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26 juillet 2017 3 26 /07 /juillet /2017 00:34

Une très jolie photographie à la vitrine de l’agence Europa 2 boulevard de La Croisette, une curiosité incessante, l’agréable accueil de M. Yann Rouault, un nom, un article.

Château Sainte-Anne. Rue du Commandant Bret, 28 à 36 boulevard d’Oxford. Photo de l’agence.

Château Sainte-Anne. Rue du Commandant Bret, 28 à 36 boulevard d’Oxford. Photo de l’agence.

C’est dans le cadre champêtre de ce quartier de Cannes que, vers 1855, lady Elisa Murgent épouse de sir Alfred Harley, comte d’Oxford et Mortimer achète de vastes terrains et fait bâtir le château Sainte-Anne et la villa Montfial.

En 1886, les deux demeures sont devenues la propriété d’un autre Anglais, le capitaine Wyner de Gray. En 1896, entouré de sa femme Eléonore, de ses filles Mary et Violet, le capitaine offre un bal somptueux en l’honneur du prince de Galles.

A cette époque, six domestiques dont un cocher vivaient au château.

Passionné de chasse, le capitaine louait auprès de la municipalité tous les terrains de l’île Sainte-Marguerite où elle pouvait se pratiquer.

Le jardin du château Sainte-Anne. Source Culture.gouv.fr.

Le jardin du château Sainte-Anne. Source Culture.gouv.fr.

Puis le capitaine se sépare de son domaine, qui, en 1925, figure dans les annuaires sous le nom d’Oasis, est habité par le futur propriétaire d’Isola Bella, M. Blum. Lord et lady Micheland en sont alors propriétaires. Lorsque Louis Hachette s’en porte acquéreur en 1929, il doit négocier l’achat du château Sainte-Anne qui a retrouvé son nom demandant l’autorisation de faire venir ses meubles avant même que l’acte de vente soit signé. Il vendra la villa Montfial avec jardin attenant, le tout occupant une surface de 2189 m2 détachée d’une plus grande propriété… Cette charmante bâtisse sera détruite pour laisser place à un immeuble moderne.

Après le décès de M. Hachette, ses héritiers honorant la promesse du défunt, vendent le château Sainte-Anne à Mademoiselle Gabrielle Dujardin. Dans les années 30, celle-ci épouse son cousin germain, Fernand Adda, le plus important cotonnier d’Alexandrie.

Le château Sainte-Anne s’appelle désormais Oasis El Beïda sur une superficie de 18 970 m2.

Sources : Les Belles Collines de Terrefial, Montfial, Bénéfiat. Publication des Amis des Archives, article de J.L.

 

CE MOIS A CANNES :

Le 31 août 1897, la Fête Nationale sera célébrée à Cannes. C’est de Peternof, à bord du Pothuau que l’empereur Nicolas II de Russie et le Président de la République Française ont fait savoir au monde l’Alliance Franco-Russe. Source Archives municipales 1 J 18.

Affiche aimablement communiquée par les Archives municipales.

Affiche aimablement communiquée par les Archives municipales.

MAIS AUSSI ... 

Fête de Saint Porcaire martyr : il était abbé de Lérins lorsque des corsaires venus d’Afrique menacèrent l’asile où il donnait l’exemple de toutes les vertus. Le Saint Abbé mit en sûreté les plus jeunes de ses religieux puis, convoquant tous ceux qui étaient sous sa juridiction, il les exhorta à ne pas refuser de donner leur sang en témoignage de leur foi. Deux seuls sentirent faiblir leur courage et se cachèrent dans une grotte. Les autres, au nombre de cinq cents furent tous massacrés aussi bien que l’un des fugitifs, honteux de sa retraite.

Sources: Guide bleu Cannes-Le Cannet 1935. Archives municipales.

 

NOS DEPUTES (suite)

De par la loi du 12 janvier 1816, cinq députés de notre région étaient condamnés à l’exil, ayant voté la mort de Louis XVI. Jean-François Ricord, avocat à Grasse, s’était lié à Bonaparte lors du siège de Toulon en 1793, il dut s’exiler en Belgique.

Nous connaissons André Capron célèbre maire de notre ville. Nous évoquons maintenant sa courte vie de député.

Quelle était la tendance politique d'André Capron ? Il se dit républicain, terme vague qui lui permet selon les mouvances politiques d'évoluer, avec un certain opportunisme, diront ses opposants. C'est un républicain, il n'hésitera pas à faire référence aux engagements de son père dans ses discours électoraux. Mais il est modéré, progressiste, libéral, il ne veut ni révolution, ni réaction. Il est favorable à une politique d'apaisement, c'est-à-dire un rapprochement avec les conservateurs, et notamment avec les milieux cléricaux.

Il reprend les paroles d’Émile Loubet : le programme de tout républicain tient dans ces mots la tolérance, l'union, l'apaisement.

En 1902, après son élection à la mairie de Cannes en janvier, le décès de son ami Jean Hibert, lui donne l'opportunité de briguer un siège, sans concurrent, le 13 juillet, au Conseil général. Il restera élu jusqu'à sa démission en 1910, pour être réélu en 1919 jusqu'en 1929.

Le journal Le Littoral lui était opposé. Le 23 mai 1903, il se fait élire administrateur puis président du conseil d'administration de la Société d'imprimerie et journaux du Littoral. Il contrôle dorénavant cet important journal local, qui s'était montré particulièrement violent contre lui ces derniers mois.

A. Capron veillera à ce qu’il soit un journal fait pour tous et par tous, destiné à être le défenseur des intérêts de Cannes et de la région, se gardant des personnalités tapageuses, tenant son rôle d'informateur propagateur de toutes les réformes généreuses qui peuvent être tentées sans violence dans le domaine politique et social . Le Littoral devient un journal d'opinion, républicain progressiste, qui soutiendra sans faillir la municipalité Capron, défendant ses positions, généralement conservatrices, et s'attaquant, parfois violemment, à l'idéologie radical-socialiste.

En 1903, la carrière politique d'André Capron pouvait prendre une nouvelle dimension, il avait toutes ses chances pour être élu député des Alpes-Maritimes, mais le principal obstacle en a été son épouse qui redoutait là un prétexte pour le bel André de s'échapper souvent de Cannes. Beaucoup de proches, et Ferdinand Bac le premier, confirment qu'elle avait quelques sérieuses raisons d'être jalouse, son mari ayant la réputation d'un charmeur invétéré. Ni objurgations, ni prières ne purent faire fléchir le veto de la châtelaine de la Villa Madrid écrit un journaliste du Suquétan le 11.02.1903. Il présentera la candidature de son ami François Arago, qui remportera l'élection. Il ne sera député des Alpes Maritimes qu'en 1928 après le décès de son épouse.

Dorénavant, le sort politique de la candidature Arago, qui sera député de la circonscription cannoise de 1903 à 1910 puis de 1914 à 1924, est lié à celui de la municipalité Capron. L'échec de l'un retentit sur l'autre. Fidèle dans ses amitiés et à ses idées, Capron suivra Arago dans la défaire de 1910. Le système politique régional est ainsi complet et verrouillé : le lien entre le pouvoir municipal et le pouvoir départemental est renforcé par le pouvoir législatif, sous le parrainage bienveillant du sénateur M. Rouvier.

Ses alliances politiques, sa main mise sur un important journal régional démontrent chez André Capron ruse, calculs ambitieux et opportunisme. Je pense que l'on a trop souvent décrit André Capron, comme un maire débonnaire, patelin, dont les réparties et les somnolences lors des discours officiels étaient source d'amusantes plaisanteries de la part des journalistes locaux.

 

 

André Capron, dessin humoristique. Aimablement communiqué par F.V.

André Capron, dessin humoristique. Aimablement communiqué par F.V.

Lors de la campagne pour les législatives, un journaliste, excessif et sans doute calomnieux, du Réveil d'Antibes écrit le 28 avril 1928 toutes les opinions sont respectables à la condition pourtant qu'elles soient sincères ; or, ignore-t-on encore que M. Capron préparant son élection se faisait conduire par sa fidèle gouvernante tous les dimanches à la grand' messe, ce, pour ne pas froisser les susceptibilités des gens d'église ; sait-on qu'en sortant de l'église, M. Capron, le même, allait régulièrement prendre séance aux tenues d'obligations de la loge maçonnique du rite écossais, ce pour se ménager les sympathies des francs-maçons ; se doute-t-on qu'entre temps, le même M. Capron, allait verser son obole à la caisse du secours rouge communiste ? ? ? Voici l'homme et ses opinions…

Ses compromissions et louvoiements politico-électoraux ne lui enlèvent en rien son côté très humain et charitable et le succès des nombreuses réalisations en faveur des Cannois et de la ville de Cannes. F.V.

 

COMPLEMENTS D’ENQUÊTE :

Dès le recensement de 1866, est signalée une propriété Arimondy dans le quartier des Vallergues. Sur le plan régulateur de 1884, elle s’appelle la villa Sainte-Rose. Elle appartient à Monsieur Jules-Antoine Arimondy, négociant en blé sur le quai Saint-Pierre. On la remarque par sa tourelle octogonale coiffée d’un beau toit de tuiles et surmontée d’un élégant paratonnerre. A son décès, sa fille unique, épouse de notre député Gilette, hérite de la villa. Madame Gilette-Arimondy décède le 3 janvier 1920… Cela devient une autre histoire.

Villa Marie-Rose, allée Sainte-Rose. Photo aimablement proposé par un correspondant.

Villa Marie-Rose, allée Sainte-Rose. Photo aimablement proposé par un correspondant.

Bonnes vacances .

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29 mars 2017 3 29 /03 /mars /2017 19:15

Le Point du 23 mars 2017 fait un dossier « Spécial Cannes ». Le maire, Monsieur Lisnard, se veut populaire, souvent alpagué par les Cannois. Nous ne résistons pas :

Le Littoral 23 04 1904 : On a fait quelque bruit, hier,  en ville, d'un incident, d'ailleurs sans importance, qui s'est produit à I ‘angle de la rue Bivouac et de la rue Jean de Riouffe.

Le lieu probable de l’incident. Photo MLR

Le lieu probable de l’incident. Photo MLR

Voici les faits en deux mots : M. Capron suivait à cheval la rue Jean-de-Rioufle. Il s'arrêta un instant à l'angle de la rue Bivouac pour causer avec M. Raybaud conseiller municipal ; à ce moment, il remarqua sur le trottoir et venant de leur côté le directeur d'une feuille qui, depuis sa fondation, s'est donné la  spécialité de l'injure et de l'outrage. L'individu en question regarda M. Capron avec insistance, de son air narquois et provocateur. M.Capron sauta de cheval et lui dit :

 « Je vous défends de me regarder ainsi, insolemment» ; et comme l'individu prenait une attitude agressive, M. Capron lui administra un soufflet qui envoya notre homme rouler sur le trottoir.

