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1 octobre 2012 1 01 /10 /octobre /2012 00:04
 
 
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COURRIER DES LECTEURS
A propos du margousier…
L’un de nos lecteurs assidus a écrit directement à monsieur Xavier Péraldi, responsable des Espaces Verts de Cannes, nous reproduisons une partie de sa lettre :
De nombreux sujets sont présents sur la commune (rue de docteur Calmette devant le lycée Jules- Ferry, sur la place du Diabolika Bd de la République, au parking Saint-Nicolas, etc.
Les principaux intérêts de cet arbre, pour nous, sont son aspect décoratif (fleurs puis fruits en hiver, après chute des feuilles), son ombre légère, sa croissance rapide (pour info ceux de la place du Diabolika ont doublé de volume en 5-6 ans). De plus les feuilles après la chute ne sont pas très salissantes dans les rues car elles se désagrègent vite. 
 
LE CHÂTEAU D’EAU DE LA CALIFORNIE
Sur la colline de la Californie se dresse une tour crénelée, est-ce le vestige d’un château-fort ou la fantaisie d’un riche propriétaire ? Et non, c’est un château d’eau construit en forme de donjon cylindrique couronné par un parapet crénelé sur mâchicoulis, l’enduit imitant un parement détérioré.
 chateau d-eauJPG - Copie
Avenue du Château d’eau. A.B.
En 1926, la Société Immobilière de Paris et du Littoral qui est en train de créer le lotissement de Super-Cannes, a passé une convention avec la Société Lyonnaise des Eaux et de l’Éclairage pour construire une usine élévatrice, le château d’eau et le réseau de 24 kilomètres pour la distribution d’eau potable et d’eau d’arrosage. Les travaux ont commencé en 1925. Elle envisage, pour la promotion de ses terrains, d’ajouter au château d’eau qu’elle vient d’achever, un belvédère circulaire sur pilotis avec un tea-room et des locaux commerciaux de luxe. Cet établissement est appelé à remplacer l’ancien observatoire en bois.
Projets éphémères ! En même temps, la dite société a décidé la construction d’un funiculaire, qu’elle mènera à bien. Le château d’eau est devenu un agréable but de promenade et a bénéficié du Plan Lumière de Cannes.
 
CE MOIS A CANNES
Le 9 octobre 1879, un train spécial arrive en gare de Cannes ayant à son bord la tsarine, Serge et Paul ses fils. Le préfet et le maire, M. Gazagnaire, lui souhaitent la bienvenue. Le drapeau russe est hissé sur la terrasse de la villa Les Dunes.                                
Résidence Les Dunes Bd de la Croisette  M.L.R.h.l.m. les dunes 2
 
L’escadre russe ancrée à Golfe-Juan salue l’arrivée de la souveraine par 101 coups de canon. Le propriétaire a chargé son architecte, Charles Baron, de modifier la maison pour l’adapter aux besoins de la tsarine. Les cuisines du sous-sol sont transférées dans un chalet à l’entrée du jardin. Une chapelle est installée au premier étage. Pour accéder au reste du jardin, une passerelle est construite au-dessus de la voie ferrée. La tsarine dormira au rez-de-chaussée sur un lit de camp recouvert d’un châle de cachemire.         
On craint l’exubérance des marins russes pour la sérénité de nos résidents : lisons Le Courrier de Cannes du 16 août 1879
M. le premier magistrat a instamment demandé au ministre M. Gambetta que la ville de Cannes soit consignée aux marins non gradés.
Sans doute, en agissant ainsi, M. le Maire aura obéi à une pensée de convenance locale ; mais n'a-t-il point agi un peu à la légère, et s'est-il demandé sérieusement si la censure qu'il provoquait était la meilleure à prendre ? Sans doute, les marins à terre ont la réputation d'être quelque peu tapageurs, et on pouvait craindre que leurs bruyantes expansions fussent préjudiciables à la tranquillité de la colonie étrangère.
Mais s'ils sont parfois un peu tapageurs, les marins ont aussi le sentiment de la discipline… Combien les ports de guerre sont mornes lorsqu'ils sont privés de leurs escadres, et chacun a pu apprécier avec quelle impatience on y attend leur retour.
Ah ! Par exemple, si la mesure prise nous attriste à Cannes, on eut été enchanté à Nice. Les restaurateurs, cafetiers, boutiquiers de toutes sortes savent fort bien avec quelle aisance ces hommes qui, à bord, mettent leur prêt de côté et font crapaud toute la semaine, sèment leurs économies le dimanche ; c'est comme une rente hebdomadaire assurée à bon nombre d'industriels ; l'argent passe de mains en mains et demeure en somme dans la ville, qui trouve elle-même, la consommation augmentant, une élévation relative dans ses recettes d'octroi, etc.
Nous voulons espérer que ces diverses considérations d'intérêts particuliers et généraux ont tout d'abord échappé à Monsieur le maire…
Je me rappelle que dimanche dernier, au théâtre Tamagone, il a été un moment impossible d'entendre ce qui se disait sur la scène, tant étaient éclatantes les vociférations d'individus qui passaient dans la rue. D'ailleurs, à tout prendre, il est moins désagréable encore d'entendre les chants de nos matelots français que les cris des ouvriers italiens.
Espérons qu'il saura entendre la voix de l'hospitalité…
ROGER PASCALÏS
 
LIENS ASSOCIES La Mauvaise Vie. Frédéric Mitterrand.
Frédéric Mitterrand n’est guère tendre avec Élisabeth de Roumanie, ce qui a donné l’idée de mieux la connaître.
Élisabeth de Roumanie devint l’épouse de Georges de Grèce en 1921; il fut roi l’année suivante jusque fin 1923, où il dut abdiquer. En 1935, peu avant que Georges II remonte sur le trône, le couple, sans enfant, divorce. Élisabeth se retire en Roumanie jusqu’à l’abolition de la royauté en 1945 et se réfugie en France.
 394px-Elisabethofgreece[1]
Cliché : Reine des Hellènes et princesse de Danemark.
Source Wikipédia.
Elle habite une des deux villas jumelles à l’emplacement de l’actuelle résidence « Riviera Palace », rue d’Antibes, Rose Alba.
Elle mène une vie mondaine très remarquée, envoyant des cartons d’invitation rédigés ainsi : Sa majesté reine Élisabeth, princesse de Roumanie fait un dîner de charité au profit de ses œuvres aux Ambassadeurs …le samedi 24 avril 1954 à vingt et une heure et demie très précises ».
Assistant à l’ouverture du Festival le 25 avril 1955, elle conserve sa « maison civile » et si Frédéric Mitterrand en parle assez librement sœur dénaturée du roi Carol, endiamantée, elle arborait au Carlton de sérieux cocards que lui refilaient certains gigolos, la lecture de Nice-Matin, au sujet de ses obsèques, relate une vie édifiante :
Sa majesté est décédée dans sa 62e année, le 14 novembre 1956, le perron de la villa est tendu de noir et surmonté du chiffre personnel de la souveraine, la mise en bière s’est faite en présence du prince Marc, fils adoptif de la Reine, de ses demoiselles d’honneur et des Sœurs dominicaines. Étaient présents aux obsèques le comte et la comtesse Edelshein-Gyulai représentant l’ex-Régent Horty (petit fils ? Puisque le fils, officier d'aviation, est mort en 1942 dans son avion, probablement saboté) ; les obsèques se sont déroulées en l’église russe suivant le rite orthodoxe. Il fut rappelé son dévouement pendant la Grande guerre en faveur des combattants et des blessés sous l’uniforme de la Croix-Rouge, accompagnant la reine Marie, sa mère, dans les hôpitaux. Passant le rideau de la vie sans pouvoir passer le rideau de fer, elle repose dans cette terre bénie de la France hospitalière
 
CANNES INSOLITE :
Un aimable correspondant communique : Je viens de trouver onze margousiers « neufs », plantés au-dessus du parking Saint-Nicolas, (boulevard d’Alsace, tout nouvellement créé). AFFICHE prostatique CANNES 2011 - Copie 
Par le même envoi, il nous a adressé cette photo, prise de la place Commandant-Maria, l’an dernier.
                              Cliché F.V.
     
 
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ON NOUS COMMUNIQUE
Un site vient d’être créé par les Archives municipales de Cannes sur Face book, intitulé
Ce site sera régulièrement mis à jour pour faire connaître les différentes activités des Archives.
  PRATIQUE INTERNET 
 Le  2e mercredi de chaque mois des ateliers de découverte de l’histoire locale à travers le site des archives vous sont proposés. Ces ateliers sont en lien avec les thèmes du cycle de conférences ci-après proposé.
Huit postes informatiques sont disponibles.
Espace Calmette le mercredi de 14h à 15h30  et de 16h à 17h30
> 10 OCTOBRE : Au temps où Cannes faisait partie du Var, la création des Alpes-Maritimes.
> 14 NOVEMBRE : Découverte de la population  cannoise aux XIXe et XXe siècles.
> 12 DÉCEMBRE : Histoire d’un quartier cannois, le centre-ville.
Les réservations sont obligatoires, tarif 5 euros.
18, rue du Docteur Calmette - Cannes - Tél. 04 89 82 20 70
Jeudi 11 octobre, une visite guidée nous est proposée par LES AMIS DES ARCHIVES : Squares, jardins et statuaire de La Croisette.
R.V. 14h30 à l’arrêt du bus N° 8 La Roseraie. ( 04 93 69 11 57
 Au cours du Forum des Associations nous avons distribué le questionnaire suivant avec beaucoup de succès  
Amis des Archives de Cannes
Tentez de gagner un lot surprise en répondant aux questions suivantes, tirées de quelques-unes de nos publications.
     
