ACTUALITÉS : RENDONS HOMMAGE À PHILIPPE BOUVARD.
Nous reproduisons une interview réalisée dans Nice-matin en 2022.
— Je ne suis pas le seul à éprouver cette passion, (d’écrire) mais elle m’a saisi très tôt. Dès six ans, grâce à un vieil oncle imprimeur, j’ai pu sortir un petit magazine sur du papier rose très étroit, où je m’adressais à ma famille, dont je n’avais que les membres pour lecteurs. À huit ans, j’ai écrit dans un journal de l’école communale, puis du lycée, avant de créer le Kleber Digest durant mon service militaire en Allemagne, ce qui m’a rendu les choses beaucoup plus agréables après deux mois de classes assez pénibles. Je vais bientôt avoir quatre-vingt-treize ans, dont quasiment quatre-vingt-sept ans de journalisme.
— Vous avez d’ailleurs été président de Cannes Radio ?
— Au début du mandat de Michel Mouillot, à l’époque où les relations étaient assez faciles avec lui, il m’avait proposé de diriger cette radio. J’avais déjà beaucoup d’occupations à Paris, mais le maire m’avait dit: « Quand vous venez à Cannes, vous ferez un peu d’antenne et vous passerez vos consignes au personnel. » Ce fut une collaboration généreuse, à titre gracieux.
— À Nice-Matin, ce fut aussi quatorze ans de chronique quotidienne !
— Mon billet ne s’est pas arrêté un seul jour durant ces quatorze ans ! Et cela m’a conféré un contact privilégié avec les lecteurs, que je n’avais jamais eu avec la presse nationale.
— En David Lisnard, actuel maire de Cannes, vous verriez bien un futur maire de Cannes ?
— J’ai fait sa connaissance quand je me suis installé à Cannes, et j’ai découvert un homme exceptionnel par son humanité, sa culture, l’attention portée aux gens. Je suis ravi qu’il ait accédé à la présidence des maires de France, en attendant mieux. Mais je suis persuadé qu’un jour, il sera installé au sommet.
— Vous dites du Petit Monde de Don Bouvardo que c’est un livre testament. Vraiment le dernier ?
— Oui, j’ai déjà dit ça pour les quatre derniers ! En principe, il serait raisonnable d’arrêter, mais j’ai déjà une idée pour un 70e, qui s’intitulerait : Succursale de l’enfer ou antichambre du paradis ? J’ai désormais la vue aussi basse qu’une taille qui a perdu des centimètres, mais je me fais lire les journaux, à commencer par Nice-Matin, et les moments où je ne travaille pas sont des moments où je m’ennuie !
Philippe Bouvard dédicace Le Petit Monde de Bouvardo (éditions L’archipel, 240 pages, 18 euros) le samedi 15 octobre à la librairie Autour du livre (17, rue Jean Jaurès), à Cannes – ceci est la raison de l’interview –.
N. B. Il est enterré au Grand Jas
Le théâtre Alexandre III devient le Théâtre Philippe Bouvard.
La mémoire de cette figure de la radio, de la télévision et des lettres s’inscrit désormais durablement dans le patrimoine culturel cannois. Par décision du Conseil municipal du 28 septembre 2026, l'ancien théâtre Alexandre III porte désormais son nom ; un hommage pérenne à son parcours d'auteur et d'homme de spectacle et en remerciement pour tout ce qu'il a apporté à notre quotidien.
UNE ROSE pour une Cannoise de cœur : La duchesse de Vallombrosa.
En 1879-1880, Gilbert Nabonnand crée une variété d'exception : la rose « Duchesse de Vallombrosa ».
Par cette création, le maître botaniste tenait à honorer une figure centrale de la villégiature cannoise : la duchesse de Vallombrosa, née Pauline Geneviève de Pérusse des Cars, épouse depuis 1857 du deuxième duc de Vallombrosa, Richard Jean Manca-Amat. On disait d'elle qu'elle était « une fleur parmi les fleurs », et tous ceux qui l'ont approchée tombaient sous le charme de sa beauté et de son esprit romanesque.
Au-delà de cet hommage floral, le nom de la duchesse reste indissociable de l'âge d'or de la Côte d'Azur et ouvre l'histoire de l'illustre famille de Vallombrosa et de son emblématique Château des Tours...
