PEDRO II LE DERNIER EMPEREUR DU BRESIL.
Silence dans l’émission de télévision de Stéphane Bern, 4 juillet 2019, PEDRO II le dernier empereur du Brésil, sur les séjours de celui-ci à Cannes. Nous comblons cette lacune.
A partir de 1872 jusqu’à l’année de sa mort, Pedro II de Alcantara aime venir à Cannes. Il est l’hôte du Grand-Hôtel, puis en 1887 de l’hôtel Beau-Séjour.
Le 27 octobre 1887, l’empereur du Brésil accompagné de son épouse arrive à Cannes par l’express de 16h11. Avec leurs nombreuses suites, ils vont s’installer à l’hôtel Beau-Séjour dont ils occuperont deux étages ; une salle d’hydrothérapie est aménagée.
Pedro II, très intéressé par les recherches scientifiques, participe aux travaux et conférences de la Société scientifique et littéraire de Cannes dont il sera fait président d’honneur. Au cours de sa visite à la Manufacture des Poteries artistiques du Mont-Chevalier (chapelle Sainte-Anne, actuel musée de Castre), il fait l’acquisition de nombreuses pièces, ensuite, intrépide, il monte jusqu’en haut de la tour du Suquet, accompagné du propriétaire du lieu, Monsieur Hibert.
Libéral et novateur en politique, il s’attache à introduire de nombreuses réformes dans son pays, en particulier l’émancipation de 700 000 esclaves, ce qui l’oblige à abdiquer en 1889, en faveur de la République.
L’empereur du Brésil devient alors notre hôte tous les hivers.
En 1890, ses deux petits-fils, aînés du comte et de la comtesse d’Eu, Antoine et Louis d’Orléans-Bragance, entrent comme élèves à l’institut Stanislas, leurs parents étant installés pour la saison d’hiver à la villa d’Ormesson. La distribution des prix est présidée par l’empereur du Brésil. Il offre au directeur des maximes écrites de sa main, tirées des quatorze ou quinze langues qu’il parle couramment.
Dans son livre Un ancien de Stan, Joseph Gubert raconte : la visite de Don Pedro fut un jour de grande liesse qui nous valut des gâteries, l’amélioration de l’ordinaire et une promenade supplémentaire …mais n’oublions pas les attentions vraiment princières que nous devons à notre bon camarade Mathieu de la Rochefoucaud…
L’empereur se rend plusieurs fois, seul ou avec sa famille, chez le photographe Numa Blanc (actuel magasin Ferragamo) sur la Croisette afin de poser pour plusieurs photographies.
Le 10 novembre 1890 l’empereur devenu veuf, revient à Cannes avec son petit-fils le prince Pierre de Cobourg, fils de son autre fille la princesse Léopoldine, et retournera quelques jours plus tard à Paris. Il y décèdera le 5 décembre 1891. A Cannes un office funèbre est célébré en l’église Notre-Dame-du Bon-Voyage. Stephan Liégeard fera l’éloge funèbre de son illustre ami.
CE MOIS A CANNES : La bataille de Châteaudun.
Ce récit de la bataille de Châteaudun, est emprunté au journal L'Evénement de l’époque.
C'est aujourd'hui, 18 octobre, l'anniversaire de la bataille de Châteaudun, un des rares épisodes de la guerre de 1870 qu'un Français puisse rappeler avec une fierté sans mélange…
Déjà, la garde nationale de la petite ville, faisait des reconnaissances, s'avançait au-devant de l'ennemi, et qu'un appel énergique était adressé à toutes les communes voisines pour obtenir leur concours.
Aussi, quand les francs-tireurs de Paris, qui battaient la contrée sous les ordres du commandant Lipowski, arrivèrent à Châteaudun, trouvèrent-ils une population si enthousiaste et si résolue, qu'ils décidèrent aussitôt de la seconder dans l'œuvre sainte qu'elle avait entreprise.
Les pavés furent soulevés, les charrettes renversées, les arbres abattus ; des remparts improvisés furent édifiés. La ville renfermait alors 9 compagnies de francs-tireurs de Paris, environ 700 hommes. 1 compagnie de francs-tireurs de Nantes, 150 hommes. 1 compagnie de francs-tireurs de Cannes, 50 hommes. La garde nationale de Châteaudun, 300 hommes ; au total, 1000 à 1200 hommes ….
