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28 juin 2012 4 28 /06 /juin /2012 23:59

 

en-tête ami archives Bis

  LES ACTUALITES

 

TRESOR PUBLIC : 

Êtes-vous déjà allé apporter votre « dernier tiers » en fredonnant Viens poupoule ou j’aime bien mes moutons on on, ceci avant 2004, date de la désertion du Trésor public du centre de Cannes ? Et pourtant, levez la tête, quelle jolie façade théâtrale avec en point d’orgue le fronton en forme de lyre servant de cadre au blason cannois. tresorpublic-copie-1En 1907, la rue Ardisson s’appelle rue Hoche prolongée, à la place de « Monoprix » se tient l’hôtel « Terminus » et Albert’s bar, monsieur Gilles en est le propriétaire ; Bret et Compagnie, vins de tous pays y est accolé, suit Geisendorf : bazar de ménage. En face, Maison Girard, quincaillerie et entrepôt, et la Villa des Arts. Un an auparavant, elle porte le nom de Cercle Artistique Vuographe. C’est ce même bâtiment qui est ouvert le 14 janvier 1904 sous le nom de Casino Hoche.        

 

Rue Ardisson MLR

 

La suite manque de charme : 1933, Société du Littoral Force et Lumière Decesti que beaucoup de Cannois ont connu avant l’installation du Trésor public qui déménageait des bâtiments du Crédit Lyonnais en 1975.    

Nice-Matin nous apprend que la démolition du bâtiment est projetée : Il n’était pas classé et l’architecte des bâtiments de France n’a émis aucune réserve pour un hôtel  aligné sur la hauteur de l’immeuble voisin de la rue Buttura, ni terrasse, ni balcon en façade, le parking en sous-sol sera assuré par un ascenseur à voitures, espace hammam/sauna/fitness pour l’hôtel Alcyon, quatre étoiles dont le chantier pourrait commencer à la rentrée.  

HOMMAGE A JEAN-GABRIEL DOMERGUE  

Les manifestations qui célèbrent l’artiste et son épouse se dérouleront jusqu’au 30 septembre à la Villa Domergue léguée en 1973 par l’épouse du peintre, Odette Maudrange-Domergue, sculptrice. Jean-Gabriel Domergue a conçu et édifié en 1934 la villa de ses rêves, avenue Fiesole, dans un décor toscan féérique.

 domergue

  Jardin de la villa Domergue avenue Fiésole. MLR 

L’hommage rayonne jusque Paris, une partie de la collection cannoise est présentée au musée Montparnasse, illustrant Et Domergue inventa La Parisienne.

 

VIVEZ LA COTE D’AZUR COMME UNE ŒUVRE D’ART 

Le Comité Régional du Tourisme Riviera Côte d’Azur a édité Peintres et Paysages de la Côte d’Azur ; à la hauteur du Carlton, sur la Croisette, un lutrin expose à sa manière une œuvre de Picasso visible en son musée, hôtel Salé, à Paris.   picasso croisette 2 (2) 

Le lutrin.  MLR

Picasso a séjourné dans une villa qu’il avait achetée en 1955, La Californie, avenue du Roi-Albert. Dans cette villa sera tourné le film de Clouzot Le Mystère Picasso. Il quittera Cannes six ans après quand des résidences immobilières nuiront à la vue sur la mer qu’il affectionne (il peint alors une toile qui sera exposée à La Malmaison, illustrant son nouveau et attristant panorama).

 Picasso paysage de Cannes au crépuscule

     

Cette toile a été exposée à La Malmaison au cours d'une précédente manifestation.  

Eté 1927 : PABLO PICASSO hôte du CHALET MADRID à CANNES  

Après des séjours à Saint-Raphaël (1919), au Cap d’Antibes (1923), à Juan-les-Pins (1924, 1925, 1926), le 12 juillet  1927, un jour après la clôture d'une exposition de dessins à la galerie de  Paul Rosenberg, la famille Picasso, Pablo, Olga et leur fils Paulo, accompagnée par une nounou russe, séjourne à l’hôtel Majestic de Cannes en attendant de  trouver une résidence d'été à leur convenance.  

    hôtel alexandre III Pablo Picasso sollicite son ami Francis Picabia (1879-1953), qui habite le château de Mai à Mougins,  pour la recherche d’un atelier. Ce dernier ami de longue date de Georges Capron (1884-1962), - ils ont  tous deux été élèves dans l’atelier de Fernand Cormon - propose à Picasso l’éventualité d’occuper l’atelier de Georges Capron au chalet Madrid, 15 boulevard Alexandre III.  