1. Quartier Presqu’île
a) Avant les 1ers enrochements portuaires, les formations dunaires à l’Ouest de la presqu’île pouvaient atteindre une hauteur de…    
3 m  8 m  15 m 
 
b) Le casino Palm Beach a été inauguré le 5 avril 1929. Au dîner d’inauguration, qui n’était pas présent ?
André Citroën  Maurice Chevalier  SA l’Aga Khan 
 
2. Quartier Alsace
a) Depuis le début du XXe siècle, nous pouvons, rue Marius-Aune, offrir ou nous offrir un présent. Quoi donc ?
Un parfum Des colifichets Une icône 
b) « Jeune… pour t’éviter l’esclavage elle donna sa vie / sublime sacrifice, martyre pour sa patrie (…) ». A qui rend-on hommage ?
R . Viglieno  H. Vagliano  L. Pons
 
3. Quartier Suquet
a) Qui était propriétaire du château de Cannes en 1792 ?
 Joseph de Montgrand  Jean-Charles Hibert  la ville de Cannes 
 
b) La chapelle de la Miséricorde abrite les Pénitents…
noirs  blancs  bleus 
 
4. Quartier Port
a) Quel est le nom du bateau de pêche traditionnel ?
une barcasse  une gabare  un pointu 
 
b) Quelle est l'année de la première régate à Cannes ?
1850  1859  1875 
 
5. Quartier Îles de Lérins
a) Dans le bassin cannois, quelle est la fleur qui ne pousse que sur Ste-Marguerite ?
le lys maritime  l’orchidée sauvage  le ciste blanc 
 
b) Sur un mur de la cellule du Masque de Fer, on peut voir :
un bas-relief  une fresque  des tags 
 
6. Quartier Terrefial
a) La cloche d’un édifice religieux au destin tout particulier rythme ce quartier des hauteurs de Cannes. Est-ce celle de… ?
la chapelle Bellini  l’église St-Georges  l’église du Prado 
 
b) L’annexe qui subsiste d’un ancien hôtel fréquenté jadis par le Prince de Galles abrite de nombreux documents, c’est la villa…
Domergue  Fiorentina  « chez Nous » 
 
7. Quartier russe
a) Un petit théâtre ouvre ses portes certains soirs, est-ce le théâtre ?
 de la Comédie  Alexandre III  de Dix Heures 
 
b) Un maire célèbre habitait une belle demeure du quartier, est-ce…
B. Cornut-Gentille   E. Gazagnaire   A. Capron 
 
8. Quartier rue d’Antibes
a) La FNAC s’est installée en 2000 à la place d’un ancien cinéma qui s’appelait alors :?    
Olympia  Rex  Français 
 
b) Les Galeries Fleuries démolies en 1974 étaient situées devant quel hôtel ? 
Gonnet et de la Reine    Majestic    Gray d'Albion 
 
9. Quartier la Bocca
  a) A qui l’espace Troncy doit-il son nom ?        
un laitier  un vannier  un horticulteur 
 
b) Le chemin de fer arrive à Cannes en 1863. La gare de marchandise de La Bocca ouvre en…    
1880  1883  1886 
 
10. Quartier anglais
a) A qui la villa de Lord Brougham, Éléonore-Louise, est-elle dédiée ?        
à sa mère  à sa femme  à sa fille 
 
b) Le conservatoire municipal de musique et art dramatique est installé dans une villa dont le nom en 1900 était ;
Primavera  Selvosa  Allegria 
 
——————————————————————————————————————————————————————————————————
Nom
 
Adresse
 
Tél.
 
Mail
 
Ces informations ne serviront que pour joindre le gagnant et ne seront ni enregistrées ni utilisées.
 
Les réponses pour les avides de connaissances, seront données en novembre ...
 
 
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23 août 2012 4 23 /08 /août /2012 01:22

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COURRIER DES LECTEURS

 

Au sujet de Bazaine, dans le billet précédent d’août 2012 : Bazaine est incarcéré au fort de l'île Sainte-Marguerite, au large de Cannes. Avec l'aide de l'ex-capitaine Doineau, des bureaux arabes, de son aide de camp, le lieutenant-colonel Henry Willette et de son épouse, qui partagent sa captivité, il parvient à s'évader dans la nuit du 9 au 10 août 1874 et à s'enfuir en Espagne. Il se réfugie à Madrid au 23 de la rue Monte-Esquinza où, le 17 avril 1887, un voyageur de commerce français, Louis Hillairauld, le blesse d'un coup de poignard au visage. François Bazaine meurt d'une congestion cérébrale le 23 septembre 1888. 

L’hypothèse la plus vraisemblable : Bazaine restant un témoin gênant de la défaite de la France, le préfet peut-être sur l’ordre secret du gouvernement, aurait ordonné au gouverneur du fort de faciliter son évasion.

Nous remercions cet aimable correspondant.

Un autre lecteur, J.M.M. :
Personne ne croyait en cette évasion par une corde à nœuds et la falaise, déjà à l'époque on envisageait une sortie par la grande porte (certains prétendant même que la garde avait présenté les armes…)
voir Ville d'Avray : histoire de Cannes T3 p 168 et surtout l'étude de Ernest Hildesheimer Le marèchal Bazaine à l'île Saint Marguerite (J. Delannoy, Cannes 1945). 

Nice-Matin dan sa rubrique Origine et Histoire des Expressions Françaises,  ces jours-ci, nous gratifie de Ça tombe comme à Gravelotte, qui illustre les combats très meurtriers et sanglants ; les troupes françaises qui étaient sur le point de l'emporter à Saint-Privat, n'auraient pas dû s'enfermer dans Metz avec cent trente mille hommes sur l 'ordre de Bazaine. Pour compléter, à Saint-Cyr, le titulaire du mess des officiers fut surnommé "Bazaine", j'ai rendu Metz...(gérant du mess).

 

LE MOURE ROUGE : UN CENTENAIRE A BON PORT

On ne saurait dire quand se sont installés les premiers pêcheurs qui prenaient pour amer ces gros rochers rouges, à l’origine du nom du port. Fin XIXe siècle, le boulevard Gazagnaire, ancien boulevard d’Orient, n’est encore qu’un chemin ; algues, posidonies et sable envahissent le plan d’eau : les coups d’Est y sont souvent violents.

Un arrêté du 18 février 1898 autorise l’édification d’un premier enrochement, un mur-digue au nord. Les pointus et les bateaux de plaisance se multiplient et le lieu devient officiellement « port » le 1er septembre 1911. Le « petit-abri » va dès lors bénéficier d’améliorations continuelles, motivées par d’incessants afflux de plantes mortes. En 1918, établissement d’une contre-jetée ; 1920, aménagement de canalisations et dragage ; 1925, construction d’un brise-lame…

Le 22 février 1930, la Ville reçoit l’ampliation de l’arrêté préfectoral de 1911 l’autorisant à étendre la jetée principale. 1932 : les usagers écrivent au Conseil Général déplorant l’engorgement du port bloquant les pêcheurs professionnels. Le 25 avril 1942, une pétition du maire auprès du préfet propose le comblement du port par la création d’une décharge publique. L’arrêté sera signé en 1955. Le port-abri du début est maintenant recouvert par le grand parking ; un stand de ball-trap y connut une certaine activité.

Dans les années 60, la brèche de la digue ouverte en 1933 est comblée, ne répondant pas à la fonction souhaitée : établir un courant d’eau permanent évacuant les alluvions.

Nous arrivons en 1992 : la digue Est est prolongée en faisant un coude, on y installe un phare ; la digue Sud est également allongée, les deux offrant une défense optimale contre les coups de mer. Les mouillages laissent la place à des quais dans le bassin.  

La nouvelle base nautique est inaugurée en 2005, une capitainerie moderne est installée. L’aire de carénage est déplacée en fond de port à l’est ;port du moure rouge (2) jusque-là située sur le terre-plein du boulevard Gazagnaire, elle ne répondait pas aux impératifs sécuritaires et environnementaux.  

Le dernier gros chantier a eu lieu en 2008. Les quais en béton sont remplacés par des pontons flottants, permettant la suppression de corps-morts (deux chaînes-mères restant pour les quais Est et Sud). Ce qui restait de plage au nord est réaménagé en quai pour le grand bonheur d’inscrits sur la liste d’attente, 130 places d’amarrage étant ajoutées aux 320 existantes. F.R.     

 Port du Moure Rouge, Boulevard Gazagnaire 

  MLR    

 

 

CE MOIS-CI : Pas d'argent à la Grèce

« On annonce comme imminente, dit l'Agence Télégraphique Universelle, l'arrivée à Paris du ministre des Finances de Grèce, qui vient s'entretenir avec nos grands Établissements au sujet de l'emprunt grec et de l'unification de la Dette. »

On a prêté, nous avons prêté, plutôt, beaucoup d'argent à la Bulgarie, à la Serbie, à la Grèce ; on en a donné même à cet infime, à ce grotesque Monténégro, et à quoi cela a-t-il servi ? A permettre à ces peuples de se développer pacifiquement, de s'acheminer à une amélioration économique capable de leur apporter plus de bien-être, une vie moins difficile ? Allons donc !