Tout se borne là. M. Capron remonta à cheval et s'éloigna au pas, se rendant  à son cabinet de l'Hôtel de Ville. Merci à F. V.

 

CE MOIS A CANNES : Revue de Cannes, 7 avril 1869.

Discours électoral du préfet des Alpes-Maritimes, ses inexactitudes et sa réfutation.

L’Union de Cannes et Grasse accuse le Préfet d’avoir apporté un document apocryphe et controuvé, violence et inexactitude complète de ce factum.

Monsieur le duc de Rivoli est le seul candidat officiel à la députation, il a déjà été fixé au choix du gouvernement par le vœu des populations (de Cannes et Grasse)… Il faut des aptitudes particulières qui font malheureusement défaut à Monsieur Méro. Monsieur le duc est le petit-fils d’une illustration de la contrée, Monsieur Masséna…

Aptitudes d’un député officiel : une honorabilité indiscutable et un dévouement à servir la population.

On laisse aux internautes la possibilité de mieux connaître M. Masséna.

 

LIENS ANNEXES : JEAN GALTIER BOISSIERE  Mon Journal depuis la Libération.

L’auteur écrit le 4 mars 1945 :

Mendel (Michel) Szkolnikoff, russe apatride condamné en 1933 pour émission de chèques sans provision, se voit confisquer les deux  milliards qu’il avait gagnés avec la Kriegsmarine. Ce Michel avait acquis soixante immeubles, fait le trust de l’hostellerie (à Nice hôtels Piazza, Savoie, Rhul ; à Cannes Majestic et Martinez, à Aix-les-Bains, le Grand Hôtel ; à Monaco, l’Hôtel Saint-James et des Anglais ; à Paris, la Chope de Clichy, etc.) avait acheté 100 millions de bijoux pour sa femme, une réfugiée allemande. Michel et son épouse seraient passés en Espagne avec leur or et leurs pierreries.

15 juin 1945 : le Russe Michel, qui avait gagné deux milliards avec la Kriegsmarine a été assassiné.

 

HISTOIRES D’EAUX, suite et fin.

Plan cadastral de 1884. Archives municipales de Cannes.

Plan cadastral de 1884. Archives municipales de Cannes.

Nous finissons avec la Californie, entièrement enterrée, et dont nous connaissons en partie l’histoire parce qu’elle passe sous les résidences de la rue de Russie et qu’elle intéresse l’église russe du boulevard Alexandre III.

Ce sont donc des anecdotes.

Fin de l’année 1996, les policiers de notre ville se sont adressés à la gardienne Des Dauphins assurant que, avertis par la surveillance du littoral à Antibes, la résidence polluait la mer au niveau du Mouré rouge avec son mazout. Descente à la chaufferie, effectivement le niveau de la cuve est au plus bas, le plein avait été effectué la veille. (En fait la cuve était percée) La recherche du pollueur avait été faite en soulevant plaque d’égout par plaque d’égout pour remonter jusqu’à la résidence. Le Service d’hygiène de la ville a demandé à la Lyonnaise des Eaux de pomper jour et nuit la conduite enterrée d’un bras de la Californie jusqu’à ce que le mazout soit dilué. Ce furent de bien onéreux travaux mais cela est une autre histoire.

L’anecdote suivante fut que la pompe  du sous-sol ne suffît plus, une deuxième s’avéra nécessaire quand le long du Mouré rouge s’édifièrent, à la place de coquettes villas, de gros immeubles nécessitant trois étages de parkings souterrains. Les eaux souterraines furent ainsi refoulées.

Le service du drainage de la nappe aquifère de « Notre » jolie église russe située dans le même axe a dû être mal surveillé et la crypte souffre d’une humidité catastrophique, les cercueils qu’elle renferme sont en très mauvais état, pour mémoire entre autres  celui de l’archiprêtre Grigorï Ostrohoumor, de deux grands ducs Nicolaï Nicolaïevitch le Jeune et Pietre Nicolaïevitch Romanov, Pierre Alexandrovich dOldenbourg (qui avait épousé la sœur de Nicolas II, Olga),  et celui d’Hélène Vagliano, chère à la mémoire des Cannois.

Le bulbe de l’église russe quitte son clocher. Boulevard Alexandre III. Photo ER

Le bulbe de l’église russe quitte son clocher. Boulevard Alexandre III. Photo ER

4 octobre 2015 : Cannes est sous des trombes d’eau et de boues, coupure du courant pendant 12 heures (nous fûmes privilégiés). Le sous-sol est sec. Les eaux de la Californie ont trouvé un nouveau chemin pour arriver à la mer, lequel ?

Sachez qu’une simple goutte d’huile peut se répandre sur 1 km2.

Sources : 1Fi 278 le ruisseau de la Californie ; Fin 1996 : pollution, merci à † J. F. ; Inondations 4 octobre 2015.

 

ECOUTE POUR VOUS

La conférence La famille Von Derwies … de Nice à Cannes, faite par Mademoiselle Laredo.

Serge Von Derwies et son épouse Marina ont passé une grande partie de leur vie à Saint-Pétersbourg, tout en descendant à Cannes l’hiver. Ils louent d’abord la villa Mariposa puis achètent à la Californie la villa Les Mimosas. Ils mènent grand train, ils prennent part à toutes les mondanités de Cannes, donnent de grands dîners dans leur superbe villa. Une de leurs deux filles décède à Cannes en 1914. Au cimetière du Grand Jas ses parents ont fait construire une chapelle d’inspiration byzantine.

Tombe de la famille Baron Serge Von Derwies. Photo FV
Tombe de la famille Baron Serge Von Derwies. Photo FV

Tombe de la famille Baron Serge Von Derwies. Photo FV

En 1917, la révolution russe entraînant des difficultés financières, le baron vend une partie du parc de la propriété, puis la villa en 1927. Ils s’installent dans la villa Les Pins, boulevard Alexandre III, puis  au  Cannet, à la Ravine, ensuite à la villa Méditerranée, rue Commandant-Bret où le baron décède le 7 novembre 1943, son épouse le 30 octobre 1947. Cette dernière était d’une grande beauté, son portrait en pied par Alexandre Cabanel (huile sur toile 140 x 105) se trouve au musée Chéret à Nice. 

Ce complément est apporté par M. D. Publication des Amis des Archives et T.G.

 

ON NOUS COMMUNIQUE

Jeudi 27 avril : Journée à Vins-sur-Caramy et La Celle.

Le matin, visite du château de Vins-sur-Caramy en compagnie de son propriétaire, Déjeuner à Brignoles " Au Vieux Pressoir ".

L’après-midi, visite guidée de l’Abbaye médiévale de La Celle.

Pour tous renseignements ( 06 10 83 12 39.

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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 23:45

BILLET N° 83 MARS 2017

HOTEL DE L’EUROPE :

Di(s)gression, en souvenir d’un livre de Micheline Presle. J’ai raccompagné une amie à son domicile dans le quartier Saint-Nicolas, elle m’a dit qu’il s’agissait de l’hôtel de l’Europe dont voici l’histoire.

Hôtel de l’Europe. 31 rue Léon-Noël. Collection particulière.

Hôtel de l’Europe. 31 rue Léon-Noël. Collection particulière.

Il a été construit vers 1863. Il comprenait un bâtiment principal, un pavillon avec une verrière, ainsi qu’une annexe. Situé en plein midi, à mi-côte, vaste jardin, jeu de croquet. Cuisine bourgeoise soignée, vins premiers crus. Arrangements pour famille si séjour prolongé.

En 1865, son propriétaire est M. Roch. Puis les propriétaires seront quatre, Augier de Cannes, Martel de Cannes, Labat capitaine de Cavalerie en retraite de Nice, André Capitaine de Frégate dont le contrat de mariage stipulait que tous les biens à venir de la future épouse seront paraphernaux. En 1907, Jean Jouve, en son vivant maître d’hôtel, en fait l’acquisition.  A son décès, en 1910, son fils, Alfred, cède sa part à sa soeur Julie, future Madame Dupont qui le tiendra jusqu’en 1918.

Monogramme AJ au-dessus de la porte d’entrée. Photo MLR.

Monogramme AJ au-dessus de la porte d’entrée. Photo MLR.

Revendu cette année-là, L’Hôtel d’Europe devient alors la Villa l’Olivine. Au deuxième et au troisième étage des balcons sont aménagés. Elle se loue alors en appartements meublés.

Résidence L’Olivine. Photo MLR.

Résidence L’Olivine. Photo MLR.

Depuis plusieurs années, L’Olivine a été vendue en copropriété. Les palmiers devant la résidence sont toujours là, elle garde un charme désuet … même si sa superficie a terriblement rétréci.

Dans le rappel des servitudes de l’acte notarié, on peut lire : Les constructions qui pourront être édifiées … ne pourront jamais servir à l’établissement d’une maison de tolérance…et pour tout le restant de la propriété.

Sources : Chronique de l’Hôtellerie Cannoise. Archives Communales de Cannes.

                 Acte notarié de propriété

 

CE MOIS A CANNES : 

Du 22 au 24 mars 1930, l’Automobile Club féminin de France organise un rallye féminin au départ de Paris, place de la Concorde avec arrivée à Cannes. Ces dames devront effectuer une série d’épreuves, régularité, démarrage, freinage, marche arrière, ralenti et accélération. La comtesse de Ganay l’emporte sur Renault et Mlle Deutsch de la Meurthe sur Hispano-Suiza. Ces deux amazones couvrant la distance en moins de treize heures.

Sources : Côte d’Azur, Histoires des sports élégants. Publication Archives municipales de Cannes.

 

LIENS ANNEXES : JEAN- JACQUES ANTIER. La Côte d‘Azur, ombres et lumières. 1992

GAMBETTA, Grand Béta, à la gare de Cannes, fut enlevé prestement par Juliette ADAM (née Juliette Lambert) pour qu’il ne fut pas reconnu par la foule. Après le renversement de Thiers, il était très aimé du peuple qui se souvenait de son évasion en ballon de Paris assiégé. Le 2 janvier 1874, ils embarquaient avec l’ami Spuller pour aller déjeuner à Sainte-Marguerite. Beau mangeur, beau buveur, il ajoute la gaîté de son appétit à la gaîté du soleil et de l’enveloppement bleu. Puis ils visitèrent l’abbaye de Lérins. Gambetta, anticlérical militant, étonna tout le monde par ses connaissances religieuses…

 

HISTOIRES D’EAUX. (Suite) 

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BILLET N° 83 MARS 2017

LA LÈPRE

La Lèpre coule sous l'avenue Isola Bella (partie haute), elle est visible dans la propriété privée Toscana à l'intersection de l’avenue Isola Bella, l’avenue Fiesole et de l’avenue Hightower.

La Lèpre, villa Toscana , avenue Fiesole. Photo F.V.

La Lèpre, villa Toscana , avenue Fiesole. Photo F.V.