Tout à coup, le 18 octobre, vers midi, sans qu'aucune sommation n’eût été faite, sans qu'un cri d'alarme eût été poussé, l'artillerie bavaroise se mit à vomir la mitraille sur la ville. Ils avaient enfin à lutter, eux douze cents, qui ne possédaient aucune pièce de canon, contre près de dix-huit mille hommes, munis de plus de trente pièces d'artillerie.
Aucun pouce de terrain n'a encore été cédé ; trois mille obus ont été lancés sur la ville ; des incendies ont éclaté en maints endroits, et tous les édifices dans lesquels la population s'est réfugiée, le château, l'hôtel de ville, les églises, l'hôpital lui-même ont été atteints et sont devenus presque inhabitables ; les morts s'entassent au pied des barricades, mais gardes nationaux et francs-tireurs sont toujours là, accueillant par de terribles feux de peloton toutes les troupes qui se découvrent un instant sous leurs yeux.
Alors, inspiré par on ne sait quelle funeste résolution, le commandant Lipowski, qui était demeuré au centre de la ville, entouré de quelques compagnies constituant la réserve, donne subitement l'ordre de la retraite, sans même informer de son mouvement ceux qui soutiennent la lutte.
Or, c'était le moment choisi par l'ennemi pour tenter une action décisive.
Si un renfort, si faible qu'il fut, eut été envoyé aux combattants des barricades, cette tentative échouait, et le succès, si vaillamment maintenu jusque-là, restait tout entier à nos armes.
Ce renfort n’arriva pas, il ne pouvait pas arriver, grâce à l'imprévoyance du commandant en chef. Aussi bientôt l'ennemi rompt la première ligne de défense, fait irruption dans la ville, et aussitôt, la torche et le pétrole en main, il répand l'incendie dans les quartiers qu'il occupe.
Cependant les quelques défenseurs épars se rallient sur la Grand ’place ; ils sont cent cinquante ; ils voient s'avancer vers eux, éclairée par les lueurs sinistres de l'incendie, une véritable avalanche d'ennemis. N'importe ! Ils veulent tenter un effort suprême. « A la baïonnette ! » s'écrie l'un d'eux, « et vive la République » ! « Vive la République » s’écrient les cent cinquante héros, d'une seule voix, et, entonnant la Marseillaise, la baïonnette en avant, ils se précipitent avec une impétuosité irrésistible sur les assaillants. La place est balayée.
Trois fois ce combat corps à corps, cette mêlée terrible, dans laquelle seul l’incendie permet de se reconnaître, recommence ; trois fois l'ennemi est repoussé….
Ce récit de la bataille de Châteaudun expliquera à ceux de nos lecteurs qui peuvent l'ignorer, pourquoi nous avons donné le nom de cette héroïque cité à l'une des principales rues de notre ville de Cannes.
En 1945, la rue s’appela rue Jean-Jaurès.
LU POUR VOUS. Ouvrage du docteur Buttura : en général on ne fait guère prendre les bains avant l’âge de trois ans et après soixante ans ils me paraissent le plus fréquemment nuisibles.
DIGRESSION
Je me souviens de mon père évoquant sa tante, Madame Capron, qui aimait prendre le thé sous le grand camphrier situé devant la façade sud du parc de la villa Madrid. Elle en appréciait l’ombre et l’éloignement des moustiques. F.V.
Signalons que les malles des grands marins du XIXe siècle étaient en bois de camphrier pour protéger leurs uniformes des mites.
COMPLEMENTS D’ENQUÊTE :
Une fidèle lectrice de passage à Allos (billet N° 112 juillet 2019) nous a adressé cette photo en précisant que la destination du bâtiment restait un mystère.
ON NOUS COMMUNIQUE :
Mardi 8 octobre : Salon Marianne de l’Hôtel de ville à 15 heures, causerie Le masque de fer à l’île Sainte-Marguerite ou les conditions de détention hors normes d’un prisonnier auréolé de mystère par Pierre Dagonnot, historien. Inscription avant le 1er octobre.
Pour tous renseignements ( 06 10 83 12 39.



