Nos billets auront une nouvelle rubrique d’un fidèle lecteur, elle sera intitulée « À Propos ». Soyons honnête, l’article sur Simone Capony du précédent billet aurait déjà dû avoir déjà ce titre.
À PROPOS : INFO OU INTOX : Les Échos de Cannes. 25 JUIN 1882 :
Lettre du Dr ARMAND au sujet du minaret de Cannes
… M. le maire, j'ai l'honneur de vous écrire les réflexions que j'ai faites au sujet du Minaret de l'ancienne mosquée sarrasine de Cannes. La mosquée détruite, il y a bien longtemps, avait fourni, par ses ruines, les matériaux de trois ou quatre vieilles bicoques qui l'enserrent, au tiers de sa hauteur par trois côtés, celui du N. N.O. partant à peu près du niveau du sol. Cette tour quadrangulaire de style roman, date de près de mille ans !
Elle est sise à l'extrémité du port, à l'angle de la jetée du phare qu'elle domine. Elle a une terrasse plane, avec légère balustrade de barreaux en fer droits.
Au centre s'élève une dunette dont la coupole semi-sphérique est encapuchonnée par des briques vernies colorées . Elle est coiffée d'un turban turc traversé par un dard en cœur, faisant girouette et le tout est surmonté par une aiguille supportant le croissant musulman.
Combien de temps les Muezzins crièrent-ils, du haut de ce Minaret, les heures de la nuit et de la prière arabe, en murmurant ces mots sacramentels des croyants ? Allah ! Mohamed ! Allah ! Je l’ignore mais à coup sûr jusqu'à la fin de la domination ou invasion barbaresque.
… Eh bien ! Ce monument précieux, si remarquable et si peu remarqué de nos jours, est sur le point, à la veille même, de tomber sous les coups du marteau démolisseur ! Heureusement que j'ai eu le temps d'attirer votre attention, M. le Maire, sur l'urgence de sauver et conserver à tout prix ce monument historique et légendaire que M. le Ministre des Beaux-Arts fera classer, je n'en doute pas, au nombre des monuments historiques de la France ! …
Le seul témoignage jamais découvert d’une présence sarrasine dans notre région, affirme Y. Codou, archéologue et Maître de conférences de l’université de Nice, est une pièce de monnaie arabe d’Al-Andalous du VIIIe siècle découverte lors des fouilles à l’île Saint-Honorat en 2009.
LIENS ANNEXES : Jean-Louis Cotte et Jean Bresson Les Cavaliers de Mai.
Histoire authentique vers 1908 : le conseil municipal prit un arrêté faisant interdiction formelle à tt un chacun d’élever des lapins, des poules, des cochons et des coqs dans l’enceinte de la ville, du boulevard Vallombrosa au boulevard Alexandre III et au nord, du Petit-Juas au boulevard Carnot. La ville continua de se réveiller sous les cocoricos. Pour approcher au plus près sans alerter le coupable le sous-brigadier Bridois assura la surveillance du chant du coq rue Grande et boulevard de la Ferrage. Ci-après, liste des contrevenants dressée par le gardien qui faisait le coq qui a chanté de nuit. Tous les noctambules de Cannes mirent à mal le guet, imitant eux-mêmes qui le cri du coq, qui, le gloussement d’une poule et qui, le grognement d’un porc.
QUE RESTE-T-IL ? Suite.
En 1536, Charles-Quint livre Cannes au pillage. Selon la traditon, il aurait logé dans une maison du Suquet qui fut démolie et remplacée par le « nouvel hôpital Saint-Jacques » au XVIIIe siècle.
Hubert Dhumez a trouvé plusieurs actes de rachats d’esclaves dans les minutes de notaires. Ainsi, en 1563, sont rachetés des esclaves et une barque à sel au pirate turc Morato Bey, mais c’est surtout la guerre entre états européens qui pèse sur la population cannoise. Sans oublier la peste (1580, 1587), Cannes aurait perdu les deux tiers de sa population, plus de 1 600 personnes, entre 1587 et 1720.
Depuis 1522, une fontaine à quatre goulots avec borne et conques, offrait l’eau de la Foux à la hauteur de la mairie actuelle. Captée dans une serve voutée et fermée à clefs elle parcourait une canalisation tout du long sur une calade, (Mélanges inédits relatifs au passé du pays. Hubert Dhumez).
Dès 1524, la guerre opposant François Ier à Charles-Quint va aussi se dérouler dans nos régions.
Vers 1550 est construite la morgue de l’ancien hôpital. Dans ses salles voûtées des artistes peintres exposent actuellement leurs œuvres là où étaient entreposés les corps. 900 m2 de souterrains « à la fraîche ».