L'insolite est cette roue à aube, elle est située sur l'actuel  filet d'eau de la Lèpre, dans le passé, la Lèpre avait-elle un débit plus important ou bien cette roue ne pouvait être qu’une "fabrique" du parc de la somptueuse villa Isola Bella lotie antérieurement et jamais  fonctionnelle...

Les résidents de ce quartier dénommé La Lèpre (beaucoup de propriétés appartenaient à des propriétaires teutons...avant la guerre de 1914), se sont plaints de cette appellation pas très flatteuse, (on pense tout de suite à un lieu où se trouvait une léproserie) et ont demandé une nouvelle appellation, c'est ainsi qu'on lui a donné le nom de Pierreval plus chantant que La Lèpre. Pierre Vouland, qui est une référence, attribue ce nom à un citoyen appelé Lèpre qui apparait dans les textes dès 1468, bien avant que ne soit enregistré le nom du lieu, 1624.

Puis elle est encore visible en bordure de deux propriétés toujours avenue Isola Bella un peu plus bas, après, elle est souterraine.

Tout cela parait confus, au lecteur d’en faire le tri. F.V.

LES GABRES

Nous arrivons aux Gabres dont le rond-point a fait l’effet d’une communication, (blog de janvier2016), elles signifient deux racines de cours d’eau.

Les Gabres avenue de Turkheim.

Les Gabres avenue de Turkheim.

Un bras se jette dans la propriété des Degrémont, l’actuelle résidence Beauséjour, avenue éponyme, l’autre longe le Grand-Hôtel.

LA BAUME n’est pas représentée sur la carte. C’est pourtant le nom de tout un quartier, le pont Alexandre III s’est appelé pont de la Baume à la création de la ligne de chemin de fer. Elle est captée par les Gabres et était mise en valeur dans la propriété Villa Madrid.

 

 

Photo aimablement communiquée par F.V.

Photo aimablement communiquée par F.V.

ON VOUS COMMUNIQUE

Samedi 18 : Valorisation d’un quartier : La Bocca. Visite organisée par la direction des Archives municipales avec notre participation. Entrée Libre à partir de 15 heures, salle de la Verrerie.

Samedi 25 : Assemblée générale de notre association à la Maison des Associations, 9 rue Louis-Braille, à 11 heures. Accueil à partir de 10h30. Repas au restaurant Le Jardin.

Mercredi 29 : Hommage aux photographes cannois : pour son 70e anniversaire, souvenirs du festival du film en son ancien palais.

Pour Cannes Bel-Age, salle Carnot à 14h30 diapo conférence par Irène Payan : En baie de Cannes, des régates de légende.

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26 janvier 2017 4 26 /01 /janvier /2017 00:22

LES VITRINES

Les vitrines des agents immobiliers sont source d’inspiration pour une rubrique foncière : aujourd’hui,  la villa Bagatelle.

 Villa Bagatelle, 2 boulevard de l’Observatoire.

Villa Bagatelle, 2 boulevard de l’Observatoire.

Le duc de La Force en fut le commanditaire en 1928. Cette villa a coûté trois millions de francs-Poincaré. En 1939, le duc de La Force la met en vente, le prix est fixé à deux millions de francs, l’agence Andrau précisant « à débattre ». Elle est décrite comme une maison provençale Louis XVI en crépi rose sur un terrain de 13 000 m2 avec deux étages et ascenseur, aménagée au rez-de-chaussée pour de grandes réceptions, dans un cadre paradisiaque.

En 1942, le duc Caumont de La Force, de l’Académie française, se fait adresser son courrier à l’hôtel Gallia où il réside ayant mis sa villa en vente dès 1939. En 1945, la propriété appartient à monsieur Hefty, en 1949, elle possède toujours un petit pavillon de quatre pièces avec garage pour deux voitures mais n’est plus bâtie que sur 2 500 m2.

Benitez Rexach lui succède. C’est un richissime homme d’affaires portoricain devenu fou amoureux de la Môme Moineau qu’il épousa en 1929. Cette chanteuse de variétés va illustrer les soirées cannoises, petite marchande de fleurs devenue milliardaire.

 

Collection particulière

Collection particulière

L’architecte Gérard en 1976 modifie notablement la propriété qui possède maintenant trois bâtiments.

En 2002, Rafid Khalifa, pharmacien de formation, achète la propriété 37 millions d’euros. En 2001 elle avait été acquise par un promoteur parisien pour 16 millions d’euros.

C’est dans cette villa qu’est organisée une soirée des mille et une nuits, le 3 novembre 2002, au cours de laquelle trois cents VIP dont Sting, Depardieu, la nièce de G.W. Bush, Jack Lang, s’étaient retrouvés pour fêter le lancement de la chaîne KTV en France par Rafid Khalifa.

Un an plus tard, Rafid Khalifa revend la propriété pour 17 millions d’euros.

Le nouveau propriétaire serait un prince saoudien tandis que R. Khalifa est écroué en Grande-Bretagne. (Ce que j’écrivais en 2010).

 Et en 2013, c’est un banquier russe qui la rachète pour 21 millions d’euros.  

Sources : La France sans étoile de Philippe Erlanger.       

                AM Cannes 2S 986

                Nice-Matin novembre 2002

                Internet

 

COMPTE-RENDU PARTIEL ET PARTIAL

De la diapo-conférence du 10 décembre. Une documentation variée et surprenante comme cette lettre adressée par Marcel Pagnol au maire Cornut-Gentille.

De quoi donner aux absents des regrets.

BILLET N° 82 FÉVRIER 2017
BILLET N° 82 FÉVRIER 2017
BILLET N° 82 FÉVRIER 2017
BILLET N° 82 FÉVRIER 2017
BILLET N° 82 FÉVRIER 2017
BILLET N° 82 FÉVRIER 2017

HISTOIRE D’EAUX (suite)

Typographie et hydrographie

Typographie et hydrographie

LA FOUX

La Foux descend du Cannet et emprunte parfois la rue de la République comme en octobre 94, forte de ses affluents des Moulières et du Pézou.

On la laisse encore affleurer en plein cœur de Cannes (entre le quartier Saint-Nicolas et le lycée Jules-Ferry), cependant au cours des ans elle a été canalisée. Pour en régler le débit, elle est équipée dans sa partie souterraine de pompes qui déversent une partie de ses rejets plus ou moins propres dans le réseau d’assainissement classique afin de préserver la qualité des eaux puisqu’elle se jette sur la plage cannoise à la hauteur du palais des Festivals.

La Foux, rue de La Baronne. Photo MLR

La Foux, rue de La Baronne. Photo MLR

On a peine à imaginer que le niveau était à un mètre au-dessus de la rue, dans un magma de boue le 3 octobre 2015.

Elle a pour affluents, un grand mot, le ruisseau de Terrefial et le ruisseau de Bénéfiat qui est canalisé depuis les dernières constructions devant l’église du Prado.

Le ruisseau de Terrefial, avenue du Grand Pin. Photo MLR

Le ruisseau de Terrefial, avenue du Grand Pin. Photo MLR

En 1860, est établi un devis des travaux à faire pour réunir la chaussée de la rue de la Foux (qui deviendra la rue des Serbes en 1918) avec le chemin de la Croisette, murs de soutènement à faire pour préserver les remblais des eaux du torrent de la Foux de fortes vagues de la mer, aux abords du pont de la Foux, cela sera effectué avec de fortes dalles calcaires du pays, depuis la mer jusqu’au pont de la Peyrière.

La construction d’un radier dans le vallon de la Foux se fera par adjudication, le 1er avril 1880, à 2 heures en mairie. Dans « Ruggiero » juillet 1868, adjudication des travaux de l’égout collecteur du pont de la Foux à la jetée du port sur 1315 mètres.

Plan du pont de la Foux 1871. AM Cannes

Plan du pont de la Foux 1871. AM Cannes

N. B. : La villa Armand, la rue Armand n’existent pas, il s’agit de la villa Herman, nous sommes en 1871, une façon d’éviter un patriotisme exacerbé et belliqueux.

 En 1825, Louis Herman créa la Parfumerie de l’île Notre-Dame. On y distillait la fleur d’oranger. M. Herman était d’origine alsacienne, chevalier du Christ de Portugal. Il traça la rue à ses frais, la municipalité officialisa le nom de l’actuelle rue des Etats-Unis en 1874.

En 1841, Jean-François Reynaud désire installer une distillerie sur le terrain qui passe près du pont de la Foux, rue d’Antibes, ainsi qu’un atelier de salaisons. Onze ans plus tard, François Brun, originaire de Grasse vend, cède et transporte à Constant Herman, domicilié à Paris, une maison de bas en haut servant principalement d’atelier de parfumerie avec du côté du midi un jardin complanté de jasmin et du côté de l’est un laboratoire de distillation avec puits, réservoir et dépendances. M. Brun l’avait acquis de Gaspard Rigal en 1847, la partie cultivable ayant été acquise d’Honoré Saissy. Ce fut un paiement comptant en espèces sonnantes de 25 000 francs pour le dit immeuble et ses dépendances préalablement estimés par des amis communs d’icelles.

Le guide Pinatel indique 6 morts par suite d’inondations en 1895 : … Un drame terrible se passait dans cette gorge encombrée de maisons (actuel boulevard de la République), le long d’un boulevard trop étroit, parcouru par le torrent de la Foux roulant dans un lit trop serré, tantôt sous des voûtes trop basses tantôt à travers des ponts multiples et sans hauteur, tantôt sous des arcades d’une largeur plus qu’insuffisante…

En 1914, un résident cannois se plaint auprès du maire : une odeur pestilentielle et de dépotoir de tous les immondices malsains que l’on pense et même les bains des teinturiers du Cannet dont l’eau est saturée en rouge ou noir au gré des teintures… les eaux provenant des moulins à ressences et des fabriques de parfumerie sont-elles considérées comme nuisibles auquel cas il faudrait les interdire.

En 1953, la Foux traversait la place du Commandant Maria en souterrain pour sortir au boulevard d’Alsace à proximité du passage à niveau Chabaud (passage actuel pour piétons à la hauteur de la rue Hadad-Simon), elle repassait ensuite entre les maisons, à ciel ouvert, et se jetait à la mer au « droit de la rue des Etats-Unis » répandant de mauvaises odeurs et offrant à la vue des détritus divers et variés. La Foux sera recouverte provisoirement d’une plate-forme en béton armée sur une longueur de 22 m. et une largeur moyenne de 6 m.

C’est seulement en 1958 qu’il est envisagé sérieusement de recouvrir le dernier tronçon entre la rue d’Antibes et la mer.

 Photo M.L.R.

Photo M.L.R.

Sources : Nice-Matin 2012

                AM Cannes 102 W 17, séance extraordinaire du Conseil Municipal.

                AM Cannes 2 O 36, 5 J 55.

                Histoire de Cannes sous la direction d’Alain Ruggiero.

                Au fil des ans, le Quartier de la République. Amis des archives, article d’A. Cayrol.