 La suite de cet article est numérisée sur le site des Archives municipales de Cannes - Journaux anciens - Le Littoral 22/09 /1913  

 

LIENS ANNEXES : nous avons lu pour vous  BON SANG NE SAURAIT MENTIR  de la Duchesse de SABRAN-PONTEVES,  1987

Richard Manca Amat duc de Vallombrosa, marquis de Morès, achète, en 1858, à Cannes, pour deux cent cinquante mille francs, le château des Tours. Dans un panorama ouvert au Nord sur les Alpes, au sud sur l’Estérel, bâti dans le style Tudor par un Anglais nostalgique ou maniaque, celui-ci  dresse fièrement sur le ciel du Midi neuf tours crénelées reliées entre elles par des façades percées de fenêtres ogivales. Pin parasols, palmiers, mimosas, plantes rares à profusion l’entourent.

Dans « La Côte d’Azur », Stephen Liégeard le décrit comme « un poème ». Par un grand vestibule en pierres nues, voûté d’arcs portés par de gros piliers et décoré de plantes vertes, tel un prolongement du parc, on pénètre dans la villa d’inspiration vénitienne.

  vallombrosa

Résidence Vallombrosa, 6 avenue Jean-de-Noailles  MLR

Richard et Geneviève y donnent de grandes réceptions en l’honneur de visiteurs illustres, de souverains étrangers, la reine Victoria, le Prince de Galles, etc., tous photographiés devant la porte d’entrée. « Souriez ! »…

« La villa des Tours » : quelle évocation dans ces quatre mots ! …Et la duchesse de Vallombrosa, née Geneviève de Perusse des Cars,  y tient le sceptre d’Armide (S. Liégeard).

 Sa charité lui vaut dans les petits quartiers de Cannes le surnom de « Sainte-Duchesse ». Son fils l’accompagne souvent au chevet des malades…De son côté, Richard n’est pas inactif : aux côtés de Brougham, il crée champs de courses, yacht-club, contribue à la réputation d’élégance de la cité.

Le château des Tours, appelé aussi villa Sainte-Ursule puis transformé en Hôtel du Parc, est devenu une copropriété dont les jardins sont ouverts durant les Journées du Patrimoine, avenue Jean-de-Noailles.  

CANNES INSOLITE

Connaissez-vous le margousier ? On en a mis partout. Celui-ci se trouve en face du portail du Gallia.

Tous ceux que nous avons vus (nous avons fait une course au margousier cet été, liste communiquée sur demande) se trouvent au nord de la voie ferrée et ont la même importance dans un urbanisme du début du XXesiècle.    

  margousier 24 montfleury (2)

Margousier. Angle boulevard de Strasbourg et boulevard Montfleury. MLR

Les feuilles pennées sont caduques, les petites cerises jaunes, les drupes, restent tout l’hiver sur l’arbre et leurs graines servent à la confection des chapelets.

 

 

 

ON NOUS COMMUNIQUE :

Le buffet campagnard sous les ombrages de la butte Saint-Cassien aura lieu mardi 25 septembre ; Renseignements au ( 04 93 69 11 57.

Pour toutes les personnes intéressées par l’atelier, premier rendez-vous de la reprise le mercredi 5 septembre à 15 heures au Logis des Jeunes de Provence, rue de Mimont.

 

 

 

 

 

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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 23:47

 

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AIMEZ-VOUS ARTEMISIA GENTILESCHI ? On en a mis partout ! Nice-Matin, Télérama, Le Figaro Magazine, même un DVD Artemisia

Nous avons appris que « notre » tableau Judith et la servante s’était envolé pour Milan. Cette pièce maîtresse du musée de la Castre (article de Nice-Matin du 6 juin 2011) signée d’Artemisia Gentileschi partait au Palazzo Reale à Milan.

L’artiste naît à Rome au début du XVII e siècle. Son père, Orazio Gentileschi, peintre renommé, y a son atelier. Artemisia lui prépare ses toiles, broie ses couleurs et l’aide à l’occasion. Son professeur Tassi, une personnalité violente, accusé d’avoir arrangé le meurtre de sa femme, viole Artemisia. 

Artemisia Gentileschi se maria quelques années plus tard et le couple alla probablement s’installer à Florence, elle y est célèbre en 1615. À partir de 1620, elle visite Rome, Genève, Venise puis s’installe à Naples de 1640 jusqu’à sa mort. Elle quitte Naples une fois, pour aider son père dans la décoration de la Maison de la Reine, à Greenwich.

« Notre » peinture, une huile sur toile 2,35 x 1,75 m, don de madame DERIVE au musée en juin 1933, fut restaurée et rentoilée en 1973.

Les négociations pour l’exposition de Judith et la servante ont duré 5 ans. C’est la seule œuvre en France parmi les cinquante réalisées par l’artiste. Elle reviendra après un passage au musée Maillol à Paris. Nous n’avons pas depuis longtemps eu le loisir de l’admirer. Cette peinture ne correspond pas à la ligne ethnologique et anthropologique du musée de la Castre qui s’avère trop petit actuellement. artemesia gentileschi HD GERMAIN 

     

Artemisia Gentileschi  Judith et la servante

Huile sur toile 235 x 175 cm Inv. 2006.0.751 - Coll. Musée de la Castre, Cannes Photo Germain

Et pourtant, on consacrera à La Malmaison en 2004-2005  une exposition de Jean-Claude Vignes, décédé en 1996, sur le thème du dessin du corps, de la renaissance du corps qui s’inspire de très près de ce tableau.

Sources: 

Nice-Matin 6 juin 2010- 28 novembre2010 .                                      Télérama 7 mars 2012, Le Figaro magazine 17 mars 2012 qui occultent tous deux le prêt de notre musée.

                                                             Renaissance du Musée des Beaux-arts de Cannes Ouvrage collectif.La Ville de Cannes fait appel au mécénat avec à la clef des réductions d’impôts, contacter Delphine Valette à La Malmaison, Croisette, 06 400 Cannes.

 

 

UN OCCUPANT DE LA VILLA CALDANA

Cette villa, qui fut expropriée le long de la voie du funiculaire, appartenait à l’époque à une princesse polonaise de CZETWISTZINSKI.

Le 15 août 1937, Meher Baba et les femmes s’y installèrent. Celles-ci passaient leurs journées à se promener, à jouer, une disciple donnait des cours de couture aux femmes indiennes, une autre de dactylographie. Baba y déjeunait mais repartait à la villa voisine, Capo di Monte, de 15 heures jusqu’à 17 heures 30 pour rencontrer les hommes « mandali » et les visiteurs. Le soir, il jouait au ping-pong et parfois emmenait les femmes à la campagne.

En octobre, il reçut le mast (fou de Dieu, l’inspiration) et resta des semaines sans voir de visiteurs, absorbé dans son travail avec le mast.

En novembre, il repartit pour Bombay, ne revenant en Occident que quinze ans plus tard.

 

meherbaba

 

Baba à Cannes 1937 copyright Lawrence Reiter

 

La villa Caldana n’a pas survécu au passage de Baba. Il se dit qu’après son départ il n’a plus été possible de la louer et elle fut détruite. Les fondations y sont toujours présentes, de beaux arbres majestueux, palmiers, pins parasols, eucalyptus, prouvent la magnificence du jardin de l’époque. Il y règne une grande paix qui prête à la méditation loin du tumulte de la ville.

 

Sources:   Archives municipales : 2 S 87

                   Internet : Meher Baba en France.

caldana (2)

Chemin de Caldana. MLR

 

 

« mandali »  est un terme qui exprimait pour Baba ses proches disciples.

 

 

CE MOIS-CI À CANNES :  COURRIER DE CANNES, 13 AOÛT 1874

 

L’ENLÈVEMENT DE BAZAINE

La grande nouvelle est incontestablement aujourd'hui la fuite de l'ex-maréchal Bazaine du fort  Sainte-Marguerite. Nous n'avons pas la prétention de donner d'une manière officielle le récit de cette évasion mais nous pouvons affirmer à nos lecteurs, que les renseignements que nous allons leur fournir sont aussi vraisemblables que possible, contrôlés qu'ils ont été par nous-mêmes. Nous avons fait, pour emprunter le mot du Figaro, une enquête parallèle à celle de la justice et nous allons la livrer au public. Comment et par quel moyen Bazaine a-t-il pu fuir ?

Les preuves matérielles recueillies sur les lieux indiqueraient que le prisonnier de Sainte-Marguerite est descendu le long des remparts, du côté du Sud-ouest, en passant par le glacis qui est devant son ancien logement : les gardiens ont trouvé en effet une corde à nœuds, pendue à cet endroit; on a même trouvé sur les rochers la longue-vue appartenant à l'ex-maréchal.

La hauteur du rempart à l'endroit où l'ex-maréchal s'est affalé, pour nous servir d'une expression marine, est de douze mètres environ, du parapet aux rochers; des rochers à la mer il y a dix mètres de hauteur environ, ces rochers sont à pic, escarpés et hérissés de pointes, il nous paraît fort difficile que l’ex-maréchal, qui est fort obèse et n'est plus jeune, se soit risqué à faire une pareille descente la nuit.

 Le fort Sainte-Marguerite I.P.

bazaine et le fort sainte-marguerite IPSC 4121

 

 

Mais par où serait-il passé alors?

Mystère !

Cette corde pendue aux remparts a vingt-cinq nœuds distancés les uns des autres de cinquante centimètres environ, est en bon chanvre, ni neuve ni vieille en tout semblable aux cordes des zingueurs.

Ce n'est que vers les neuf heures du matin, en lui portant le courrier, qu'on s'est aperçu de l'absence de l'ex-maréchal. Deux heures avant, c'est-à-dire à sept heures du matin, le colonel Villette avait

quitté l'île Sainte-Marguerite emportant une assez grande quantité de bagages avec lui.

