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25 septembre 2018 2 25 /09 /septembre /2018 22:52

Notre ami Jean Basset nous a quittés ce vendredi 6 septembre.

Il représentait beaucoup pour les Amis des Archives dont il était un membre de la première heure.

Nous l’avions revu au mois de juillet pour l’édition du N° 100 de notre blog. Nous n’imaginions pas alors que ce serait sa dernière apparition parmi nous.

Sa disparition brutale est un choc pour ceux qui le côtoyaient au sein de notre association dont il était un membre actif et son souvenir ne cessera de nous accompagner au cours des billets à venir. 

ACTUALITES :

A la vente aux enchères du mercredi 15 août il a été vendu une aquarelle de Paul Signac d’avril 1931. Elle fait partie de la série des Ports de France. Elle a atteint la coquette somme de 24 000 € par un particulier. Elle avait été mise en vente et vendue à Drouot en juin de cette année pour 16 000 €.

Paul Signac Cannes, avril 1931. Aquarelle 27 x 44.

Paul Signac Cannes, avril 1931. Aquarelle 27 x 44.

CE MOIS A CANNES : LA VALSE A LA RUSSE

Le Littoral, 21/10/93. Echos mondains. — II est question d'acclimater, cet hiver, dans les salons, la valse à la russe, qui ne se danse pas seule à seul entre danseuse et cavalier ; en effet, les danseuses passent, dans le cours d'une même valse, de danseur à danseur, sans pouvoir faire plus de deux tours avec chacun. C'est le jeu du volant à l'usage des salons, où le jeune homme jouera le rôle de la raquette.

Avec cette valse — la tranquillité des parents — plus de conversations intimes, mais aussi plus de refus à personne ; plus de favorisés, mais aussi plus de délaissés, la danseuse appartient à tous les danseurs.

LIENS ANNEXES : C’est L’Hôpital qui se moque de la Charité. Jean Noël FABIANI.

On peut y lire le parcours étonnant et discret d’Ernest Duchesne (1874-1912). Il étudia avec passion l’interaction entre l’Escherichia coli et le Penicillium glaucum dans des boîtes de Pétri. Des cobayes atteints de dose mortelle de bacille de la typhoïde traités au Penicillium survivaient. Il soutint sa thèse le 17 décembre 1897. Mais Ernest est amoureux, il a 20 ans. Elle s’appelle Rosa Lassallas, elle est cannoise, originaire d’Algérie et habite au 2 boulevard de La Croisette.

 2, La Croisette.

2, La Croisette.

Rosa meurt de tuberculose deux ans plus tard. En quelques années, il traîne sa peine et sa fatigue et rejoint Rosa au cimetière du Grand-Jas en 1912, il avait 37 ans. La découverte de la pénicilline aurait pu être française.

Une plaque a enfin été déposée sur sa tombe en 1974 :

 Au médecin-Major Ernest Duschesne

1874- 1912

Précurseur de l’antibiothérapie en 1897.

Les Anciens Elèves du Val-de-Grâce et de l’Ecole de Lyon,

1974

 

 Il est enterré au caveau Sembach, allée du Dépositoire N° 31.

Il est enterré au caveau Sembach, allée du Dépositoire N° 31.

Jeanne Sembach est la mère de son épouse.

Merci à Madame le Conservateur du cimetière du Grand-Jas pour cette précision.

DEUX PERSONNAGES qui achèvent la rubrique Cannes avant l’arrivée de Lord Brougham

Docteur ROUSTAN, premier médecin cannois : l’état sanitaire était lamentable en 1767 lorsque la municipalité cannoise s’en inquiéta vraiment. Certes la ville comptait « des chirurgiens » et des chirurgiens-barbiers. Ces derniers, parfois de bonne volonté, étaient souvent des charlatans. Ils alliaient, dans l’exercice de leur art, l’astrologie de bonne-femme, la médecine campagnarde et les boniments de colporteurs !

Le 30 décembre 1767, la municipalité délibéra à ce sujet : … Ceux qui n’ont pas les mêmes moyens n’ont pas cette ressource (appeler un médecin étranger) et on a le désagrément de voir cette perte précieuse d’hommes, enlevés à la fleur de l’âge, priver la communauté de cultivateurs et autres gens de peine, c’est rendre les travaux plus chers et plus difficiles… Enfin les pauvres admis à l’hôpital y languissent et surchargent l’œuvre dont les revenus sont insuffisants.

Il fut décidé de faire à un médecin des propositions assez avantageuses pour l’engager à venir s’installer à Cannes et l’on délibéra au sujet d’un habile médecin.

Le choix se porta sur le docteur Darluc qui exerçait alors à Caillan qui refusa.

La municipalité chercha parmi les rares Cannois d’origine ayant le titre de médecin celui qui accepterait de revenir dans sa ville natale… C’est alors que l’on songea au docteur Roustan qui exerçait à Lambesc. Il accepta en précisant que les visites devraient lui être payées à raison de six sols il soignerait gratis les pauvres et les malades de l’hôpital. Quant à ceux du Cannet ils devraient lui fournir un cheval pour son transport tant à l’aller jusqu’au retour.

De plus, le docteur Roustan demandait un logement et l’exemption des droits de piquet pour sa famille et son domestique.

Aucune rue ne porte son nom, en fait il y en avait une, elle fut débaptisée pour devenir la rue Commandant-André.

Source : Emmanuelle de Marande, Cannes et Lérins, grands hommes et petites anecdotes.

FRANCOIS VARALDI : Il est issu d’une famille de tisserands arrivée à Cannes vers 1770. Il y est né le 24 août 1818. Il cherche sa voie d’abord dans la marine. De 16 à 19 ans il est novice à Antibes et participe à deux campagnes de plus de huit mois. Il passe alors matelot. Mais c’est en Louisiane qu’il va tenter fortune. Planteur, il y cultive maïs, coton, tabac, indigo et surtout la canne à sucre. Des sucreries extrayaient mélasse et cassonade, le personnel est composé d’une vingtaine d’esclaves au moins.

En 1843, il épouse à Paincourtville Marguerite Rodrigue, dix-neuf ans, fille d’émigrés venus du Portugal (1671) et d’Allemagne (1679). Ils auront six enfants. Le premier meurt à quatre ans, noyé dans le bayou Lafourche, son corps est trouvé à demi dévoré par les crocodiles.

Plusieurs acquisitions le rendent propriétaire de plus de deux cent cinquante hectares de terrains. Enrichi par son commerce, il rentre à Cannes en avril 1858 avec toute sa famille après une traversée pénible de trente-sept jours.

C’est dans sa ville natale qu’il fait bâtir une parfumerie sur un terrain situé entre le 23 rue d’Antibes et la rue Buttura, alors impasse du Châtaignier, ruisseau qui n’est pas couvert à cette époque. En 1858, il s’y trouvait, un jardin et une orangerie au nord, une vaste bâtisse de quatre étages au sud : au 23, au milieu du terrain, se dressait une maison de deux étages où logera la famille Varaldi.

Le macaron de la famille, rue d’Antibes.

Le macaron de la famille, rue d’Antibes.

L’usine ouvrait sur l’impasse du Châtaignier.

En 1859, François va prospecter sa clientèle à New York, Baltimore, et à la Nouvelle Orléans, pour ses commandes de jasmin, fleur d’oranger, lavande, huiles d’amande, d’olive, menthe et verveine… Une quarantaine d’ouvriers assureront la fabrication des produits de parfumerie.

Voyageur infatigable, il aura traversé l’Atlantique cinq fois dans les deux sens. C’est en 1875 que François Varaldi entre à la loge La Vraie Lumière. Le 26 novembre de la même année, avec huit associés, il crée une Banque Populaire et dépose à cet effet 100 000 F. En 1904, il réalise un partage entre lui et ses cinq enfants : chacun d’eux aura un lot d’une valeur de 90 000 F. Il décédera le 18 décembre 1905.

 Entre temps, le ruisseau a été couvert, l’impasse du Châtaignier, en 1897, prendra le nom de rue Buttura. La Ville s’engagera à ce que les enterrements, partant de l’Eglise Notre-Dame de Bon Voyage, n’empruntent pas cette rue comme trajet exclusif. La vieille usine sera détruite en 1911.

Plots empêchant les convois funèbres de passer. Photo MLR.

Plots empêchant les convois funèbres de passer. Photo MLR.

Sources : Andrée Bachemont d’après les documents aimablement prêtés par Monsieur Charles Varaldi. L’article a été publié dans le bulletin n° 30 de notre association L’Ami des Archives.  

Les personnages qui ont illustré la vie cannoise sont nombreux. Ils ont fait l’objet de deux publications Elles et Eux éditées par les archives municipales.

ON NOUS COMMUNIQUE :

Jeudi 11 octobre : Journée culturelle à La Bocca. Matin : visite pédestre des principaux sites. Déjeuner à l’école hôtelière. Après-midi : présentation d’autres lieux boccassiens par J. Lecomte et M. David à travers un diaporama préparé par Irène Payan. Rendez-vous au Conservatoire de musique, avenue Docteur-Picaud. Pour tous renseignements ( 06 10 83 12 39.

LES ARCHIVES MUNICIPALES présentent du 2 octobre 2018 à juin 2019

Enfances cannoises, quelles histoires ? Exposition à l’Espace Calmette. 

Du lundi au vendredi de 13H00 à 17h30. Entrée libre et visites guidées ( 04-89-82-20-70

 

BILLET N° 102 OCTOBRE 2018
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25 août 2018 6 25 /08 /août /2018 15:56

ACTUALITES : Vendredi 27 juillet 2018

Monsieur le maire de Cannes, David Lisnard, a levé le voile sur le nouveau nom de l’ancien boulevard d’Alsace prolongé, rebaptisé en hommage au chanoine Francis Cœuret ancien héros de la Résistance azuréenne dès 1940 et Juste parmi les nations en 1993.

Le choix du lieu n’a rien d’anecdotique puisque il relie l’église Notre-Dame des Pins, dernière paroisse du chanoine Cœuret dans les années 1970 et la Croix de Lorraine dans la Roseraie de la pointe Croisette, signe de ralliement de la résistance française.

BILLET N° 101 SEPTEMBRE 2018

LA VILLA LA JUNGLE DU ROI

Un article de l’hebdomadaire Le Point N° 2390 présente la villa La Jungle du roi propriété de Philipp Plein, créateur de modes.

Philipp Plein a commencé sa carrière en vendant des couffins pour grands chiens. Sa vidéo est à consulter, la villa semble sortir d’un conte des Mille et une nuits. Sa villa, située 3 rue de Lille au Petit Juas, est décorée par son ami peintre, Alec Monopoly qui avait séjourné trois mois chez lui. Quand Phillipp Plein l’a achetée en 2013, elle possédait déjà ses trois parties datant de 1920, puis 1950.

Villa l’Oasis avant l’achat par P. Plein. Photo aimablement communiquée par l’agence Europa 2, boulevard de la Croisette.

Villa l’Oasis avant l’achat par P. Plein. Photo aimablement communiquée par l’agence Europa 2, boulevard de la Croisette.

Avant ... après ...

Avant ... après ...

CE MOIS À CANNES : Archives municipales 3 R 33 ; 30 septembre 1942.

Deux sports manquent à Cannes, le premier est le tir aux pigeons, très facile à organiser, le deuxième est la chasse à courre au renard et au sanglier. Il peut attirer un grand nombre d’étrangers surtout des Anglais comme à Pau et à Biarritz. Les montagnes de l’Estérel me paraissent un terrain idéal pour les chasses, il est accidenté et rempli d’obstacles, ce que recherchent surtout les chasseurs de renards. Signé Rochechouart, 9 rue Saint-Honoré Cannes.