Le duc de Vallombrosa et son épouse deviennent cannois lors de l’achat le 25 avril 1861 du Château des Tours qui, selon Mérimée « était un grand vilain château bâti par des Anglais, c'est-à-dire dans un style d’architecture bien pénible à regarder ».
Le château des Tours : 6 avenue Jean-de-Noailles. Images AMC : 14Fi365 - 32Fi532 - 3Fi43 -
Le couple entreprend son agrandissement en ajoutant deux ailes puis aménageant une chapelle. L’acquisition des terres voisines permet l’aménagement du parc, d’une tonnelle garnie de rosiers ombrageant l’allée menant au château.
Derrière le château, le couple avait fait aménager un petit zoo pour le plus grand plaisir des visiteurs. Devant le nombre croissant de ces derniers, un tronc recueillait les offrandes destinées à l’asile des vieillards (Courrier de Cannes janvier 1874).
Comme le soulignait Stephen Liegard : « Le duc de Vallombrosa est le second fondateur de Cannes après Lord Brougham. Par son esprit d’initiative, par son amour instinctif des Arts et du culte voué à sa patrie d’adoption, le duc de Vallombrosa dignement aidé d’une femme accomplie, a bien mérité et Cannes aime ce souvenir de ce couple. »
Son épouse, la bonne duchesse, a les deux mains toujours ouvertes, symbolisant à miracle la charité et l’hospitalité.
Au dire de sa petite fille Roselyne Manca de Vallombrosa, sa charité lui vaut dans les petits quartiers de Cannes le surnom de « Sainte Duchesse». Elle préside aux destinées de l’Orphelinat du Sacré-Cœur et de la congrégation religieuse des Sœurs Auxiliaires Âmes du Purgatoire.
Ils ont eu trois enfants, Antoine Amédée Vincent Manca – marquis de Morès assassiné au Sahara le 9 juin 1893 –, Claire Isabelle Manca, Amédée Manca. La duchesse mourut dans son château d’Abondant en Eure-et-Loir, le 17 octobre 1887. Le duc, miné par le chagrin, se retira à Paris.
Les Journées européennes du patrimoine offrent l'opportunité rare de visiter le parc, le hall et la chapelle, et de plonger au cœur d'un passé à jamais révolu ; une chance unique à ne pas manquer.
Sources : Demeures anciennes et Beaux Jardins. Archives municipales. Nicole Renoir.
COMPLÉMENT D’ENQUÊTE :
La comtesse de Torby devait sa beauté singulière à son ascendance africaine. Elle était en effet l’arrière-petite-fille du poète Pouchkine, lui-même arrière-petit-fils d’Abram Petrovich — dit Abraham Gannibal —, cet homme originaire d'Afrique devenu le pupille de Pierre le Grand. Cette filiation explique le caractère morganatique de son mariage avec le Grand-Duc.
Merci à Frédéric Vincent.
CE MOIS À CANNES :
Ça s’est passé en Octobre
Le 31 octobre 1940, Cannes célèbre une union scintillante telle un diamant : celle de Jacques Arpels, codirigeant de la maison Van Cleef & Arpels, et de Lucie Grandjean-Hessel, sous le regard de leur témoin et ami, l'écrivain Tristan Bernard.
À propos de cette famille, Francis Lacloche, le fils du joaillier, nous a confié une émouvante anecdote : quelques années plus tard, durant la guerre, alors que Jacques Arpels est recherché par la Gestapo, son père, tout juste interrogé par l'occupant à Mougins, s'empressa de prévenir son ami du danger dès sa sortie. C’est ainsi que le couple Arpels parvint à fuir à temps vers la Suisse. Par ce témoignage, nous constatons qu'au-delà du talent de joaillier, Jacques Lacloche était également un homme de cœur.
Merci à Éliane Reig.
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ON NOUS COMMUNIQUE
- Vendredi 9 octobre à 15 heures : Visite guidée au Musée Bonnard par Mme Fanny Lejay – « Bonnard intime, les toilettes de Marthe » et « Autour de l’Atelier au mimosa ».
Rendez-vous à 14h 45 devant l’entrée du musée, 16 boulevard Sadi-Carnot, Le Cannet.
- Samedi 10 octobre de 10h à 17h30 : Journée des Associations Historiques des Alpes-Maritimes. Espaces Mimont, 5 rue Mimont.
- Jeudi 30 octobre visite du cimetière du Grand Jas : rendez-vous 13h45 devant l'entrée du cimetière.
Pour tous renseignements tel : 07 44 96 30 97.
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