, mais dont la qualité est inférieure et qui s’avèrent même nocifs lorsqu’il s’agit de produits destinés à l’alimentation (fleur d’oranger) ou, à l’usage externe par pénétration sur l’épiderme (eaux de toilette, à base de lavande et de néroli) .

Quant aux parfums proprement dits, la clientèle, qui croit avoir à faire à des parfums fabriqués avec de pures essences de fleurs, alors que les huiles essentielles n’entrent plus dans la fabrication que pour une part infime, risque de ne plus recourir aux produits français quand elle s’apercevra qu’elle a été dupée.

(Notons que ceci est toujours d’actualité dans le plateau de Valensole pour les producteurs de lavandin).

En juin, soucieux de la crise économique sans précédent qui atteint cruellement nos compatriotes, il apporte son obole, une somme de 2 000 francs, aux communes de Cannes et d’Antibes. En juillet, c’est 2 000 francs, à titre de coopération personnelle, qu’il verse au Collège international de Cannes.

Il s’inquiète avec succès du confort de ses électeurs, réclamant auprès de la Compagnie du P.L.M. une redevance annuelle pour assainir le quartier de La Bocca, l’établissement du chemin de fer ayant modifié le régime d’évacuation des eaux pluvieuses.

Que dire de son épouse ? Le 9 mars 1932, Madame Louis-Dreyfus (née Emma Levy) est allée accomplir un geste généreux à Vallauris dévasté par l’orage, apportant 500 000 francs au Dr Sénès, maire de la ville. Toujours préoccupé par l’économie locale, L. Louis-Dreyfus intervient auprès du Gouverneur général de l’Algérie pour qu’on revoie les exigences phytosanitaires de l’arrivée des fleurs, par suite de la détérioration du produit (30 octobre 1932).

En 1934, il intervient au sujet des droits de douane appliqués aux produits des potiers de Vallauris à leur entrée en Angleterre, remerciements des intéressés.

Pour rappeler l’air du temps, il est friand de la guillotine et retient sa place pour les exécutions publiques (exécution de Weidmann). Il s’intéresse à un criminel, Michel Scarella, ancien lieutenant des milices espagnoles qui a abattu, le 12 mai 1939, le chef cuisinier de l’hôtel où il travaillait à Antibes ; condamné à mort, il sera gracié le 12 juillet 1939.

L’entrée en jeu de M. Louis-Dreyfus dans la lutte pour une élection municipale a fait se retirer le maire sortant, le Dr Gazagnaire. Et le gagnant est : Pierre Nouveau (1935-1940).

IM. Louis Louis-Dreyfus termine tristement son parcours et devient sénateur des Alpes-Maritimes en 1937, il est surveillé à distance par un policier et deux infirmières quand il se rend à la préfecture. Son élection est une honte pour le département.

Sources : AM Cannes K 46, 2S173.  Le Littoral.

COMPLÉMENT D’ENQUÊTE

Masséna, duc de Rivoli, fut candidat officiel pour la députation de 1869 (billet N°84). Il était très mondain et il faut bien le dire, ne s’occupait pas beaucoup de sa députation. Il a enrichi le monde de découvertes importantes. C’est lui qui a prouvé le premier qu’un gilet pouvait tenir avec un seul bouton. Revue de Cannes 28 janvier 1869.

 

CE MOIS A CANNES : 

Septembre 1946. Pour inaugurer le premier festival de Cannes, le ministre du Commerce et de l’Industrie (Robert Lacoste) a eu cette phrase célèbre : Je déclare ouvert le festival de l’Agriculture.

 

LIENS ANNEXES :

Natalia Sumarakov-Elston, une comtesse exilée, raconte : autour de Cannes, il y avait de nombreux Cosaques qui élevaient des volailles, ils n’ont jamais appris le français…. Ils lancèrent le chic miséreux : les balayeurs de Cannes étaient célèbres, ils étaient très élégants et avaient grande allure dans leurs vareuses militaires. Tout le monde les adorait. J’ai connu une Anglaise qui vivait au-dessous de l’appartement d’un colonel qui travaillait comme balayeur, et il avait pris l’habitude de lui donner un exemplaire de Tattler le magazine qu’il recevait chaque semaine…

Sources : M.Glenny et N. Stone. The Other Russia: The Experience of Exile. 1919-1939, New-York, Oxford University Press. 1990.

 

ON NOUS COMMUNIQUE :

Samedi 23 septembre, nous serons à Viva Association, espace Riviera du Palais des Festivals.

Jeudi 28 : Journée à Bordighera à la découverte de l’architecte Charles Garnier. Le matin, visite guidée de la vieille ville, l’après-midi sera consacrée à celle de la villa Garnier.

L’atelier des Amis des Archives a réalisé une brochure forte intéressante :

BILLET N° 89 SEPTEMBRE 2017

Pour tous renseignements ( : 06 10 83 12 39.

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26 juillet 2017 3 26 /07 /juillet /2017 00:34

Une très jolie photographie à la vitrine de l’agence Europa 2 boulevard de La Croisette, une curiosité incessante, l’agréable accueil de M. Yann Rouault, un nom, un article.

Château Sainte-Anne. Rue du Commandant Bret, 28 à 36 boulevard d’Oxford. Photo de l’agence.

Château Sainte-Anne. Rue du Commandant Bret, 28 à 36 boulevard d’Oxford. Photo de l’agence.

C’est dans le cadre champêtre de ce quartier de Cannes que, vers 1855, lady Elisa Murgent épouse de sir Alfred Harley, comte d’Oxford et Mortimer achète de vastes terrains et fait bâtir le château Sainte-Anne et la villa Montfial.

En 1886, les deux demeures sont devenues la propriété d’un autre Anglais, le capitaine Wyner de Gray. En 1896, entouré de sa femme Eléonore, de ses filles Mary et Violet, le capitaine offre un bal somptueux en l’honneur du prince de Galles.

A cette époque, six domestiques dont un cocher vivaient au château.

Passionné de chasse, le capitaine louait auprès de la municipalité tous les terrains de l’île Sainte-Marguerite où elle pouvait se pratiquer.

Le jardin du château Sainte-Anne. Source Culture.gouv.fr.

Le jardin du château Sainte-Anne. Source Culture.gouv.fr.

Puis le capitaine se sépare de son domaine, qui, en 1925, figure dans les annuaires sous le nom d’Oasis, est habité par le futur propriétaire d’Isola Bella, M. Blum. Lord et lady Micheland en sont alors propriétaires. Lorsque Louis Hachette s’en porte acquéreur en 1929, il doit négocier l’achat du château Sainte-Anne qui a retrouvé son nom demandant l’autorisation de faire venir ses meubles avant même que l’acte de vente soit signé. Il vendra la villa Montfial avec jardin attenant, le tout occupant une surface de 2189 m2 détachée d’une plus grande propriété… Cette charmante bâtisse sera détruite pour laisser place à un immeuble moderne.

Après le décès de M. Hachette, ses héritiers honorant la promesse du défunt, vendent le château Sainte-Anne à Mademoiselle Gabrielle Dujardin. Dans les années 30, celle-ci épouse son cousin germain, Fernand Adda, le plus important cotonnier d’Alexandrie.

Le château Sainte-Anne s’appelle désormais Oasis El Beïda sur une superficie de 18 970 m2.

Sources : Les Belles Collines de Terrefial, Montfial, Bénéfiat. Publication des Amis des Archives, article de J.L.

