NICOLAS Ier de MONTÉNÉGRO À CANNES :
À la faveur d’une conférence donnée par M. Marro avec le talent que nous lui connaissons, évoquons sommairement la vie de Nicolas Ier.
Il ne reste pas même un an à Cannes, du 12 janvier 1920 à décembre. Il habite la villa Mauritzia, énorme propriété donnant sur deux boulevards, le boulevard de la Source et le boulevard Eugène-Gazagnaire (plus tard, Louis Louis-Dreyfus, un temps notre député, en sera également locataire). Celle-ci appartient à Mme Chevreau de Kronenberg. La villa est somptueuse avec son grand parc, ses magnifiques palmiers, son jardin d’hiver et sa chapelle.
Il y eut jusqu’en 1923 une rue Monténégro, proche de la villa (actuellement rue J. Grant-Milne). Et pourtant Nicolas Ier ne remplit pas les colonnes de la gazette locale : Le Littoral 29 août 1920 S.M. le roi d’Italie Victor-Emmanuel III venant d’Italie par la route, accompagné de cinq personnes a rendu visite à son beau-père… et c’est tout.
Pour la très petite histoire, son fils aîné Danilo par son caractère festif inspirera Viktor Léon et son collaborateur Léo Stein pour le « prince Danilo » de l’opérette La Veuve Joyeuse. Dans la réalité, il n’épousera pas la Veuve.
Pour une plus grande histoire, ses neuf filles noueront de brillantes unions matrimoniales à l'étranger, ce qui vaudra à Nicolas Ier d'être surnommé le « beau-père de l'Europe ».
CE MOIS À CANNES :
Paul Deschanel est dans les Alpes-Maritimes les 5 et 6 avril 1920. L’Illustration relate une émouvante rencontre : A Cannes … à un aveugle qui lui offrait des fleurs, le président dit, très ému en l’embrassant : « vous ne voyez pas, mon ami, mais vous allez sentir mon cœur battre près du vôtre ». Et il le serra dans ses bras. Il était venu à Nice pour célébrer la fête fédérale de la gymnastique qui se déroulait chaque année dans une ville différente.
Sources : Nice-Matin 16 avril 2017.
QUE RESTE-T-IL ?
L’application du calendrier révolutionnaire du 5 octobre 1793 est d’un usage obligatoire jusqu’à sa suppression par Napoléon le 1er janvier 1806. Il n’avait pas empêché à Cannes le maintien du repos dominical et le refus de chômer le décadi. Le calendrier des mariages participe également à cette opposition, période prohibée du carême et de l’avent. L’institution du mois de Marie (mai) en 1815 s’est confondue avec un interdit religieux.
An VIII (1800) les Cannois subissent disette, grande détresse et, ce qui n’arrange rien, séjour et passage de l’armée française qui vient d’évacuer Nice avec un immense matériel de guerre.
Vers 1802, construction d’une maison commune à l’emplacement du terrain Ricord angle de l’actuelle rue Emile Négrin.
Accompagné d’une compagnie de chevau-légers, le pape Pie VII descendra à l’hôtel Pinchinat. Napoléon Bonaparte l’avait fait enlever pour l’amener à Paris sous escorte. La salle commune avait été vidée de tous ses clients. Le maire et le curé furent reçus par un pape fatigué (il avait 62 ans).
Monsieur Gras demanda au pape de bénir, du balcon, le peuple amassé devant la maison, ce qu’il fit …
Le lendemain, de fort bonne heure, Pie VII reprenait la route de Paris pour y couronner, le 2 décembre 1804, Napoléon Ier, empereur des Français.
L’empereur Napoléon veut instaurer la saint Napoléon le 15 août, l’ordre est très précis pour le préfet du Var d’organiser procession, messe, fête communale. Nous ne savons pas si l’exécution a eu lieu à Cannes mais il reste la fête chômée.
Cannes, à plusieurs reprises, avait été un lieu de réunion de conjurés. Les Royalistes Cannois avaient formé un Comité et il fut décidé qu'avec le concours de trois officiers espagnols et de prisonniers évadés, on établirait des communications régulières avec l'escadre anglaise qui croisait au large de Saint-Tropez…
…mais, la police impériale avait eu vent de l’affaire, et le mauvais temps ayant empêché cette expédition, les conjurés furent arrêtés et traduits devant une Cour Martiale siégeant à Toulon, le 10 décembre 1813. Après un long réquisitoire du juge-rapporteur onze conjurés furent fusillés, dans un bois d'oliviers, près de la Porte d'Italie à Toulon.
A l'avènement de Louis XVIII, les biens des deux Cannois qui avaient été confisqués par un ordre du gouvernement impérial, furent rendus à leurs familles par faveur spéciale.
Malgré ces exécutions, les royalistes cannois continuèrent à se réunir à l'Hôtel Saint-Antoine, en 1814, leur président était le cannois André Varaldi. Ce n’est pas lui qui reçut le général Cambronne qui exigeait qu’on lui remette 6 000 rations alors que Cannes ne comptait que 3 000 âmes. (Voir billet N°60 avril 2015)
1822 : Le chemin boueux qu’il faut emprunter pour accéder à l’église Notre-Dame de l’Espérance est remplacé par une rampe régulière grâce à l’aide fournie par le préfet du Var, Louis-Germain Chevalier.
Les Cannois s’opposeront pendant 20 ans au plan d’alignement des rues rendu nécessaire par le trafic de la route d’Italie qui débouche sur le quartier de la Marine.
En 1832, un ouragan d’une force inouïe jette sur la côte les navires mouillés en rade et fait périr des marins sous les yeux des Cannois. L’eau s’engouffre dans la rue Grande (rue Meynadier). Est réexaminé un projet de môle réclamé depuis 1772.
Commencent alors les effets bénéfiques de l’implantation imprévue d’une petite colonie d’hivernants britanniques.
Cherchez l’erreur !
Sources : Pierre Cosson, Cannes, ses lointaines origines.
Alain Ruggiero et groupe d’historiens, Histoire de Cannes.
Philippe Pinatel, Quatre siècles d’histoire de Cannes.
Groupe d’historiens régionaux, Histoire de Cannes
Pierre Dulbeco, L’Hôtel de ville de Cannes.
Atelier Les Amis des Archives : Recherches sur le passé cannois, Le Suquet.
Cannes Université : La mémoire publique de Cannes, plaques et monuments.
J.J. Pierrugues : publication, Le Littoral 1934
LIENS ANNEXES : La lettre froissée, une enquête à la Belle Epoque par Alice Quinn
Ce prétexte nous permet de voyager avec plaisir dans un temps antérieur dont nous aimons dire « c’était mieux avant ». Découverte de La villa des Pavots : chemin vicinal Saint-Nicolas. C’était un chalet à la mode avec balcon, comme on en faisait de nombreux. Je détestais ce style que je trouvais étrange au bord de la Méditerranée. Des chalets comme dans les Alpes ? Mais auxquels on rajoutait parfois des bow-windows à l’anglaise ? Un mélange hétéroclite sans goût, avec un côté mièvre, mignon, charmant que je trouvais désespérant.
ON NOUS COMMUNIQUE :
Jeudi 5 avril : journée à Antibes en covoiturage.
Matin : promenade commentée dans la Commune Libre du Safranier et visite du petit musée privé de Monsieur Boetti. Déjeuner au restaurant le Safranier.
Après-midi : visite guidée du vieil Antibes. Rendez-vous à 10h30 sur les remparts devant le musée Picasso.
Pour tous renseignements ( : 06 10 83 12 39.


