L’HOMME AU MASQUE DE FER
Nous avons lu pour vous le guide Michelin 1943 qui fait de l’illustre prisonnier un frère jumeau de Louis XIV qui serait né quelques heures après lui….
M. Funck-Brentano a soutenu qu’il s’agissait probablement du comte Hercule-Antoine Mattioli, ministre du duc de Mantoue lequel, après avoir négocié dans le plus grand secret la cession de Casale à la France, révéla la négociation et, la faisant ainsi manquer, affligea par là même une amère mortification à son maître et au grand roi.
En 1931, M. Emile Laloy a proposé que le captif serait un prêtre de la maison du roi, Eustache Danger qui aurait gêné les amours de Louis XIV avec Madame de Montespan et qui, comme Mattioli aurait été enfermé successivement à Pignerol, à Exiles, et enfin en 1687 à Sainte-Marguerite où il serait mort en 1694 tandis que Mattioli, transféré à la Bastille, y serait mort en 1703.
En 1932, M. Maurice Duvivier a cru reconnaître dans le captif Eustache de Cavoye, page de Louis XIV enfant et qui par la suite devint un abominable complice de la Brinvilliers.
A suivre : vous aurez les faits historiques dans le billet de février.
LA VILLA DENISE :
L’article First Croisette du précédent billet a suscité l’émulation pour consacrer quelques lignes à la villa Denise toute proche.
La Croisette initialement n’était qu’une succession de villas certaines imposantes d’autres plus modestes. Au cours des années elles se transformèrent en immeubles de rapport dont beaucoup gardèrent leur nom d’origine : Bernard, Numa Blanc, la brise, bagatelle, Denise etc.
La villa Denise, immeuble de rapport construit vers 1890, fait l’angle rue des Etats-Unis, la Croisette, rue Macé ; par des souvenirs familiaux on connait certains des divers occupants.
En 1894 s’installe au quatrième étage, en location, Madame Joseph Vincent avec ses deux enfants mineurs, (son mari médecin à Valence est décédé en 1893), sa venue à Cannes est peut-être motivée pour des raisons de santé, ou bien espère-t-elle trouver un meilleur parti qu’à Valence pour établir ses deux jeunes enfants ? Ceux-ci firent, en effet, de beaux mariages, sa fille Jeanne épouse en 1900 le comte de la Barge de Certeau (famille originaire de Savoie), et son fils Charles épouse en 1901 Marthe Capron la nièce du maire de Cannes. L’appartement est assez vaste pour qu’il soit partagé par sa fille et son gendre qui y resteront locataires, jusque dans années 1950. Le troisième étage, est occupé par un avocat, Maître Thiollier, résidant à Saigon et qui n’utilise l’appartement, composé de onze pièces, que pendant ses séjours en France, le reste du temps il est mis à la disposition de sa famille.
Au deuxième étage vit une famille de notables originaires des Pyrénées-Orientales, le Dr Emile Guiter, son épouse et leur fils Jean (1897-1959) qui sera un éminent homme politique du parti républicain, sénateur du département de la Seine.
L’occupation de cet immeuble illustre assez bien la composition de l’ensemble des habitants de la Croisette à cette époque : des familles qui ne sont pas originaires de Cannes, aisées, des notables dans leur région d’origine, et qui souvent utilisent les appartements en location, en résidence de villégiature. Les Cannois de souche boudaient cette partie de Cannes ne disaient-ils pas « Je ne vais guère à la Croisette, il faut s’habiller ». Merci à F. V.
ECOLOGIE AVANT L’HEURE
Elle doit son nom à la Villa Madrid dont elle assurait une des limites. Quant à la Villa Madrid, c’était le nom que lui avait donné l’épouse de David Guillaume Ettling à l’achat de la propriété, Adela, fille du baron de Weisweiller, correspondant de la famille Rothschild à Madrid où elle est née (Adela deviendra l'épouse du maire de Cannes, André Capron).
La rue existe sur le plan de 1914. Elle a échappé à l’engouement des colonies (ni cèdres ni palmiers) et n’a pas encore été contaminée par l’art de l’exotisme.
Voici l’avenue de Madrid en pleine canicule. Les platanes majestueux dont les faîtes se rejoignant en voûte, tissent avec leur large houppier une délicate et protectrice ombrelle (Jean-Paul Dubois).
C’est la voie à la fois la plus réac de Cannes avec des essences banales et la plus in avec l’été l’ombrage contre le réchauffement de Cannes et les économies d’énergie l’hiver grâce aux érables à feuilles caduques.
Elle est bordée d’érables sycomores, Acer pseudoplatanus qu’on reconnait par son tronc qui s’écaille et tombe en plaques, ses fruits à ailettes, les samares, sont accolés par deux.
Certains érables ont été remplacés par des tilleuls Tilia grandifolia, au port remarquable quand l’arbre est dépouillé de ses feuilles.
ERRATA : nous avons reçu d’un fidèle blogueur une carte postale de l’église de Notre-Dame des Pins qui est plus dans l’actualité de la visite qu’y fit Napoléon III, (voir billet N° 116). Il nous la communique volontiers. Merci à FV.
DIGRESSION suite
Pour réponse au billet précédent, N° 116, j’ai consulté ma flore Gaston Bonnier (édition 1948) et c’est évidemment en noir et blanc…
Mais c’est un câprier épineux (Capparis spinosa).
Les boutons floraux sont confits dans du vinaigre, ce sont les câpres. Les fruits, les câprons, sont également utilisés en cuisine. Merci à L.S.
Allons vers cette nouvelle année avec des vœux optimistes et paisibles pour le monde et pour chacun d’entre nous.
ON NOUS COMMUNIQUE :
Vendredi 24 janvier : Mérimée, entre mots et monuments.
Conférence par Mademoiselle Laredo, docteur en histoire de l’art et des civilisations.
Elle sera suivie par la galette des rois.
Salle événementielle de l’ancienne école des Broussailles à 14 h 30.
Pour tous renseignements : ( 06 10 83 12 39.