 P.S. Une note plus odorante : la source de la Foux servait à tanner les cuirs et arroser les champs de fleurs, traversant la propriété Les Fontaines parfumées. Au XIIe siècle, l’eau s’écoulait à travers la ville de Grasse dégageant une agréable odeur, ce qui a inspiré pour le nom de la bâtisse. Nice-Matin, dans son numéro du 2 septembre 2016 nous apprend que « Louis Vuitton » se met au parfum à Grasse. Acquises en 2013 par LVMH, Les Fontaines parfumées ont été entièrement rénovées, il s’agit des ateliers des parfumeurs pour Louis Vuitton et Dior. Cette Foux n’est pas cannoise, elle emprunte le mot provençal qui désigne un mini défilé dans lequel coule de l’eau.

 

CE MOIS À CANNES

La Saison de Cannes, mardi 16 février 1926.

Le match devait avoir lieu à 11 heures. A 7 heures du matin, le club était déjà en activité… Dans la rue Pasteur qui limite le fond du court, des preneurs de vue cinématographiques amenèrent vers 7 heures la plateforme que les employés des tramways utilisent pour réparer les fils…

Il n’y a plus une place à prendre à n’importe quel prix… Un Portugais arrivé dans la nuit de son pays offre 1000 francs pour rentrer et se fait expulser par les agents lassés de son insistance.

10 heures, des agents montent sur les toits et dans les arbres pour déloger les resquilleurs qui tentent de trouver une place confortable et gratuite… Les tuiles du toit disparaissent peu à peu et sont remplacées par des têtes hilares qui sont parvenues à narguer la police… 10h1/2, les barrages de police sont débordés, des énergumènes crèvent le grillage…

11 heures, Suzanne Lenglen, pâle sous sa poudre, puis Miss Willis pénètrent sur le court.

Suzanne Lenglen et Miss Willis. Photo aimablement communiquée par M. D.

Suzanne Lenglen et Miss Willis. Photo aimablement communiquée par M. D.

MICHELE MORGAN est décédée le 20 décembre 2016. Henry-Jean Servat raconte dans Nice-Matin le 22 décembre 2016 : Durant les heures sombres de la France occupée, quand il y a eu la ligne de démarcation, elles (il s’agit de Michèle Morgan, Micheline Presle et Danielle Darrieux) sont venues s’installer en zone libre dans le Sud. Elles résidaient au Grand Hôtel, dont le propriétaire était le père de Louis Jourdan.

Avec Quai des Brumes, elle avait atteint la célébrité, Dans le scénario, Prévert avait écrit : « t’as de jolies jambes », mais Gabin a improvisé à son gré…

Elle choisit le rêve américain plutôt que le cauchemar nazi, Michèle avait tourné un film à Berlin en 1938, L’Entraîneuse…elle a traversé la ville après la fameuse nuit de cristal, elle a serré fort la main de François Perier. Elle avait compris que les temps seraient terribles en Europe.

Un contrat avec la RKO en poche, Michèle Morgan traverse l’Atlantique... Elle est partie de Cannes un beau matin, seule à 18 ans, pour rallier Perpignan en train, puis prendre un bateau pour New York depuis Lisbonne.

1946 : Michèle Morgan et Jean Cocteau dans la première édition du Festival. Photo Ladepêche.fr

1946 : Michèle Morgan et Jean Cocteau dans la première édition du Festival. Photo Ladepêche.fr

Ouverture du Festival de Cannes en 1946, Prix d’interprétation pour La Symphonie pastorale.

ON NOUS COMMUNIQUE

Vendredi 24 février : Conférence par Mademoiselle Laredo, La famille Von Derwies de château en villa : de Nice à Cannes. Cercle Villa Vera, 41 avenue de Vallauris à 15 heures. Goûter de crêpes.

Pour tous renseignements ( 06 10 83 12 39.

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17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 22:16

A PROPOS DE LA VILLA LA FAVORITE.

La correspondance échangée avec G.V. (billets précédents) nous a incités à nous intéresser à la villa La Favorite située au 6 avenue de La Favorite. Elle a été décrite dans « Inventaire général du patrimoine culturel » par F. Fray et C. Mondon.

« C’est une maison de plan rectangulaire tripartite avec axe de symétrie traversant passant par le hall et le petit salon. Le perron d'entrée au nord s'oppose à la loggia semi-circulaire couverte en terrasse d'agrément qui repose sur la partie correspondante du sous-sol et qu'encadrent deux terrasses symétriques avec perron cintré. La cage d'escalier de service fait le pendant de l'escalier principal, formant deux avant-corps de part et d'autre de l'entrée. Un oriel rectangulaire à l'ouest et à l'est est couvert en terrasse d'agrément au premier étage. Une échauguette vitrée cantonne l'angle sud-ouest à hauteur du premier étage. Les portes fenêtres disposent de balustrades, comme le portique et les élévations. La perte du deuxième étage qui possédait une loggia centrale au sud et des terrasses d'agrément latérales couvrant le premier étage, rapproche accidentellement cette maison de modèles comme la Maison Blanche de Washington ».

Le jardin paysager est organisé en terrasses au-dessus de l'avenue. La végétation est en partie exotique. La conciergerie est traitée dans le style chalet.

Sur le sous-sol, le rez-de-chaussée est surélevé.

Cette demeure a été construite vers 1884 pour Mr Maxime Outrey, ancien ministre plénipotentiaire aux USA et au Japon. Il la baptisa de ce nom en hommage à l’opéra La Favorite de Donizetti créé en 1840 à l’opéra de Paris et présenté sous sa version italienne à la Scala de Milan en 1843.

La Favorite changea de propriétaire et fut louée notamment à Mrs Dodge l’épouse du célèbre fabricant d’automobiles.

 Onze ans plus tard elle fut rachetée par Mr Gruss-Gallieni (gendre du maréchal) dans le but d’agrandir son domaine (il possédait déjà la villa Wenden rebaptisée par lui Le Rouve ce qui signifie en malgache ‘’la maison du chef’’ souvenir de sa pacification à Madagascar).

Comme la villa lui cachait une partie de la vue sur la mer, il a fait détruire le dernier étage !

Arrive le maharadja de Pudikopta, il vit entre Paris et Cannes de 1922 à 1927. Au cours d’un trajet entre ces deux villes il eut un accident qui le rendit boiteux. On le voit alors avec une canne Fabergé qui rajoute à son élégance. Après sa mort, Molly, son épouse, vend La Favorite.

le 7 mai 1942 Le Littoral est heureux de souhaiter la bienvenue dans notre cité au général Weygand, son épouse et sa famille, et forme le vœu que leur existence cannoise ne leur procure que d'agréables et reposantes heures. Le Général vient, en effet, d'acquérir la Villa "La Favorite".  
On apercevait de temps en temps, sur la Croisette ou dans la rue d'Antibes, l'alerte silhouette du Général Weygand. Mais c'est avec un réel plaisir que l’on apprendra sa décision de devenir plus intimement l'hôte de Cannes.

En 1953, le propriétaire, Jacques Loup, se voit refuser la surélévation de la construction.

Le dernier acquéreur, un Russe, dit-on, a résolu le problème. En creusant le sous-sol il a gagné un niveau rez-de-jardin.

Vente HOUZZ USA.  Photo façade sud de la villa. Panneau publicitaire, 6 rue de la Favorite.

Vente HOUZZ USA.  Photo façade sud de la villa. Panneau publicitaire, 6 rue de la Favorite.

Dans ses dernières années, la veuve du maharadja est restée à l'écart et a commencé à boire beaucoup. On lui a diagnostiqué un cancer du côlon en 1967. Molly est morte à Cannes le 22 Novembre 1967 à l'âge de soixante-treize ans.

Cette villa est en travaux depuis plus d'un an, les nouveaux investisseurs ont conservé uniquement la façade et l'on totalement restructurée.

 

CE MOIS A CANNES : En novembre 1702, le roi d’Espagne, Philippe V, regagnant ses provinces, devait traverser notre contrée. Il fallut mettre en état les chemins et établir un nouveau pont sur la Siagne. Les travaux furent bien menés, la communauté de Cannes avançant pour sa part 39 livres 1 sol. Et le monarque put, sans encombre, effectuer son rapide trajet.

Source : Jean ONIMUS, Les Alpes Maritimes 1999.

 

LIENS ASSOCIES : JEAN-JACQUES ANTIER : Histoires d’amour des provinces de France.

Voici un extrait de ce livre : Lettre de l’évêque de Grasse, sous Louis XIV : Les femmes de Cannes sont trop décolletées, les chirurgiens font la barbe le dimanche, les tenanciers des bouchons n’attendent pas que les offices soient finis pour donner à manger et à boire. On danse trop, les filles courent les rues chaque nuit…

 

HUMOUR OU DESABUSEMENT

Grille d’entrée du jardin du Prado. Photo MLR. Il y manque deux panneaux, Interdit d’uriner et Interdit aux retardataires.

Grille d’entrée du jardin du Prado. Photo MLR. Il y manque deux panneaux, Interdit d’uriner et Interdit aux retardataires.

HISTOIRES D’EAUX, suite.

A la demande de lecteurs, voici la carte entière intitulée :

Topographie et Hydrographie. Archives municipales BH 133.

Topographie et Hydrographie. Archives municipales BH 133.

Un véritable magma de boue, de sable et d’eau constituait les surfaces actuelles de l’église Sainte-Marguerite et de ses alentours. La Roquebilière, la Maïre, ruisseaux impétueux alimentés par les eaux des hauteurs voisines, venaient se jeter dans la mer.

               LA FRAYERE : Plutôt les Frayères amènent en période de pluie un très gros volume d’eau, descendant entre les collines des Puits et le massif de la Croix-des-Gardes, finissant par rencontrer le Béal qui fera trois kilomètres de sinuosités dans la Roubine (quartier où se jette le Béal) avant d’atteindre la mer. La Frayère a été formée en sa partie supérieure de gneiss imperméable, ce qui explique ces crues subites emportant le pont de l’ancien chemin Royal allant à Fréjus.

               Le Trou de l’ancre est un marais. Le terrain gagné sur la mer est approximativement d’un mètre par an grâce aux sables et graviers qu’apportent la Siagne et l’Argentière. Mais à la fin du XIXe siècle, un phénomène inverse s’est produit dans le « Trou de l’ancre », la terre a reculé et la mer s’est avancée.

               Il faut encore rappeler aux riverains longeant la Frayère l’obligation de nettoyage et maintien de la largeur du lit. Ils doivent maintenir les arbres sur une certaine largeur de rive et enlacer les branches de façon à former des digues naturelles et continues.

               Le 21 février 1904, La Tribune de Cannes relate que le canal de la propriété Hoffmann (le Château de la Mer) débouche sur un barrage de sable venu de l’écoulement des eaux de la Roquebilière et de la Maïre. En détournant les eaux de celle-ci drainée depuis l’ancienne usine Jeancard jusqu’aux écuries du Château de la mer vers le Trou de l’Ancre, on rendrait possible la culture maraîchère.