Il dit aux marins du bateau de service qui le conduisaient à Cannes, qu'il allait passer un mois de congé à Paris, et pourtant il prit un billet pour Gênes à la gare d'où il partit par le train de sept heures cinq du matin.

À quelle heure l’évasion a-t-elle eu Iieu?

On assure à l’île Sainte-Marguerite que Bazaine dut s'échapper avant dix heures du soir, ce qui donnerait une certaine créance à cette version, c’est qu'en effet, les sentinelles de nuit ne prenant leur faction qu'à dix heures la surveillance était moins active, on n’expliquerait plus cette évasion, passé dix heures puisqu'un factionnaire était à partir de ce moment placé précisément sur le glacis en face de son logement et par où l'on suppose qu'il s'est évadé.

Quant aux moyens de locomotion dont il s'est servi pour se mettre hors d'atteinte des autorités françaises, c'est un bateau à vapeur battant pavillon italien qui l'a emmené.

Voici au sujet de ce bateau à vapeur les renseignements que nous avons recueillis à Golfe-Juan :

Dimanche au soir, vers les quatre heures, à Golfe-Juan, après avoir stoppé, deux embarcations partaient simultanément du bord, la première se dirigeant vers l'île Sainte-Marguerite pendant que la seconde venait accomplir les formalités en douane. À la demande faite à Golfe-Juan, il fut répondu que le bateau à vapeur venait embarquer quelques passagers.

La nuit, se fit peu à peu et le steamer navire resta mouillé en rade. À dix  heures et demie, nous dit le capitaine d'un bateau marchand, à l'ancre dans le port de Golfe Juan, le vapeur était sous pression et deux feux blancs, d'un vif éclat étaient pendus au grand mât. C'est donc vers onze heures qu'il a dû quitter le mouillage. Pourquoi ces feux blancs au lieu des feux rouge et vert, comme l’exige le règlement maritime.

Autre détail encore. Vers 9 heures du soir,  un monsieur et une dame se sont présentés au restaurant du Chalut du Diable, à la Croisette. Après avoir bu, le monsieur une romaine et la dame un verre de sirop d'orgeat, ils demandèrent à Rocca Marius, propriétaire de l'établissement, s'il voulait leur prêter son petit bateau plat, qui était sur le rivage, pour aller faire une petite promenade.

Celui-ci ne crut pas devoir leur refuser, il insista même pour les accompagner, ils répondirent qu'ils préféraient être seuls, et que du reste ils savaient fort bien ramer. Ils jetèrent un louis sur la table et dirent à Rocca qu'il leur rendrait la monnaie à leur retour. Ils s'embarquèrent, gagnèrent le large et ne retournèrent plus.

Le nommé Gras,  marin, a trouvé dans la journée du lundi, cette petite embarcation qui allait à la dérive vers la « pierre Fourmie », l’a harponnée et ramenée à Golfe-Juan, où elle est actuellement. La planche sur laquelle était écrit le nom de l'embarcation avait été enlevée. 

De cet ensemble de circonstances, il paraît  résulter :

Que l'ex-maréchal a dû  être amené au vapeur par l'embarcation qui s'était dirigée vers l'île Sainte-Marguerite pendant que le capitaine prenait l'entrée au Golfe-Juan.

Que le monsieur et la dame inconnus avaient préparé l'évasion.

Qu'ils ont dû attendre l'évadé dans le bras de l'île, que là ils se sont embarqués avec lui et ont abandonné le bateau de Rocca.

Disons, pour compléter notre récit, que ce n'est que lundi à deux heures de l'après-midi que l'évasion de Bazaine a été connue à Cannes ; dans la nuit du lundi, Monsieur le juge de paix de Cannes, le parquet et le lieutenant de gendarmerie se sont rendus sur les lieux. Ils sont retournés à Cannes le lendemain mardi, pour repartir une heure après, comme la mer était houleuse, ils ont requis le Jean-Baptiste, yacht appartenant à S.A.R. le duc de Caserte, qui les a conduits au fort.

Le colonel Villette, qui était parti pour l'Italie, a rebroussé chemin à Nice et s'est laissé arrêter à Marseille en gare par M. Giaccometti, commissaire spécial des chemins de fer.

Au dernier moment, on nous assure que les deux inconnus qui ont emprunté l'embarcation de Marius Rocca, ne seraient autres que Mme Bazaine et son cousin, M. Roullo.

Il est complètement faux que le bateau qui a reçu Bazaine à son bord fut le Georges, attendu que ce dernier était dans le port de Cannes lundi, d'où il n'est parti qu'à quatre heures du soir pour Nice.

Les gardiens de la prison au nombre de quatre ont été arrêtés et dirigés sur la prison de Grasse.

 

N.B. Glacis : terrain découvert dans le domaine militaire, en légère pente.

         Pierre Fourmie : le port de Beaulieu Port Fourmi.

 

 

LIENS ASSOCIES : ALEXIS DE TOCQUEVILLE par André Jardin

Alexis de Tocqueville a déjà craché du sang, il lui faut un climat doux, et c’est ainsi qu’en 1858, le ministre des Affaires étrangères de la IIe République loue pour la saison d’hiver au prix de 4 000 francs la villa Mont-Fleury à Cannes. Départ de Paris le 28 octobre. M et Mme de Tocqueville arrivent à destination le 4 novembre. Le froid ne nous a pas quittés. Les montagnes qui nous entourent ici sont couvertes de neige et il gèle toutes les nuits. La fin du voyage avait eu lieu sous la neige depuis Fréjus  jusqu’en vue de Cannes. Alexis de Tocqueville écrit le 6 à son frère Édouard… Si épuisé de fatigue qu’il m’eût été impossible d’aller plus loin… Ici même il gèle à glace la nuit et les montagnes sont blanches… nous ne pouvons mieux tomber comme habitation.

La villa Mont-Fleury est à une demi-lieue à l’est de la ville au milieu de bois d’orangers et de citronniers… Elle est exposée au midi et on y accédait par une allée de dattiers et de cyprès…

L’auteur raconte : « Tocqueville était brouillé avec lord Brougham depuis quinze ans, époque à laquelle, à propos du droit de visite (auprès des prisonniers), le lord l’avait accusé de merveilleuse ignorance dans un discours qui avait entraîné un échange de lettres publiques de ton fort vif. À Cannes, ce fut un semblant de réconciliation qui permit à Tocqueville de lutter contre l’ennui en puisant dans la riche bibliothèque de l’Anglais, du moins dans les périodes où il pouvait lire. »

Son épouse n’allait guère mieux …Le gosier de ma femme est d’un état pitoyable qui, presque toujours, la met dans l’obligation de se servir d’une ardoise. Moi, je ne peux plus mettre un pied devant l’autre ; je suis obligé de parler à voix basse et peu. Les lectures un peu étendues me rendent bientôt incapable d’écouter.

villa mont-fleury 3Puisé dans les Archives municipales de Cannes : " Nous avons loué ici une maison très agréable, qui est voisine d'un grand bois d'arbres verts. On a en face de soi et autour de soi des bois d'oliviers au-dessus desquels s'étend la mer ; tout cela serait fort agréable à voir si on avait le cœur gai en regardant"  (Lettre à son neveu Hubert, 15 novembre 1858)

En 1868, la propriété est morcelée, deux maisons sont construites qui deviendront les villas Mauvarre et Caldana. 

En 1944, la villa est réquisitionnée par la Gestapo ; des résistants y sont emprisonnés et torturés, parmi eux Hélène Vagliano dont le calvaire commença dans les caves de cette villa, où, triste ironie, elle avait passé sa prime enfance.

 

 

Actuelle résidence Lobelia,allée des Oliviers. MLR

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28 juin 2012 4 28 /06 /juin /2012 23:59

 

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  LES ACTUALITES

 

TRESOR PUBLIC : 

Êtes-vous déjà allé apporter votre « dernier tiers » en fredonnant Viens poupoule ou j’aime bien mes moutons on on, ceci avant 2004, date de la désertion du Trésor public du centre de Cannes ? Et pourtant, levez la tête, quelle jolie façade théâtrale avec en point d’orgue le fronton en forme de lyre servant de cadre au blason cannois. tresorpublic-copie-1En 1907, la rue Ardisson s’appelle rue Hoche prolongée, à la place de « Monoprix » se tient l’hôtel « Terminus » et Albert’s bar, monsieur Gilles en est le propriétaire ; Bret et Compagnie, vins de tous pays y est accolé, suit Geisendorf : bazar de ménage. En face, Maison Girard, quincaillerie et entrepôt, et la Villa des Arts. Un an auparavant, elle porte le nom de Cercle Artistique Vuographe. C’est ce même bâtiment qui est ouvert le 14 janvier 1904 sous le nom de Casino Hoche.        

 

Rue Ardisson MLR

 

La suite manque de charme : 1933, Société du Littoral Force et Lumière Decesti que beaucoup de Cannois ont connu avant l’installation du Trésor public qui déménageait des bâtiments du Crédit Lyonnais en 1975.    

Nice-Matin nous apprend que la démolition du bâtiment est projetée : Il n’était pas classé et l’architecte des bâtiments de France n’a émis aucune réserve pour un hôtel  aligné sur la hauteur de l’immeuble voisin de la rue Buttura, ni terrasse, ni balcon en façade, le parking en sous-sol sera assuré par un ascenseur à voitures, espace hammam/sauna/fitness pour l’hôtel Alcyon, quatre étoiles dont le chantier pourrait commencer à la rentrée.  