    Le chalet Madrid était une petite construction modeste située dans le parc de la villa Madrid. En 1920 André Capron entreprend des travaux d’agrandissement pour y loger son neveu, Georges Capron, artiste peintre, avec sa famille ; au deuxième étage est prévu l’aménagement d’un vaste atelier donnant sur une terrasse. La construction sera de nouveau modifiée en 1927 par la famille Capron, puis transformée en pension de famille sous le nom de « la Madrilène », et aujourd’hui, sans grand changement de son aspect extérieur, c’est l’hôtel Alexandre III. 

                                                                                                  Hôtel Alexandre III, Boulevard Alexandre III  MLR

 

Mais laissons parler Marcelle Capron (1892-1986), son épouse, qui évoque cette rencontre dans ses souvenirs : Georges connaissait Picasso depuis bien avant la guerre. Un été, pendant la période de vacances que nous passions à la montagne avec les enfants, il avait offert au peintre, qui cherchait un atelier et n’en trouvait pas, le sien, au chalet Madrid. C’était un grand atelier et Picasso en prit possession dès notre départ avec un contentement avoué.

A la fin de l’été[1], Georges reprenait son atelier et demandait, à Picasso, avant qu’il ne le quittât, de lui montrer ce qu’il avait fait. Ce qu’il avait fait n’enthousiasma pas mon mari[2]… Picasso passa dans une pièce voisine pour chercher je ne sais quoi. Dans l’atelier, le dos d’une grande toile plaquée contre le mur éveille la curiosité de Georges. Il la retourne découvrant un merveilleux portrait de femme « Splendide !» dit Georges au moment où Picasso réapparaît. « Ne regardez pas ça ! Ne regardez pas ça ! » Dit le peintre précipitamment. Et il recache hâtivement le portrait comme s’il avait honte. « Pourquoi ? » dit Georges sans se troubler. « Mais parce que » dit Picasso, sans plus d’explication. L’explication ? Il nous parut qu’il n’y en avait qu’une : c’est qu’il ne voulait pas être pris en flagrant délit de sincérité… » Et Marcelle Capron de citer un extrait de « Libro Nero » (1951)  de Giovanni Papini (1881-1956) qui rapporte un entretien qu’il eut avec le peintre.  « Picasso  y montre une surprenante sévérité à l’égard de lui-même» note Marcelle Capron :  

Picasso parle : « Du moment que l’art n’est plus l’aliment qui nourrit les meilleurs, l’artiste peut exercer son talent en toutes les  tentatives de nouvelles formules, en tous les caprices de la fantaisie, en tous les expédients du charlatanisme intellectuel. Dans l’art, le peuple ne cherche plus consolation et exaltation, mais les raffinés, les riches, les oisifs, les distillateurs de quintessence cherchent le nouveau, l’étrange, l’original le scandaleux. Et moi-même, depuis le cubisme et au-delà, j’ai contenté ces maîtres et ces critiques, avec toutes les bizarreries changeantes qui me sont passées en tête, et moins ils les comprenaient et plus ils m’admiraient. A force de m’amuser à ces jeux, à toutes ces fariboles, à tous ces casse-tête, rébus et arabesques, je suis devenu célèbre…Mais  quand je suis seul à seul avec moi-même, je n’ai pas le courage de me considérer comme un artiste dans le sens grand et antique du mot. Ce furent de grands peintres que Giotto, le Titien, Rembrandt et Goya. Je suis seulement un amuseur public qui a compris son temps et a satisfait le mieux qu’il a pu l’imbécillité, la vanité, la cupidité de ses contemporains. C’est une amère confession que la mienne, plus douloureuse qu’elle ne peut sembler, mais elle a le mérite d’être sincère ».  

Cette confession est surprenante, de tels propos auraient pu être exprimés par l’autre PICA, comme on les appelait en 1927, Francis Picabia, ami et rival de Picasso.


 [1] Après le 24 Septembre Picasso retourne à Paris.

[2] Période la plus “barbare” de l’œuvre de Picasso, La série de baigneurs, établie à Cannes en 1927, nous montre des échantillons de ces monstres, corps aux excroissances grotesques et surdimensionnées,« tableaux très violents montrant des créatures difformes, convulsives, prises dans les mailles d’une rage hystérique ».

Sources : archives privées de l’auteur, Frédéric Vincent.    

La Malmaison propose pour cet été une exposition : Les Chemins du Sud. Une superbe affiche nous invite à la visite.