 

CE MOIS A CANNES :

Le 31 août 1897, la Fête Nationale sera célébrée à Cannes. C’est de Peternof, à bord du Pothuau que l’empereur Nicolas II de Russie et le Président de la République Française ont fait savoir au monde l’Alliance Franco-Russe. Source Archives municipales 1 J 18.

Affiche aimablement communiquée par les Archives municipales.

Affiche aimablement communiquée par les Archives municipales.

MAIS AUSSI ... 

Fête de Saint Porcaire martyr : il était abbé de Lérins lorsque des corsaires venus d’Afrique menacèrent l’asile où il donnait l’exemple de toutes les vertus. Le Saint Abbé mit en sûreté les plus jeunes de ses religieux puis, convoquant tous ceux qui étaient sous sa juridiction, il les exhorta à ne pas refuser de donner leur sang en témoignage de leur foi. Deux seuls sentirent faiblir leur courage et se cachèrent dans une grotte. Les autres, au nombre de cinq cents furent tous massacrés aussi bien que l’un des fugitifs, honteux de sa retraite.

Sources: Guide bleu Cannes-Le Cannet 1935. Archives municipales.

 

NOS DEPUTES (suite)

De par la loi du 12 janvier 1816, cinq députés de notre région étaient condamnés à l’exil, ayant voté la mort de Louis XVI. Jean-François Ricord, avocat à Grasse, s’était lié à Bonaparte lors du siège de Toulon en 1793, il dut s’exiler en Belgique.

Nous connaissons André Capron célèbre maire de notre ville. Nous évoquons maintenant sa courte vie de député.

Quelle était la tendance politique d'André Capron ? Il se dit républicain, terme vague qui lui permet selon les mouvances politiques d'évoluer, avec un certain opportunisme, diront ses opposants. C'est un républicain, il n'hésitera pas à faire référence aux engagements de son père dans ses discours électoraux. Mais il est modéré, progressiste, libéral, il ne veut ni révolution, ni réaction. Il est favorable à une politique d'apaisement, c'est-à-dire un rapprochement avec les conservateurs, et notamment avec les milieux cléricaux.

Il reprend les paroles d’Émile Loubet : le programme de tout républicain tient dans ces mots la tolérance, l'union, l'apaisement.

En 1902, après son élection à la mairie de Cannes en janvier, le décès de son ami Jean Hibert, lui donne l'opportunité de briguer un siège, sans concurrent, le 13 juillet, au Conseil général. Il restera élu jusqu'à sa démission en 1910, pour être réélu en 1919 jusqu'en 1929.

Le journal Le Littoral lui était opposé. Le 23 mai 1903, il se fait élire administrateur puis président du conseil d'administration de la Société d'imprimerie et journaux du Littoral. Il contrôle dorénavant cet important journal local, qui s'était montré particulièrement violent contre lui ces derniers mois.

A. Capron veillera à ce qu’il soit un journal fait pour tous et par tous, destiné à être le défenseur des intérêts de Cannes et de la région, se gardant des personnalités tapageuses, tenant son rôle d'informateur propagateur de toutes les réformes généreuses qui peuvent être tentées sans violence dans le domaine politique et social . Le Littoral devient un journal d'opinion, républicain progressiste, qui soutiendra sans faillir la municipalité Capron, défendant ses positions, généralement conservatrices, et s'attaquant, parfois violemment, à l'idéologie radical-socialiste.

En 1903, la carrière politique d'André Capron pouvait prendre une nouvelle dimension, il avait toutes ses chances pour être élu député des Alpes-Maritimes, mais le principal obstacle en a été son épouse qui redoutait là un prétexte pour le bel André de s'échapper souvent de Cannes. Beaucoup de proches, et Ferdinand Bac le premier, confirment qu'elle avait quelques sérieuses raisons d'être jalouse, son mari ayant la réputation d'un charmeur invétéré. Ni objurgations, ni prières ne purent faire fléchir le veto de la châtelaine de la Villa Madrid écrit un journaliste du Suquétan le 11.02.1903. Il présentera la candidature de son ami François Arago, qui remportera l'élection. Il ne sera député des Alpes Maritimes qu'en 1928 après le décès de son épouse.

Dorénavant, le sort politique de la candidature Arago, qui sera député de la circonscription cannoise de 1903 à 1910 puis de 1914 à 1924, est lié à celui de la municipalité Capron. L'échec de l'un retentit sur l'autre. Fidèle dans ses amitiés et à ses idées, Capron suivra Arago dans la défaire de 1910. Le système politique régional est ainsi complet et verrouillé : le lien entre le pouvoir municipal et le pouvoir départemental est renforcé par le pouvoir législatif, sous le parrainage bienveillant du sénateur M. Rouvier.

Ses alliances politiques, sa main mise sur un important journal régional démontrent chez André Capron ruse, calculs ambitieux et opportunisme. Je pense que l'on a trop souvent décrit André Capron, comme un maire débonnaire, patelin, dont les réparties et les somnolences lors des discours officiels étaient source d'amusantes plaisanteries de la part des journalistes locaux.

 

 

André Capron, dessin humoristique. Aimablement communiqué par F.V.

André Capron, dessin humoristique. Aimablement communiqué par F.V.

Lors de la campagne pour les législatives, un journaliste, excessif et sans doute calomnieux, du Réveil d'Antibes écrit le 28 avril 1928 toutes les opinions sont respectables à la condition pourtant qu'elles soient sincères ; or, ignore-t-on encore que M. Capron préparant son élection se faisait conduire par sa fidèle gouvernante tous les dimanches à la grand' messe, ce, pour ne pas froisser les susceptibilités des gens d'église ; sait-on qu'en sortant de l'église, M. Capron, le même, allait régulièrement prendre séance aux tenues d'obligations de la loge maçonnique du rite écossais, ce pour se ménager les sympathies des francs-maçons ; se doute-t-on qu'entre temps, le même M. Capron, allait verser son obole à la caisse du secours rouge communiste ? ? ? Voici l'homme et ses opinions…

Ses compromissions et louvoiements politico-électoraux ne lui enlèvent en rien son côté très humain et charitable et le succès des nombreuses réalisations en faveur des Cannois et de la ville de Cannes. F.V.

 

COMPLEMENTS D’ENQUÊTE :

Dès le recensement de 1866, est signalée une propriété Arimondy dans le quartier des Vallergues. Sur le plan régulateur de 1884, elle s’appelle la villa Sainte-Rose. Elle appartient à Monsieur Jules-Antoine Arimondy, négociant en blé sur le quai Saint-Pierre. On la remarque par sa tourelle octogonale coiffée d’un beau toit de tuiles et surmontée d’un élégant paratonnerre. A son décès, sa fille unique, épouse de notre député Gilette, hérite de la villa. Madame Gilette-Arimondy décède le 3 janvier 1920… Cela devient une autre histoire.

Villa Marie-Rose, allée Sainte-Rose. Photo aimablement proposé par un correspondant.

Villa Marie-Rose, allée Sainte-Rose. Photo aimablement proposé par un correspondant.

Bonnes vacances .

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28 juin 2017 3 28 /06 /juin /2017 19:18

ACTUALITÉS :

Une innovante exposition au Musée Picasso qui se tient à Paris du 21 mars au 3 septembre 2017, nous a donné l’idée de retrouver la trace d’Olga Picasso.

Acte de décès d'Olga Picasso

Acte de décès d'Olga Picasso

En 1935, la liaison durable de Picasso avec Marie-Thérèse Walter dont il aura une fille cette année-là, précipite le départ d’Olga Picasso pour Cannes avec son fils Paulo. Elle va mener une vie très discrète, recueillant sa petite-fille Marina après la séparation de ses parents, Paulo et Emilienne, jusqu’ à sa mort, Marina est alors âgée de cinq ans.