Une usine pour le traitement de ces boues en leur transformation en engrais est imaginée par Jean Verdier, ingénieur ECP, ainsi voit le jour l’usine zymothermique (destruction des ordures ménagères) Beccari en 1929.

Le Trou de l’Ancre actuellement.

Le Trou de l’Ancre actuellement.

               LA ROQUEBILIERE : du provençal roca, rocheux, et bihoreau, vieux ou antique à l’extrémité est de la plaine de Laval sort du massif de la Croix-des-Gardes jusqu’à la propriété Hoffmann. Elle ne figure pas sur les cartes avant 1772.

               LA MAÏRE : La Maïre, du provençal « fossé d’écoulement auquel viennent s’ajouter plusieurs autres » selon Mistral, ne coule qu’en temps de pluie, elle prend naissance au milieu des prairies, à hauteur du chalet Mouton, atteint la mer par le canal Hoffmann. En 1818, un curage s’avère nécessaire au frais des riverains de la « Garonne Principale » dite la Maïre.

               LE DEVENS : du provençal defens, « dont l’usage est réglementé ». C’est sur cette partie de terrain que s’est développée en grande partie la première agglomération de La Bocca. Il appartenait avant la Révolution aux abbés de Lérins.

               FONT DE VEYRE, « la fontaine de cristal », pourquoi ne pas supposer qu’il existait une fontaine limpide ? Quelques vignes sont signalées en 1599 ; il est question de ravin de la foun dau veire en 1752 dans un devis de réfection du chemin de l’Oratoire de sainte Marguerite, lequel prévoit un pont de 8 à 10 cannes (4 à 5m.) au-dessus du vieux chemin. Le cadastre de 1814 montre l’existence de six bastides, un bastidon et sept masures dans ce quartier. Il signifie peut-être hors de dérivé de fouert, hors des propriétés du seigneur.

               PEYRE LONGUE est signalé dans notre ancien cadastre datant de 1599 une terro à la peyre longue. La colline dominant le vallon à l’est aurait été choisie comme emplacement d’un corps de garde lors des alertes causées par les pirates barbaresques ; les comptes trésoraires cannois mentionnent, en 1655, le règlement de la garde de nuit des galleres de turc, quatre heures, pour le coût de un écu.

 

ON NOUS COMMUNIQUE

Vendredi 18 novembre : Visite guidée de l’exposition Les Sports Elégants.

Rendez-vous à 14h45, Espace Calmette, rue Docteur-Calmette.

Vendredi 25 novembre : Sur les pas de nos ancêtres à la découverte du Suquet.

Causerie par madame F. Grac. Salle des Mutilés, 45 rue Mimont à 15h.

Pour tous renseignements tel : 06 10 83 12 39

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24 août 2016 3 24 /08 /août /2016 15:32

PROMENADES PUBLIQUES

Nous finissons l’histoire des jardins publics à Cannes avec le square de la Foncière.

Le 8 janvier 1883, inauguration officielle en fanfare du Grand Square : les visiteurs venus par trains spéciaux de toute la région et même de Paris sont là. L’escadre de la Méditerranée a tenu aussi à être de la fête. Monsieur Eugène Gazagnaire, maire de Cannes rend hommage à l’initiative privée qui répand partout autour de nous la vie et la prospérité.

Des tribulations commencent en 1913, M. Mari, l’architecte du Collège de garçons Carnot, propose qu'on reporte la route dans le square. Cela donne une appréciable superficie de terrain qui permettra de régulariser la cour du collège devant la façade Nord. L'architecte aura ainsi la place nécessaire pour le développement d'une nouvelle grille de clôture avec portail sur le boulevard Carnot… Le Littoral 22/10/1913

M. Vial, conseiller municipal, demande de voter le déclassement de l'avenue à l'entrée de laquelle s'érige le portail du Collège.

Il lui est répondu qu'on exécute d'abord les travaux de l'avenue qui doit remplacer celle que l'on va déclasser. Le public veut bien abandonner cette avenue, mais il veut la certitude qu'une autre lui sera donnée en échange ; de plus, étant donné que la Foncière a donné à la Ville ce terrain pour qu'elle en fasse un square, qui sait si cette compagnie ne viendra pas chercher noise sous le prétexte qu’on a établi une route dans un terrain donné pour être affecté à un square ?.

M. Vial se porte, en quelque sorte, garant de l'autorisation de la Foncière ; malgré cela il est décidé qu'on fera d'abord toutes démarches nécessaires, qu'on commencera les travaux de la nouvelle avenue et qu'on votera le déclassement à une prochaine séance. Le Littoral 10/12/1913

Riposte dans Echos de Cannes 18/12/1913 : On va le mutiler avec le consentement du donateur à qui il n'appartient plus, et de son nu-propriétaire (pour quelques mois encore) qui est le Conseil Municipal. Quant à l'acceptation des usufruitiers, les Cannois qui protestent, elle paraît n'être d'aucune importance.

Ces cochons de payants que sont les contribuables, ça n'est bon qu'à ça... payer.

Eh ! On verra bien !

Finalement, à l’entrée du square, la statue équestre d’André Capron, en rhyolite rose de l’Estérel, du sculpteur Alphonse Grebel, avait été commandée par les Cannois en 1933 avec le concours de la ville. Placée au début du quai Laubeuf jusqu’à la Libération, on la transporta par la suite au square Carnot.

Statue équestre d’André Capron. Square Carnot. MLR

Statue équestre d’André Capron. Square Carnot. MLR

Au début de l’allée principale, deux Paulownia tomentosa reconnaissables en février pour leurs fruits à coque dure dominent l’allée centrale. Les majestueux cèdres de l’Atlas sont là depuis la création du square. Ils symbolisent la grandeur, la majesté, la richesse et l’abondance que se devait donner l’image de Cannes. Deux villes sont actuellement propriétaires du square, pour un tiers Cannes et les deux tiers Le Cannet. Il n’y a pas de ligne de démarcation !

Cèdre Square Carnot . MLR

Cèdre Square Carnot . MLR

COMPLEMENTS D’ENQUETE :

La curiosité des blogueurs se réveille. C’est le 27 mars 1877, à l’entête des chemins de fer de Paris à Lyon que l’autorisation est donnée à la ville de Cannes d’établir un bureau d’octroi dans la cour de la gare des voyageurs pour 10,50 francs de location de l’emplacement par an (83 m2).

En 1927, sous la présidence de M. Capron, maire, l’octroi de La Bocca est ouvert (80 m2). Merci à L.S.

 

LIENS ANNEXES : PIERRE GIUGLARIS.  Si La Bocca m’était contée.

A quelques pas de la Verrerie, entre l’avenue Marco del Ponte et la ligne de chemin de fer, un très modeste entrepôt recouvert de tuiles rouges abritait l’atelier du maître Jean Barol (1873-1956). Installé à La Bocca depuis 1922, né à Vallauris en 1873, il était le beau-père de M. Pillot, l’horticulteur bien connu de la villa La Calade, à la Croix des Gardes.

BILLET 77 SEPTEMBRE 2016BILLET 77 SEPTEMBRE 2016BILLET 77 SEPTEMBRE 2016

A l’école de Clément Massier à Golfe-Juan il apprit la technique du dessin et de la cuisson et devint un jour directeur de la Poterie d’Art de Montières à Amiens. En 1927, à l’exposition nationale du travail à Paris, il reçut le titre de premier céramiste de France. Dans les grands magasins de Cannes, il exposa plusieurs tableaux.

 

PROMENADES PICTURALES que nous devons à Jean-Paul Potron, Paysages de Cannes.

JOSEPH CONTINI Château des Tours, aquarelle 41 x 54 cm. Collection particulière, photo Michel de Lorenz

JOSEPH CONTINI Château des Tours, aquarelle 41 x 54 cm. Collection particulière, photo Michel de Lorenz

Peintre attitré du shah de Perse, il s’installe route de Fréjus (avenue Docteur Picaud). Dans son atelier, il dispense des cours de dessin et de photographie avec son associé Bussi. La municipalité lui alloue 2 500 francs en 1881 afin qu’il puisse acquérir le mobilier et le matériel nécessaires. Vers 1885, la situation s’améliore, il déménage au 3 de la rue Herman (actuelle rue des Etats-Unis), en 1890, rue Hoche.

 Ce château des Tours fut bâti entre 1852 et 1856 sur un terrain rocailleux complanté de pins à l’ouest de Cannes par Robinson Woolfield, c’était le château Sainte-Ursule, surnommée « des Tours » par les Cannois, il est rapidement vendu à Lord Londesborough puis au duc de Vallombrosa en 1858. En 1890 l'hôtelier allemand Martin Ellmer achète et fait transformer le château en hôtel de voyageurs par l'architecte cannois Laurent Vianay qui modifie aussi le jardin, dont une partie est revendue avant 1895. C’est aujourd’hui une copropriété, son jardin reste un des beaux jardins anciens de Cannes, au 10 avenue Docteur Picaud.

 

COURRIER DES LECTEURS

Un aimable lecteur s'intéresse à la Bastide du Riou située rue du Pont-Saint-Victor.

Nous faisons nous-même des recherches et prions nos correspondants de se joindre à nous. 

 

ON NOUS COMMUNIQUE

L’atelier des Amis des archives s’ouvre avec une nouvelle année que nous espérons fructueuse. Les réunions se tiennent désormais à la Maison des Associations, rue Louis-Braille le premier et le troisième mercredi du mois de 15 à 17 heures.

Mercredi 14 septembre : Journée à l’île Sainte-Marguerite ; nous visiterons les trois cimetières et déjeunerons au Fort-Royal.

Pour tous renseignements tel : 06 10 83 12 39.

 

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27 juillet 2016 3 27 /07 /juillet /2016 21:47

LIENS ASSOCIES : MARIE LAURENCE DE ROCHEFORT YES YOU CANNES

Cette lecture nous a donné l’idée de connaître l’histoire du 3,14, ancien Savoy.

Ludique avec ses couleurs et sa décoration inspirée des cinq continents, l’hôtel 3,14 a été conçu selon les règles du Feng Shui chinois qui signifie littéralement « le vent et l'eau ». C’est un art millénaire qui a pour but d'harmoniser l'énergie environnementale d'un lieu de manière à favoriser la santé, le bien-être et la prospérité de ses occupants.

Le Savoy, c’est le passé qui nous intéresse, fut construit en 1926. Les architectes en sont P. Gadenn (A.D.) et P. Martineau (DSLG). Il est alors bâti sur un terrain de 20 200 m2 environ, tenant du Nord à la rue du Dragon, de l’est à la rue de la Plage, du midi à la rue Tradelière et de l’ouest à la villa Lakmé. (en1929, la villa La Mascotte).

Hôtel 3,14. Rue François Einesy. Photo MLR.

Hôtel 3,14. Rue François Einesy. Photo MLR.

Cet hôtel est clôturé par un mur en maçonnerie surmonté de balustres. Il est constitué d’un rez-de-chaussée et de deux étages, la toiture formant terrasse. Un escalier en ciment de six marches à l’entrée formant véranda. Quatre fenêtres, deux de chaque côté du perron. Le corps du milieu est en retrait.