 

COMPLÉMENTS D’ENQUÊTE

Une aimable lectrice ayant lu le livre de M. Dagonnot Le Masque de fer à l’île Sainte-Marguerite, nous fait découvrir un arbre, le filaire qui attendait l’arrivée des Anglais.

Près du cimetière de Crimée à l’île Sainte-Marguerite, se dressent des filaires à feuilles étroites, phillyrea augustifolia qui seraient les plus vieux arbres de Cannes, datant de 400 ans. Merci à T. G.

BILLET N° 101 SEPTEMBRE 2018

LA VÉGÉTATION AVANT L’ARRIVÉE DES ANGLAIS (suite)

Nous allons traiter de quelques plantes qui se trouvaient dans des propriétés à des fins utilitaires.

Quelques propriétaires, riches bourgeois possèdent de nombreux biens comme Pierre-Remy Hibert, maire de Cannes en 1790, cultivant oliviers et vignes à la Foux, Jean-Joseph Demarest dont les plantations sont aux Gabres depuis 1772, Jean de Riouffe qui possède aussi une propriété aux Gabres.

En 1779, on recense aux Vallergues les oliviers de Jacques Ardisson, René Crist en a à Terrefial, Joseph Calvy, chirurgien, en possède au quartier de la Ferrage (la ferrage signifie zone maraîchère). Aux oliviers s’ajoutent orangers et cassiers.

Et les soucis des exploitants nous apportent les indications météorologiques : rigueur du froid en mars 1771, les oliviers ont été brûlés jusqu’aux racines. Les 12, 13 février 1929, les gels, d’une ampleur comparable à ceux de 1789, dévastèrent les vergers, les abattages d’oliviers recommencèrent. 

Parfois les exploitations peuvent être modestes, en témoigne cette rare longère.

Une longère. Impasse des Deux-Eglises. Photo MLR.

Une longère. Impasse des Deux-Eglises. Photo MLR.

Le raisin-framboisier : on sait que, quand l’été arrivait, les Saissy allaient à la campagne, vers l’actuelle avenue de Vallauris, ils possédaient une propriété de 3 000 m2. Thérèse Honoré Saissy s’enorgueillissait d’une vigne de raisin-framboisier dont on obtenait un vin très alcoolisé interdit à la vente.

 L’arbousier : c’est l'arbre à fraises. La chair est molle, un peu farineuse, acidulée et sucrée, et elle contient de nombreux petits pépins. Les fruits mettent un an pour arriver à maturité. Il n'est pas rare de voir le même rameau porter les fleurs de l'année et les fruits mûrs nés des fleurs de l'année précédente.

BILLET N° 101 SEPTEMBRE 2018BILLET N° 101 SEPTEMBRE 2018

Les mûriers dont il reste un quartier éponyme (billet N° 81 janvier 2017), ce qui sous-entend la sériciculture, elle existait mais non répertoriée.

Le figuier Ficus carica L. On l'appelle plus rarement Figuier de Carie en référence à la cité antique en Asie mineure ou Arbre à cariques. C’est le deuxième arbre cité dans la Bible, après l'arbre de la connaissance du bien et du mal (assimilé au pommier dans la tradition chrétienne mais le premier dans la tradition juive). Dans le livre de la Genèse, le premier usage du figuier est un cache-sexe. Son fruit était l'un des fruits du paradis pour les Égyptiens.

Le tabac : il est cultivé dans le quartier du Grand Jas. Les exploitants se plaignent des contraintes imposées par l’Etat.

C’était l’époque où on pouvait apprécier les vers de Thomas Corneille :

               Quoiqu’ en dise Aristote et sa docte cabale

               Le tabac est divin, il n’est rien qui l’égale,

               C’est dans la médecine un remède nouveau,

               Il purge, réjouit, conforte le cerveau,

               De toute notre humeur promptement il délivre,

               Et qui vit sans tabac n’est pas digne de vivre.

La tubéreuse : Cette plante de la famille des amaryllidacées et plus communément nommée «tubéreuse», fut très en vogue au 19e siècle, avant de tomber dans un oubli total. Considérée, même de nos jours, comme la plus odorante du monde végétal, elle était utilisée pour embaumer les salons et les jardins.

Les fleurs, d'un blanc opalescent, de forme tubulée à corolle évasée, possèdent des étamines d'un beau jaune d’or. La grappe mesure à complet épanouissement 25 cm et plus. Elles exhalent une odeur raffinée bien que légèrement capiteuse que rappelle, sans toutefois l'égaler, le parfum connu Anaïs Anaïs.

BILLET N° 101 SEPTEMBRE 2018

Le jujubier : il a un port tortueux avec des branches épineuses, ses feuilles sont oblongues, finement dentées, à stipules épineuses. Les fruits charnus, ovales, à noyau, de la taille des olives, ils sont comestibles, riches en vitamines et oligo-éléments. Plus il vieillit plus il fructifie. Toutes les parties sont utilisées : le bois pour la construction des maisons, les branches comme bois de chauffage et les feuilles pour la nourriture du bétail.

Dans le Coran, le jujubier est un arbre présent au Paradis. Chez les chrétiens, il aurait composé la couronne de Jésus.

BILLET N° 101 SEPTEMBRE 2018

Le lentisque : La résine est réputée pour ses nombreuses vertus médicinales (contre les rhumes, pour l'estomac), ainsi que pour fixer les cils des femmes, ou comme gomme à mâcher pour rafraîchir l'haleine. Le médecin grec Dioscoride précise que l'île de Chios la produit en abondance et d'excellente qualité.

Le fruit est une petite drupe comestible, arrondie, d'environ cinq millimètres. D'abord rouge et d'une saveur amère elle devient ensuite noire et douce en hiver.

BILLET N° 101 SEPTEMBRE 2018
BILLET N° 101 SEPTEMBRE 2018

Bien des lacunes à compléter par d’aimables lecteurs, puisque un de nos cours d’eau s’appelle le châtaignier, aucun écrit ne parle de châtaigneraie, pourtant source d’apport alimentaire.

ON NOUS COMMUNIQUE :

Samedi 8 septembre : journée à Monaco avec les amis de l’Académie Clémentine. Matin : visite du casino de Monte-Carlo en compagnie d’une conférencière. Déjeuner libre. Après-midi : visite de l’exposition L’Or des Pharaons au Grimaldi Forum encadrée par deux conférenciers.

Départ en autocar de Notre-Dame des Pins à 8 heures très précises.

Pour tous renseignements ( 06 10 83 12 39.

Samedi 22 : Viva Associations. Nous y serons Espace Riviera du Palais des Festivals.

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23 juillet 2018 1 23 /07 /juillet /2018 22:54

Vous avez sous les yeux le billet n° 100.

Pour vous un non-événement c’est le billet mensuel, pour nous un événement ! Cela représente 100 réunions de travail et de nombreuses heures de recherche pour vous faire découvrir à notre manière Cannes et la vie des Cannois d’hier et d’aujourd’hui…

Nous allons continuer…

Et toujours en lien avec notre association et le bulletin trimestriel !

 

# ODETTE MAUGENDRE

Un article de l’hebdomadaire Le Point N° 2390 présente une lacune que je me permets de combler. L’épouse de Gabriel Domergue y est inexistante et pourtant…

À l’occasion du cinquantenaire de la disparition de Jean-Gabriel Domergue le 16 novembre 1962, la ville de Cannes a voulu célébrer, l’été 2012, le peintre et son épouse, Odette Maugendre, par une exposition originale intitulée Les Fêtes vénitiennes dans la demeure de leurs rêves, la villa Fiesole rebaptisée villa Domergue.

Balcon. Photo aimablement proposée par M. D.

Balcon. Photo aimablement proposée par M. D.

Cannes a voulu mettre pour la première fois l’accent sur la présentation d’œuvres inédites d’Odette, sculptrice de talent dont l’atelier se situait dans la villa, sous celui de son époux.

Née en 1884 à Gournay-en-Bray (Seine-Maritime) notre artiste est la fille et l’élève du sculpteur Maugendre Villers, ami de Rodin et directeur de l’École des Beaux-Arts de Lille, élève également de l’École des Beaux-Arts de Paris à l’Atelier Marquestre. Reçue seconde au Concours, elle fut ensuite l’élève de Hannaux et de Landowski. Au Salon des Artistes français, dont elle est sociétaire, ses envois sont remarqués et obtiennent de nombreuses mentions. Et c’est aux Beaux-Arts qu’elle rencontre Jean-Gabriel qu’elle épouse le 15 juin 1918 et avec lequel elle participera à des expositions.

Dans le cadre raffiné de la demeure, le fonds permanent  nous offre d’Odette  une tête de faunesse, un buste de femme, une  pendule en bronze de patine noire Femme au lévrier , une paire de statuettes   Nymphes assises , un ravissant autoportrait également en bronze de patine noire, fonte de C. Valsuani, un masque de Jean-Gabriel Domergue, une  jeune femme nue debout  levant les bras, une tête de faunesse en plâtre doré. Dans la salle à manger, dessinée par Odette, une élégante console en fer forgé surmontée de deux lévriers élancés que l’on retrouve sur le portail ainsi que sur les balcons de l’entrée et du grand salon, fidèles compagnons chéris des époux.

Console. Photo aimablement proposée M.D.

Console. Photo aimablement proposée M.D.

Et, sortie des réserves de la villa, c’est la collection totalement inconnue de 35 sculptures et plâtres originaux, têtes d’hommes et de femmes, moulage en plâtre d’une statue de la Victoire ainsi que deux surprenantes têtes de femme en carton-pâte à décor polychrome et or.

Tête de femme. Photo aimablement proposée par M.D.

Tête de femme. Photo aimablement proposée par M.D.

Le jardin de la somptueuse propriété abrite également ses nombreuses sculptures d’ornement dont un buste de faune et de faunesse, une Femme à la colombe et une statue les Roses en pierre reconstituée, deux têtes en bronze datées 1927 représentant son époux. 

Odette est décédée à Cannes le 19 novembre 1973, léguant la villa Fiesole et son contenu à la ville.

Nous devons cette recherche à Michelle David que nous remercions bien sincèrement.

J’ajoute que l’article du Point mentionne la décoration pas toujours de bon goût, le goût est-il une grandeur mesurable ? Unité ? L’argent ?

DISTRIBUTION DES PRIX - LE LITTORAL 1893

Les meilleurs élèves de nos écoles communales désignés par les divers directeurs ont concouru à l’épreuve de composition française relative au prix J. M. Vidal.

Les jeunes gens réunis à l'école de la Ferrage par les soins de M. Vial, directeur, ont traité le sujet suivant :

 « Un élève écrit à son père, marin, en cours de voyage en Algérie, pour lui annoncer son succès et le prix qu'il a obtenu.

Décrire la solennité, l'émotion ressentie les sentiments éprouvés à cette occasion envers les parents et les maîtres ».

 Les épreuves corrigées et annotées ont été remises au maire qui décernera le prix au plus digne.

LA VÉGÉTATION SPONTANÉE AVANT L’ARRIVÉE DES ANGLAIS

Le Ciste de Montpellier aux petites fleurs blanches à base jaune au milieu, groupées en une inflorescence très parfumée, d’avril à juin. Son feuillage est persistant, composé de longues feuilles étroites et sans pétiole net.

BILLET N° 100 AOÛT 2018

Le Lentisque : pistachier-lentisque aux baies rouges nombreuses et serrées à l’aisselle des feuilles d’un vert foncé. Les feuilles composées sont en nombre pair et se finissent en « oreille de lapin ». Les fleurs mâles et femelles poussent sur des arbustes différents, c’est une plante dioïque. Sa gomme, à l’odeur balsamique, est utilisée pour de nombreux usages.