Une rencontre fortuite au boulevard Carnot à la recherche de l’immeuble où elle a vécu, le 76 aujourd’hui démoli, N. C. a rencontré une dame, très âgée, qui l’a connue : Olga donnait des réceptions très appréciées mais nous apportions mets et vins, elle ne se séparait jamais d’un médaillon contenant une photo jaunie de sa mère. Elle reposait avec ce médaillon sur son lit de mort.

Olga Picasso décède d’un cancer dans une certaine solitude, jamais son illustre époux n’ira la voir. Elle est enterrée au cimetière du Grand-Jas, quartier protestant. Des témoins compatissants feront en sorte que son petit-fils, Pablo, suite à son suicide horrible en 1973, la rejoigne dans la tombe.

Gardons d’Olga Picasso l’image si connue

Portrait d’Olga dans un fauteuil. Huile sur toile 130 x 88,8 cm. 1917. Musée Picasso.

Portrait d’Olga dans un fauteuil. Huile sur toile 130 x 88,8 cm. 1917. Musée Picasso.

LES DÉPUTÉS DE CANNES :

Après l’article paru dans le précédent billet, Gillette fut battu et pourtant réhabilitons sa mémoire :

Lecture du  Courrier du Littoral, 15 janvier 1903.

… Pour beaucoup, M. Gillette-Arimondy est un commerçant très intelligent, très actif, qui, méthodique et ordonné, a « su faire ses affaires », mais la plupart ignorent que ce commerçant est doublé d'un universitaire, d'un normalien, ayant acquis des grades dont tous ceux qui ont quelque culture connaissent la valeur.

… Né à Grasse en 1846, M. J. Gillette fit ses premières études à l'école laïque de M. Cresp, le père Cresp, comme l'appelaient les écoliers de l'époque.

Le jeune écolier eut tôt fait d'apprendre les premiers rudiments de l'enseignement que professait le père Cresp, et à neuf ans, il entrait comme externe au collège de Grasse, où il ne tardait point à manifester un goût marqué pour les sciences.

Cinq ans après, il fut envoyé au Lycée de Nice, où il reste jusqu' à l'épreuve du baccalauréat, qu'il subit avec succès. A ce moment, le jeune lycéen partit pour Paris, où il entra au Lycée Charlemagne, en mathématiques spéciales.

Deux ans plus tard, c’est-à-dire à vingt ans, — l’âge des beaux rêves et des nobles aspirations — M. Gillette était reçu à I 'Ecole Normale supérieure, section des sciences, où il fut l’élève du grand Pasteur.

A vingt-deux ans, il était reçu licencié de sciences mathématiques et licencié ès-sciences physiques.

A sa sortie de l'Ecole, il fut nommé professeur de physique au lycée de Niort.

Là, le jeune professeur ne se contenta  point de faire des cours aux jeunes lycéens qui lui étaient confiés…  Il s'affilia à la Ligue de l'Enseignement public, que présidait Jules Simon, et dont une section avait été fondée à Niort par Antonin Proust, et il enseigna les sciences aux enfants du peuple.

Mais la carrière du jeune professeur, qui semblait devoir être des plus brillantes, fut brusquement interrompue par les événements de 1870. Le 4 septembre, la République fut proclamée à Paris et la nouvelle en parvint aussitôt à Grasse, où M. Gillette se trouvait en congé de vacances. Un Comité Républicain fut constitué et il en fut élu le président. En cette qualité, il se rendit à l'Hôtel de la Sous-Préfecture et, entouré des membres de son comité, il proclama la République. Quelques jours après, il était désigné pour faire partie de la commission municipale, que présidait un proscrit de décembre, l'avocat Rebuffet.

Durant cette période troublée, M. J. Gillette fit preuve du plus grand sang-froid, et se faisant l'apôtre des idées démocratiques, il s'appliqua à vaincre les résistances de ceux qui ne voyaient point sans amertume, l'avènement du régime nouveau.

Mais les évènements se précipitaient, il ne suffisait pas d’administrer, il fallait combattre. En janvier 1871, des bataillons de mobilisés étaient organisés et M. J. Gillette, élu capitaine de la première compagnie, du premier bataillon, partait pour l'Algérie, où il fit campagne durant cinq mois. Il prit part à l'expédition d'El-Miliah, où l'arrière-garde de la colonne subit une vigoureuse attaque dans laquelle elle perdit plusieurs hommes.

Après la guerre, le jeune professeur soldat vint se fixer à Cannes où résidait depuis longtemps toute la famille de son père, il épousait Mademoiselle Arimondy, fille de M. Antonin Arimondy, négociant. Allié ainsi à l'une des plus anciennes familles cannoises, M. Gillette devint bientôt l'associé, puis le successeur de son beau-père. C'est ainsi que  son nom se doubla de celui d’une famille qui, devenue la sienne, l'attachait pour toujours au sol cannois.

M. Gillette-Arimondy a été pendant trente-deux ans à la tête d'une maison de commerce importante…

 

Commerce Graines et Farines, quai Saint-Pierre. Archives municipales.

Commerce Graines et Farines, quai Saint-Pierre. Archives municipales.

Mais durant ces mêmes périodes, M. Gillette-Arimondy a pris part à toutes les créations d’intérêt public. C’est ainsi qu’il participa activement à la campagne qui aboutit à la création d'un Tribunal de commerce à Cannes , qu'il présida les commissions d'enquêtes dont les travaux aboutirent à l'agrandissement de notre port , qu'il prit une part active à la création de notre école d'hydrographie, qu'il s'associa à la création de sociétés diverses, qu'il prit l'initiative de la création de la Société du Matériel d'Eclairage, qui a permis de donner à nos fêtes de nuit un éclat incomparable, qu'il a contribué puissamment à donner à l 'ensemble de nos fêtes une impulsion telle qu'elles sont devenues pour notre ville l'un des éléments essentiels de sa prospérité.

M. Gillette-Arimondy est, depuis sa fondation, l'un des membres les plus actifs de la Société d' Horticulture et d’ Agriculture de Cannes, qui l'a élu vice-président.

En 1884, M. Gillette-Arimondy fut nommé membre de la Chambre de Commerce de Nice, depuis, il a constamment été réélu. Il y a quelques années, les membres de cette Compagnie l'appelèrent à la vice-présidence.

Telle est la vie de cet homme qui, cédant aux instances de nombreux républicains, se présente devant les électeurs de la circonscription de Cannes-Antibes…

Signé G. BON.

M. Gillette-Arimondy fut battu par M. Arago, petit-fils de l’illustre physicien.

 

TOUJOURS d’ ACTUALITE : LE FESTIVAL.

En avant-première et en exclusivité, le trophée qui devait être décerné à l’occasion du 1er festival international du film de Cannes en 1939, sera présenté au cours d’un cocktail de presse.

Trophée du Festival 1939.

Trophée du Festival 1939.

Ce Trophée, ancêtre de la Palme d’or, avait quitté Cannes alors que le festival avait été interrompu par la déclaration de la Seconde Guerre mondiale. Cette pièce unique fut réalisée pour les organisateurs du 1er festival en 1939, par Jean de Vernon (1897-1975), graveur-médailleur et sculpteur français et retrouvée, en l’an 2000, au hasard d’une vente aux enchères en Allemagne.

Et en 2017 : Caroline Scheufele, coprésidente du joaillier CHOPARD qui réalise gracieusement chaque année la Palme d’or, a indiqué que pour le 70e anniversaire du Festival de Cannes, le trophée serait étoilé de 167 diamants.

