ACTUALITES : La fin du viaduc de la Siagne.
L’ouvrage fut posé en 1862, il présentait des signes de fatigue, la vitesse des trains était ralentie à 40 km/h au moment de leur passage au-dessus de la Siagne. Le chantier est ouvert et durera un an pour faire place à un paysage moins bucolique (voir billet N° 78, octobre 2016).
CE MOIS A CANNES :
La voie Julia Augusta empruntait les hauteurs de la Croix-des-gardes. Elle fut longtemps démunie de ponts et l’on devait acquitter un péage pour la traverser. Une criée publique du 15 mars 1570 nous apprend que l’on sème du riz sans autorisation. Cette culture sera abandonnée vers 1720 étant donné les eaux croupissantes qui donnent une infestion insupportable.
QUE RESTE-T-IL ?
1789 : Un tournant pour Cannes ? Régénération sera le mot de ralliement de tous les Cannois.
On se préoccupe surtout du procès Ricord. Louis-François Ricord, négociant de Grasse reçoit de l’évêque de Grasse un terrain à la Marine, pour y faire construire des magasins, . Pour Cannes, c’était un terrain communal. Le procès dura jusqu’en 1803. Pendant que l’affaire traînait, Ricord fit construire sa bâtisse.
En septembre 1792, on venait d’inaugurer l’arbre de la liberté sur la Marine, la foule exaltée se porta à la maison commune au Suquet et enjoignit le corps municipal de prendre possession de la bâtisse Ricord, on se saisit de chaises, meubles, dossiers, registres pour emménager chez Ricord, il y eut des tentatives de conciliation, un compromis intervint : Ricord restait propriétaire de la bâtisse, le reste du terrain était reconnu propriété de la commune. La municipalité resta locataire du bâtiment jusqu’en 1808, date où elle louait le premier étage de la maison Aune, sur le port. Enfin en novembre 1810, elle achetait la maison Calvy.
Cannes, septembre 1831. La Marine et la maison Ricord. Dessin aimablement communiqué par les Archives municipales.
Il faudra attendre 1867 pour un règlement qui donne la nue-propriété à M. Ricord et accorde un bail à la Ville, le reste du terrain est alors reconnu propriété de la commune.
Revenons à la Révolution.
C’est à la chapelle de la Miséricorde ou chapelle des Pénitents noirs qu’eurent lieu les ventes aux enchères publiques des églises et chapelles de Cannes. La chapelle Notre-Dame du Bon-Port, anciennement Notre-Dame des Sables, édifiée en 1580 après la terrible épidémie de peste qui ravagea la Provence, fut vendue à un artisan tonnelier; la vente de l’Hermitage et de la butte de Saint-Cassien à 85 notables pour 25 000 francs.
La chapelle de la Miséricorde fut donnée au club des Jacobins pour lui servir de siège. En 1794, à la mort de Robespierre, l’église fut rendue au culte et devint la seule ouverte dans notre ville.
La chapelle vouée à saint Sébastien est transformée en poudrière, en boulangerie qu’ont connue nos parents et voilà la suite. Dans les années 1990, l’arrondi du chœur était visible de la rue du Suquet.
En 1791, la tour, le château et la chapelle Sainte-Anne sont vendues à Jean-Charles Hibert qui devra les restituer pour les besoins de l’actualité : la chapelle Sainte-Anne est utilisée comme prison, d’autres bâtiments du château comme hôpital de l’armée d’Italie, la chapelle Saint-Pierre transformée en magasin à fourrage, celle des Pénitents blancs en boulangerie militaire.
Quant à l’arbre de la Liberté, nulle trace de son nom. Jusqu’en 1791 on plantait le chêne, à partir de 1792 on préféra le peuplier, peu probable à Cannes.
Pour faciliter le logement des troupes chez l’habitant, les maisons furent numérotées et un état des lits disponibles établi. Lourde charge pour les 600 à 700 familles cannoises.
1795, la municipalité demande l’établissement de garde-champêtres. Cannes obtient du préfet une garde de 25 hommes.
A suivre.
COMPLÉMENTS D’ENQUÊTE :
Un saint Nicolas, le seul connu qui soit signé et daté Malchio-Nadae Nissa-Pintor 1619 appartient à l’école de Bréa. Description de Mireille Vincent : de plate peinture mitan de saint Nicolas, du côté l’épître saint Pol, et de l’évangile saint Pierre. Au-dessus de l’architrave, le Christ en croix entre la Vierge et saint Jean l’Evangéliste et de chaque côté l’Annonciation, avec à gauche l’ange Gabriel et à droite la Vierge. Il est signé Melchior Nadale Pintor 1619.
LIENS EXTERNES : JOURNAL DE MADAME MARCELLE CAPRON, non édité.
Celle-ci est la directrice du collège de jeunes filles, actuel collège André-Capron, quand se déroule ce récit.
Madame Domenica Walter, la veuve du grand marchand de tableau, épouse de l’architecte Jean Walter (également découvreur des mines de Zellidja, au Maroc), venait me demander de prendre son fils adoptif, un petit garçon de sept ans, comme pensionnaire pendant quelques mois. Elle alléguait la situation exceptionnelle de la guerre qui l’obligeait à s’en séparer. Deux heures après on m’amenait l’enfant. Je le confiais à une gouvernante-infirmière qui vint presque aussitôt me dire que le petit n’avait pour trousseau qu’une chemise à laquelle il manquait des boutons, trois mouchoirs, un caleçon, un vieux pull défraîchi et une culotte rapiécée. Elle était indignée car elle aussi avait vu les bijoux, (elle portait à onze heures du matin clips, boucles, bagues, tous en diamants)….Quelques années plus après, un scandale éclatait dont cet enfant devenu jeune homme faisait les frais. Les journaux avaient parlé d’une tentative d’assassinat sur sa personne.
Plaque commémorative, collège Capron, avenue de Madrid. Photo aimablement communiquée par le collège.
VU POUR VOUS : les Mémoires boccassiennes
Il s’agit d’un film-documentaire, œuvre d’une jeune réalisatrice cannoise (ou bocassienne) Caroline Tracanelli, c’est le résultat d’un long travail d’enquêtes et de recherche sur ce quartier de Cannes - quartier de Cannes ou village à part entière. Elle nous fait partager le vécu des habitants rencontrés.
Quinze personnages hauts en couleurs, dans leur milieu nous livrent leurs souvenirs de vie, jeunesse, libération, profession…
A la demande de définition de la Bocca, pour tous, la réponse est : la Bocca c’est la Bocca.
Mon conseil ne ratez pas la rediffusion du film. L.S.
ARCHIVES DE DEMAIN : Notre Toto Soldes n’est plus. Une résurrection se prépare.
ON NOUS COMMUNIQUE
Samedi 10 mars Assemblée générale de l’Association, 11h à la villa Véra Avenue de Vallauris à Cannes. Accueil à partir de 10h30. Repas sur place à la villa Véra à 12h30. Participation au repas 28 €. Inscriptions obligatoires pour le repas avec chèque impérativement avant le 1er mars.
Mercredi 30 mars Visite guidée de l’exposition Cannes occupée 1942-1944 à 15h Espace Calmette rue Calmette à Cannes.
Pour tous renseignements : ( 06 10 83 12 39