BILLET N° 100 AOÛT 2018

Le Genêt épineux formait des buissons très denses, aux innombrables fleurs jaunes en têtes serrées, d’avril à septembre.

BILLET N° 100 AOÛT 2018

L’Hysope : Isop en provençal, signifiant aussi goupillon. L'hysope est évoquée comme plante purificatrice dans « l'Asperges Me » : Asperges me, Domine hyssopo et mundabor (Asperge-moi avec l'hysope, Seigneur, et je serai purifié). Ce vers est directement inspiré du Psaume 51, verset 9. Dans la culture hébraïque, l'hysope symbolise l'humilité, en opposition au cèdre, image de la majesté :[Salomon] a parlé sur les arbres, depuis le cèdre du Liban jusqu'à l'hysope qui sort de la muraille. Dans le sacrifice relatif à la guérison du lépreux : [Le sacrificateur] prendra le bois de cèdre, l'hysope, le cramoisi et l'oiseau vivant.

C’est un arbrisseau à fleurs bleu violacé, proche du romarin.

BILLET N° 100 AOÛT 2018

Le Myrte est aussi un arbuste de l’arrière-pays, cher à la mythologie grecque. Une caractéristique du myrte est la façon dont poussent ses feuilles : d’un même point peuvent sortir trois feuilles.

Ces trois feuilles représentent les trois patriarches Abraham (à droite), Isaac (à gauche) et Jacob (le bourgeon au centre) qui proviennent chacun d’une même source, Dieu (le point sur la branche d’où partent les trois feuilles). La signification de cette parabole est qu’une seule source, Dieu, a donné naissance à trois hommes qui incarnent des notions radicalement différentes. Abraham incarne la bonté, Isaac la rigueur et Jacob est l’harmonie entre les deux, ce qui est magnifiquement représenté par le bourgeon.

En parfumerie, la distillation des feuilles et des fleurs permet d'obtenir une eau célèbre "l'eau d'ange" qui parfume les savons, shampoings etc. Les huiles essentielles composent certains parfums. L'odeur brûlée du bois de myrte dégage une odeur d'encens. Le myrte sert de tanin et donne la fameuse couleur verte aux cuirs réputés plus imperméables qu’avec un autre colorant et une senteur appréciée. (cf. Alain Ruggiero).

Les pêcheurs cannois employaient ses rameaux imputrescibles pour tisser des nasses à poissons.

BILLET N° 100 AOÛT 2018

L’Acanthe : au niveau du lieu-dit « La Batterie » sous la voie ferrée, il y a un paysage divin, des acanthes explosent de somptuosité dans un découpage de mer et ciel, et des vrais faunes prennent la pose sur des rochers rouges venus de l’Esterel. Musique de Debussy… L'Après-midi d'un faune.

Ces photos ont été empruntées à Wikipédia.

Ces photos ont été empruntées à Wikipédia.

ON NOUS COMMUNIQUE

Samedi 8 septembre : journée à Monaco avec les amis de l’Académie Clémentine. Matin : visite du casino de Monte-Carlo en compagnie d’une conférencière. Déjeuner libre. Après-midi : visite de l’exposition L’or des Pharaons au Grimaldi Forum encadrée par deux conférenciers.

Départ en autocar de Notre-Dame des Pins à 8 heures très précises.

Pour tous renseignements ( 06 10 83 12 39.

 

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26 juin 2018 2 26 /06 /juin /2018 23:16

ACTUALITÉS :

La rue des Serbes vient d’être réaménagée pour le bien-être des bus. Mais pourquoi donc la rue des Serbes ?

BILLET N° 99 JUILLET 2018BILLET N° 99 JUILLET 2018

Elle a été tracée en 1850 en même temps que la rue Herman (devenue rue des États-Unis) toute proche.

Le 1er novembre 1918, les unités franco-serbes rentrent dans Belgrade, après avoir atteint le Danube quelques jours plus tôt. Et à la fin de la Grande Guerre, la France, qui a le droit de s’enorgueillir de la part qu’elle prend à la guerre mondiale, doit aussi honorer ceux qui combattent avec elle. Nous devons honorer le peuple dont l’héroïque résistance nous a été si utile pendant la Grande Guerre. Le 2 février 1919, ce fut l’inauguration de la rue des Serbes.

En 1992, devant l’actualité de l’époque, (la guerre de Bosnie se traduit par des cruautés sans nom, les Serbes ouvrent des camps de concentration et systématisent la terreur), il est question de débaptiser cette artère, mais la mansuétude de François Mitterrand, lequel devient célèbre pour une phrase d'anthologie : « Il ne faut pas ajouter la guerre à la guerre ! » en dissuadera nos élus.

CE MOIS A CANNES :

Le passage du tour à Cannes. Le Littoral. 20 juillet 1930.

Le cyclisme est fini, quelle blague ! il a fallu le Tour de France pour prouver qu’une foule innombrable avait bien voulu s’astreindre à la plus élémentaire exactitude pour admirer non seulement l’arrivée de nos grands routiers  mais encore toutes les courses qu’avait organisées l’Etoile Sportive…les dames de la tribune ont pu varier les plaisirs de l’accolade car presque tous les âges y ont passé…. Un jeune fasciste faillit être emmené au poste parce qu’il criait « guerra, guerra » à l’arrivée du vainqueur italien… Leduq, sympathique maillot jaune, fut acclamé… les coureurs se rendirent à l’hôtel Victoria (billet N° 97 mai 2018) où les salles de bains étaient prêtes à les recevoir et toutes sortes de gâteries les attendaient. Ce Walsdorff les sait toutes quand il s’agit de la renommée de Cannes.

Publicité de l’hôtel Victoria. Archives personnelles.

Publicité de l’hôtel Victoria. Archives personnelles.

Le Tour de France est également passé à Cannes en 1933, 1938, 1939, puis en juillet 1949.

 

LU POUR VOUS

Dans le dernier bulletin trimestriel publié par notre association L’Ami des Archives, on lira, grâce à la recherche de Nicole Sabbagh, et faisant suite au billet N° 98 précédent : Dans les jours qui suivirent le meeting, les problèmes financiers commencèrent à apparaître. Le Comité était dans l’impossibilité d’honorer ses engagements financiers, de donner aux aviateurs leurs récompenses alors que le Maire, Monsieur Capron, avait donné sa signature en garantie.

 

LA VÉGÉTATION A CANNES AVANT L’ARRIVÉE DES ANGLAIS.

Elle est surtout non décorative : la vie est dure, les terres fertiles sont utilisées utilement et surtout les loisirs sont rares. Pas, ou peu, d’arbres de décor. Seuls existent quelques jardins potagers et des petits vignobles appartenant parfois à de riches propriétaires. Les couvents subviennent à leurs besoins à l’intérieur de leurs murs.

Commençons par l’histoire de Cannes et « notre » palmier. Nous sommes autour de l’an 1 000. Les premières armoiries de Cannes présentent les lettres C et A abrégés de Caritas (charité) et d’Amor (amour) ainsi que la palme d’argent sur fond azur, emblème de l’abbaye de Lérins.

La palme d’argent fait référence au palmier sur lequel saint Honorat grimpa tandis que la mer noyait les serpents qui infestaient l’île. Il n’existe qu’un seul palmier autochtone en France, le palmier nain, Chamaerops humilis.

Palmier nain, Chamaerops humilis.Photo MLR

Palmier nain, Chamaerops humilis.Photo MLR

L’importation et l’acclimatation des palmiers a commencé vers 1850, Gustave Thuret a été un des précurseurs dans ce domaine.

Le long de la mer, ce sont les roseaux.

Le caroubier :

Ceratonia siliqua. Le Suquet. Photo MLR

Ceratonia siliqua. Le Suquet. Photo MLR

Ce caroubier pourrait avoir 500 ans, et avoir vu bien des ensevelissements ; il semble protéger le banc de marbre blanc à la mémoire du duc d’Albany ; ôtez les graines de la gousse et vous verrez qu’elles ne pèsent pas toutes rigoureusement le carat, 0,20 gramme. Et pourtant elles servaient de base dans le commerce des pierres précieuses et des diamants. Caroube, nom latin vient du grec kerata, signifiant petite corne, forme de la gousse à maturité, ou de l’arabe, al-kharroube.

Ce qui est formel, c’est l’absence de mimosa, la « ruée vers l’or », l’épanouissement de la Californie ne se fera que vers la fin du XIXe siècle, encore que…. On relira le billet N° 11 de mars 2011. Il y a toujours des controverses.

Le Bigaradier fut rapporté dans notre région par les Médicis. Les gantiers de Grasse cherchant à parfumer leurs cuirs furent séduits par l’essence de ses fleurs. Ils en ont alors planté massivement sur les coteaux de Grasse et de Cannes. (Nice-Matin 12 février 2018). C’est l’orange amère de nos confitures.

Citrus aurantium.

Citrus aurantium.

L’eucalyptus a été introduit officiellement bien plus tard et pourtant une allée est célèbre à l’île Sainte-Marguerite qui date d’avant la Révolution. (Billet N° 11).

L’allée des Eucalyptus. Ile Sainte-Marguerite.

L’allée des Eucalyptus. Ile Sainte-Marguerite.

Les résineux : Le pin parasol, introduit par les Romains, casse facilement, il laisse passer le vent et ses aiguilles acides font que rien ne pousse sous lui. On lui préfère le pin d’Alep, rabougri, tortueux dont les petites pommes semblent être faites pour les écureuils et les chênes verts aussi résistants.

A suivre.

VILLA LA FLEURIERE

Pour avoir regardé « Faîtes entrer l’accusé » sur France 2 ce 17 juin dont la malheureuse victime appartenait à une vieille famille de Cannes, les Dalmasso, nous avons pensé à une affaire plus ancienne et combien mystérieuse dont le cadre était la luxueuse villa La Fleurière.

BILLET N° 99 JUILLET 2018BILLET N° 99 JUILLET 2018

C’est une luxueuse demeure au cœur d’un magnifique parc de 5 700 m2 avec piscine chauffée bordée de 52 colonnes en marbre de Carrare, située 7 avenue Fiesole. La réception se présente comme un vaste salon avec cheminée, quatre chambres avec salle de bains, salle de cinéma/discothèque, salle de jeux, cave à vin. Un appartement de deux pièces et un studio de services sont indépendants de la villa.

Un milliardaire discret et obsédé de sécurité, Diethelm Höener, Didi pour ses amis, s'installe à Cannes en 1985. Il rachète une des plus belles propriétés de la ville, aujourd'hui 150 millions de francs (22,8 millions d'euros). Dans ce domaine, Diethelm Höener dépense sans compter. Le mur d'enceinte n'est pas assez haut à son goût. Il le fait rehausser d'un mètre. Puis des grilles sont installées par-dessus. Un mètre cinquante supplémentaire de fer forgé. Impossible de rentrer. La propriété est quadrillée par des caméras et des projecteurs. « Je sors souvent à Cannes, mais je n'emprunte jamais deux fois de suite le même itinéraire et jamais aux mêmes heures », racontait Didi à ses proches. Prudent. Très prudent! « Comme si une menace permanente le guettait », se souvient un de ses amis.