VILLA MARIPOSA

C’est dans le billet N° 84 d’avril 2017 que nous l’avions citée. En feuilletant, mot inadéquat puisque numérisé, Le Littoral du 11 avril 1920 on apprend qu’un terrible incendie a ravagé la villa Mariposa dont le propriétaire était M. Terenchenko, (ministre des Affaires étrangères de Russie) durant le début de la Grande guerre) il était dans les lieux avec son épouse, sa fille et son gendre, M. et Mme Tchaïkovski, et des amis. C’était alors au 50 avenue Roi-Albert.

Photo d’archives.

Photo d’archives.

La villa a été érigée en 1878, riche de vingt-huit pièces, et a été remplacée en 1973 par dix-huit appartements. L’architecte cannois, M. Lizero en sera le « consultant » en France sur un projet de Sir Basile Spence, le jardin a été reconfiguré, la piscine occupe les anciennes serres.

En 1903, Bernard Kall, qui a acheté des terrains au sud-ouest de la villa, fait faire une analyse du sol. Le jardin, dont la superficie atteint dès lors 1,6 ha, est complété par des parterres et plantations rares de palmiers.

Résidence Mariposa   56-58 avenue Roi-Albert. Photo F. V.

Résidence Mariposa 56-58 avenue Roi-Albert. Photo F. V.

Si Mariposa était contée : sa vie fut brillante. Jugeons-en :

Madame Bernard KALL ouvre ses salons à un excellent orchestre et à un flot de danseurs le 21 janvier (Courrier de Cannes 17 janvier 1886).

Terenchenko adorait la musique et engageait des violoncellistes pour qu’ils restassent chez lui vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Après la révolution russe, ruiné, il vendit Mariposa.

Elle fut la résidence du prince Christian de Hesse, figure bien cannoise ; il était apparenté à la fois à la famille impériale russe et aux Mountbatten.

Pendant l’Occupation, elle fut réquisitionnée par l’armée allemande. Au moment de la menace du débarquement allié, on sacrifia le parc, creusant des tranchées et des abris individuels.

Mise en vente en 1950, elle fut achetée par le baron Olivier Allard qui venait d’épouser la veuve du fondateur de L’Ecole universelle. Pendant des mois un procès retentissant, interminable et à rebondissements multiples, eut lieu en Belgique, le Baron en sortit acquitté en 1972. Vivant toujours à Cannes mais dans une autre villa, il s’éteignit le 26 août 1981.

Sources : Journaux d’époque.

                 Inventaire général du patrimoine culturel.

                 Jean Bresson : La Fabuleuse histoire de Cannes.

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1 juin 2017 4 01 /06 /juin /2017 00:25

LE DOMAINE DE LA CROIX - DES - GARDES

Chargé d’histoire, le château de la Croix-des-Gardes, comme l’appellent les Cannois, est devenu un lieu de légende. Le Festival international du film y aurait accueilli la première de ses soirées mythiques, et Alfred Hitchcock le choisit pour décor de La Main au collet, en 1955 avec Cary Grant et Grace Kelly.

En 1917, M. Paul Girod, industriel métallurgiste à Ugine, achète cinquante hectares de bosquets, de broussailles, de rocailles, à l’ouest de la Croix-des-Gardes. Au sommet de la colline, 213 mètres d’altitude, il fait construire une magnifique demeure de trois étages de style florentin. Les plans sont dressés par deux architectes, l’un genevois Edmond Fatio, l’autre cannois, Pierre Nouveau.

Sur treize hectares autour du bâtiment sont créés de somptueux jardins suspendus.

En 1925, Paul Girod vend sa propriété à M. Michael Goldman, créateur des bijoux Burma. En 1964, la villa, avec une partie du domaine, est vendue à l’un des propriétaires de Perrier, M. Leven. Des travaux importants sont entrepris. « Connaissance des Arts » écrit : Le bâtiment est évidé comme une coque de noix, le vestibule est ouvert jusqu’au toit.

Dans les années 1980, le Prince Charles et son secrétaire particulier y furent invités par M. Leven afin d’assister à des activités de bienfaisance. Son secrétaire raconte son étonnement quand on lui présenta un distributeur de boissons, trois robinets, le premier donnait de l’eau Perrier, le second un vin rosé très frais et le troisième un Bordeaux millésimé à la température adéquate.

BILLET N° 86 JUIN 2017BILLET N° 86 JUIN 2017

Le château dispose de 24 pièces et 20 chambres. Comme le souligne Alexander Kraft, PDG de Sotheby’s International Realty, au Club Immo, ce bien d’exception est actuellement proposé à la vente au-delà de 50 millions d’euros. Un château de légende à la fois glamour et monumental.

Sources : Demeures anciennes et beaux jardins. De M.D. Cannes Côte d’Azur, Archives municipales de Cannes.

Fabuleuse histoire de Cannes. Jean Bresson.

 

ACTUALITES : NOS DEPUTES Le Littoral 1913-1914.

M. Gillette (1840-1933) fut notre député durant quatre ans. Licencié en sciences physiques et chimiques et en mathématiques, il est élu député de Grasse (et donc de Cannes) en avril 1910.

Aurions-nous voté pour la réélection de ce député sortant et sorti de Cannes ?

Extraits du journal Le Littoral 1913-1914.

 Hélas ! Le critique le plus indulgent ne saurait trouver en lui les éléments du plus mince éloge et nous imaginons que l'ami — s'il en est un qui aura ce courage, — qui sera chargé de le saluer sur sa tombe, se trouvera fort embarrassé pour parler de lui sans insulter à sa mortelle dépouille. Après des études au lycée de Nice puis au lycée Charlemagne à Paris, il entra à l'École normale supérieure, mais en est renvoyé à cause de ses opinions politiques républicaines en 1866…

… Gillette est un bipède d'une espèce rarissime — heureusement. Maigre comme le carême en personne, la tête en ovale comme un gros citron ratatiné, les yeux en boule de loto, la bouche fendue en grimace, le buste étroit dans une veste flottante, les jambes maigres sous un pantalon trop court, il s'en va, silhouette de carnaval, avec des gestes d'automate. Au physique c'est un mannequin articulé. Au moral c'est une girouette grinçante : la Girouette-Arimondy brevetée du Courrier du Littoral.

Quand il parle, on dirait qu'il grogne. Quand il rit, on croirait qu'il va mordre. Quand il regarde, on jurerait que ses yeux sont des pistolets.

A la Chambre, lors de son premier discours il s'écriait : « Vieux Républicain sous l'Empire » ! Le mot était de taille. Et un de ses collègues commentait. : « S'il était déjà vieux sous l'Empire, il est excusable de radoter aujourd'hui. ».

… Dans l'art des volte-face il est passé maître. Par exemple, il a un sens profond de l'économie. Autrefois, quand il vendait de l'avoine, il facturait les bouts de ficelle, tandis qu'il répétait à sa vieille bonne cette belle parole qui lui est restée en surnom : T'aou Gardi I

Depuis qu'il est député, il évite les banquets pour ne pas avoir à donner de pourboires, et il s'achète des complets à 49 fr. 50 pour réaliser un boni sur ses 15.000 francs d'indemnité.