 

 

CE MOIS-CI A CANNES  

Tout avait commencé en juin 1901. Le 23 juin , M. Giraud, président du Conseil des Prud’hommes, au bar Martin, place Châteaudun, avait pourtant exhorté les grévistes : Il ne faut pas croire à la supériorité des patrons ni vous croire supérieurs à eux : les intelligences se valent, l’une par sa direction, l’autre par son travail et c’est de leur réunion que jaillissent les merveilles que vous créez…Aussi unissez-vous et j’espère qu’à la fin de la semaine prochaine quatre cents maçons seront syndiqués ( les quatre cents qui assistaient à la réunion). Ce devait être un grand café !  

A chaque corporation son café : les ouvriers menuisiers se réunissent, le  1e juillet 1901, au bar Féraud, place de la gare. Ce même jour, M. le Commissaire s’en mêle : quinze grévistes se sont rendus au chantier Marazzi, boulevard de la Croisette où ils ont débauché trois maçons et, prévoyant qu’ils se rendraient au chantier du passage à niveau et de la Nouvelle jetée, les seuls où on travaille actuellement, j’ai renforcé immédiatement le personnel de la police sur ces deux ponts. Grâce à ces précautions, trois cents grévistes qui se sont présentés au chantier du passage à niveau n’ont pu débaucher que trois ouvriers.  

3 juillet 1901, la grève est relatée dans Le Courrier de Cannes : Certains patrons voulaient classer eux-mêmes le personnel, cette classification leur permettait en fixant la catégorie d’augmenter leur bénéfice.  

Quelques jours plus tard, les ouvriers maçons et les manœuvres sont réunis au bar Martin proposant deux prix de journée seulement, 5 francs pour les maçons et un minimum de 4,5 francs pour les autres. Le prix des heures supplémentaires serait payé double au-dessus de douze heures. Quant aux ouvriers au-dessous de 18 ans, le prix de la journée serait fixé à 2,75 ou 2,50 francs suivant l’âge. En cas de reprise partielle de travail, les ouvriers seront tenus de verser 1 franc par jour sur leur salaire pour soutenir ceux qui ne travaillent pas. Les patrons qui ne sont pas patentés sont des tâcherons, ils ne veulent occuper les cimentiers autrement qu’à façon. Pour mieux être compris, les demandes sont également écrites en italien. 

Un vote secret a lieu pour la reprise du travail par deux billets de même grandeur. Sur l’un d’eux, il y a une petite marque bleue au milieu, l’autre est entièrement blanc. La marque bleue signifie l’acceptation des conditions du patron, la blanche, la continuation de la grève. Quelle que soit la majorité, il faudra s’y conformer. 198 suffrages exprimés, bulletins bleus 115, blancs, 82. L’assistance semble délivrée d’un poids énorme. 

 Le 7 juillet, un accord met fin à la grève. Il porte à 5 francs  pour 10 heures de travail le salaire d’un ouvrier du bâtiment, 1 kg de pain coûte 0.50 franc

 Sources : La haute société à Cannes à La Belle Epoque Ch. Cecconi.  

                A.M. : 4 F 41 Comptes–rendus du C.M. 

                Le Littoral illustré 1901.   

 

LIENS ANNEXES : LE PORTRAIT de Pierre Assouline    

Il s’agit d’un roman autour du portrait par Ingres de madame la baronne de Rothschild.  

En 1880, la baronne douairière James de Rothschild se rendit à Cannes pour la première fois et loua la villa Victoria où elle passa l’hiver. C’est en 1881 qu’elle acheta la villa Marie-Thérèse avec son parc, séparée de la villa Victoria par la route de Fréjus. La villa Marie-Thérèse fut rasée et la même année la baronne passa commande de la demeure actuelle.

 

 

 villa rotschild 

Médiathèque de Cannes, 7 avenus Noailles. MLR

 

Elle fut construite sur les plans de l’architecte Baron qui avait déjà réalisé des demeures de prestige dans la région. Son architecture mêle des éléments classiques palladiens, renaissants et baroques ; ses jardins d’origine méditerranéenne, tropicale et asiatique sont plantés de plus d’une centaine d’espèces de grande valeur.

 

Madame de Rothschild  écrit : Je lègue à Madame Ettling en souvenir de nos intimes relations à Cannes un tête à tête vieux Sèvres, décors oiseaux. Madame Ettling, c’est la locomotive cannoise de l’époque dont nous connaissons déjà la demeure (billet N° 18), l’actuelle villa Madrid.  

 

 

PREPARONS LA RENTREE

 

Nous pensons insérer une photo insolite par mois. Avis aux amateurs qui ne craignent pas les étrons et lèvent la tête avec un regard neuf. On gagne…sa signature dans le billet en dessous de sa photo, cannoise bien sûr.

 



             

 

 

 

 

 

  

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Published by mlr - dans Histoire
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