L'homme d'affaires était d'origine modeste. Né en 1940, il connaît à peine son père médecin, exécuté par la Gestapo. Le voilà sans le sou, avec sa mère, dans l'Allemagne d'après-guerre. Diethelm, à la force du poignet, entre dans la banque. Il est précis, ordonné, son sens des placements boursiers est vite repéré. Il fera fortune en Bourse. « Chez lui, tout était réglé comme du papier à musique, se souvient un ancien employé. Pour des raisons fiscales, il ne pouvait pas, par exemple, passer plus de six mois en France. Au bout de cinq mois, son bureau des États-Unis lui envoyait un décompte des jours, et il ne dépassait jamais le quota. »

Un sens des affaires « à l'allemande ». « Son business était aux Etats-Unis, mais sa seule passion était à Cannes, dans sa villa », raconte un de ses amis. Cette « folie », c'est l'aménagement de son jardin. Dans ses deux hectares en plein centre de Cannes, Didi dépense environ deux cents millions de francs (30,5 millions d'euros) uniquement en travaux d'aménagements du parc. Trois mille roses, 130 oliviers... Il crée de toutes pièces une rivière artificielle de deux mètres de large, qui traverse la propriété. L'eau « remonte » en boucle grâce à des pompes géantes. Il fait venir du Japon des carpes centenaires à 50 000 F pièce.

L’homme immensément riche est aussi très seul. Sa deuxième femme, Stéphanie, habitait rarement à Cannes, et il souffrait de voir rarement son fils unique, Philippe, « né d'un premier mariage » , explique un ancien employé. Le soir de sa mort, Didi était, semble-t-il, le seul occupant des deux hectares de sa villa cannoise. (Le Parisien 9 juillet 2001)

Diethelm Höener est mort à Cannes en janvier 2001, dans des circonstances mystérieuses. Ce milliardaire, bien informé sur le volet allemand de l'affaire Elf, savait sa vie menacée. Son corps était étendu au sous-sol, au pied de l'escalier, en face de la salle de sport. Il a fait une chute du premier étage. Apparemment, il serait passé par-dessus la balustrade et aurait comme « plongé » dans les 60 cm2 à peine qui forment le trou de l'escalier. « Il était apparemment ivre, cela peut ressembler à un suicide », indique Me Christian Curtil, l'avocat de Stéphanie Höener.

Le parquet de Grasse, alerté par le premier rapport de police, a décidé d'ouvrir une information judiciaire pour « recherche des causes de la mort ». Selon un premier rapport médical, la position du corps ne semblerait pas « compatible » avec la chute effectuée. Quelqu'un aurait-il « poussé » l'homme d'affaires du haut de son escalier ? C'est ce que cherche à démêler le juge de Grasse, Jean Coutton, en charge de l'enquête. « Ce qui est bête, soupire un des anciens amis de Diethelm Höener, c'est que la nuit de sa mort, le magnétoscope des caméras de sécurité n'enregistrait pas. » Dommage.

 

ON NOUS COMMUNIQUE

Samedi 8 septembre : journée à Monaco avec les amis de l’Académie Clémentine. Matin : visite du casino de Monte-Carlo en compagnie d’une conférencière. Déjeuner libre. Après-midi : visite de l’exposition L’or des Pharaons au Grimaldi Forum encadrée par deux conférenciers.

Départ en autocar de Notre-Dame des Pins à 8 heures très précises.

Pour tous renseignements ( 06 10 83 12 39.

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22 mai 2018 2 22 /05 /mai /2018 17:58

ACTUALITES :

Nous avons été bercés ces jours derniers (le 20, 21, 22 avril) par le ronronnement des avions répétant leurs acrobaties au ras de la mer ainsi que des hélicoptères audacieux dans le cadre du Red Bull Air Race le long de la Croisette. Une organisation futuriste pour accueillir 83 000 personnes.

 Le vol inaugural fut fait par la Patrouille de France, pour la première manifestation en Europe de cette compétition où les meilleurs pilotes de voltige au monde se sont mesurés dans une trajectoire de 3 km aller et retour entre des pylônes gonflés d’air. C’est Matt Hall qui a remporté le trophée Red Bull Air Race 2018.

BILLET N° 98 JUIN 2018

Du 27 mars au 3 avril 1910, quinze pilotes et avions, Popoff, Farman, Wright, Blériot, Curtis… étaient engagés pour participer au premier meeting aérien de l’aviation civile. Il y avait foule pour assister à l’épreuve la plus attendue, la Croisière sur mer : La Napoule-île Sainte-Marguerite, pointe de la Croisette et retour à l’aérodrome. « Quand Nicolas Popoff doubla l’île Sainte-Marguerite, une immense acclamation retentit, qui se termina par une ovation indescriptible à son arrivée à l’aérodrome situé dans la vaste plaine de Laval…   Après 18 mn 20s 3/5 et à une altitude de 207 m, à bord de son biplan, il battait le record du monde de hauteur, recevait un prix de 10 000 francs et les félicitations du maire André Capron ainsi que celles des membres de la colonie étrangère dont la duchesse de Mecklembourg, le grand-duc Serge, la princesse de Saxe-Meiningen, le prince Galitzine.

Sources : Cannes, Elles et Eux. N. Renoir.

BILLET N° 98 JUIN 2018

À PROPOS : INFO OU INTOX :

Les échos de Cannes 25 JUIN 1882

Lettre du Dr ARMAND au sujet du minaret de Cannes.

… Je me fais un devoir de vous donner communication de la lettre que j'ai remise à M. le maire, au sujet du Minaret qui surgit à l'angle du Port : (12 juin).

« M. le maire, j'ai l'honneur de vous écrire les réflexions que j'ai faites au sujet du Minaret de l'ancienne mosquée sarrasine de Cannes. La mosquée détruite, il y a bien longtemps, avait fourni, par ses ruines, les matériaux de trois ou quatre vieilles bicoques qui l'enserrent, au tiers de sa hauteur par trois côtés, celui du N. N. O. partant à peu près du niveau du sol. Cette tour quadrangulaire de style roman, date de près de mille ans !

Elle est sise à l'extrémité du port, à l'angle de la jetée du phare qu'elle domine. Elle a une terrasse plane, avec légère balustrade de barreaux en fer droits.

Au centre s'élève une dunette dont la coupole semi-sphérique est encapuchonnée par des briques vernies colorées. Elle est coiffée d'un turban turc traversé par un dard en cœur, faisant girouette et le tout est surmonté par une aiguille supportant le croissant musulman.

Chapelle Saint-Pierre. Document aimablement communiqué par les archives municipales.

Chapelle Saint-Pierre. Document aimablement communiqué par les archives municipales.

… Ce monument précieux, si remarquable et si peu remarqué de nos jours, est sur le point, à la veille même, de tomber sous les coups du marteau démolisseur ! Heureusement que j'ai eu le temps d'attirer votre attention, M. le Maire, sur l'urgence de sauver et conserver à tout prix ce monument historique et légendaire que M. le Ministre des Beaux-Arts fera classer, je n'en doute pas, au nombre des monuments historiques de la France !

Il s’agit de la chapelle Saint-Pierre, (voir billet N°94) mentionnée pour la première fois sur un acte notarié de 1562. L’évêque Scipion de Villeneuve en 1634 y érigea la confrérie des Pénitents bleus sous le vocable Saint-Pierre le Pêcheur. Son clocher, qui sera remplacé en 1681, était curieusement construit à l’intérieur de la chapelle et faisait penser à un donjon. Vendue comme bien national elle a été convertie en grenier puis en maison d’habitation. En 1882 seul le clocher avait subsisté, isolé au milieu des hangars, menaçant ruine. Merci à Frédéric Vincent.

 

IL RESTE LE NOM DE RUES OU PRESQUE. Suite et fin.

Rue de la Pompe : Il était une fois le monastère des Capucins, que l’on peut situer depuis l’actuelle rue Jean de Riouffe au N° 12 jusqu’à la rue Rouguière. À la Révolution, on installe une boulangerie militaire dans la chapelle du Saint-Esprit (à la hauteur de la rue de la Pompe), à proximité de leur puits. Quand la rue Maréchal-Joffre est percée, une pompe municipale est mise à la disposition des Cannois, c’est l’usage qui lui donnera le nom, apparemment sans délibération. L’ancien couvent des Capucins devient un atelier de salpêtre pour satisfaire les besoins de l’armement sous Bonaparte.

Jean de Riouffe est avocat issu d’une famille de pêcheurs cannois, il a été anobli par Louis XIV pour sa conduite valeureuse pendant le siège de Toulon dans la guerre de succession d’Espagne avec transmission du titre. L’actuelle rue Emile Négrin portait le nom de rue des Riouffe, où logeaient plusieurs de ses cousins. Il y naquit le 14 octobre 1662. Il se rendait à la chapelle Saint-Pierre pour les réunions de la confrérie des Pénitents bleus presque entièrement composée de pêcheurs. À la fin de sa vie, il rejoignit les Pénitents blancs (chapelle de la Miséricorde), signe d’ascension sociale. En acquérant un château en ruine dans le quartier de Thorenc, il reçut le titre de marquis.

Merci à Nice-Matin, 31 juillet 2017.

Jean de Riouffe. Musée de La Castre. Huile sur toile, anonyme.

Jean de Riouffe. Musée de La Castre. Huile sur toile, anonyme.

Rue Bivouac-Napoléon était la route impériale empruntée par Napoléon dans la nuit du 1er mars 1815 pour aller bivouaquer dans les dunes près de la chapelle de Bon-Voyage. En 1816, la route Royale est entretenue par Jean François Caire.

Rue Caire une bien petite rue pour un homme d’influence : la famille Caire est liée à la chapelle Saint-Pierre dévolue aux Pénitents bleus depuis 1634 et vendue comme bien national le 19 prairial an VI au sieur Lombard puis appartient depuis le plan cadastral napoléonien au maître de poste Jean-François Caire vers 1795. La chapelle est alors transformée en écurie. J. F. Caire élève, sans l’accord des Domaines, trois maisons, un hangar, une grange à foins et deux terrasses. Une des maisons héberge le bureau de poste. À proximité se tient l’auberge tenue par Monsieur Pinchinat, également potier à Vallauris, dont l’aînée des trois filles, Thérèse, épouse Jean-François.

Rue Caire Photo MLR

Rue Caire Photo MLR

Rue Esprit-Violet évoque Ie maire de Cannes qui, en 1789, réussit à réaliser l’émancipation de la commune. Quand les Etats Généraux se transformèrent en Assemblée Nationale, le 5 mai 1789, le Premier Consul prit le nom de maire. L’année suivante, la France est divisée en 83 départements et Cannes fait alors partie du département du Var, Grasse étant le chef-lieu d’arrondissement. De nouvelles élections auront lieu et E. Violet cèdera sa place à Pierre-Rémy Hibert, avocat.

Il manque la rue Roustan, renommée rue Commandant-André. Le docteur Roustan est une noble figure qui sera le sujet d’un autre entretien. Dans le vieil Antibes, sa plaque est toujours apposée.

 

SOUVENIR,SOUVENIR ...

Illustration dans l’ancien magasin ''Et Vous'' qui décore le nouveau magasin 85 rue d'Antibes en face du précédent.

Illustration dans l’ancien magasin ''Et Vous'' qui décore le nouveau magasin 85 rue d'Antibes en face du précédent.

ON NOUS COMMUNIQUE 

Le 27 juin, journée à l’île Sainte-Marguerite. Le matin, le mémorial Huguenot. Déjeuner dans le fort. Rendez-vous à la gare maritime à 9 h 45. Pour tous renseignements ( 06 10 83 12 39.