Il avait bien promis de verser six mille francs par an aux enfants pauvres des écoles laïques : mais il a sur ce point une excuse admirable : « L'élu est un autre homme que le candidat. Celui-ci promet. Celui-là se garde bien de tenir. Où est le mal ? »

… Un jour on parlait devant lui des besoins de la classe ouvrière : - « Peuh ! Ricana-t-il, les ouvriers sont exigeants, le pain noir est assez bon pour eux ! »

Une autre fois, une mère de famille en larmes lui contait sa détresse : « Je n'ai pas de travail, pas d'argent, pas de pain et j'ai quatre mioches », lui disait-elle pour l'attendrir. Il répondit à la pauvresse « Eh ! Madame, qu'aviez-vous besoin de les faire ? »

A la veille des élections :

Nouvelle cabriole de Monsieur Clown. La profession de foi de M. Gillette-Arimondy, dit oeuf d'autruche, est un morceau de littérature digne de la plume du professeur Goudron. Nous l'avons parcourue avec joie, et nous en recommandons la lecture attentive à tous les électeurs qui auraient pu garder quelque illusion sur la moralité du député sortant. Jamais le bluff électoral ne fut pratiqué avec une si tranquille inconscience. Jamais la réalité des faits ne fut maquillée avec une pareille audace. Jamais candidat n'osa équivoquer sur son programme avec un tel mépris de son drapeau. Gillette qui, au Congrès de Pau, avait adhéré à la politique radicale dont la haine de M. Poincaré, président de la République, est le principal pivot ;

Gillette qui s'est encanaillé à la rue de Valois, où les femmes de ministres assassinent froidement les journalistes de l'opposition, quand ce ne sont pas les beaux-frères de Leurs Excellences qui se font arrêter pour escroquerie ;

Gillette qui s'était crânement inscrit dans le parti radical unifié, avoue lui-même sa honte puisqu'il n'ose pas déployer loyalement sa bannière et puisque, se réfugiant dans le maquis des à peu près, il s'affuble d'une épithète radicale réformiste, qui ne signifie rien.

Il se plaint du « labeur écrasant qu'il a accompli pendant sa législature», affirme qu'il « laisserait volontiers la place à un autre », et déclare que c'est par « pur dévouement » qu'il se représente.

Il avait promis aux cheminots de défendre leur cause, et ce charlatan, traître à sa parole, a voté par deux fois contre la réintégration des cheminots. Il a même voté, par-dessus le marché, l'exclusion du député socialiste Colly.

Il avait proclamé qu'il ne s'occuperait jamais à faire accorder des décorations, ces hochets de vanité transformés en récompenses électorales, et il s'est humilié auprès des ministres pour obtenir quelques rares rubans - très rares et fort mal placés - puisqu'il a fait fleurir la boutonnière d'un individu que la police mobile de Pégomas a surveillé et soupçonné.

Il avait annoncé une interpellation sur les bandits de Pégomas. Il s'est tenu coi.

Il s'était engagé à venir rendre compte de son mandat tous les ans aux électeurs de toutes les communes. Il a manqué à sa promesse, en ce qui concerne Cannes, où il n'a jamais daigné venir s'expliquer publiquement pendant ces quatre ans.

Il affirme qu'il a obtenu le relèvement des droits de douane sur le néroli. C'est inexact ; car ce qu'il a obtenu de la Chambre n'est pas encore adopté par le Sénat.

Avant lui, M. François Arago avait fait triompher au Palais-Bourbon, un tarif identique ; c'est le Sénat qui avait, à l'époque, défait l'œuvre de la Chambre. Et le Sénat, vraisemblablement, peut faire une deuxième fois ce qu'il a fait une première fois. Gillette écrit sans rire, que « son intervention personnelle a abouti à des réalisations sur des questions économiques». Mais où sont-elles ces réalisations, que nous nous dépêchions de les aller voir ? Qu'a-t-il fait pour les oléiculteurs ? Rien. Il les a oubliés. Qu'a-t- il fait pour les horticulteurs ? Rien, sinon que son influence a fait diminuer la subvention accordée par le Ministre de l'Agriculture à notre Exposition Florale. Qu'a-t-il fait pour les agriculteurs ? Rien. Qu’a-t-il fait pour notre commerce local ? Rien. Qu'a-t-il obtenu pour nos villes ? Rien.

… Il n’a fait partie que d'une seule Commission : celle des économies. Il était là à sa place. Hélas ! il n'a même pas exercé ses talents d'harpagon puisque le budget, loin de diminuer, a enflé dans des proportions formidables.

En vérité, il ne s'est illustré à la Chambre qu'à deux séances mémorables. La première fois, c'est le jour où, dans sa muflerie et sa lâcheté, il a eu la bassesse d'âme d’insulter et de calomnier, du haut de la tribune, la femme de l'ancien sous-préfet de Grasse. Ce jour-là, Gillette s'est conduit comme un polisson. Et il n'est pas, dans la circonscription, un seul père de famille, un seul mari, un seul fiancé qui n'ait méprisé l'homme assez méprisable pour oser s'attaquer à une femme.

La seconde fois, c'est quand, pour sauver les Radicaillaux prévaricateurs compromis dans le scandale Rochette, il a essayé de salir un de ses plus honorables collègues.

Décidément, Gillette n'était pas un député, c'était un écouvillon. Il atteste, dans son affiche, que le programme radical est en partie réalisé. Vraiment il nous la baille belle. Non seulement la Chambre défunte n'a pas voté l'impôt sur le revenu, non seulement elle n'a pas trouvé le moyen, en quatre ans, de voter la Réforme électorale mais encore elle n'a pas été capable de voter le budget annuel.

… Pour la loi militaire, ce singulier médaillé de 1870 qui fit campagne en Algérie, préconise le retour à la loi de deux ans. Ceci est la condition qui lui a été dictée par le parti socialiste. Mais c'est aussi la déclaration qui situe le mieux sa candidature aux yeux de tous les bons français. Gillette, l'antipatriote, n'a pas conscience de l'honneur français. Le mot de Patrie ne dit rien à son âme haineuse. La future invasion ne trouble pas ses rêves. Il sacrifie à ses misérables intérêts électoraux la dignité et l'intégrité de la France. Cet homme n'est plus cannois.

Pour l'indemnité parlementaire, Gillette s'enlise dans une contradiction qui fait lumineusement ressortir son peu de sérieux. Tantôt il veut ramener cette indemnité au taux constitutionnel - et cet adjectif est une ânerie - de 9.000 francs par an, et tantôt il veut payer les députés par jetons de présence.

Gillette, c'est le chantage des Moines de Lérins, c'est la concussion des Pompes Funèbres, c'est le vol du Comité des Fêtes, c'est la fameuse Fête des Reines, c'est la dilapidation des fonds du Bureau de Bienfaisance, c'est le renvoi des employés municipaux, c'est le mouchardage des fonctionnaires, c'est le cambriolage du mur de la vie privée, c'est la violence, le mensonge, l'outrage, élevés à la hauteur d'un principe radical-réformiste.

L’autre jour, au Riou, M. Gillette-Arimondy nous dépêchait ses turcos.

Avant-hier, à la Croisette, deux taxi-autos déposaient sur la Place du Masque de fer une douzaine de ces gentlemen que Gillette a spécialement engagés pour empêcher M, Arago de parler.

Faut-il que Gillette redoute la contradiction pour qu'il s'avise d'organiser le chahut à prix d'or !

Signé Verax.

 

PROMENADES PICTURALES :

Hiver à Cannes. Huile sur toile. 56 x 46 cm. Collection particulière.

Hiver à Cannes. Huile sur toile. 56 x 46 cm. Collection particulière.

(Cette peinture a été exposée à la biennale des Antiquaires de Paris en 1986).

Van Dongen est descendu plusieurs fois à Cannes participant aux Fêtes mondaines qui se devaient d’être au Palm Beach.