Dans les entrepôts de cette impasse étaient déposées les peaux tannées. Dans un rapport rédigé en juin 1678 par M. Milot, les rues sont un cloaque nauséabond où viennent se mêler les relents pestilentiels de l’issugan de la boucherie où séchaient les peaux des animaux abattus…
1569 : Date historique, Lérins cède à Cannes l’île Sainte-Marguerite.
C’est en 1575 qu’est édifiée la chapelle Saint-Pierre ou chapelle des Pénitents bleus.
Puis ce sont les guerres de religion. Les Ligueurs ont demandé l’aide du duc de Savoie dès 1587, il s’empresse de franchir le Var et Cannes qui avait pris parti pour la Ligue. Cannes pouvait devenir une place forte appréciable. Ascanio Vitozzi prévoit de transformer le bourg en une forteresse avec la construction d’un môle. Seuls quelques bastions seront érigés.
En 1604 intervient Monseigneur Le Meingre de Boucicaut, grand aumônier de la Reine. Il visite la maîtresse église du prieuré, il s’agit de l’église Saint-Nicolas. Elle est en triste état, l’évêque exige les réparations nécessaires. Quant au cimetière attenant, ses murailles devront être relevées de hauteur de quatre pieds car il avait été profané. A cette époque est réalisée une peinture signée Melchior Nadale Pintor 1619. On peut voir ce tableau en l’église du Prado.
Suivant l’enquête réclamée par Richelieu, Cannes se résume à quelques cinq cents maisons qui pourraient faire mille hommes et deux cents mariniers, chair à canon en perspective.
1707 : les troupes impériales conduites par le duc de Savoie et le prince Eugène ravagent la Provence. 110 maisons sont brûlées. Vers 1790, le bourg se développe en bordure de mer et jusqu’au ruisseau du Châtaignier. Il n’y a toujours qu’une seule fontaine publique.
22 octobre 1718, Maître François Vidal, propriétaire de l’Hôtel de la Cloche d’Or, rue du Pré, voit s’arrêter des cavaliers richement vêtus. Don Blagarez, Grand d’Espagne, déclare au maître de céans que le lendemain la reine d’Espagne lui fera le grand honneur de prendre logement chez lui et qu’il doit donc s’apprêter à la bien recevoir.
Il s’agissait de Sa Majesté Très Catholique Elisabeth Farnese, fille d’Edouard II, duc de Parme et de Plaisance, seconde épouse de Philippe V roi d’Espagne, lui-même petit-fils de Louis XIV, veuf en premières noces de Marie-Louise de Savoie. … Les chevaux étaient des bêtes splendides ainsi que les célèbres mules andalouses ; toutes de la même couleur, au nombre de vingt-quatre, étaient chargées de coffres richement travaillés ; il fallut d’ailleurs fournir 25 livres de foin et 104 panais d’avoine pour ces dernières, conduites par un brigadier d’attelage et quinze muletiers…
Maître François avait déclaré aux cuisiniers royaux (qu’il avait écartés de ses feux) qu’il était fort bien capable de pourvoir au souper d’une souveraine. Le 24 octobre, la reine et « son train » repartirent vers 9 heures de relevé.
L’invasion de 1746 par l’armée du général Brown affaiblit durablement la population, morte de soldats, de marins, contribution à la guerre, pillage par les troupes austro-sardes.
On assiste à des débordements xénophobes quand Turgot veut rendre le commerce des grains libre : les Cannois détruisent les tentes des marchands étrangers lors de la foire de Saint-François, en 1774. Depuis 1761, c’est l’interdiction d’entrée des vins étrangers.
Les émigrés piémontais tentent d’acclimater du riz aux terres alluviales bordant la Siagne, cependant en semant le riz il est nécessaire de le faire croupir dans l’eau pendant une partie de l’este et ses eaux croupissantes donnent une infession insupportable à tous les terroirs voisins qui deviennent inhabitables et exposés aux maladies fâcheuses que cette infession cause.
En 1784, Le Cannet obtient la création d’une commune distincte au terme d’une longue et douloureuse procédure qui avait commencé en 1777 (Archives municipales CC 94). Il y avait auparavant trois consuls pour les deux villes qui portaient trois couvre-chefs, des chaperons, (ancienne toque portée jusque Charles VII) qui avaient donné lieu à des querelles picrocholines.
À suivre…
ON NOUS COMMUNIQUE :
Jeudi 15 février.
Conférence : Un hôte méconnu de la Côte d’Azur, le roi Nicolas de Monténégro par Monsieur Claude Marro. Elle sera suivie d’une crêpe-party. Hôtel Windsor, avenue Windsor à Cannes.
Rendez-vous sur place à 14h45.
Inscriptions avant le 3 février
( 06 10 83 12 39 ou * amisarchivescannes@orange.fr