ERRATUM

Un aimable lecteur a relevé une erreur dans le billet N°96 avril 2018  concernant la photo intitulée « la villa Mauritzia ». Celle- ci a été démolie pour être remplacée par une résidence éponyme toute proche. La photo est celle de la villa Federica, ex villa Rosalie achetée par des Russes il y a dix ou douze ans et laissée depuis à l’abandon. Avec toutes nos excuses et nos remerciements bien sûr… 

 

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24 avril 2018 2 24 /04 /avril /2018 10:45

HOTEL VICTORIA

C’est souvent que Nice-Matin nous fournit matière à découvrir. Lundi 12 février 2018, on peut lire Jerry et July possèdent un 4 étoiles, rond-point Dubois d’Angers qui vient de décrocher la palme du meilleur hôtel de France du point de vue rapport qualité/prix.

Entrée actuelle de l’hôtel. Photo MLR.

Entrée actuelle de l’hôtel. Photo MLR.

Notre adresse archivée est 124 rue d’Antibes et du Cercle Nautique, nous sommes en 1893.

Auparavant, la villa des Liserons était la réunion de deux villas contigües construites vers 1875.

Cartes postales aimablement proposées par M. D.
Cartes postales aimablement proposées par M. D.

Cartes postales aimablement proposées par M. D.

Elle fut le siège du Cercle Brougham puis fut aménagée en hôtel sans transformation de ses façades… au pied de sa terrasse s’étendaient des plates-bandes fleuries plantées de chamoerops excelsa…

Le 18 novembre 1893, la princesse Annina Gagarine-Stourdza (peintre de talent, écrivaine, compositrice) y met au monde une petite fille, Hélène. Dans les années 20, l’hôtel s’appelle Waldsdorff-Victoria du nom de son propriétaire. Il possède quarante-cinq chambres, la pension est de vingt-cinq à quarante-cinq francs par jour, l’hôtel est ouvert de novembre à mai.

La Saison de Cannes de mars 1925 écrit : Le Victoria, bien connu pour la rapidité de son service dû à la création de ses installations électriques, a trouvé en Monsieur Waldsdorff un innovateur fort apprécié… Les salons du Victoria présentaient cette dernière semaine une originale animation. Sur un thème des plus fantaisistes : Une soirée à Montmartre, dîner des « Apaches et des Apachinettes »…

Publicité aimablement communiquée par M. D.

Publicité aimablement communiquée par M. D.

En 1930, la villa Les Saphirs, au 96 rue d’Antibes, devient une dépendance de l’hôtel.

Alex Baussy raconte que pour alimenter ses fourneaux, nous sommes en 1947, Pierre Waldsdorff avait installé dans les jardins de l’hôtel, un poulailler flanqué d’une lapinière… Après sa mort, le bâtiment fut démoli et ce fut une nouvelle histoire.

L’hôtel ferme ses portes en 1966, il a alors soixante-cinq chambres.

Sources : Chronique de l’Hôtellerie cannoise. Archives communales de Cannes.

Actuellement l’hôtel compte 25 chambres dans la résidence éponyme. Les heureux propriétaires l’ont repris en 2015 et nous leur souhaitons bon vent.

 

IL RESTE LE NOM DES RUES OU PRESQUE

Cette évocation est incomplète, liée à la lecture des précédentes chroniques.

Autour du Suquet, la rue des Frères, nommée le 1er décembre 1833, débouchait sur la chapelle des Pénitents blancs construite en 1550.

La rue du Pré : elle aboutissait à un pré planté de vignes et d’orangers. Une parcelle dénommée l’iero dou pra était, moyennant redevance, mise à la disposition des habitants pour fouler ou moudre le grain. Dans cette rue, se trouvait l’auberge de la Cloche d’Or tenue par Honoré Vidal.

Petite rue Saint-Antoine, au n°1 ancienne chapelle Saint-Antoine, réservée aux enterrements alors que la chapelle Saint-Sébastien servait pour les baptêmes. En 1603, le Conseil général de la Communauté de Cannes s’y réunit. Désaffectée, elle fut vendue le 29 avril 1782 au sieur Ricord, menuisier. Actuellement elle abrite le restaurant « Le Manoir ». En face, au n° 16 un arc maçonné marque l’ancien four et une fenêtre à boudins indique d’anciens croisillons.

Restaurant Le Manoir et boulangerie de la petite rue Saint-Antoine Photos MLR
Restaurant Le Manoir et boulangerie de la petite rue Saint-Antoine Photos MLR

Restaurant Le Manoir et boulangerie de la petite rue Saint-Antoine Photos MLR

Rue de la Boucherie : les chevillards se regroupaient en un lieu d’abattage à ciel ouvert où ils dépeçaient et vendaient la viande aux habitants.

Rue de la Boucherie Photo MLR

Rue de la Boucherie Photo MLR

Impasse de la Bergerie : les moines de la chapelle de la Miséricorde entretenaient des activités autour de leur lieu de culte.

Tag sur un mur Photo MLR.

Tag sur un mur Photo MLR.

 Rue Alliéis : l’un de ses ascendants fut médecin des pauvres à l’hôpital en 1615. François Alliéis fera partie des nobles de la cité en 1793.

Nos pas nous mènent rue Grande, actuellement rue Meynadier. Elle a été évoquée dans le n° 44 de décembre 2013. Pour se faire nous avons longé la rue Félix-Faure qui suit le tracé du grand chemin venant d’Italie. C’était une piste caillouteuse créée en 1752.

La rue de la Rouguière rappelle l’emplacement d’une carrière d’argile rouge.

Rue de la Pompe : il était une fois le monastère des Capucins, que l’on peut situer depuis l’actuelle rue Jean de Riouffe au n° 12 jusqu’à la rue Rouguière. À la Révolution, on installe une boulangerie militaire dans la chapelle du Saint-Esprit (à la hauteur de la rue de la Pompe), à proximité de leur puits. Quand la rue Maréchal-Joffre est percée, une pompe municipale est mise à la disposition des Cannois, c’est l’usage qui lui donnera le nom, apparemment sans délibération. L’ancien couvent des Capucins devient un atelier de salpêtre pour satisfaire les besoins de l’armement sous Bonaparte.

SOUVENEZ-VOUS

Klaus Mann né le 18 novembre 1906 fut un écrivain précoce qui mourut à Cannes au Pavillon de Madrid le 21 mai 1949 après avoir absorbé une grosse quantité de barbituriques. Transporté à la clinique Lutetia il meurt quelques heures plus tard à l’âge de 43 ans. Sur sa tombe, sa sœur Erika a fait graver : Celui qui cherche à sauver sa vie la perdra mais celui qui perd sa vie, celui-là la sauvera. Saint Luc.

Tombe de Klaus Mann Cimetière du Grand Jas. Ouest carré 16. Photo Frédéric Vincent.

Tombe de Klaus Mann Cimetière du Grand Jas. Ouest carré 16. Photo Frédéric Vincent.

FESTIVAL DU FILM

En 1963, Armand Salacrou le jury du Festival de Cannes. Il connut de grosses difficultés financières dans ses débuts. Il se souvint que son père avait concocté des produits fort appréciés dans son quartier. Fondant l’Office de publicité, il reprit les recettes paternelles vantant sur les ondes la Marie-Rose, mort parfumée des poux, le Vin de Frileuse, meilleur des fortifiants, le Vermifuge Lune…

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Lu dans Tous les personnages sont vrais d’Alain Decaux.

 

LIENS ANNEXES : LA RIVIERA DANS LE VENT   G. Montagu.

L’auteur est avec son épouse propriétaire de l’agence Taylor. Il relate ici les difficultés du moment.

1956 : crise immobilière, le courrier n’était plus acheminé, l’essence manquait et tous les trains étaient à l’arrêt. Le transport aérien était sporadique et incertain. Nous allions à l’aéroport de Nice pour confier nos lettres à des amis, voire à des étrangers afin qu’ils puissent les poster à Londres. Il nous est arrivé de glisser de l’argent à des inconnus en leur priant de faire de leur mieux dès leur arrivée là-bas. Ils ne nous ont jamais fait défaut. Des quantités de chèques ne nous parvenaient plus.

Il en fut de même en 1968 dans des conditions beaucoup plus périlleuses mais les affaires reprennent dès que la tempête est passée…le monde continue toujours à tourner…

 

COMPLÉMENT D’ENQUÊTE

Nous la devons à T.G. : Anna, fille du roi Nicolas de Monténégro épouse vers 1885 François-Joseph de Battenberg, frère et héritier du prince Alexandre de Bulgarie. Un oncle de Philip était l'amiral Louis Mountbatten, dernier roi des Indes en 1947, né en 1900 et victime d'un attentat en 1979.

C'est probablement lui qui fit modifier son patronyme de Battenberg en Mountbatten... Pour être si près de la cour d'Angleterre, il valait mieux avoir un nom à consonance british...        

 

ON NOUS COMMUNIQUE :

Jeudi 24 mai : Journée à Grasse en covoiturage. Matin : Visite guidée du jardin de la Mouissone. Déjeuner 1ère option : possibilité d’apporter son pique-nique et de déjeuner sur place. 2ème option : repas au restaurant. Après-midi : visite de Grasse avec le petit train.Rendez-vous à 10h au jardin de la Mouissone, 29 chemin de Saint-Joseph à Grasse.

Pour tous renseignements ( 06 10 83 12 39.

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29 mars 2018 4 29 /03 /mars /2018 22:23

NICOLAS Ier de MONTÉNÉGRO À CANNES :

À la faveur d’une conférence donnée par M. Marro avec le talent que nous lui connaissons, évoquons sommairement la vie de Nicolas Ier.

Il ne reste pas même un an à Cannes, du 12 janvier 1920 à décembre. Il habite la villa Mauritzia, énorme propriété donnant sur deux boulevards, le boulevard de la Source et le boulevard Eugène-Gazagnaire (plus tard, Louis Louis-Dreyfus, un temps notre député, en sera également locataire). Celle-ci appartient à Mme Chevreau de Kronenberg. La villa est somptueuse avec son grand parc, ses magnifiques palmiers, son jardin d’hiver et sa chapelle.

Il y eut jusqu’en 1923 une rue Monténégro, proche de la villa (actuellement rue J. Grant-Milne). Et pourtant Nicolas Ier ne remplit pas les colonnes de la gazette locale : Le Littoral 29 août 1920 S.M. le roi d’Italie Victor-Emmanuel III venant d’Italie par la route, accompagné de cinq personnes a rendu visite à son beau-père… et c’est tout.

Carte postale aimablement proposée par Frédéric Vincent.

Carte postale aimablement proposée par Frédéric Vincent.

Pour la très petite histoire, son fils aîné Danilo par son caractère festif inspirera Viktor Léon et son collaborateur Léo Stein pour le « prince Danilo » de l’opérette La Veuve Joyeuse. Dans la réalité, il n’épousera pas la Veuve.

Pour une plus grande histoire, ses neuf filles noueront de brillantes unions matrimoniales à l'étranger, ce qui vaudra à Nicolas Ier d'être surnommé le « beau-père de l'Europe ».

 

CE MOIS À CANNES :

Paul Deschanel est dans les Alpes-Maritimes les 5 et 6 avril 1920. L’Illustration relate une émouvante rencontre : A Cannes … à un aveugle qui lui offrait des fleurs, le président dit, très ému en l’embrassant : « vous ne voyez pas, mon ami, mais vous allez sentir mon cœur battre près du vôtre ». Et il le serra dans ses bras. Il était venu à Nice pour célébrer la fête fédérale de la gymnastique qui se déroulait chaque année dans une ville différente.

Sources : Nice-Matin 16 avril 2017.

 

QUE RESTE-T-IL ?

L’application du calendrier révolutionnaire du 5 octobre 1793 est d’un usage obligatoire jusqu’à sa suppression par Napoléon le 1er janvier 1806. Il n’avait pas empêché à Cannes le maintien du repos dominical et le refus de chômer le décadi. Le calendrier des mariages participe également à cette opposition, période prohibée du carême et de l’avent. L’institution du mois de Marie (mai) en 1815 s’est confondue avec un interdit religieux.