 

En-tête d’une lettre. Archives municipales de Cannes.

En-tête d’une lettre. Archives municipales de Cannes.

Très vite l’hôtel qui appartient à la Société Foncière du Nord de la France, est l’objet de vente aux enchères publiques. En 1929, la vente atteint 1 400 000 francs, il y aura une première surenchère avec une vente réalisée à 1 633 000 francs puis une folle enchère à 2 550 000 francs après saisie immobilière en 1935.

Plan de l’hôtel Savoy. Archives municipales.

Plan de l’hôtel Savoy. Archives municipales.

En 1956, on lit dans un courrier de la ville de Cannes : Les prescriptions du programme d’aménagement de la Ville prévoient pour le secteur considéré que la hauteur à la verticale des constructions ne peut excéder la largeur de la voie. Signé, maire de Cannes. Ainsi sera refusée une surélévation. Sources : Archives municipales de Cannes 2S 402, 47 W1674.

 

CE MOIS-CI

Lettre d’André Capron, alors adjoint au maire, à Jean Hibert maire de Cannes :

J’avais eu la pensée de vous proposer de faire classer votre tour du Suquet pour la soustraire aux injures du temps et des hommes. Vous me direz que je veux me mêler de ce qui ne me regarde pas. Je vous répondrai que cette tour nous regarde, nous autres Cannois, et si bien nous regarde que sans elle Le Suquet perdrait une grande partie de sa silhouette pittoresque. Alors je vous interroge timidement pour savoir ce que vous en pensez.

A. Capron écrit du château de Passins dans l’Isère. La tour du Suquet ne sera classée monument historique que le 28 juillet 1928.

Recherche de F. V.

 

A LA FAVEUR D’UNE RENCONTRE.

Une amie ayant connu l’octroi à Cannes, boulevard Carnot a évoqué ses souvenirs : les camions, les charrettes, les charretons, transportant des marchandises, faisaient la queue devant la bascule pour payer leur droit de passage.

C’est celui de la route de Grasse à la limite du Cannet, implanté en 1874 qui est déplacé sur le boulevard Carnot à la hauteur du square.

Publiée dans Nice-Matin, date incertaine.

Publiée dans Nice-Matin, date incertaine.

L'octroi Bd Carnot . Photo F.V.

L'octroi Bd Carnot . Photo F.V.

C’est vers 1800 que Cannes, comme d’autres villes, institua l’octroi, à la recherche de recettes. On institua des taxes sur les combustibles et d’autres produits. Le territoire de Cannes rapportait des vins et des huiles en abondance, en plus des figues, citrons, oranges donnant lieu à un commerce abondant. Cannes était aussi l’entrepôt et le débouché de toutes les denrées des montagnes voisines.

En 1880, un bureau d’octroi et un poste de police sont créés sur le terrain Debionne à l’angle de la Nationale 7 et du chemin de Notre-Dame-des-Pins, un autre à la verrerie de La Bocca (au rez-de-chaussée du commissariat actuel). 

Octroi La Bocca 1904. Carte postale aimablement communiquée par F. V.

Octroi La Bocca 1904. Carte postale aimablement communiquée par F. V.

En voici une autre

Carte postale aimablement communiquée par Irène Payan.

Carte postale aimablement communiquée par Irène Payan.

La recette de l’octroi était en 1880 de 579 130 F.

Le 31 décembre 1942, le dernier bureau d’octroi fermait ses portes, il accroissait encore plus les difficultés d’approvisionnement des denrées. Par la loi du 2 juillet 1943, le gouvernement Laval supprimait l’octroi en France.

 

COMME L’ASSOCIATION …

Est en léthargie pour l’été, nous vous invitons à faire une sortie très familiale au musée Escoffier à Villeneuve-Loubet. Nous avons par deux fois, évoqué Escoffier, (billet de mars 2013 et de novembre 2013). Aujourd’hui nous vous donnons la recette de la Salade César qu’il créa en l’honneur de son ami César Ritz, le célèbre hôtelier de Paris et de Monaco.

L’originalité vient que la salade est servie dans un bol constitué en pâte sablée.

Pour la pâte, 200 g de farine et 80g de Maïzena, 180g de beurre manié, 1 cuiller à café de sucre et une pincée de sel, 1 cuiller à soupe de vinaigre balsamique, 1 jaune d’œuf et 5 cuillers à soupe d’eau. La pâte sablée est mise au frais pendant trois heures avant d’être étalée et découpée en quatre disques qui doivent former quatre bols. Cuisson : 180°, 25 minutes.

La garniture est faite de deux blancs de poulet cuits et coupés en dés, une salade romaine, bien sûr, et des copeaux de Parmesan pour garnir.

La sauce d’accompagnement est une mayonnaise parfumée par six filets d’anchois hachés avec une gousse d’ail. Cette recette est authentique.

Photo sans commentaire.

Photo sans commentaire.

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25 mai 2016 3 25 /05 /mai /2016 02:11

PRÉTEXTE D’UNE RENCONTRE

Au cours de notre Assemblée générale, nous avons bavardé avec un aimable Néerlandais au sujet du baron Lycklama et du Bal masqué accroché aux cimaises du musée de La Castre qui fut offert par sa veuve.

 

Bal travesti chez le baron de Lycklama : huile sur bois, 0,48 x 0,81.Signature bas à droite Pierre Van Elven et en bas à gauche Villa Escarras 1874. Photo Gérard, aimablement adressée par le musée de la Castre.

Bal travesti chez le baron de Lycklama : huile sur bois, 0,48 x 0,81.Signature bas à droite Pierre Van Elven et en bas à gauche Villa Escarras 1874. Photo Gérard, aimablement adressée par le musée de la Castre.

Pierre Van Elven (1831-1908) accompagnait le baron Lycklama en Orient.

Qui était le personnage accroupi en bas à gauche du tableau ? Notre interlocuteur avait suggéré Abd-el-Kader, nous n’ignorons pas que des prisonniers de sa Smala étaient internés à l’île Sainte-Marguerite et G. H. (notre interlocuteur) nous apprenait que le baron l’avait rencontré à Damas, recherchant une autorisation pour se rendre à Palmyre. Et voici le résultat de la recherche par l’un d’entre nous, F. V.

Bal costumé de la villa Escarras le 16 février 1874. Les Échos du dimanche 21 février 1874

Le grand bal masqué donné par M. le baron Lyklama, a eu lieu lundi 16 février dans les beaux salons de la villa Escarras, accrus pour la circonstance d'une annexe en charpente recouverte en zinc, qui régnait dans toute la longueur de la maison d'habitation, englobant la ligne d'orangers touffus et le bosquet qui précèdent le jardin. Cette soirée, organisée sur des proportions exceptionnelles restera dans les traditions de Cannes comme un souvenir de fastueuse élégance ; et ces mots s'appliquent, à la fois aux brillants costumes des invités et à la réception dont ils ont été l'objet. Malgré le désir exprimé par le noble Hollandais de nous montrer sobre en ce qui le concerne nous ne serons que l'écho de la haute société qui, avec un empressement tout cordial, a répondu à son gracieux appel, en disant que depuis bien longtemps notre ville n’avait vu pareille fête.…

A dix heures plus de deux cents personnes se trouvaient réunies dans les deux grandes pièces du musée Lycklama, très artistiquement disposées en salles de bal ainsi que dans les deux salons de la villa, le tout bien entendu, ruisselant de lumière, qui faisait ressortir la plus abondante profusion de fleurs et de feuillages exotiques. Les danses ont d'abord duré avec le plus grand entrain jusqu'à une heure et demie du matin, aux accents d'un véritable orchestre habilement conduit par M. Brick le sympathique secrétaire du Cercle.

Un buffet de bal avait été dressé dans la salle à manger ordinaire de la villa, et, à chaque repos, les danseurs, conduisant leurs danseuses, allaient s'y servir des rafraîchissements qui n'eussent pu sans inconvénient circuler au milieu d'une assistance aussi nombreuse et aussi pressée. Le service de ce buffet avait été confié à la maison Nègre, si connue pour la supériorité de ses fournitures.

Une interruption d'une heure a été consacrée au souper, servi dans la salle à manger provisoire, vaste galerie brillamment illuminée et décorée de glaces, ou plutôt véritable jardin d'hiver, à cause de l'abondance des arbustes et des fleurs, avec cascade et ruissellement d'eau courante. Les quatorze tables, qui avaient été dressées là, s'étant trouvées insuffisantes, on a dû en improviser d'autres à l'intérieur de la villa, et le service s'est renouvelé plusieurs fois, afin de permettre à tous les invités de prendre part à ce repas nocturne, auquel, nous n'avons pas besoin de dire, rien n'a manqué. Le souper, abondamment fourni en poisson, jambon, volailles de Bresse, dindes truffées, faisans, chevreuil, pâtés, gelées variées, gâteaux de toutes sortes, etc… faisait le plus grand honneur au talent culinaire de l'habile chef de M.Lycklama.

Les danses ont repris ensuite avec une nouvelle animation et se sont prolongées jusqu'au jour

Nous allons citer quelques noms et quelques costumes, et dans notre embarras de respecter suffisamment la hiérarchie, nous présenterons cette énumération, forcément restreinte, en suivant l'ordre alphabétique :

Mme d'Agault, en petite cauchoise.

M.Allanson Knight, en grand veneur du XVIIIe siècle. Mme Allanson Knight (comtesse de Polignac), en Madame Pompadour.

M.Bar-Patteson, en costume officiel et Madame en paysanne anglaise.

Mme Bartholomew, en Diane chasseresse.

M.Béchard, en débardeur folichon.

M. le général comte de Bernis en manteau vénitien, et Madame la comtesse en merveilleuse.

Mme Braddon, en costume dix-huitième

Mme la comtesse de Chaponnay en marquise Pompadour.

Lady Cloncurry, en costume dix-huitième.

M.Close en Louis XIV jeune. Mme Close, en sorcière dix-huitième (costume anglais).

M. le chevalier de Colquhoun d'abord en Templier puis en bourgmestre flamand. Mme de Colquhoun en Marie Stuart, parée de riches diamants.

Lord Dalousie en habit de soirée, portant le grand cordon de l'ordre du Bain.

M. le comte des Fayères en domino.

M Maurice Dolphus en Pierrot.

M. Fauchier en costume du temps du Directoire, composé d'étoffes de l'époque.

M. de Font-Michel en costume de seigneur florentin

M le docteur Gimbert en médecin du dix-huitième siècle, habit de l'époque.

Mme Hankey en costume pompadour.

Mme Heard en costume Louis XV, cheveux poudrés et magnifiques diamants.

M. Hennesy en khalife.

Mlle Hooffman en costume de marquise recouvert de poudre diamantée.