Souvenir ou résurrection, actuellement dans les sous-sols du casino de la Pointe Croisette, Jean-Pierre Spiedel fait le tri. « On est en train de dresser un inventaire très précis de ce qui a fait l’histoire du Palm Beach. De la vaisselle, de vieilles tables à roulette et de blackjack, des éléments de décor et même des vins précieux » explique le directeur artistique de cet établissement cannois qui baissera bientôt définitivement le rideau.

Tables de jeux, lustres, chaises, tableaux, sculptures… Ce sont près de 600 lots qui seront vendus lors de la vente aux enchères des objets du casino Palm Beach, les 3 et 4 juin prochains. Mais pour les fameux colosses qui trônent dans le hall du casino, une mise en beauté s’impose avant la vente. Les voilà donc entre les mains de dix artistes, soigneusement choisis par Jean-Pierre Speidel.

Inaugurées en 1929, fermées en 1991, et finalement rouvertes sous l’enseigne Partouche, depuis 2002, ses salles de jeux s’installeront dès le printemps prochain au rez-de-chaussée du 3.14 (voir billet N°76 août 2016).

Customisation par le dessinateur Kristian intitulée « Mélodie en sous-sol ». Photo L.S.

Customisation par le dessinateur Kristian intitulée « Mélodie en sous-sol ». Photo L.S.

ON NOUS COMMUNIQUE                                                       

Jeudi 8 juin : Promenade pédestre, guidée et commentée des Basses-Vallergues. RDV : 14h15 au club Carnot, av du Petit-Juas.

Jeudi 22 juin : Promenade pédestre guidée et commentée des Hautes-Vallergues. RDV : 14h30 arrêt « Hôpital ». Goûter champêtre chez un adhérent et ami. Inscriptions avant le 15 juin. 15 personnes maximum.

Pour tous renseignements : ( 06 10 83 12 39.

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27 avril 2017 4 27 /04 /avril /2017 00:22

LE FESTIVAL DE CANNES

Il est à l’honneur en commençant par Je me souviens de Georges Perrec (1936-1982) qui écrit page 47 Je me souviens que Claudia Cardinale est née à Tunis (ou tout au moins en Tunisie).

Claudia Cardinale illustre la superbe affiche du 70e Festival qui s’inspire d’une photo publiée dans Nice-Matin que nous reproduisons ici.

La photographie a été prise sur une terrasse à Rome.

La photographie a été prise sur une terrasse à Rome.

ACTUALITÉS :

1 - Le pont Alexandre III, créé au moment de l’arrivée du train à Cannes en 1863, s’appelait le pont de la Baume (voir le billet N° 83) et quand le boulevard Notre-Dame des Pins est devenu boulevard Alexandre III en l’honneur du tsar Alexandre III (cérémonie du 14 décembre 1894), l’usage a voulu qu’il s’appelle du même nom.

Le pont Alexandre III avait été décoré par deux fresques en 1982. Certes, elles étaient un peu défraîchies, l’une évoquait la plage et le Suquet, l’autre Le Carlton, enfin, difficilement.

 

Photo communiquée par un correspondant.
Photo communiquée par un correspondant.

Photo communiquée par un correspondant.

La ville de Cannes a fait appel à un artiste spécialisé dans la décoration urbaine pour sa rénovation.  Cette double réalisation illustre Pulp Fiction d’un côté, La Leçon de Piano de l’autre, deux films récompensés de la Palme d’or en 1993 et 1994.

 Comment a été fait ce choix ? Il ne manque pas de films tournés à Cannes qui auraient pu être à l’honneur ! Il était possible, par exemple, d’évoquer La main au collet, film de 1955 d’Alfred Hitchcock, les couleurs nous auraient ravis davantage.

Une scène importante a été tournée à la villa Stanford dans ce luxueux quartier de Cannes appelé La Croix-des-gardes. L’adresse est 145 boulevard Leader…  

2 - Nous venons d’entendre à la télévision que d’anciens petits boulots reviennent à la mode, ainsi cireur de chaussures, assez lucratif, une moyenne de 2 000 € net par mois.

On ne résiste pas : Echos de Cannes 15/01/1882

… Ce Cours, sache-le de suite, spacieux de plus de 1100 mètres de long sur 50 de large, est la plus belle place incontestablement de toutes celles des villes du littoral ; c'est là que les Cannois se retrouvent le plus volontiers pour la promenade simple, les rendez-vous d'affaires, ou pour écouter des concerts qui sont donnés par une société de musique dont les principaux artistes viennent des premières musiques de nos régiments…

Le passant peut, à bon compte, procurer à sa chaussure le revif luisant qui lui manque. Je me complaisais dans l'observation de cette toilette opérée sub Jove calido, bien différente sous tous les rapports de celle qui s'effectue à Paris, en pareille saison, sub Jove frigido, et je me disais : ce peuple, à en juger par les plus humbles de ses représentants, est vraiment hospitalier et ami de la belle grâce, même dans les plus infimes choses. Comme cela est bien imaginé. Par exemple, au lieu de laisser le client perché sur un pied comme une cigogne, de le faire asseoir en face d'une sellette en pente douce, où il pose ses pieds sur deux pédales bien amenuisées, dominant une estrade, et cela sur un fauteuil rembourré garni de velours, muni de larges supports pour les bras et dont les quatre pieds sont encastrés dans de petits cadres pour empêcher toute déviation compromettante. Que je lui trouvais bon air à ce voyageur crotté, fatigué sans doute, à siéger, comme un sénateur, sur ce siège curule, eu toute sécurité et sérénité, sur ce piédestal à l'abri de tout contact, sous l'ombrage d'un palmier, en face de la statue neigeuse du bon Lord, du Splendid Hôtel ou des flots azurés. Comment te narrer avec quelle méthode sûre et prompte l'opérateur procède, de quels égards respectueusement laconiques il use, et comme il termine son œuvre par une inspection générale et un brossage catégorique?

Collection A. Bachemont

Collection A. Bachemont

CE MOIS A CANNES :

Sidney Bechett a écrit Petite Fleur en 1956 pour la jolie Anne-Marie Mersen. Sur la photo on la voit jetant des fleurs pendant la bataille de fleurs du Festival cette année-là.

Photo aimablement communiquée par Irène Payan.

Photo aimablement communiquée par Irène Payan.

LIENS ANNEXES : Jean Bresson : La Fabuleuse histoire de Cannes.

Au bar du Palm-Beach, les employés sont en grève, 1er mai 1936, la grève durera une quinzaine de jours, les consommateurs font leurs cocktails eux-mêmes et s’amusent à les baptiser « à-peu-près », « Sur-le-tas », « Bada-Blum », « C.G.T.-Roi », le premier prix allant à la mixture servie dans un verre hors de la normale et baptisée « Joue-haut » par allusion au nom du chef de la centrale ouvrière.

 

COURRIER DES LECTEURS

La conférence La famille Von Derwies … de Nice à Cannes, faite par Mademoiselle Laredo.

Une aimable lectrice apporte les précisions suivantes au billet précédent : tout d'abord on ne peut pas dire que le baron Von Derwies passa "la plus grande partie de sa vie à Saint-Pétersbourg". En effet dans son enfance (entre 1870 et 1881) il vécut à Nice et en Suisse puis dès la Révolution, la famille ne retournera plus en Russie. Son fils est né à Nice en 1899 et mort à Cannes en 1938. 

Nous remercions vivement T.G.

 

ON NOUS COMMUNIQUE :

Mercredi 31 mai : journée à Levens en covoiturage.