An VIII (1800) les Cannois subissent disette, grande détresse et, ce qui n’arrange rien, séjour et passage de l’armée française qui vient d’évacuer Nice avec un immense matériel de guerre.

Vers 1802, construction d’une maison commune à l’emplacement du terrain Ricord angle de l’actuelle rue Emile Négrin.

Accompagné d’une compagnie de chevau-légers, le pape Pie VII descendra à l’hôtel Pinchinat. Napoléon Bonaparte l’avait fait enlever pour l’amener à Paris sous escorte. La salle commune avait été vidée de tous ses clients. Le maire et le curé furent reçus par un pape fatigué (il avait 62 ans).

Monsieur Gras demanda au pape de bénir, du balcon, le peuple amassé devant la maison, ce qu’il fit …

Le lendemain, de fort bonne heure, Pie VII reprenait la route de Paris pour y couronner, le 2 décembre 1804, Napoléon Ier, empereur des Français.

L’empereur Napoléon veut instaurer la saint Napoléon le 15 août, l’ordre est très précis pour le préfet du Var d’organiser procession, messe, fête communale. Nous ne savons pas si l’exécution a eu lieu à Cannes mais il reste la fête chômée.

Cannes, à plusieurs reprises, avait été un lieu de réunion de conjurés. Les Royalistes Cannois avaient formé un Comité et il fut décidé qu'avec le concours de trois officiers espagnols et de prisonniers évadés, on établirait des communications régulières avec l'escadre anglaise qui croisait au large de Saint-Tropez…

…mais, la police impériale avait eu vent de l’affaire, et le mauvais temps ayant empêché cette expédition, les conjurés furent arrêtés et traduits devant une Cour Martiale siégeant à Toulon, le 10 décembre 1813. Après un long réquisitoire du juge-rapporteur onze conjurés furent fusillés, dans un bois d'oliviers, près de la Porte d'Italie à Toulon.

A l'avènement de Louis XVIII, les biens des deux Cannois qui avaient été confisqués par un ordre du gouvernement impérial, furent rendus à leurs familles par faveur spéciale.

Malgré ces exécutions, les royalistes cannois continuèrent à se réunir à l'Hôtel Saint-Antoine, en 1814, leur président était le cannois André Varaldi. Ce n’est pas lui qui reçut le général Cambronne qui exigeait qu’on lui remette 6 000 rations alors que Cannes ne comptait que 3 000 âmes. (Voir billet N°60 avril 2015)

1822 : Le chemin boueux qu’il faut emprunter pour accéder à l’église Notre-Dame de l’Espérance est remplacé par une rampe régulière grâce à l’aide fournie par le préfet du Var, Louis-Germain Chevalier.

Rampe de la rue Chevalier. Photo MLR

Rampe de la rue Chevalier. Photo MLR

 Les Cannois s’opposeront pendant 20 ans au plan d’alignement des rues rendu nécessaire par le trafic de la route d’Italie qui débouche sur le quartier de la Marine.

Rue Félix-Faure. Photo MLR 

Rue Félix-Faure. Photo MLR 

En 1832, un ouragan d’une force inouïe jette sur la côte les navires mouillés en rade et fait périr des marins sous les yeux des Cannois. L’eau s’engouffre dans la rue Grande (rue Meynadier). Est réexaminé un projet de môle réclamé depuis 1772.

1834 : Auberge Pinchinat. Photo L.S

1834 : Auberge Pinchinat. Photo L.S

Commencent alors les effets bénéfiques de l’implantation imprévue d’une petite colonie d’hivernants britanniques.

Carte postale, le bas du Suquet. Archives municipales.

Carte postale, le bas du Suquet. Archives municipales.

Cherchez l’erreur !

Sources : Pierre Cosson, Cannes, ses lointaines origines.

                 Alain Ruggiero et groupe d’historiens, Histoire de Cannes.

                 Philippe Pinatel, Quatre siècles d’histoire de Cannes.

                 Groupe d’historiens régionaux, Histoire de Cannes

                  Pierre Dulbeco, L’Hôtel de ville de Cannes.

                  Atelier Les Amis des Archives : Recherches sur le passé cannois, Le Suquet.

                 Cannes Université : La mémoire publique de Cannes, plaques et monuments.

                J.J. Pierrugues : publication, Le Littoral 1934

 

LIENS ANNEXES : La lettre froissée, une enquête à la Belle Epoque par Alice Quinn

Ce prétexte nous permet de voyager avec plaisir dans un temps antérieur dont nous aimons dire « c’était mieux avant ». Découverte de La villa des Pavots : chemin vicinal Saint-Nicolas. C’était un chalet à la mode avec balcon, comme on en faisait de nombreux. Je détestais ce style que je trouvais étrange au bord de la Méditerranée. Des chalets comme dans les Alpes ? Mais auxquels on rajoutait parfois des bow-windows à l’anglaise ? Un mélange hétéroclite sans goût, avec un côté mièvre, mignon, charmant que je trouvais désespérant.

Les Pavots. Angle de la rue Marius-Aune et de l’avenue Saint-Nicolas. Frédéric Vincent.Les Pavots. Angle de la rue Marius-Aune et de l’avenue Saint-Nicolas. Frédéric Vincent.

Les Pavots. Angle de la rue Marius-Aune et de l’avenue Saint-Nicolas. Frédéric Vincent.

ON NOUS COMMUNIQUE :

Jeudi 5 avril : journée à Antibes en covoiturage.

Matin : promenade commentée dans la Commune Libre du Safranier et visite du petit musée privé de Monsieur Boetti. Déjeuner au restaurant le Safranier.

Après-midi : visite guidée du vieil Antibes. Rendez-vous à 10h30 sur les remparts devant le musée Picasso.

Pour tous renseignements ( : 06 10 83 12 39.

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28 février 2018 3 28 /02 /février /2018 21:13

ACTUALITES : La fin du viaduc de la Siagne.

L’ouvrage fut posé en 1862, il présentait des signes de fatigue, la vitesse des trains était ralentie à 40 km/h au moment de leur passage au-dessus de la Siagne. Le chantier est ouvert et durera un an pour faire place à un paysage moins bucolique (voir billet N° 78, octobre 2016).

Photo bientôt d’archives : La Siagne.

Photo bientôt d’archives : La Siagne.

CE MOIS A CANNES : 

La voie Julia Augusta empruntait les hauteurs de la Croix-des-gardes. Elle fut longtemps démunie de ponts et l’on devait acquitter un péage pour la traverser. Une criée publique du 15 mars 1570 nous apprend que l’on sème du riz sans autorisation. Cette culture sera abandonnée vers 1720 étant donné les eaux croupissantes qui donnent une infestion insupportable.

 

 

QUE RESTE-T-IL ?

1789 : Un tournant pour Cannes ? Régénération sera le mot de ralliement de tous les Cannois.

On se préoccupe surtout du procès Ricord. Louis-François Ricord, négociant de Grasse reçoit de l’évêque de Grasse un terrain à la Marine, pour y faire construire des magasins, . Pour Cannes, c’était un terrain communal. Le procès dura jusqu’en 1803. Pendant que l’affaire traînait, Ricord fit construire sa bâtisse.

En septembre 1792, on venait d’inaugurer l’arbre de la liberté sur la Marine, la foule exaltée se porta à la maison commune au Suquet et enjoignit le corps municipal de prendre possession de la bâtisse Ricord, on se saisit de chaises, meubles, dossiers, registres pour emménager chez Ricord, il y eut des tentatives de conciliation, un compromis intervint : Ricord restait propriétaire de la bâtisse, le reste du terrain était reconnu propriété de la commune. La municipalité resta locataire du bâtiment jusqu’en 1808, date où elle louait le premier étage de la maison Aune, sur le port. Enfin en novembre 1810, elle achetait la maison Calvy. 

Cannes, septembre 1831. La Marine et la maison Ricord. Dessin aimablement communiqué par les Archives municipales.

Cannes, septembre 1831. La Marine et la maison Ricord. Dessin aimablement communiqué par les Archives municipales.

Il faudra attendre 1867 pour un règlement qui donne la nue-propriété à M. Ricord et accorde un bail à la Ville, le reste du terrain est alors reconnu propriété de la commune.

Revenons à la Révolution.

Plaque commémorative sur la chapelle de la Miséricorde.

Plaque commémorative sur la chapelle de la Miséricorde.

C’est à la chapelle de la Miséricorde ou chapelle des Pénitents noirs qu’eurent lieu les ventes aux enchères publiques des églises et chapelles de Cannes. La chapelle Notre-Dame du Bon-Port, anciennement Notre-Dame des Sables, édifiée en 1580 après la terrible épidémie de peste qui ravagea la Provence, fut vendue à un artisan tonnelier; la vente de l’Hermitage et de la butte de Saint-Cassien à 85 notables pour 25 000 francs.

La chapelle de la Miséricorde fut donnée au club des Jacobins pour lui servir de siège.  En 1794, à la mort de Robespierre, l’église fut rendue au culte et devint la seule ouverte dans notre ville.

La chapelle vouée à saint Sébastien est transformée en poudrière, en boulangerie qu’ont connue nos parents et voilà la suite. Dans les années 1990, l’arrondi du chœur était visible de la rue du Suquet.

En 1791, la tour, le château et la chapelle Sainte-Anne sont vendues à Jean-Charles Hibert qui devra les restituer pour les besoins de l’actualité : la chapelle Sainte-Anne est utilisée comme prison, d’autres bâtiments du château comme hôpital de l’armée d’Italie, la chapelle Saint-Pierre transformée en magasin à fourrage, celle des Pénitents blancs en boulangerie militaire.

Quant à l’arbre de la Liberté, nulle trace de son nom. Jusqu’en 1791 on plantait le chêne, à partir de 1792 on préféra le peuplier, peu probable à Cannes.

Pour faciliter le logement des troupes chez l’habitant, les maisons furent numérotées et un état des lits disponibles établi. Lourde charge pour les 600 à 700 familles cannoises.

1795, la municipalité demande l’établissement de garde-champêtres. Cannes obtient du préfet une garde de 25 hommes.

A suivre.

 

COMPLÉMENTS D’ENQUÊTE :

Un saint Nicolas, le seul connu qui soit signé et daté Malchio-Nadae Nissa-Pintor 1619 appartient à l’école de Bréa. Description de Mireille Vincent : de plate peinture mitan de saint Nicolas, du côté l’épître saint Pol, et de l’évangile saint Pierre. Au-dessus de l’architrave, le Christ en croix entre la Vierge et saint Jean l’Evangéliste et de chaque côté l’Annonciation, avec à gauche l’ange Gabriel et à droite la Vierge. Il est signé Melchior Nadale Pintor 1619. 

 

LIENS EXTERNES : JOURNAL DE MADAME MARCELLE CAPRON, non édité.

Celle-ci est la directrice du collège de jeunes filles, actuel collège André-Capron, quand se déroule ce récit.

Madame Domenica Walter, la veuve du grand marchand de tableau, épouse de l’architecte Jean Walter (également découvreur des mines de Zellidja, au Maroc), venait me demander de prendre son fils adoptif, un petit garçon de sept ans, comme pensionnaire pendant quelques mois. Elle alléguait la situation exceptionnelle de la guerre qui l’obligeait à s’en séparer. Deux heures après on m’amenait l’enfant. Je le confiais à une gouvernante-infirmière qui vint presque aussitôt me dire que le petit n’avait pour trousseau qu’une chemise à laquelle il manquait des boutons, trois mouchoirs, un caleçon, un vieux pull défraîchi et une culotte rapiécée. Elle était indignée car elle aussi avait vu les bijoux, (elle portait à onze heures du matin clips, boucles, bagues, tous en diamants)….Quelques années plus après, un scandale éclatait dont cet enfant devenu jeune homme faisait les frais. Les journaux avaient parlé d’une tentative d’assassinat sur sa personne.