Mlle Jenkinson en paysanne

M. le comte de Karoli en costume de bal et manteau vénitien

Mme Kennard en Marie–Stuart avec robe fleurdelisée

M. le comte de Lahédoyère, en seigneur du XVIe siècle, avec agrafes en diamants et turquoises.

M. le vicomte de Laferrière en manteau vénitien.

Mme et Mlle Leakre, en bergères.

M. et Mme de Lorrière en contrebandiers espagnols, étoffes et façon de l'époque

M. le comte Muiszech en costume de ligueur rehaussé de pierreries

Mme Moore en Marie Stuart

M. le prince de Moskova en toilette de bal et manteau vénitien.

Mlle Mulholland en costume arabe aux couleurs variées et enrichi de perles.

Mme la comtesse de Palfy en Nuit et en Printemps de Watteau.

M. le comte du Passage, en Michel Ange, et Mme la comtesse en costume tricolore fleurdelisé.

Mme Pillé en noble espagnole.

M. le vicomte du Ponceau en duc de Guise

M. le comte de Pracontal en jardinier Watteau.

Mlle Richardson, cheveux poudrés et costume Louis XV, en satin blanc piqué.

M Rigal en postillon de Longjumeau et Madame en Arménienne d'Erzéroum.

M. Tève en Arabe algérien.

M du Tillet en marié breton.

M Tripet en costume style Louis XIV, Mme Tripet-Scripytzine, en señora espagnol.

M le duc de Vallombrosa en toilette de bal et manteau vénitien, et Madame la duchesse en marquise Louis XV, parée de magnifiques perles et de superbes diamants.

Le maître de maison avait choisi parmi les nombreux costumes acquis dans ses voyages, un riche habit de seigneur de Bagdad, confectionné à Bagdad même, entièrement brodé d'or, avec coiffure enrichie de perles et brillants.

M. le baron de Lycklama n'a cessé de redoubler de soins pendant toute la soirée pour être agréable à ses hôtes, s'occupant des moindres détails de la fête qu'il était heureux de leur offrir assisté dans cette surveillance délicate par la conservateur de sa collection, M.E. Massenot, revêtu d'un costume à la fois simple et correctement fidèle de cheikh du Liban, rapporté par lui, de sa récente et fructueuse mission en Orient.

Notre compte rendu ne serait pas complet si nous ne rendions pas une justice méritée à la manière dont le service de cette fête importante a été fait par les gens de la maison, en livrée de gala, et par le personnel auxiliaire, si habilement dirigé par M. Louis Richard, premier maître d'hôtel du Grand hôtel de Cannes.

Revenons au tableau et au personnage accroupi en avant. Nous avons donc le choix entre trois noms. Laissons F. V. avoir le dernier mot : une préférence pour M. Massenot, homme de confiance du baron qui revient d'un long voyage en Orient où il a acheté de nombreuses antiquités. Il raconte son périple à certains convives admiratifs à ses pieds.

PEINTURES CANNOISES ANECDOTIQUES

BUTTURA Ernest Antoine Eugène : Rue de la boucherie vers 1860. Don de Madame de Praingy ou Prangy ( ?). photoHuile sur toile, photographie d’Irène Payan.

BUTTURA Ernest Antoine Eugène : Rue de la boucherie vers 1860. Don de Madame de Praingy ou Prangy ( ?). photoHuile sur toile, photographie d’Irène Payan.

Cette rue construite au XIXe siècle au pied de l’ancien rempart nord de la Ville du Moyen-Age, rappelle le souvenir de la boucherie municipale qui fut jusqu’à la fin de l’Ancien Régime l’une des nombreuses « resves » (ferme) créées par la Communauté en vue d’assurer le ravitaillement local. Le monopole de la vente au détail était adjugé au plus offrant… un système commercial tout à l’avantage du consommateur. Constant Bianchi.

 

COMPLEMENT D’ENQUETE

Un aimable lecteur a désiré joindre une anecdote concernant Alain Decaux : Il fut voisin de Cannes, ayant une maison à Valbonne. A. Decaux a reçu son épée d’académicien dans le grand amphithéâtre de la maison de la Radio. Il était devenu à la Libération, l’ami de Sacha Guitry.

 Alain Decaux, recopiait pour un journal une lettre qui lui était adressée par Lana Marconi : « Très cher ami, vous allez reconnaître la bague qui ne quittait jamais la belle main de Sacha. Que la pierre en soit sertie sur votre épée, et que celle-ci vous accompagne jusque dans votre dernière demeure afin qu'elle n'appartienne jamais à personne d'autre que vous. » Et en post-scriptum : « Ce sera sa façon à lui d'endosser l'habit vert » et il continuait  dans la petite boîte, je découvris la chevalière de Sacha et sa magnifique émeraude qui orne depuis lors mon épée d'académicien. Cette épée, j'en ai fait don, depuis, au Musée des Beaux-arts de Lille, ma ville natale.

 

CE MOIS A CANNES

10 juin 1863 :   pose de la première pierre du Grand-Hôtel.

 

 

Photo Carte postale, collection particulière.

Photo Carte postale, collection particulière.

Sur des plans dessinés par Vianay et Blond, cinq cents ouvriers participent à sa construction.

En 1865 on y ajoute un gymnase et une salle d’armes.

Autant de merveilles qui éblouissent Prosper Mérimée, lequel écrit alors : « On a bâti, sur le bord de mer, un hôtel presque aussi grand que le Louvre et qui est toujours plein. ».

Il est vendu en 1881. En 1901, de nouveaux propriétaires l’achètent ; ils font construire une villa dans les jardins.

En 1929, il est rénové puis revendu en 1933.

Pas entretenue pendant la guerre de 39-40, la bâtisse vieillit mal. Le grand parc attire les clients, mais les immenses salons et les cent chambres sont d’un entretien trop lourd. L’époque où les rois occupaient des étages entiers est révolue. Démoli en 1958, le Grand Hôtel est reconstruit en 1963 au même endroit et compte alors 10 étages et 78 chambres. Il sera surélevé d’un étage dans les années 70. Puis le Grand Hôtel vivote, il sera vendu en 1957, la vente aux enchères de son mobilier aura lieu en 1958.

L’ancien Grand Hôtel est démoli et reconstruit en 1963, toujours agrémenté par son beau jardin.

Quant à la Villa du Grand Hôtel – rebaptisée, entre 1929 et 1932, « La Malmaison »–, elle avait été cédée à la commune en 1957 ; elle accueille, aujourd’hui, de grandes expositions d’art contemporain.

Source : Andrée Bachemont, Hôtels et Palaces à la Belle époque. 

Le Grand Hôtel boulevard de la Croisette

Le Grand Hôtel boulevard de la Croisette

ON NOUS COMMUNIQUE

Jeudi 9 juin, promenade à Beausoleil. Le matin, visites guidées du Riviera Palace et de la villa Juturne. Déjeuner au restaurant. Après-midi : visite guidée du quartier Belle-Epoque et du quartier du Carnier.

Tel : 06 10 83 12 39.

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30 mars 2016 3 30 /03 /mars /2016 22:44

~~VILLA ARAUCARIA

La soif des promoteurs nous a intéressés et nous avons eu envie de vous faire connaître davantage l'ancienne villa Araucaria. Elle a été construite à l’intérieur d’un vaste domaine où se trouvait autrefois le château de Thorenc qui fut construit vers 1870 pour la duchesse de Bedford (initiatrice du Five o’clock tea) (billet N°24, avril 2012).

En 1925, un fils de maharajah fit édifier dans le parc la villa Araucaria. Les architectes Emile Molinié, Charles Nicod et Georges de Montaud, la dessinèrent dans le style moderniste de l’époque. Quelques années plus tard la villa devint indépendante du domaine.

En 1928, son propriétaire est M. Durand de Lyon et elle s’appelle La Carmencita. La comtesse Sampieri (née Cahen d’Anvers) l’achètera dans les années 50 au baron de Dietrich, puissant industriel d’Alsace-Lorraine. C’est sans doute la comtesse Sampieri qui fit agrandir la villa et adapter le jardin. Elle possédait aussi les villas Laurence, avenue du Roi-Albert et Elvina, angle du boulevard de la République et de l’avenue de Lyon.

Villa et chemin des AraucariasVilla et chemin des Araucarias

Villa et chemin des Araucarias

Dans le parc loti certainement avec les autorisations nécessaires, sont érigés deux importants immeubles, au moins une vingtaine d’appartements et la villa redistribuée, ce qui signifie une voiture et demie par appartement ; on est loin de deux remises, quatre voitures ou quatre voitures hippomobiles dans le Chemin des Araucarias !

 

 

Maquette du projet en cours.

Maquette du projet en cours.

REMINISCENCE

détail du billet de 20€

détail du billet de 20€

Le nouveau billet de banque de 20 € a en filigrane le portrait d’Europe. La fenêtre située dans la partie supérieure de l’hologramme devient transparente et fait apparaître le portrait d’Europe visible sur les deux faces du billet. Ce portrait provient d’un vase vieux de 2 000 ans découvert dans le sud de l’Italie et qui est exposé au Louvre.

~~Nous avons aussi au Musée de la Mer notre Europe.

L'Enlèvement d'Europe (photo adressée aimablement par le Musée de la Mer).

L'Enlèvement d'Europe (photo adressée aimablement par le Musée de la Mer).

COMPLEMENT D’ENQUÊTE

Un fidèle lecteur communique au sujet de la Californie : elle était surnommée " la petite Sibérie". Cette appellation était due aux vents froids qui règnent toujours dans ce quartier ; le hasard a voulu que les premiers hivernants russes le colonisent à la fin du XIXe siècle.

 

PEINTURES CANNOISES ANECDOTIQUES : LA VILLA ROSALIE

François-Louis Français (1814-1897) : Jardin de la villa Rosalie.

François-Louis Français (1814-1897) : Jardin de la villa Rosalie.

Le 28 décembre 1909, elle est à vendre à l’agence Andrau. Située route d’Antibes et boulevard Alexandre III, elle possède onze chambres et un logement de jardinier au premier étage (toujours accessible entre l’immeuble Diana et la boulangerie). Le terrain est clos des murs, lawn-tennis, puits, nombreuses sources d’arrosage, grand bassin pour irrigation, buanderie, lavoir. Les cocotiers, dattiers, phœnix, mandariniers ornent le jardin.

 

Carte postale aimablement transmise par F.V.

Carte postale aimablement transmise par F.V.

Tout, porte à croire que la résidence Diana a été bâtie sur cette propriété qui en 1954 s’appelle Entella et est convertie en immeuble avec un appartement par niveau.

Sources : Archives municipales 2S 136

 

Tout ça pour ça!

Villa Rosalie Ave. Maréchal-Juin Photo M.L.R.

Villa Rosalie Ave. Maréchal-Juin Photo M.L.R.

 

 

LIENS ANNEXES : PAULINE DREYFUS, CE SONT DES CHOSES QUI ARRIVENT.