HOMMAGE A JEAN-GABRIEL DOMERGUE  

Les manifestations qui célèbrent l’artiste et son épouse se dérouleront jusqu’au 30 septembre à la Villa Domergue léguée en 1973 par l’épouse du peintre, Odette Maudrange-Domergue, sculptrice. Jean-Gabriel Domergue a conçu et édifié en 1934 la villa de ses rêves, avenue Fiesole, dans un décor toscan féérique.

 domergue

  Jardin de la villa Domergue avenue Fiésole. MLR 

L’hommage rayonne jusque Paris, une partie de la collection cannoise est présentée au musée Montparnasse, illustrant Et Domergue inventa La Parisienne.

 

VIVEZ LA COTE D’AZUR COMME UNE ŒUVRE D’ART 

Le Comité Régional du Tourisme Riviera Côte d’Azur a édité Peintres et Paysages de la Côte d’Azur ; à la hauteur du Carlton, sur la Croisette, un lutrin expose à sa manière une œuvre de Picasso visible en son musée, hôtel Salé, à Paris.   picasso croisette 2 (2) 

Le lutrin.  MLR

Picasso a séjourné dans une villa qu’il avait achetée en 1955, La Californie, avenue du Roi-Albert. Dans cette villa sera tourné le film de Clouzot Le Mystère Picasso. Il quittera Cannes six ans après quand des résidences immobilières nuiront à la vue sur la mer qu’il affectionne (il peint alors une toile qui sera exposée à La Malmaison, illustrant son nouveau et attristant panorama).

 Picasso paysage de Cannes au crépuscule

     

Cette toile a été exposée à La Malmaison au cours d'une précédente manifestation.  

Eté 1927 : PABLO PICASSO hôte du CHALET MADRID à CANNES  

Après des séjours à Saint-Raphaël (1919), au Cap d’Antibes (1923), à Juan-les-Pins (1924, 1925, 1926), le 12 juillet  1927, un jour après la clôture d'une exposition de dessins à la galerie de  Paul Rosenberg, la famille Picasso, Pablo, Olga et leur fils Paulo, accompagnée par une nounou russe, séjourne à l’hôtel Majestic de Cannes en attendant de  trouver une résidence d'été à leur convenance.  

    hôtel alexandre III Pablo Picasso sollicite son ami Francis Picabia (1879-1953), qui habite le château de Mai à Mougins,  pour la recherche d’un atelier. Ce dernier ami de longue date de Georges Capron (1884-1962), - ils ont  tous deux été élèves dans l’atelier de Fernand Cormon - propose à Picasso l’éventualité d’occuper l’atelier de Georges Capron au chalet Madrid, 15 boulevard Alexandre III.  

    Le chalet Madrid était une petite construction modeste située dans le parc de la villa Madrid. En 1920 André Capron entreprend des travaux d’agrandissement pour y loger son neveu, Georges Capron, artiste peintre, avec sa famille ; au deuxième étage est prévu l’aménagement d’un vaste atelier donnant sur une terrasse. La construction sera de nouveau modifiée en 1927 par la famille Capron, puis transformée en pension de famille sous le nom de « la Madrilène », et aujourd’hui, sans grand changement de son aspect extérieur, c’est l’hôtel Alexandre III. 

                                                                                                  Hôtel Alexandre III, Boulevard Alexandre III  MLR

 

Mais laissons parler Marcelle Capron (1892-1986), son épouse, qui évoque cette rencontre dans ses souvenirs : Georges connaissait Picasso depuis bien avant la guerre. Un été, pendant la période de vacances que nous passions à la montagne avec les enfants, il avait offert au peintre, qui cherchait un atelier et n’en trouvait pas, le sien, au chalet Madrid. C’était un grand atelier et Picasso en prit possession dès notre départ avec un contentement avoué.

A la fin de l’été[1], Georges reprenait son atelier et demandait, à Picasso, avant qu’il ne le quittât, de lui montrer ce qu’il avait fait. Ce qu’il avait fait n’enthousiasma pas mon mari[2]… Picasso passa dans une pièce voisine pour chercher je ne sais quoi. Dans l’atelier, le dos d’une grande toile plaquée contre le mur éveille la curiosité de Georges. Il la retourne découvrant un merveilleux portrait de femme « Splendide !» dit Georges au moment où Picasso réapparaît. « Ne regardez pas ça ! Ne regardez pas ça ! » Dit le peintre précipitamment. Et il recache hâtivement le portrait comme s’il avait honte. « Pourquoi ? » dit Georges sans se troubler. « Mais parce que » dit Picasso, sans plus d’explication. L’explication ? Il nous parut qu’il n’y en avait qu’une : c’est qu’il ne voulait pas être pris en flagrant délit de sincérité… » Et Marcelle Capron de citer un extrait de « Libro Nero » (1951)  de Giovanni Papini (1881-1956) qui rapporte un entretien qu’il eut avec le peintre.  « Picasso  y montre une surprenante sévérité à l’égard de lui-même» note Marcelle Capron :  

Picasso parle : « Du moment que l’art n’est plus l’aliment qui nourrit les meilleurs, l’artiste peut exercer son talent en toutes les  tentatives de nouvelles formules, en tous les caprices de la fantaisie, en tous les expédients du charlatanisme intellectuel. Dans l’art, le peuple ne cherche plus consolation et exaltation, mais les raffinés, les riches, les oisifs, les distillateurs de quintessence cherchent le nouveau, l’étrange, l’original le scandaleux. Et moi-même, depuis le cubisme et au-delà, j’ai contenté ces maîtres et ces critiques, avec toutes les bizarreries changeantes qui me sont passées en tête, et moins ils les comprenaient et plus ils m’admiraient. A force de m’amuser à ces jeux, à toutes ces fariboles, à tous ces casse-tête, rébus et arabesques, je suis devenu célèbre…Mais  quand je suis seul à seul avec moi-même, je n’ai pas le courage de me considérer comme un artiste dans le sens grand et antique du mot. Ce furent de grands peintres que Giotto, le Titien, Rembrandt et Goya. Je suis seulement un amuseur public qui a compris son temps et a satisfait le mieux qu’il a pu l’imbécillité, la vanité, la cupidité de ses contemporains. C’est une amère confession que la mienne, plus douloureuse qu’elle ne peut sembler, mais elle a le mérite d’être sincère ».  

Cette confession est surprenante, de tels propos auraient pu être exprimés par l’autre PICA, comme on les appelait en 1927, Francis Picabia, ami et rival de Picasso.


 [1] Après le 24 Septembre Picasso retourne à Paris.

[2] Période la plus “barbare” de l’œuvre de Picasso, La série de baigneurs, établie à Cannes en 1927, nous montre des échantillons de ces monstres, corps aux excroissances grotesques et surdimensionnées,« tableaux très violents montrant des créatures difformes, convulsives, prises dans les mailles d’une rage hystérique ».

Sources : archives privées de l’auteur, Frédéric Vincent.    

La Malmaison propose pour cet été une exposition : Les Chemins du Sud. Une superbe affiche nous invite à la visite.

 

 

CE MOIS-CI A CANNES  

Tout avait commencé en juin 1901. Le 23 juin , M. Giraud, président du Conseil des Prud’hommes, au bar Martin, place Châteaudun, avait pourtant exhorté les grévistes : Il ne faut pas croire à la supériorité des patrons ni vous croire supérieurs à eux : les intelligences se valent, l’une par sa direction, l’autre par son travail et c’est de leur réunion que jaillissent les merveilles que vous créez…Aussi unissez-vous et j’espère qu’à la fin de la semaine prochaine quatre cents maçons seront syndiqués ( les quatre cents qui assistaient à la réunion). Ce devait être un grand café !  

A chaque corporation son café : les ouvriers menuisiers se réunissent, le  1e juillet 1901, au bar Féraud, place de la gare. Ce même jour, M. le Commissaire s’en mêle : quinze grévistes se sont rendus au chantier Marazzi, boulevard de la Croisette où ils ont débauché trois maçons et, prévoyant qu’ils se rendraient au chantier du passage à niveau et de la Nouvelle jetée, les seuls où on travaille actuellement, j’ai renforcé immédiatement le personnel de la police sur ces deux ponts. Grâce à ces précautions, trois cents grévistes qui se sont présentés au chantier du passage à niveau n’ont pu débaucher que trois ouvriers.  

3 juillet 1901, la grève est relatée dans Le Courrier de Cannes : Certains patrons voulaient classer eux-mêmes le personnel, cette classification leur permettait en fixant la catégorie d’augmenter leur bénéfice.  

Quelques jours plus tard, les ouvriers maçons et les manœuvres sont réunis au bar Martin proposant deux prix de journée seulement, 5 francs pour les maçons et un minimum de 4,5 francs pour les autres. Le prix des heures supplémentaires serait payé double au-dessus de douze heures. Quant aux ouvriers au-dessous de 18 ans, le prix de la journée serait fixé à 2,75 ou 2,50 francs suivant l’âge. En cas de reprise partielle de travail, les ouvriers seront tenus de verser 1 franc par jour sur leur salaire pour soutenir ceux qui ne travaillent pas. Les patrons qui ne sont pas patentés sont des tâcherons, ils ne veulent occuper les cimentiers autrement qu’à façon. Pour mieux être compris, les demandes sont également écrites en italien. 

Un vote secret a lieu pour la reprise du travail par deux billets de même grandeur. Sur l’un d’eux, il y a une petite marque bleue au milieu, l’autre est entièrement blanc. La marque bleue signifie l’acceptation des conditions du patron, la blanche, la continuation de la grève. Quelle que soit la majorité, il faudra s’y conformer. 198 suffrages exprimés, bulletins bleus 115, blancs, 82. L’assistance semble délivrée d’un poids énorme. 