Plaque commémorative, collège Capron, avenue de Madrid. Photo aimablement communiquée  par le collège.

Plaque commémorative, collège Capron, avenue de Madrid. Photo aimablement communiquée par le collège.

VU POUR VOUS : les Mémoires boccassiennes

Il s’agit d’un film-documentaire, œuvre d’une jeune réalisatrice cannoise (ou bocassienne) Caroline Tracanelli, c’est le résultat d’un long travail d’enquêtes et de recherche sur ce quartier de Cannes - quartier de Cannes ou village à part entière. Elle nous fait partager le vécu des habitants rencontrés.

Quinze personnages hauts en couleurs, dans leur milieu nous livrent leurs souvenirs de vie, jeunesse, libération, profession…

A la demande de définition de la Bocca, pour tous, la réponse est : la Bocca c’est la Bocca.

Mon conseil ne ratez pas la rediffusion du film. L.S.

 

ARCHIVES DE DEMAIN : Notre Toto Soldes n’est plus. Une résurrection se prépare.

Toto Soldes, rue Lecerf. Photo MLR.

Toto Soldes, rue Lecerf. Photo MLR.

ON NOUS COMMUNIQUE

Samedi 10 mars Assemblée générale de l’Association, 11h à la villa Véra Avenue de Vallauris à Cannes. Accueil à partir de 10h30. Repas sur place à la villa Véra à 12h30. Participation au repas 28 €. Inscriptions obligatoires pour le repas avec chèque impérativement avant le 1er mars.

Mercredi 30 mars Visite guidée de l’exposition Cannes occupée 1942-1944 à 15h Espace Calmette rue Calmette à Cannes.

Pour tous renseignements : ( 06 10 83 12 39

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24 janvier 2018 3 24 /01 /janvier /2018 23:31

Nos billets auront une nouvelle rubrique d’un fidèle lecteur, elle sera intitulée « À Propos ». Soyons honnête, l’article sur Simone Capony du précédent billet aurait déjà dû avoir déjà ce titre.

À PROPOS : INFO OU INTOX : Les Échos de Cannes. 25 JUIN 1882 :

Lettre du Dr ARMAND au sujet du minaret de Cannes

… M. le maire, j'ai l'honneur de vous écrire les réflexions que j'ai faites au sujet du Minaret de l'ancienne mosquée sarrasine de Cannes. La mosquée détruite, il y a bien longtemps, avait fourni, par ses ruines, les matériaux de trois ou quatre vieilles bicoques qui l'enserrent, au tiers de sa hauteur par trois côtés, celui du N. N.O. partant à peu près du niveau du sol. Cette tour quadrangulaire de style roman, date de près de mille ans !

Elle est sise à l'extrémité du port, à l'angle de la jetée du phare qu'elle domine. Elle a une terrasse plane, avec légère balustrade de barreaux en fer droits.

Au centre s'élève une dunette dont la coupole semi-sphérique est encapuchonnée par des briques vernies colorées . Elle est coiffée d'un turban turc traversé par un dard en cœur, faisant girouette et le tout est surmonté par une aiguille supportant le croissant musulman.

Combien de temps les Muezzins crièrent-ils, du haut de ce Minaret, les heures de la nuit et de la prière arabe, en murmurant ces mots sacramentels des croyants ? Allah ! Mohamed ! Allah !  Je l’ignore mais à coup sûr jusqu'à la fin de la domination ou invasion barbaresque.

… Eh bien ! Ce monument précieux, si remarquable et si peu remarqué de nos jours, est sur le point, à la veille même, de tomber sous les coups du marteau démolisseur ! Heureusement que j'ai eu le temps d'attirer votre attention, M. le Maire, sur l'urgence de sauver et conserver à tout prix ce monument historique et légendaire que M. le Ministre des Beaux-Arts fera classer, je n'en doute pas, au nombre des monuments historiques de la France ! …

La chapelle Saint-Pierre. Document aimablement communiqué par les A.M.Cannes.

La chapelle Saint-Pierre. Document aimablement communiqué par les A.M.Cannes.

Le seul témoignage jamais découvert d’une présence sarrasine dans notre région, affirme Y. Codou, archéologue et Maître de conférences de l’université de Nice, est une pièce de monnaie arabe d’Al-Andalous du VIIIe siècle découverte lors des fouilles à l’île Saint-Honorat en 2009.

 

LIENS ANNEXES : Jean-Louis Cotte et Jean Bresson Les Cavaliers de Mai.

Histoire authentique vers 1908 : le conseil municipal prit un arrêté faisant interdiction formelle à tt un chacun d’élever des lapins, des poules, des cochons et des coqs dans l’enceinte de la ville, du boulevard Vallombrosa au boulevard Alexandre III et au nord, du Petit-Juas au boulevard Carnot. La ville continua de se réveiller sous les cocoricos. Pour approcher au plus près sans alerter le coupable le sous-brigadier Bridois assura la surveillance du chant du coq rue Grande et boulevard de la Ferrage. Ci-après, liste des contrevenants dressée par le gardien qui faisait le coq qui a chanté de nuit. Tous les noctambules de Cannes mirent à mal le guet, imitant eux-mêmes qui le cri du coq, qui, le gloussement d’une poule et qui, le grognement d’un porc.

QUE RESTE-T-IL ? Suite.

En 1536, Charles-Quint livre Cannes au pillage. Selon la traditon, il aurait logé dans une maison du Suquet qui fut démolie et remplacée par le « nouvel hôpital Saint-Jacques » au XVIIIsiècle.

 Hubert Dhumez a trouvé plusieurs actes de rachats d’esclaves dans les minutes de notaires. Ainsi, en 1563, sont rachetés des esclaves et une barque à sel au pirate turc Morato Bey, mais c’est surtout la guerre entre états européens qui pèse sur la population cannoise. Sans oublier la peste (1580, 1587), Cannes aurait perdu les deux tiers de sa population, plus de 1 600 personnes, entre 1587 et 1720.

Depuis 1522, une fontaine à quatre goulots avec borne et conques, offrait l’eau de la Foux à la hauteur de la mairie actuelle. Captée dans une serve voutée et fermée à clefs elle parcourait une canalisation tout du long sur une calade, (Mélanges inédits relatifs au passé du pays. Hubert Dhumez).

Dès 1524, la guerre opposant François Ier à Charles-Quint va aussi se dérouler dans nos régions.

Vers 1550 est construite la morgue de l’ancien hôpital. Dans ses salles voûtées des artistes peintres exposent actuellement leurs œuvres là où étaient entreposés les corps. 900 m2 de souterrains « à la fraîche ».

Dans les entrepôts de cette impasse étaient déposées les peaux tannées. Dans un rapport rédigé en juin 1678 par M. Milot, les rues sont un cloaque nauséabond où viennent se mêler les relents pestilentiels de l’issugan de la boucherie où séchaient les peaux des animaux abattus…

L’issugan. Photo MLR.

L’issugan. Photo MLR.

1569 : Date historique, Lérins cède à Cannes l’île Sainte-Marguerite.

C’est en 1575 qu’est édifiée la chapelle Saint-Pierre ou chapelle des Pénitents bleus.

Oratoire (1951) sur l’emplacement de la chapelle Saint-Pierre.

Oratoire (1951) sur l’emplacement de la chapelle Saint-Pierre.

Puis ce sont les guerres de religion. Les Ligueurs ont demandé l’aide du duc de Savoie dès 1587, il s’empresse de franchir le Var et Cannes qui avait pris parti pour la Ligue. Cannes pouvait devenir une place forte appréciable. Ascanio Vitozzi prévoit de transformer le bourg en une forteresse avec la construction d’un môle. Seuls quelques bastions seront érigés.

XVIe siècle : Façade ouest du château de Cannes, 1590. Dessin de Vitozzy.

XVIe siècle : Façade ouest du château de Cannes, 1590. Dessin de Vitozzy.

En 1604 intervient Monseigneur Le Meingre de Boucicaut, grand aumônier de la Reine. Il visite la maîtresse église du prieuré, il s’agit de l’église Saint-Nicolas. Elle est en triste état, l’évêque exige les réparations nécessaires. Quant au cimetière attenant, ses murailles devront être relevées de hauteur de quatre pieds car il avait été profané. A cette époque est réalisée une peinture signée Melchior Nadale Pintor 1619. On peut voir ce tableau en l’église du Prado.

Saint Nicolas.

Saint Nicolas.

Suivant l’enquête réclamée par Richelieu, Cannes se résume à quelques cinq cents maisons qui pourraient faire mille hommes et deux cents mariniers, chair à canon en perspective.

1707 : les troupes impériales conduites par le duc de Savoie et le prince Eugène ravagent la Provence. 110 maisons sont brûlées. Vers 1790, le bourg se développe en bordure de mer et jusqu’au ruisseau du Châtaignier. Il n’y a toujours qu’une seule fontaine publique.

22 octobre 1718, Maître François Vidal, propriétaire de l’Hôtel de la Cloche d’Or, rue du Pré, voit s’arrêter des cavaliers richement vêtus. Don Blagarez, Grand d’Espagne, déclare au maître de céans que le lendemain la reine d’Espagne lui fera le grand honneur de prendre logement chez lui et qu’il doit donc s’apprêter à la bien recevoir.

Il s’agissait de Sa Majesté Très Catholique Elisabeth Farnese, fille d’Edouard II, duc de Parme et de Plaisance, seconde épouse de Philippe V roi d’Espagne, lui-même petit-fils de Louis XIV, veuf en premières noces de Marie-Louise de Savoie. … Les chevaux étaient des bêtes splendides ainsi que les célèbres mules andalouses ; toutes de la même couleur, au nombre de vingt-quatre, étaient chargées de coffres richement travaillés ; il fallut d’ailleurs fournir 25 livres de foin et 104 panais d’avoine pour ces dernières, conduites par un brigadier d’attelage et quinze muletiers…

Maître François avait déclaré aux cuisiniers royaux (qu’il avait écartés de ses feux) qu’il était fort bien capable de pourvoir au souper d’une souveraine. Le 24 octobre, la reine et « son train » repartirent vers 9 heures de relevé.

 L’invasion de 1746 par l’armée du général Brown affaiblit durablement la population, morte de soldats, de marins, contribution à la guerre, pillage par les troupes austro-sardes.

1772, Cannes par Michel Campion. Actuelle rue Félix-Faure.

1772, Cannes par Michel Campion. Actuelle rue Félix-Faure.

On assiste à des débordements xénophobes quand Turgot veut rendre le commerce des grains libre : les Cannois détruisent les tentes des marchands étrangers lors de la foire de Saint-François, en 1774. Depuis 1761, c’est l’interdiction d’entrée des vins étrangers.

Les émigrés piémontais tentent d’acclimater du riz aux terres alluviales bordant la Siagne, cependant en semant le riz il est nécessaire de le faire croupir dans l’eau pendant une partie de l’este et ses eaux croupissantes donnent une infession insupportable à tous les terroirs voisins qui deviennent inhabitables et exposés aux maladies fâcheuses que cette infession cause.

En 1784, Le Cannet obtient la création d’une commune distincte au terme d’une longue et douloureuse procédure qui avait commencé en 1777 (Archives municipales CC 94). Il y avait auparavant trois consuls pour les deux villes qui portaient trois couvre-chefs, des chaperons, (ancienne toque portée jusque Charles VII) qui avaient donné lieu à des querelles picrocholines.