Le matin : visite guidée de Levens et de la maison du Portal où sont exposées les œuvres de J.P. Augier. Déjeuner au restaurant « Le Mas fleuri ».

L’après-midi, visite de l’atelier de sculpture de M. Augier encadrée par M. Augier lui-même.

Pour tous renseignements : ( 06 10 83 12 39

 

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29 mars 2017 3 29 /03 /mars /2017 19:15

Le Point du 23 mars 2017 fait un dossier « Spécial Cannes ». Le maire, Monsieur Lisnard, se veut populaire, souvent alpagué par les Cannois. Nous ne résistons pas :

Le Littoral 23 04 1904 : On a fait quelque bruit, hier,  en ville, d'un incident, d'ailleurs sans importance, qui s'est produit à I ‘angle de la rue Bivouac et de la rue Jean de Riouffe.

Le lieu probable de l’incident. Photo MLR

Le lieu probable de l’incident. Photo MLR

Voici les faits en deux mots : M. Capron suivait à cheval la rue Jean-de-Rioufle. Il s'arrêta un instant à l'angle de la rue Bivouac pour causer avec M. Raybaud conseiller municipal ; à ce moment, il remarqua sur le trottoir et venant de leur côté le directeur d'une feuille qui, depuis sa fondation, s'est donné la  spécialité de l'injure et de l'outrage. L'individu en question regarda M. Capron avec insistance, de son air narquois et provocateur. M.Capron sauta de cheval et lui dit :

 « Je vous défends de me regarder ainsi, insolemment» ; et comme l'individu prenait une attitude agressive, M. Capron lui administra un soufflet qui envoya notre homme rouler sur le trottoir.

Tout se borne là. M. Capron remonta à cheval et s'éloigna au pas, se rendant  à son cabinet de l'Hôtel de Ville. Merci à F. V.

 

CE MOIS A CANNES : Revue de Cannes, 7 avril 1869.

Discours électoral du préfet des Alpes-Maritimes, ses inexactitudes et sa réfutation.

L’Union de Cannes et Grasse accuse le Préfet d’avoir apporté un document apocryphe et controuvé, violence et inexactitude complète de ce factum.

Monsieur le duc de Rivoli est le seul candidat officiel à la députation, il a déjà été fixé au choix du gouvernement par le vœu des populations (de Cannes et Grasse)… Il faut des aptitudes particulières qui font malheureusement défaut à Monsieur Méro. Monsieur le duc est le petit-fils d’une illustration de la contrée, Monsieur Masséna…

Aptitudes d’un député officiel : une honorabilité indiscutable et un dévouement à servir la population.

On laisse aux internautes la possibilité de mieux connaître M. Masséna.

 

LIENS ANNEXES : JEAN GALTIER BOISSIERE  Mon Journal depuis la Libération.

L’auteur écrit le 4 mars 1945 :

Mendel (Michel) Szkolnikoff, russe apatride condamné en 1933 pour émission de chèques sans provision, se voit confisquer les deux  milliards qu’il avait gagnés avec la Kriegsmarine. Ce Michel avait acquis soixante immeubles, fait le trust de l’hostellerie (à Nice hôtels Piazza, Savoie, Rhul ; à Cannes Majestic et Martinez, à Aix-les-Bains, le Grand Hôtel ; à Monaco, l’Hôtel Saint-James et des Anglais ; à Paris, la Chope de Clichy, etc.) avait acheté 100 millions de bijoux pour sa femme, une réfugiée allemande. Michel et son épouse seraient passés en Espagne avec leur or et leurs pierreries.

15 juin 1945 : le Russe Michel, qui avait gagné deux milliards avec la Kriegsmarine a été assassiné.

 

HISTOIRES D’EAUX, suite et fin.

Plan cadastral de 1884. Archives municipales de Cannes.

Plan cadastral de 1884. Archives municipales de Cannes.

Nous finissons avec la Californie, entièrement enterrée, et dont nous connaissons en partie l’histoire parce qu’elle passe sous les résidences de la rue de Russie et qu’elle intéresse l’église russe du boulevard Alexandre III.

Ce sont donc des anecdotes.

Fin de l’année 1996, les policiers de notre ville se sont adressés à la gardienne Des Dauphins assurant que, avertis par la surveillance du littoral à Antibes, la résidence polluait la mer au niveau du Mouré rouge avec son mazout. Descente à la chaufferie, effectivement le niveau de la cuve est au plus bas, le plein avait été effectué la veille. (En fait la cuve était percée) La recherche du pollueur avait été faite en soulevant plaque d’égout par plaque d’égout pour remonter jusqu’à la résidence. Le Service d’hygiène de la ville a demandé à la Lyonnaise des Eaux de pomper jour et nuit la conduite enterrée d’un bras de la Californie jusqu’à ce que le mazout soit dilué. Ce furent de bien onéreux travaux mais cela est une autre histoire.

L’anecdote suivante fut que la pompe  du sous-sol ne suffît plus, une deuxième s’avéra nécessaire quand le long du Mouré rouge s’édifièrent, à la place de coquettes villas, de gros immeubles nécessitant trois étages de parkings souterrains. Les eaux souterraines furent ainsi refoulées.

Le service du drainage de la nappe aquifère de « Notre » jolie église russe située dans le même axe a dû être mal surveillé et la crypte souffre d’une humidité catastrophique, les cercueils qu’elle renferme sont en très mauvais état, pour mémoire entre autres  celui de l’archiprêtre Grigorï Ostrohoumor, de deux grands ducs Nicolaï Nicolaïevitch le Jeune et Pietre Nicolaïevitch Romanov, Pierre Alexandrovich dOldenbourg (qui avait épousé la sœur de Nicolas II, Olga),  et celui d’Hélène Vagliano, chère à la mémoire des Cannois.

Le bulbe de l’église russe quitte son clocher. Boulevard Alexandre III. Photo ER

Le bulbe de l’église russe quitte son clocher. Boulevard Alexandre III. Photo ER

4 octobre 2015 : Cannes est sous des trombes d’eau et de boues, coupure du courant pendant 12 heures (nous fûmes privilégiés). Le sous-sol est sec. Les eaux de la Californie ont trouvé un nouveau chemin pour arriver à la mer, lequel ?

Sachez qu’une simple goutte d’huile peut se répandre sur 1 km2.

Sources : 1Fi 278 le ruisseau de la Californie ; Fin 1996 : pollution, merci à † J. F. ; Inondations 4 octobre 2015.

 

ECOUTE POUR VOUS

La conférence La famille Von Derwies … de Nice à Cannes, faite par Mademoiselle Laredo.

Serge Von Derwies et son épouse Marina ont passé une grande partie de leur vie à Saint-Pétersbourg, tout en descendant à Cannes l’hiver. Ils louent d’abord la villa Mariposa puis achètent à la Californie la villa Les Mimosas. Ils mènent grand train, ils prennent part à toutes les mondanités de Cannes, donnent de grands dîners dans leur superbe villa. Une de leurs deux filles décède à Cannes en 1914. Au cimetière du Grand Jas ses parents ont fait construire une chapelle d’inspiration byzantine.

Tombe de la famille Baron Serge Von Derwies. Photo FV
Tombe de la famille Baron Serge Von Derwies. Photo FV

Tombe de la famille Baron Serge Von Derwies. Photo FV

En 1917, la révolution russe entraînant des difficultés financières, le baron vend une partie du parc de la propriété, puis la villa en 1927. Ils s’installent dans la villa Les Pins, boulevard Alexandre III, puis  au  Cannet, à la Ravine, ensuite à la villa Méditerranée, rue Commandant-Bret où le baron décède le 7 novembre 1943, son épouse le 30 octobre 1947. Cette dernière était d’une grande beauté, son portrait en pied par Alexandre Cabanel (huile sur toile 140 x 105) se trouve au musée Chéret à Nice. 