 Le 7 juillet, un accord met fin à la grève. Il porte à 5 francs  pour 10 heures de travail le salaire d’un ouvrier du bâtiment, 1 kg de pain coûte 0.50 franc

 Sources : La haute société à Cannes à La Belle Epoque Ch. Cecconi.  

                A.M. : 4 F 41 Comptes–rendus du C.M. 

                Le Littoral illustré 1901.   

 

LIENS ANNEXES : LE PORTRAIT de Pierre Assouline    

Il s’agit d’un roman autour du portrait par Ingres de madame la baronne de Rothschild.  

En 1880, la baronne douairière James de Rothschild se rendit à Cannes pour la première fois et loua la villa Victoria où elle passa l’hiver. C’est en 1881 qu’elle acheta la villa Marie-Thérèse avec son parc, séparée de la villa Victoria par la route de Fréjus. La villa Marie-Thérèse fut rasée et la même année la baronne passa commande de la demeure actuelle.

 

 

 villa rotschild 

Médiathèque de Cannes, 7 avenus Noailles. MLR

 

Elle fut construite sur les plans de l’architecte Baron qui avait déjà réalisé des demeures de prestige dans la région. Son architecture mêle des éléments classiques palladiens, renaissants et baroques ; ses jardins d’origine méditerranéenne, tropicale et asiatique sont plantés de plus d’une centaine d’espèces de grande valeur.

 

Madame de Rothschild  écrit : Je lègue à Madame Ettling en souvenir de nos intimes relations à Cannes un tête à tête vieux Sèvres, décors oiseaux. Madame Ettling, c’est la locomotive cannoise de l’époque dont nous connaissons déjà la demeure (billet N° 18), l’actuelle villa Madrid.  

 

 

PREPARONS LA RENTREE

 

Nous pensons insérer une photo insolite par mois. Avis aux amateurs qui ne craignent pas les étrons et lèvent la tête avec un regard neuf. On gagne…sa signature dans le billet en dessous de sa photo, cannoise bien sûr.

 



             

 

 

 

 

 

  

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30 mai 2012 3 30 /05 /mai /2012 22:34

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UN GRAND PEINTRE DE LA MER ?

Grand peintre de la mer et grand aventurier, GEORGES RICARD CORDINGLEY  parcourut les cinq continents et voua toute sa vie une véritable passion pour la mer, les bateaux, le monde de la pêche et les ciels surprenant de lumière, quelques fois nuageux ou parfois encore orageux.

Né à Lyon en 1873, ce voyageur eut deux ports d’attache, Boulogne-sur-Mer et Cannes. Il eut un immense succès dès son plus jeune âge. La reine d’Angleterre lui avait acheté trois tableaux alors qu’il avait juste 20 ans. Cependant, renonçant à une gloire précoce, il s’embarque pour la grand-pêche à Terre-Neuve où…il fait naufrage et dont il a apporté une aquarelle croquée sur le vif.

De son premier séjour hivernal dans notre cité, de 1919 à 1924, découvrant de nouveaux couchers de soleil, de nouveaux ciels,  Ricard-Cordingley exécute de remarquables huiles et aquarelles sur le ponton de la Pantiero, des tartanes et des pêcheurs, des voiliers devant le Suquet. Il décède brusquement à Cannes le 4 avril 1939. M.D.

Ricard le calme devant le Suquet

Le Calme devant le Suquet,  représenté ici grâce à l’aimable collaboration de sa fille, Gabrielle Ricard-Cordingley, est son œuvre ultime, son testament. Nous lui devons aussi ce message : le ciel, un nuage, une vague, un rayon de soleil sur un mur, un souffle de vent sur l’herbe sont autant de beautés éternelles à qui sait les regarder…

Ne pas peindre ce que je vois mais ce que j’éprouve : si c’est du vent, que ça souffle ; si c’est de la pluie, qu’on sente la pluie vous transpercer ; si c’est du soleil, qu’on dise qu’on est dans un four.

 

CE MOIS-CI A CANNES

14 juin 1790 : la foule envahit l’hôtel de ville, réclamant les reliques de saint Honorat et saint Aygulf que l’évêque avait fait transférer à Grasse lors de la suppression de l’abbaye de Lérins, et se plaignant que le défaut de reliques exit [sic] la colère de Dieu et occasionn [sic]le mauvais temps et les fléaux.

 

CELESTIN FREINET A CANNES (1896-1966)

Au cours de notre visite fort réussie à Vence le mois dernier, nous avons évoqué le souvenir de Célestin Freinet : Plus de manuels scolaires et de bourrage de crâne, proclamait-il dès 1927.

Nous connaissons sa vie romancée par le film de J.P. Le Channois (1949), L’Ecole Buissonnière, mais moins son travail d’éditeur.  Militant syndical et politique, il fonde en 1928, la Coopérative de l’enseignement laïc (CEL) qui édite un bulletin mensuel pédagogique, L’Imprimerie à l’école, où l’on débat de tous les problèmes de l’éducation en France et à l’étranger. Au début de 1932, il publie une revue, La Bibliothèque de Travail (BT), qui deviendra L’Educateur.

 freinet gerbeA cette date, la philosophe Simone Weil adhère au Mouvement Freinet. En 1935, à Vence, malgré l’autorisation refusée, il fonde sa propre école expérimentale. Interdit d’école sous l’Occupation, Freinet s’implique dans la Résistance. Après la guerre, Freinet et son épouse Elise qui l’a toujours secondé, réintègrent l’école de Vence. M.D.

 

C’est en avril 1946 que la CEL s’installe à Cannes dans l’impasse Henri-Bergia, devenue le boulevard du Riou. La fonderie Repetto, en face des ateliers réalise les bâtis des grandes presses à imprimer. Dès 1948, les éditions L’Educateur et la BT sont imprimés en sous-traitance dans les ateliers de l’imprimerie Aegitna à Cannes. En 1954, 600 mètres carrés de nouveaux bâtiments sont construits avec le concours des ouvriers de la CEL. L’effectif salarié atteindra jusqu’à 120 personnes. En 1968, l’unité d’imprimerie est transportée à La Bocca,  24-26 avenue des Arlucs sur 1 700 mètres carrés. En 1978, les locaux de la place Bergia déménagent au 189 avenue Francis-Tonner. Puis c’est le dépôt de bilan en 1986. De nombreux militants de la pédagogie Freinet vont essayer de soutenir une nouvelle maison d’édition, la PEMF (Presse édition du mouvement Freinet). Ils continuent au service des enfants dans le parc d’activités de l’Argile à Mouans-Sartoux diffusant les revues par correspondance ou en librairie.

Les locaux de l’avenue des Arlucs hébergent aujourd’hui l’orchestre régional PACA.  M.D.

  arluc freinet

26, avenue des Arlucs. E.R.

 

LIENS ASSOCIES : ALAIN BARATON  LA VERITABLE HISTOIRE DES JARDINS DE VERSAILLES

Louis XIV commande à Jean-Baptiste Tuby une œuvre destinée au bassin d’Apollon. Cette sculpture en plomb commencée en 1668, mise en place en 1670, représente Apollon sur un char tiré par quatre chevaux fous, entouré de quatre tritons et de quatre monstres marins. L’eau jaillit de la bouche des monstres et des tritons. Trois gerbes magistrales s’élancent vers le ciel et semblent composer une fleur de lis. La gerbe peut atteindre 19 mètres de hauteur…C’est le plus beau, le mieux placé…

A la suite de diverses mésaventures, Jean-Baptiste Tuby s’installa à Villefranche-sur-mer et c’est de là qu’un de ses fils, Joseph Tuby, arrive au Fouery (La Bocca) avec ses enfants Elisabeth et François, à la fin du XIXe siècle. François deviendra avocat au 21 quai Saint-Pierre, il agrandit la déjà vaste propriété de l’autre côté de la bastide d’origine dans laquelle son fils,le jeune Victor Tuby, futur statuaire et félibrige, devait venir se délasser et qui reste le cadre authentique du groupe de logements sociaux Le Bel Azur.  

      HLM1

 Le Bel Azur 13 avenue François-Tuby M.D.

P.S. On lira avec plaisir Histoires d’os et autres illustres abattis de  C.Portier Kaltenbach, ainsi, à l’église Saint-Eustache à Paris, existe un monument funéraire édifié à l’intention de Colbert, sculpté par Coysevox et Tuby sous lequel reposent les jambes de Colbert.

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    Sculptures de l’arrière-petit-fils, Victor Tuby. Voir le billet N°4, août 2010. Photo M.C.

 

 

DEDICACE

J’ai assisté pour vous à la présentation d’une petite exposition de quelques articles illustrés tirés d’un nouvel ouvrage collectif dirigé par Alex Benvenuto, préfacé par le conservateur de la Médiathèque Noailles : Balade à Nice et dans les Alpes-Maritimes sur les pas des écrivains. Avec musique et lecture de textes.Cannes, bien sûr a une place dans cet itinéraire avec Mérimée, Maupassant, Simenon… Des lectures et des balades pour l'été. L.S. 

 

ON NOUS COMMUNIQUE

Une journée à l’île Sainte-Marguerite est prévue jeudi 14 juin. Visite commentée aux aquariums et paëlla sous les micocouliers, ainsi qu’une journée à Saint-Jean-Cap-Ferrat, visite guidée de la villa Santo Sospir et de la villa Kerylos. Renseignements ( 04 93 69 11 57.