À suivre…

 

ON NOUS COMMUNIQUE :

Jeudi 15 février.

Conférence : Un hôte méconnu de la Côte d’Azur, le roi Nicolas de Monténégro par Monsieur Claude Marro. Elle sera suivie d’une crêpe-party. Hôtel Windsor, avenue Windsor à Cannes.

Rendez-vous sur place à 14h45.

Inscriptions avant le 3 février

( 06 10 83 12 39 ou * amisarchivescannes@orange.fr

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19 décembre 2017 2 19 /12 /décembre /2017 17:16

ACTUALITES :

JEAN d’ORMESSON nous a quittés. Il a eu la courtoisie de répondre lui-même à la demande de renseignements que nous lui avions faite. Un hommage de plus à sa mémoire.

Quand l’association Les Amis des Archives a entrepris la rédaction d’une publication concernant « Le Quartier Anglais », à l’ouest de Cannes, figurait la villa d’Ormesson, boulevard Beau-Site. C’était une très belle propriété d’environ 3 hectares, dans un style néo-classique avec cinq chambres de maître, trois salles de bains, cinq chambres de domestique, garage pour voiture et logement de chauffeur ainsi qu’une maison de gardien.

 Le jardin en terrain plat se compose d’un vaste potager, de grandes serres pour la culture des fleurs et des plantes tropicales. Les grandes pelouses sans gazons, ce n’est pas du plus heureux effet, mais qu’y faire puisque le gazon est impossible à Cannes en été. Texte écrit par M. Pollak devenu propriétaire des lieux en 1932.

Le marquis Lefevre Emmanuel d’Ormesson, ancien maître des Requêtes au Conseil d’Etat, conseiller ordinaire du Roi, avait fait l’achat de cette propriété rurale en 1860 ; il fut membre du conseil municipal en 1863. En 1876, le téléphone recensé par le guide Jacob est toujours à son nom. Il meurt à Nice en 1922.

Grille d’entrée de la villa d’Ormesson.

Grille d’entrée de la villa d’Ormesson.

La grille d’entrée reste le seul vestige du passé de l’importante résidence Il Paradisio.

 

COMPLÉMENT D’ENQUÊTE

La mémoire de Simone Capony a été évoquée dans le billet N° 91. Elle fut la doyenne des Français, cannoise d'adoption, arrivera avec ses parents en 1923 et y décédera en 2007 à l'âge de 113 ans. Une histoire passionnante racontée par son neveu Bernard Capony. (Imprimerie de Bretagne à Morlaix. 2009)

Simone Capony a été bibliothécaire à Cannes de 1931 à 1947, et quand, centenaire, on lui demandait d'évoquer des souvenirs de son passé, malicieusement elle s'amusait à citer cette anecdote dont elle avait été témoin à l’époque de son activité à la bibliothèque municipale : un journaliste venu chercher Le Mariage de Figaro- de Beaumarchais, se serait entendu répondre, le plus sérieusement du monde : « Les mariages ce n’est pas ici, cher monsieur, et de toute façon nous n’avons rien de bon marché !!... »

Simone Capony. Merci à F V pour cette recherche

Simone Capony. Merci à F V pour cette recherche

CE MOIS A CANNES : CANNES SAISON N° 92 CHRONIQUE DU 4 JANVIER 1880

Avec la modique somme de 2,50 F. par jour, on peut occuper un journalier. Le projet peut s’arrêter sans que cela puisse nuire ou compromettre ce qui aura déjà été fait.      

Les personnes généreuses qui voudront bien s’associer à cette œuvre de bienfaisance auront atteint un double but, celui de soulager la misère et d’ajouter une ravissante promenade à celles qui existent déjà à Cannes …

On trouve sur place et très à portée, autant de pierres de toutes dimensions qu’il en faut pour donner à la future butte une élévation qui permettra de dominer les pins d’alentour et d’où la vue s’étendra sur cette contrée ravissante surnommée, à juste titre, le jardin de la France.

 

QUE RESTE-T-IL ? (suite)

Au XIIIe siècle, le château est construit. Depuis 1395, il a sa collerette de mâchicoulis. L’hôpital est à l’extérieur de l’enceinte mais dans ses abords immédiats. La tour ne sera parachevée qu’au XIVe siècle.

Une partie du plan actuel de Cannes

Une partie du plan actuel de Cannes

La ville s’étend autour du château et descend du Suquet.

2 rue Rouguière se tenait à la fois la mairie, l’infirmerie, la réception des gabelles, du sel et des myrtes.

Rue Rouguière. Photo MLR

Rue Rouguière. Photo MLR

La prison était peut-être rue Fery comme en témoigne les fenêtres grillagées.

Rue Fery. Photo MLR

Rue Fery. Photo MLR

Au début de la rue Grande (rue Meynadier), sur la placette, se tenait l’auditoire de justice et en face le pilori (on a longtemps conservé au sol le tracé).

 

Place actuelle du tribunal ou Maison de Justice

Place actuelle du tribunal ou Maison de Justice

L’actuel moulin Tuby, était accessible de l’intérieur des remparts qui encerclaient la ville, par une porte située actuellement au n°10 de la rue du Suquet. Les campagnards, conduisant leurs mules à travers champs, y pénétraient par les portes numérotées maintenant 15 et 17 de la rue qui prit le nom de l’antique moulin.

L’édifice est du XIVe d’après une inscription gravée dans une pierre formant linteau de porte, mentionnant la date de 1316.

Propriété de l‘abbaye de Lérins, le moulin Forville est un vieux moulin à huile du type des antiques moulins à traction humaine, appelés « moulins à sang » où les prisonniers de guerre ou de droit commun poussaient la meule et tournaient les pressoirs.

L’actuel moulin Tuby, était accessible de l’intérieur des remparts qui encerclaient la ville, par une porte située actuellement au n° 10 de la rue du Suquet. Les campagnards, conduisant leurs mules à travers champs, y pénétraient par les portes numérotées maintenant 15 et 17 de la rue qui prit le nom de l’antique moulin.

L’édifice est du XIVe d’après une inscription gravée dans une pierre formant linteau de porte, mentionnant la date de 1316.

Propriété de l ‘abbaye de Lérins, le moulin Forville est un vieux moulin à huile du type des antiques moulins à traction humaine, appelés « moulins à sang » où les prisonniers de guerre ou de droit commun poussaient la meule et tournaient les pressoirs.

Entrée du moulin Tuby. Photo MLR

Entrée du moulin Tuby. Photo MLR

En 1448, Cannes se constitue en commune, se libérant des abbés-seigneurs. La maison du Saint-Esprit, premier siège des syndics, se trouvait au chevet de l’église Notre-Dame de l’Espérance avant d’être transférée à la Maison de Ville dans le bâtiment de la boucherie.

Emplacement de la Maison Commune, actuellement école des Beaux-Arts. Photo MLR

Emplacement de la Maison Commune, actuellement école des Beaux-Arts. Photo MLR

Le Conseil s’y réunira pendant plus de deux siècles.

En 1468, les Cannois demandent au peintre niçois Jacques Durandi un tableau pour la décoration d’une église vouée à saint Sébastien (ou saint Sauveur). Actuel coffee-shop.

 Chevet de l’église. Photo MLR

Chevet de l’église. Photo MLR

 A proximité, la chapelle Saint-Antoine est érigée.

Au n°12 de la rue de Riouffe actuelle, se tient l’ancienne chapelle des Capucins. Le monastère s’étendait jusqu’à la rue de la Pompe actuelle.

La chapelle du château est intégrée dans le système défensif de la forteresse et les Cannois désirent un sanctuaire indépendant où ils n’auraient pas l’impression de se trouver chez le Seigneur Abbé. C’est ainsi que va s’édifier Notre-Dame de l’Espérance. L’édifice est seulement terminé en 1641.

 Le clocher de Notre-Dame de l’Espérance. Ancienne tour de défense ou Porte du Puy. Photo MLR

Le clocher de Notre-Dame de l’Espérance. Ancienne tour de défense ou Porte du Puy. Photo MLR

En 1500, la vieille ville a 150 maisons. 

Elle est entourée d’une enceinte et protégée par trois pont-levis ; les rues du Barri (rempart en provençal) rappellent les anciennes fortifications. Ainsi, de la première rue du Barri nous passons sous la Pousterle ou porte marine du XIVe siècle qui était surmontée d’une tour de défense avec herse et pont-levis. 

La « Porte du Puy » érigée sur la poterne de la deuxième enceinte donne accès au château, y aboutissaient les chemins venant de Fréjus, Grasse et des moulins de la Siagne. Avec la construction de l’église Notre-Dame de l’Espérance, la tour servit de clocher.

La nouvelle église devait être à l’imitation de celle de Roquebrune-sur-Argens mais l’invasion des troupes du connétable de Bourbon en 1524 retarda l’exécution. Les travaux durèrent plus de 120 ans. Elle mesure 18 cannes de long (36m.) et 6 de large. Le plan adopté prévoit la démolition d’une partie du rempart nord, il faut donc élever une muraille en face, on utilisera les blocs de gneiss provenant des déblais des fondations de l’église avec trois embrasures et trois pièces de canon formant batterie. C’est la demi-lune ou cavalier.

A suivre.

 La demi-lune. Face à l’église. Photo MLR

La demi-lune. Face à l’église. Photo MLR

A suivre.

A COMMUNIQUER A SON VETERINAIRE

CLINIQUE POUR CHIENS : Toute blanche la villa du docteur Gavda se détache avenue Florida, dans le quartier aristocratique, au pied de la Californie. Cette clinique modèle pour chien s’appelle Ric et Rac. Les clients attendent leur tour dans une salle aux murs blancs garnis de dessins de Picabia…d’une aquarelle de J.G. Domergue, d’une inévitable caricature de Mich représentant le docteur en tenue de travail tendant les bras vers des chiens avec cette légende : « Laissez venir à moi les petits animaux »…

 Clinique Ric et Rac.   Actuellement 3, avenue des Cèdres
 Clinique Ric et Rac.   Actuellement 3, avenue des Cèdres

Clinique Ric et Rac. Actuellement 3, avenue des Cèdres

Montons par l’escalier jusqu’en haut de l’immeuble. Une grande terrasse avec pergola fleurie nous enchante : c’est le solarium… Gabriel Coffin-Sur la Riviera. Août 1932.

UN CLIN D’ŒIL

Quel plaisir de voir et goûter la Pompe à huile à la boulangerie pâtisserie Tordjmann à Cannes.

Suggérons à un jeune cannois de faire fortune en Chine avec la fougasse, la michette et la pompe avec tout le charme des ''mots exotiques’’, l'eau de fleur d'oranger, l'huile d'olive et le savoir faire !

ON NOUS COMMUNIQUE

Jeudi 18 janvier, à 15h30, visite guidée de l’exposition Jean Giletta et la Côte d’Azur, paysages et reportages 1870/1930 au musée Masséna, 65 rue de France à Nice.

Jeudi 25 janvier à 15 heures Blériot, l’homme de la Manche par Nicole Sabbagh, conférence suivie par la dégustation de la galette des Rois. Maison des associations, 9 rue Louis-Braille, Cannes.

Pour tous renseignements ( 06 10 83 12 39 ou par mail amisarchivescannes@orange.fr

 

Laissons derrière nous l'année qui se termine avec son cortège de malheurs, de deuils et de violence dans le  monde et dans notre entourage.

Rêvons une nouvelle année qui nous apportera paix, respect.

Souhait de bonheur à tous.

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