Marguerite Maeght habite au 10 rue des Belges. Son fils est Adrien. Une boutique minuscule dont la vitrine est si encombrée qu’on se croirait sur un stand des puces : mobilier moderne et postes de radio, telles sont les spécialités de la maison Arté. Contre les murs,… posées par terre, des dizaines de toiles dont on ne voit que le châssis. … Aimé Maeght se rend régulièrement à Paris pour récupérer les tableaux que les marchands juifs n’ont plus le droit de vendre, ou ceux qui risqueraient d’être pillés par l’occupant allemand… Aimé recouvre les tableaux de scènes de genre peintes à la gouache et signées de sa main ; n’est-t-il pas un artiste, lui aussi ? Marguerite retourne quelques toiles. En vrac, Utrillo, Renoir, Matisse, Monet…

 

Emplacement de la maison Arté, photo MLR.

Emplacement de la maison Arté, photo MLR.

ON NOUS COMMUNIQUE

Vendredi 8 avril vous est proposé un après-midi à Nice.

A 14 heures, visite guidée du vieux Nice et à 16 heures visite de la crypte archéologique.

Pour tous renseignements tel : 06 10 83 12 39.

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27 mai 2015 3 27 /05 /mai /2015 23:53

~~C’ÉTAIT AUTREFOIS

Les dernières élections, 22 mars 2015, avec un nouveau découpage électoral, une partie des électeurs de Cannes votant avec ceux du sud du Cannet, (canton de Cannes 1), nous ont donné l’idée de revoir l’histoire de nos deux agglomérations.

Dans le passé, les deux bourgs ont à leurs têtes trois consuls avec une surveillance complexe des abbés de Lérins.

Au XVème siècle, les querelles s’enveniment entre Cannois et Cannetans malgré la présence d’un consul cannetan parmi les trois consuls.

En 1765, le sieur Augier, troisième consul, qui était cannetan, eut l’idée d’emporter au Cannet son chaperon afin de le porter lors de la fête de Saint-Didier, le 23 mai, fête patronale du bourg. Les Cannois s’en indignèrent et adressèrent une protestation auprès du parlement de Provence. La cour d’Aix-en-Provence donna gain de cause au Cannetan à charge pour lui de faire apporter à ses frais le chaperon à Cannes les jours de cérémonies.

Nous voici en 1774, les moines de Lérins gèrent Le Cannet. Les habitants forment alors une véritable communauté par leur origine génoise et leur tradition agricole opposée au commerce maritime de Cannes alors géré par des bourgeois. Ils se sont groupés en hameaux éloignés de Cannes. Ils trouveront un appui auprès du ministre Turgot dans leur démarche pour s’en séparer.

Le 9 août de cette année, Louis XVI érige par un arrêt royal Le Cannet en commune indépendante de Cannes et de Mougins. Cependant, ce n'est que le 29 janvier 1777 que cet arrêt fut enregistré par le Parlement de Provence. Le territoire cannetan est issu de parcelles de ces deux communes.

Le Cannet trouvera des opportunités pour s’agrandir, les immigrés italiens travaillant à Cannes se groupent autour du four à chaux qui deviendra le quartier Rocheville. Le quartier des Bréguières, par la suite, rognant sur Mougins, à la fin du premier Empire donne à la ville son actuelle superficie jusqu’en 1970 avec le quartier Garibondy, le plus occidental, il est géographiquement en marge, mais rattaché à la commune, grâce au chemin de Carimaï.

Le choix de la situation de la gare, engendrera de nouvelles querelles. La gare était déjà en activité depuis 1863 là où nous la connaissons. Suite aux nombreux mécontentements concernant le tracé de sa voie, le conseil municipal envisage en 1881 de la déplacer plus au nord et de la rebâtir à la place d’un hôtel, (actuellement le lycée Jules-Ferry). Les protestations font rage : En reculant la gare jusqu’au territoire du Cannet, on fera une bosse à notre ville, et la voie ferrée au lieu d’étreindre sa taille, paralysera ses bras…

Pont de la Foncière

Pont de la Foncière

~~ De ces tribulations il reste «le pont de Lyon » qui n’a jamais eu la fonction qui lui était réservée. Le tunnel passant par la Croix-des-Gardes et sous la « Californie », l’idée venait du directeur de la Société Foncière Lyonnaise, filiale du Crédit Lyonnais, M. Germain, elle fut refusée par la Compagnie Paris-Lyon-Méditerranée. Mais quel grand dommage que ce pont soit situé si près de ce Cannet que l’on déteste…pouvait-on lire dans la presse locale !

Le Pont de Lyon. Avenue du Camp-Long. Photo FV.

Le Pont de Lyon. Avenue du Camp-Long. Photo FV.

~~De ce passé commun, il reste deux blasons de même inspiration, ils sont traversés par une palme et possèdent deux fleurs de lys, en argent pour Le Cannet et en or pour Cannes.

Sources :

Bernard Cornut-Gentille, Histoire de Cannes.

T. de Ville d’Avray, Histoire de Cannes, tome III.

Christian-Georges Rizzo-Pierrel, Histoire de la butte de Saint-Cassien de Cannes, de sa chapelle et du village d’Arluc.

~~CE MOIS À CANNES : Le Littoral, 1er mai 1932.

Inauguration de la route Napoléon 1er du 10 au 13 Juin 1932.

Le départ de Golfe-Juan a été fixé au 10 juin à 17 heures. A Cannes aura lieu l'inauguration de la plaque apposée sur la façade de l'Eglise Notre-Dame, à l'endroit même où Napoléon, dans la nuit du ler au 2 mars, établît son campement. Cette cérémonie sera suivie d'une représentation au Palm Beach Casino où sera donnée, une pièce en vers de Mme Moreau-Bellecroix « Le Camée de l'Empereur » et un impromptu de M. Georges Loiseau rappelant les événements qui se sont déroulés à Golfe-Juan et à Cannes, lors du passage de l'Empereur dans ces villes.

La soirée se terminera par une conférence de M. Hubert Dhumez.

Le lendemain, la caravane, empruntant ce qui fut le périlleux chemin que suivait la troupe de l'Empereur, se dirigera vers Grasse où eut lieu, sur le Plateau de Roquevignon, maintenant Plateau Napoléon, la première halte de la petite armée.

Suivant étape par étape la route qui n'était alors qu'un chemin muletier, et que, sous la neige qui tombait à gros flocons et le vent froid qui soufflait, Napoléon parcourut à pied, suivi de ses fidèles grognards. La caravane gagnera Saint-Vallier où, sur la Place Apié, sous un grand ormeau que remplace maintenant une colonne commémorative, Napoléon se reposa. Le passage des troupes impériales a laissé de durables souvenirs dans le pays. Un verre dans lequel but l'Empereur fut pendant longtemps conservé par une famille du pays ; Escragnolles où eut lieu une nouvelle halte et où Napoléon rendit visite à la mère du Général François Mireur, originaire de ce village, qui fut tué pendant la Campagne d'Egypte, à Damanhour, et à laquelle il remit un rouleau de 500 francs en or.

Par Séranon, Castellane qui n'étaient reliés à l'époque que par un mauvais sentier, et où la petite troupe rencontra les pires difficultés ; Barème et Digne, les officiels gagneront Sisteron, où se passera la première nuit.

Napoléon arriva à Sisteron le 6 mars 1815, vers 11 heures du matin, précédé par Cambronne et ses grenadiers qui composaient l'avant-garde.

« Aura-t-on le plaisir de me revoir sur le trône ? » demanda l'Empereur, « Des sottises ont été faites, je le sais. Je réparerai tout, le peuple sera heureux » assura-t-il. Des vivats s'élevèrent et le cortège s'éloigna par la porte du Dauphiné au milieu d'acclamations nourries.

~~La caravane officielle, poursuivant sa route gagnera ensuite Gap, La Mure, Laffrey où partout sur son passage fut acclamé l'Empereur. Villes qui gardent encore vivant, évoqué le soir à la veillée, le souvenir de la magnifique épopée.

L'arrivée à Grenoble, terme du voyage, aura lieu le 13 juin.

C'est à Grenoble, première étape du pouvoir reconquis par l'Empereur, que deux mille paysans armés de faux et de vieux fusils, portant des torches, encadrant les soldats formés en colonnes reçurent l'armée aux cris de « Vive l'Empereur ».

Napoléon y reçut les autorités de la Ville, agit en souverain et, à Sainte-Hélène, il pouvait légitimement écrire : « Jusqu'à Grenoble, j'étais aventurier, à Grenoble, j'étais Prince ».

~~LIENS ANNEXES : André COTTALORDA - La fabuleuse histoire du sport cannois.

La résidence "LE CASTILLE" 15 boulevard Montfleury.

La résidence "LE CASTILLE" 15 boulevard Montfleury.

~~Une des dépendances de l’hôtel Castille est mise à la disposition du « noble art » par son propriétaire Drac del Castillo. Là, à côté d’un minigolf, et d’un bar américain une vaste salle avait permis l’installation d’un ring surélevé de six mètres de côté autour duquel pouvaient prendre place aisément plusieurs centaines de spectateurs. Le premier gala fut organisé le 24 mars 1931. Ce soir-là, on avait distribué à tous les présents un petit opuscule pour mieux les éclairer sur la manière de juger un match de boxe. Au programme, cinq combats opposant en légers le Marseillais Marquet au Lyonnais Dubreuil ; chez les moyens, un Cannois, François Bietta qui envoya rapidement au tapis son adversaire lyonnais nommé Debiesse et surtout Jean Bottero qui, chez les mi-moyens, élimina facilement le Niçois Max Roger.

LES ARBRES ERRATIQUES, suite et fin.

LE TENUIS : Au croisement de la rue Saint-Jin-Jin et de l’avenue de Lérins survit aux démolisseurs de la villa Tenuis, le palmier à qui celle-ci doit son nom. C’est un palmier des îles Canaries Phoenix Juboe Christ. Merci à F.R.

Résidence L'Olympe, avenue des Hespérides.

Résidence L'Olympe, avenue des Hespérides.

~~ Cet arbre introduit par le vicomte Vigier est remarquable par son tronc très robuste supportant une magnifique couronne de feuilles dont on peut compter une centaine sur le même pied. Ses fruits se sèment spontanément mais ne sont guère mangeables même dans leur patrie. On en connait aussi au château des Tours.

ON NOUS COMMUNIQUE

C’est avec plaisir que nous avons vu la Galerie de Cannes rouverte. Elle avait été simplement rafraîchie.

Le samedi 13 juin, il est prévu une journée à La Brigue avec la visite guidée des fresques de Notre-Dame des Fontaines, celle du village de Saorge avec nos amis de l’Académie Clémentine et le Vendredi 26 juin, une journée sur l’île Saint-Honorat, la connaissance des archives du monastère et une promenade guidée dans l’île.

Pour tous renseignements 

Tel : 06 16 78 97 71.

Les archives municipales organisent des visites guidées du « quartier russe » les 2 et 16 juin de 10 h à 12 h. 

Tel : 04 89 82 20 60.

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