 

 

 

 

 

 

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16 avril 2012 1 16 /04 /avril /2012 23:57

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Le conseil d'administration du 30 mars a élu à la présidence de l'Ami des archives Jacqueline Leconte qui s'efforcera de maintenir les objectifs de l'association pour que perdure la mémoire collective de notre ville.

 

ADDITIF AU BILLET D’AVRIL N°24

Revue de Cannes le 17/11/1886

Un correspondant anonyme a écrit à la direction pour se plaindre de I’ inobservation du dimanche à Cannes. Partout, dit- il, les ouvriers sont à l'ouvrage, les chantiers sont ouverts, et les étrangers sont scandalisés de voir ainsi profaner le jour du Seigneur. Nous avons déjà eu personnellement plusieurs fois occasion de regretter ces faits, et nous ne pouvons trop engager de nouveau les entrepreneurs de travaux soit pour le compte de la commune, soit pour les particuliers, à ne déroger à cette règle si nécessaire même à l'ouvrier, du repos du dimanche, que dans des cas d'extrême urgence.

 

JEU DE FAMILLE : Le grand-père est Emmanuel Repetto, fondeur à Cannes, la fille est Rose Repetto. Elle monte à Paris auprès du petit-fils Roland Petit qui demande à sa mère de lui confectionner des chaussons « coutures externes ». Repetto n’appartient plus à la famille, la raison sociale demeure.

 

LA PALME D’OR… POUVEZ- VOUS M’EN RACONTER L’HISTOIRE ?

                Il était une fois, en 1939, un ministre de l’Éducation nationale et des Beaux-Arts, Jean Zay, qui eut l’idée d’un festival du film et d’une branche d’acacia pour symboliser le Festival lors de sa création fugace en 1939. La première manifestation ne se déroulera qu’en 1946.

                Lors des premiers festivals, on remet des tableaux aux gagnants des grands prix. Selon les dons faits gracieusement au Festival, des contemporains prestigieux voisinent avec des artistes plus modestes : Chagall, Utrillo, Chapelain-Midy avec quelques naïfs locaux. Les plus rusés, en coulisse, faisaient des échanges. Ainsi René Clément s’arrangea pour faire partie des mieux dotés.

                Ce fut le conseil d’administration du Festival qui décida de remplacer le grand prix par une tige ornée d’un cœur et soutenue par une sculpture en terre cuite puis par une palme d’or représentant les armoiries de la Ville. 

                En 1954, une joaillière parisienne, Suzanne Lazon, proposera aux organisateurs d’offrir au gagnant un bijou en forme de palme, évoquant les arbres de la Croisette. Posé sur un socle sculpté par Jean Cocteau, la Palme d’or est créée en 1955. Delbert Mann est le premier cinéaste à la recevoir pour son film Marty. Elle est en or massif.

On passera progressivement à une palme plaquée or, remise dans son coffre rouge. Mais le trophée ne fait pas l’unanimité : il est abandonné après le festival de 1963, la Palme dont l’élaboration avait été confiée à plusieurs joailliers disparut mystérieusement du palmarès; sans savoir pourquoi elle fut rayée de la liste des prix à décerner, lors de l’édition 1964...

                Le Conseil d’administration revient au diplôme avant d’y renoncer à nouveau en 1975 pour réhabiliter, cette fois pour de bon, la Palme d’or.

                En 1998, le Festival demanda à Caroline Gruosi-Scheufele, des ateliers de la maison Chopard, de redessiner la Palme. C’est maintenant un trophée en or jaune monté sur un bloc de cristal en forme de diamant. La prestigieuse maison suisse, dans le cadre d’un partenariat, fournit chaque année gracieusement la palme d’une valeur de plus de 20 000 euros.

 palme d'or  Délicatement courbée, la tige qui supporte 19 feuilles sculptées à la main, forme à sa base un cœur, symbole de la maison.

Une deuxième palme d’or non datée est toujours en réserve en cas d’accident matériel de dernière minute, ou de palme ex-æquo.

Jusqu’au palmarès, la Palme est à l’abri dans les coffres du joaillier qui la livre au dernier moment à la direction du Festival de Cannes.

En or 24 carats, le trophée est coulé à la main selon la technique à cire perdue, puis fixé sur un cristal de roche taillé en forme de diamant.

"La nature ne donnant jamais naissance à deux cristaux de roches identiques, chaque palme est absolument unique", souligne Mme Gruosi-Scheufele.

Depuis 2000, deux mini-palmes, modèles réduits de leur célèbre aînée, récompensent les prix d’interprétation féminin et masculin.

La remise de la Palme d’or a toujours été un théâtre d’émotions. Récompensé en 1987 pour Sous le soleil de Satan, Maurice Pialat avait lancé au public qui l’avait sifflé sa fameuse réplique : "Si vous ne m’aimez pas, je peux vous dire que je ne vous aime pas non plus".

 

  SOURCES : Henry-Jean Servat  La Légende de Cannes.

                       Michel Pascal  Cris et chuchotements

                       François Guyot sur le web.

 

LU POUR VOUS : LE COACH NICE-CANNES

Gordon-Bennet, dont le yacht Lysistrata était souvent ancré dans le vieux port de Cannes, était le propriétaire du New-York Herald Tribune. Avec Henry Ridgway, riche banquier de Philadelphie, et d’autres associés, ils fondent, en 1890, une ligne hippomobile entre Nice et Cannes desservant Cagnes, Val Claret, Antibes et Golfe-Juan à raison d’un voyage par jour aller et retour. Baptisée Old Rocket, vieille fusée, la voiture, tirée par quatre chevaux et aménagée par Muhlacher, pouvait contenir quatorze personnes.

muhlbacher

 Coach privé Mühlbacher. Internet.

Faisant partie de la collection de Dina Vierny, la berline a été achetée en 2011 et restaurée dans le strict respect de l’époque. Les portières sont ornées des armoiries de Cannes à gauche et de Nice à droite surmontées de l’emblème de Gordon Bennett, une chouette perchée sur un croissant de lune signifiant « la nuit porte conseil ». Nous espérons une prochaine exposition de cette berline.

  

CE MOIS A CANNES

7 mai 1868 : Décès de Lord Brougham (voir le billet N° 20). Grâce à lui, le Tout-Londres n’a que le mot « Cannes » à la bouche. Nous devons à Jean Bresson le récit de ses derniers moments : Evidemment, Lord Brougham était un sage, puisqu’il choisit l’Eden de Cannes pour y écouler en paix les dernières années de sa vie…illustrant ce vieux dicton : « une bonne conscience est le plus sûr garant d’un bon appétit ». Dans la soirée du 7 mai 1868, le noble vieillard, alors nonagénaire, fit encore honneur au menu suivant : Potage, rougets de la Méditerranée, côtelette aux pommes, une aile de poulet, un peu de pudding au riz, le tout arrosé d’un verre de Malaga et de deux doigts de porto. Quelques heures plus tard, ainsi lesté pour le dernier voyage, le noble lord remettait son âme à Dieu.

Lord Brougham se prononce « broum », les Anglais le caricaturaient avec un balai.

Jean Bresson : La Fabuleuse histoire de Cannes.

lord brougham

Statue de lord Brougham par AL TRIVERO d’après LIENARD 1953.

L’ensemble du monument fut inauguré le 10 octobre 1870. Les Allées de la Liberté. MLR

 

LIENS ASSOCIES

PIERRE ASSOULINE  LE DERNIER DES CAMONDO

L’auteur y narre la vie de Moïse de Camondo. Celui-ci épousa Irène Cahen d’Anvers âgée de 19 ans. C’était La Petite fille au ruban bleu du portrait de Renoir. Peu d’œuvres ont réussi comme celle-ci à capter tout ce qui demeure inaccessible du monde intérieur d’un enfant écrit P. Assouline.

Ce portrait connut un curieux destin ; après avoir été pris par Goering qui le céda au riche industriel suisse d’origine allemande Georg Bührle, il fut restitué à Irène Cahen d’Anvers devenue comtesse Charles Sampieri. Elle le mit en vente en 1948 et il appartient désormais à la fondation Bührle de Zurich.

Nous retrouvons la comtesse Sampieri à Cannes à l’âge de 90 ans en 1962. Elle y possède les villas Laurence, avenue du Roi-Albert, Elvina, à l’angle du boulevard de la République et de l’avenue de Lyon, Les Araucarias, dans le quartier Terrefial (voir le précédent billet) dans le lotissement du château de Thorenc (billet N° 17). Cette dernière, située 2 chemin des Araucarias, se veut résolument moderne, construite en 1925, une réalisation des architectes associés Emile Molinié, Charles Nicod et G. de Montaut. En 1928, son propriétaire est M. Durand de Lyon et son nom La Carmencita. La comtesse Sampieri l’achètera, dans les années 50, au baron de Dietrich, puissant industriel d’Alsace-Lorraine.  villa araucariaivr93 02060069xb v

C’est sans doute la comtesse Sampieri qui fait agrandir la villa et adapter le jardin, aujourd’hui propriété de Saoudiens et dans son vaste jardin se construisent deux immeubles.

Ayant hérité de la fortune des Camondo par suite de la disparition tragique de ses enfants, elle la dilapide, dit-on, dans les casinos de la Côte d’Azur. Elle meurt en 1963.

Sources complémentaires : Archives municipales 2S883.  

                                                                                                         Ministère de la Culture ; base Mérimée

ON NOUS COMMUNIQUE

                Une sortie est prévue le jeudi 10 mai dans l’arrière-pays, le village médiéval de Vence et le jardin des Fleurs de Poteries de Gattières.