Ce complément est apporté par M. D. Publication des Amis des Archives et T.G.

 

ON NOUS COMMUNIQUE

Jeudi 27 avril : Journée à Vins-sur-Caramy et La Celle.

Le matin, visite du château de Vins-sur-Caramy en compagnie de son propriétaire, Déjeuner à Brignoles " Au Vieux Pressoir ".

L’après-midi, visite guidée de l’Abbaye médiévale de La Celle.

Pour tous renseignements ( 06 10 83 12 39.

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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 23:45

BILLET N° 83 MARS 2017

HOTEL DE L’EUROPE :

Di(s)gression, en souvenir d’un livre de Micheline Presle. J’ai raccompagné une amie à son domicile dans le quartier Saint-Nicolas, elle m’a dit qu’il s’agissait de l’hôtel de l’Europe dont voici l’histoire.

Hôtel de l’Europe. 31 rue Léon-Noël. Collection particulière.

Hôtel de l’Europe. 31 rue Léon-Noël. Collection particulière.

Il a été construit vers 1863. Il comprenait un bâtiment principal, un pavillon avec une verrière, ainsi qu’une annexe. Situé en plein midi, à mi-côte, vaste jardin, jeu de croquet. Cuisine bourgeoise soignée, vins premiers crus. Arrangements pour famille si séjour prolongé.

En 1865, son propriétaire est M. Roch. Puis les propriétaires seront quatre, Augier de Cannes, Martel de Cannes, Labat capitaine de Cavalerie en retraite de Nice, André Capitaine de Frégate dont le contrat de mariage stipulait que tous les biens à venir de la future épouse seront paraphernaux. En 1907, Jean Jouve, en son vivant maître d’hôtel, en fait l’acquisition.  A son décès, en 1910, son fils, Alfred, cède sa part à sa soeur Julie, future Madame Dupont qui le tiendra jusqu’en 1918.

Monogramme AJ au-dessus de la porte d’entrée. Photo MLR.

Monogramme AJ au-dessus de la porte d’entrée. Photo MLR.

Revendu cette année-là, L’Hôtel d’Europe devient alors la Villa l’Olivine. Au deuxième et au troisième étage des balcons sont aménagés. Elle se loue alors en appartements meublés.

Résidence L’Olivine. Photo MLR.

Résidence L’Olivine. Photo MLR.

Depuis plusieurs années, L’Olivine a été vendue en copropriété. Les palmiers devant la résidence sont toujours là, elle garde un charme désuet … même si sa superficie a terriblement rétréci.

Dans le rappel des servitudes de l’acte notarié, on peut lire : Les constructions qui pourront être édifiées … ne pourront jamais servir à l’établissement d’une maison de tolérance…et pour tout le restant de la propriété.

Sources : Chronique de l’Hôtellerie Cannoise. Archives Communales de Cannes.

                 Acte notarié de propriété

 

CE MOIS A CANNES : 

Du 22 au 24 mars 1930, l’Automobile Club féminin de France organise un rallye féminin au départ de Paris, place de la Concorde avec arrivée à Cannes. Ces dames devront effectuer une série d’épreuves, régularité, démarrage, freinage, marche arrière, ralenti et accélération. La comtesse de Ganay l’emporte sur Renault et Mlle Deutsch de la Meurthe sur Hispano-Suiza. Ces deux amazones couvrant la distance en moins de treize heures.

Sources : Côte d’Azur, Histoires des sports élégants. Publication Archives municipales de Cannes.

 

LIENS ANNEXES : JEAN- JACQUES ANTIER. La Côte d‘Azur, ombres et lumières. 1992

GAMBETTA, Grand Béta, à la gare de Cannes, fut enlevé prestement par Juliette ADAM (née Juliette Lambert) pour qu’il ne fut pas reconnu par la foule. Après le renversement de Thiers, il était très aimé du peuple qui se souvenait de son évasion en ballon de Paris assiégé. Le 2 janvier 1874, ils embarquaient avec l’ami Spuller pour aller déjeuner à Sainte-Marguerite. Beau mangeur, beau buveur, il ajoute la gaîté de son appétit à la gaîté du soleil et de l’enveloppement bleu. Puis ils visitèrent l’abbaye de Lérins. Gambetta, anticlérical militant, étonna tout le monde par ses connaissances religieuses…

 

HISTOIRES D’EAUX. (Suite) 

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BILLET N° 83 MARS 2017

LA LÈPRE

La Lèpre coule sous l'avenue Isola Bella (partie haute), elle est visible dans la propriété privée Toscana à l'intersection de l’avenue Isola Bella, l’avenue Fiesole et de l’avenue Hightower.

La Lèpre, villa Toscana , avenue Fiesole. Photo F.V.

La Lèpre, villa Toscana , avenue Fiesole. Photo F.V.

L'insolite est cette roue à aube, elle est située sur l'actuel  filet d'eau de la Lèpre, dans le passé, la Lèpre avait-elle un débit plus important ou bien cette roue ne pouvait être qu’une "fabrique" du parc de la somptueuse villa Isola Bella lotie antérieurement et jamais  fonctionnelle...

Les résidents de ce quartier dénommé La Lèpre (beaucoup de propriétés appartenaient à des propriétaires teutons...avant la guerre de 1914), se sont plaints de cette appellation pas très flatteuse, (on pense tout de suite à un lieu où se trouvait une léproserie) et ont demandé une nouvelle appellation, c'est ainsi qu'on lui a donné le nom de Pierreval plus chantant que La Lèpre. Pierre Vouland, qui est une référence, attribue ce nom à un citoyen appelé Lèpre qui apparait dans les textes dès 1468, bien avant que ne soit enregistré le nom du lieu, 1624.

Puis elle est encore visible en bordure de deux propriétés toujours avenue Isola Bella un peu plus bas, après, elle est souterraine.

Tout cela parait confus, au lecteur d’en faire le tri. F.V.

LES GABRES

Nous arrivons aux Gabres dont le rond-point a fait l’effet d’une communication, (blog de janvier2016), elles signifient deux racines de cours d’eau.

Les Gabres avenue de Turkheim.

Les Gabres avenue de Turkheim.

Un bras se jette dans la propriété des Degrémont, l’actuelle résidence Beauséjour, avenue éponyme, l’autre longe le Grand-Hôtel.

LA BAUME n’est pas représentée sur la carte. C’est pourtant le nom de tout un quartier, le pont Alexandre III s’est appelé pont de la Baume à la création de la ligne de chemin de fer. Elle est captée par les Gabres et était mise en valeur dans la propriété Villa Madrid.

 

 

Photo aimablement communiquée par F.V.

Photo aimablement communiquée par F.V.

ON VOUS COMMUNIQUE

Samedi 18 : Valorisation d’un quartier : La Bocca. Visite organisée par la direction des Archives municipales avec notre participation. Entrée Libre à partir de 15 heures, salle de la Verrerie.

Samedi 25 : Assemblée générale de notre association à la Maison des Associations, 9 rue Louis-Braille, à 11 heures. Accueil à partir de 10h30. Repas au restaurant Le Jardin.

Mercredi 29 : Hommage aux photographes cannois : pour son 70e anniversaire, souvenirs du festival du film en son ancien palais.

Pour Cannes Bel-Age, salle Carnot à 14h30 diapo conférence par Irène Payan : En baie de Cannes, des régates de légende.

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