COMPLEMENTS D’ENQUETE : Les librairies à Cannes.
Suite au Billet N°128, une fidèle lectrice, M.D., se souvient d’avoir écrit un article, Librairie Robaudy dans la brochure de notre association Rue d’Antibes qu’elle nous communique.
D’origine niçoise, Fortuné Robaudy, en 1865, crée la première « Librairie anglo-française » au 87 de la rue du Port (à l’emplacement du Crédit Mutuel) avec une machine destinée à l’impression des cartes de visite. Cette année-là, on peut lire dans une lettre qu’une jeune femme adresse à une amie parisienne : je suis allée, ce matin, passer une heure chez Robaudy. Je ne me serais jamais attendue à trouver à Cannes d’aussi ravissantes choses, quelques belles toiles, de jolis dessins et des aquarelles délicieuses…
La librairie, avec son cabinet de lecture, fut transférée en 1872 au 34 rue d’Antibes puis en 1890 au 42.
En 1882, Fortuné Robaudy créa un journal, Le Littoral, et pour en assurer lui-même l’impression, il décida de faire construire un immeuble à l’angle de la rue Hoche et de la rue de Provence (aujourd’hui Hélène Vagliano) où sera transférée la librairie. Y seront imprimés aussi les guides de Cannes.
En 1898, Fortuné s’associa avec Emile Baussy qui épouse une de ses filles. Ils fondèrent en 1908 la Revue de la Riviera.
Lui succédèrent son fils Paul, puis son petit-fils, Pierre….et plus tard la librairie Viale.
LU POUR VOUS : un article paru dans Le Littoral, bien sûr.
Le Littoral 06/01/1913 LA FETE DES ROIS
« Jésus était né à Bethleem, des mages d'Orient vinrent à Jérusalem et dirent : où est !e roi des Juifs qui est né ? Car nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus pour l'adorer... »
« Et l'étoile qu'ils avaient vue en Orient, allait devant eux, jusqu'à ce qu'étant arrivés à l'endroit qu’il fallait pour trouver le petit enfant, elle s'arrêta. »
« Et quand ils virent l'étoile s'arrêter, ils eurent une grande joie. Et, étant entrés dans la maison, ils trouvèrent le petit enfant, avec Marie sa mère ; et se prosternant, ils l'adorèrent et, ayant ouvert leurs trésors, ils lui offrirent de l'or, de l'encens et de la myrrhe… »
Sans doute, beaucoup de citoyens demeurés fidèles au culte de la galette des rois qu'on fait d'ailleurs excellemment dans notre pays, se demanderont-ils en toastant ces jours-ci à la santé du roi de la famille désigné par la fève symbolique , quel prétexte put jamais être invoqué par nos pères pour tirer de la légende charmante citée plus haut les colossales bâfrées dont nos mères-grands n'ont pas perdu le souvenir?
Renseignons-nous en puisant aux meilleures sources, comme disent les historiens.
L'opinion qui a longtemps prévalu, est que la Fête des Rois, coïncidant avec l'époque où se célébraient les saturnales antiques, eut hérité de leurs ripailles, tandis que le Cuniaval eut hérité de leurs désordres.
On se fondait pour soutenir cette thèse, sur deux particularités communes aux deux solennités : l'échange de gâteaux entre amis, pratiqué aujourd'hui encore dans plusieurs de nos campagnes, et l'adoption de la fève comme signe d'une royauté bouffonne imaginée par Plaute dans une de ses comédies de deux siècles antérieurs à l'ère chrétienne.
Il est possible que cette origine offre quelque chose de fondé ; mais il est non moins probable qu'elle n'eût pas subsisté pendant dix-sept siècles s'il ne s'était trouvé une raison durable de l'accorder aux traditions du monde transformé.
Cette raison, l'abbé Bandeville, Anatole France, d'autres écrivains encore, se rencontrent d'accord pour l'indiquer : jusqu'à l'an 337, avènement du pape Jules 1er, la fête de Noël se célébrait le 6 janvier, en même temps que l'Epiphanie (adoration des mages), la Théophanie (apparition de Dieu), le baptême de Jésus-Christ dans les eaux du Jourdain et le miracle des Noces de Cana. Des jeûnes sévères précédaient cette quintuple commémoration, qui, par un juste retour des choses d'ici-bas était suivie de feux de joie et de festins.
Lorsque Jules Ier institua une fête spéciale pour l'Epiphanie, en reportant Noël au 25 décembre, la raison des festins disparut ; mais la coutume était prise. Les fidèles, menacés par les conciles, imaginèrent le moyen de satisfaire l'Eglise et leur gourmandise : ils ajoutèrent un gâteau béni au repas et en réservèrent la « part à Dieu ».
Désormais, l'Eglise accepta de participer aux joies qu'elle avait d'abord proscrites. Au treizième siècle, les chanoines du chapitre de chaque ville élisaient un roi qui prenait la place de l'évêque sous un dais de drap d'or. Trois autres chanoines habillés l'un de blanc, l'autre de noir, le troisième de rouge, et le visage barbouillé de suie venaient solennellement lui rendre hommage, précédés d'une perche portant cinq chandelles allumées pour figurer l'étoile miraculeuse. Le soir, tout le chapitre dinait chez le roi de l'Epiphanie. Il convient d'ajouter que les pauvres bénéficieraient largement de ces agapes...
Anatole France rapporte qu'à la table de François 1er Ie comte de St-Pol ayant été élu roi, une bataille « pour rire » s'engagea entre les partisans du roi véritable et ceux du roi de l'Epiphanie. D'abord, on se jeta des pommes, des œufs, des boules de neige. Mais un des assiégés, excité par le jeu, jeta un tison enflammé qui atteignit François Ier à la tête. Celui-ci tomba sans connaissance.
L'incident mit un frein aux excès de ces divertissements.
Pourtant, jusqu’au Concordat, le jour des Rois fut chômé…
Beaucoup de grands restaurants en conservèrent le rite essentiel jusqu'en 1870, comme ils font aujourd'hui pour le réveillon. L'un de leurs menus nous est communiqué : il s'efforce curieusement à rappeler la cuisine d'autrefois. Qu'on en juge :
Brouet Camelin du Char ; Beignets à la moelle de bœuf ; Tarte des pimparneaux ; Civet de lièvre ;
Chapons ; Poissons d’eau douce et de mer ; Ris engoulés ; Oie à la dodine ; Dariole de crespes ;
Vins ; Grenache.
Epices : Safran, Espic, Anis, Cubebe.
J'ai pensé aimer l’apprendre à ceux de mes lecteurs qui l'ignoraient encore. Au moins sauront-ils maintenant pourquoi ils tirent la fève et couronnent familièrement le roi.
Henry Bogeze.
C’est au XIXe siècle que la fève fut remplacée par un sujet en porcelaine. Les premiers petits baigneurs (petits poupons nus) en porcelaine apparurent en 1875 en Saxe.
Selon la tradition, trouver la fève au gâteau porte chance ; elle doit être gardée jusqu’à l’année suivante. Cette jolie fête fut mentionnée pour la première fois en France dans une charte rédigée par l’évêque d’Amiens en 1311. Merci à M. D.
FALK NEWS : 1 500 Azuréens empoisonnés par des billets de banque.
En 1918, 1 500 décès par la grippe espagnole. La France sort de la guerre totalement anéantie, humainement, politiquement et surtout économiquement. Le pouvoir central est à ce point fragile qu’il a dû déléguer aux chambres de commerce la production de papier-monnaie. …
Ces billets de banque passant de poche en poche, se détériorent, se salissent, se graissent à une vitesse telle qu’ils en deviennent crasseux … les Niçois et les Azuréens accusent les notables de la chambre de commerce d’avoir sinon inventé le virus mortel, du moins d’en favoriser la funeste propagation parmi les classes les plus défavorisées de l’ancien Comté…
Merci à Nice-Matin 28 novembre 2020.
Adieu 2020. Bienvenue à 2021 avec l’arbre aux souhaits.
Les souhaits de l'équipe : reprise des activités en 2021.
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