Les renseignements complémentaires seront donnés au ( 04 93 69 11 57.

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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 00:12

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Chers Amis des Archives,

Je pars…en tant que présidente, je reste…en tant que membre…

De février 2001 à  mars  2012, j’ai eu le plaisir de réunir autour de moi, des personnes intéressées voire passionnées comme moi-même et de partager avec elles les surprises de la recherche.

Ce fut une grande joie pour moi de retrouver l’histoire de certaines propriétés privées et publiques, de familles cannoises et étrangères ou encore la vie des quartiers de Cannes.

J’ai partagé avec vous la découverte du patrimoine souvent peu connu de cette ville que j’aime.

Merci de m’avoir suivie et entourée toutes ces années.

Bien  sincèrement

Andrée Bachemont

 

LA VILLA TERREFIAL

Terrefial désigne un quartier de Cannes circonscrit par le boulevard Montrose et le boulevard de Vallauris.

Monsieur le professeur Vouland, dans l’ouvrage Etude de toponymie régionale, écrit que la forme la plus ancienne de ce nom se trouverait dans un testament écrit en 1479 par le notaire Berard qui emploie le mot terre freyal.villa terrefial 1IMGP4370

L’adjectif freyal viendrait du latin friare signifiant réduire en morceaux. Il s’agirait donc d’un terme technique désignant la consistance du terrain en l’occurrence une terre friable. Une villa du quartier porte ce nom. Cette demeure bourgeoise, ne laisse presque rien paraître de l’extérieur ; elle fut construite vers 1870 comme sa voisine, son architecte n’est pas connu.

Villa Terrefial angle de l’avenue Montrose et de l’avenue du Grand Pin. F.B.

Édifié sur un plan carré comprenant deux niveaux sur un sous-sol, l’ensemble est couvert d’un toit à croupe couronné d’une balustrade, un escalier à double révolution donne accès au jardin de 2000m2 à l’époque, planté de palmiers, de cyprès et de bambous. En 1920, le propriétaire est M. Adolphe Jorrand de la manufacture de tapis à Aubusson « Croc Père et Fils et Jorrand » qui existe encore de nos jours. De 1930 à 1941, le propriétaire est M. Gras, il possède dans le quartier une distillerie sous l’enseigne « Gras et Ero », c’est le pharmacien des « Allées » (voir notre billet de décembre 2011 N°20).

Actuellement, la villa porte le nom de The house at Cannes et accueille pendant le Festival les personnalités du cinéma. C’est Pénélope Cruz qui cette année l’investira le temps d’une soirée où elle présidera un tournoi de dominos entre stars, (www.pineletpinel.com). F.B.

 

SAINT CÉSAIRE

Les reliques de saint Césaire d’Arles ont fait l’objet d’une exposition au musée du Louvre qui s’est achevée à mi-février. C’est aussi notre saint Césaire, celui que nous allons évoquer.

Il est né probablement vers 470 à Castillon (près de Chalon-sur-Saône), en territoire burgonde, de parents chrétiens et probablement gallo-romains. En 488 il reçoit la tonsure de l'évêque de Chalon et reste à son service durant deux ans. Attiré par une vie plus solitaire et pour éviter peut-être d'être retenu par sa famille, il s’enfuit à Lérins en 490 ; il est reçu comme novice par l’abbé Porcaire. Il est fortement marqué par la vie monastique. À Lérins il a sûrement acquis l'essentiel de sa culture basée sur les livres saints et les Pères de l'Église.

Il devient évêque d’Arles probablement en 502, le récit le plus ancien de la remise du pallium par le pape à un évêque est celui de la remise de son pallium par le pape Symmaque, il y a plus de 1500ans.

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Chrisme sur le pallium, représentation du pape.                                 Le pallium de Saint Césaire

 

Il continue à vivre comme un moine, exigeant que le clergé soit exemplaire. Il donne un rôle important au libre arbitre comme l’avait prôné saint Augustin. Un acte de donation de Childebert, en 540, fils de Clovis, donne les pêcheries situées au sud de l’étang de Caronte, probablement l’actuel quartier de Jonquières à Césaire. Ce village à 32km de Cannes était connu des Romains sous l’appellation de Castrum Caesari. Les moines de l’abbaye de Lérins, au IX e siècle, l’appelleront  Saint-Césaire.

Et ceci aussi, qui ne peut le dire : nul ne doit rendre un culte aux arbres, observer les augures, s’adresser aux enchanteurs ; nul ne doit s’enquérir auprès des magiciens et des devins, nul ne doit, à la façon sacrilège des païens, prendre garde au jour où il part en voyage et au jour où il rentre chez lui, mal auquel, non seulement les laïcs, mais même un certain nombre de clercs, je le crains, succombent à cause d’une coutume sacrilège. Traduction de sermons par J. Delage, Wikipédia.

Autres sources sur le Web : L’École Hors les Murs ; Christophe de Dréville.

  

ARCHIVES D'HIER ET DE DEMAIN  

                               01 / 07 / 1904

IMG

                                                           nice matin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LIENS ASSOCIES

 

ROGER PEYREFITTE Tableaux de chasse

Fernand Legros achète à la galerie 65 de Cannes deux Dufy, deux Vlaminck à la propriétaire, Gilberte Duclaud, années 60. Une Réception de Dufy y est à vendre, fréquemment traitée par le peintre. On contestera l’affiche servant à l’exposition de Dufy (on pense alors que l'oeuvre n'est pas authentique). La galerie a été créée par G. Duclaud en 1953. Y ont été exposées des peintures de François Raty. Il s’avère que ce 65 est maintenant la bijouterie Aubry. L’actuel 65, côtoie deux magasins sans étage encadrés par deux immeubles dont les frontons ont des fenêtres ouvertes, ouvertes sur … un « torrent impétueux », la Foux. Les magasins sont sur un radier, quant à la Foux, elle se jette dans la mer, couverte, pour devenir la rue des États-Unis.

 

65 rue d'antibesplan N° 2 pont de la foux (2)

 

Plan cadastral de 1871, Archives municipales.                                               65 rue d'Antibes ML.R

 

La rue des États-Unis est nommée rue Armand, on voit à gauche la parfumerie et la villa de M. Armand, d’origine alsacienne, il n’était pas bon de rappeler ses origines en 1871, le plan de 1884 rectifiera, il s’agit de M. Herman qui fit recouvrir la Foux à ses frais jusqu’à la mer.

 

Dernière nouvelle : un nouveau magasin ouvre ses portes, la boutique Repetto. La tentation est trop grande de finir ce billet d’avril par ces deux photos à faire réveiller la mémoire des Cannois.

                               

 

 

 regard d' égout pieds-ballerine[1]

   Regard d’égout, avenue Alexandre III M.D

 

 

 

                                                                           

On nous communique : mardi 3 avril, visite guidée du musée Escoffier à Villeneuve-Loubet.

Pour tous renseignements (04 93 69 11 57  

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23 février 2012 4 23 /02 /février /2012 08:22

 

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Une nouvelle Histoire de Cannes est parue récemment.

Cet ouvrage, réalisé par un collectif d’auteurs sous la direction d’Alain Ruggiero, maître de conférences honoraire en histoire contemporaine et chercheur, réactualise la dernière Histoire de Cannes publiée en 1977.  Après l’avoir lu et pour en savoir plus, nous avons assisté fin janvier à une petite conférence en présence de deux auteurs Alain Ruggiero et Claude Marro, professeur d’histoire-géographie retraité et vice-président de la Société scientifique et littéraire de Cannes et de l’arrondissement de Grasse. Les auteurs se sont appuyés sur les documents publiés au fil des années et aussi sur les travaux de notre association. Au cours de cette soirée fut posée la question  des armoiries, d'où l'idée de ce billet.  L.S.

 

Jusqu’en 990, Canoïs ne possédait pas de blason particulier.

  Un riche marchand cannois d’anchois salés, pendant le bombardement de Toulon, força un passage entre les bâtiments de la flotte avec ses petits bateaux à pêche chargés de blé. Il reçut des « lettres de noblesse » et Cannes fut récompensée pour avoir été son lieu de naissance, avec permission de faire sculpter au-dessus de la porte de l’hôtel de ville une branche de palmier et une fleur de lys. En 1830, la fleur de lys fut enlevée mais la branche de palmier resta. Ceci nous est narré par M.M. Brewster dans Lettres de Cannes et de Nice 1856-1857.

 

Traversons à rebours la naissance de Cannes. Les premières armoiries de Cannes présentent les lettres C et A abrégés de Caritas (charité) et d’Amor (amour) et la palme d’argent sur fond azur, emblème de l’abbaye de Lérins. Nous sommes autour de l’an 1 000, époque où l’on prédisait la fin du monde, se faire pardonner et être en paix étant le souci immédiat. Guillaume Gruetta dit « Le Sauvage » fit d’importants dons  à l’Eglise et céda le village de Cannes à l’abbaye de Lérins qui lui donna alors l’emblème de l’abbaye. La palme d’argent fait référence au palmier sur lequel saint Honorat grimpa tandis que la mer noyait les serpents qui infestaient l’île.

 

Les lettres disparurent en 1636. Les consuls de Cannes les remplacèrent par deux fleurs de lys, en hommage au marquis de Saint-Chamond, représentant du gouverneur de Provence. Par la suite le blason fut couronné, eut une branche de laurier et de chêne. La Révolution supprima les armoiries, Napoléon Ier les rétablit, Cannes ne reçut pas les abeilles impériales. Louis XVIII rendit deux ordonnances fixant définitivement nos armoiries.

 

 

Sources : Pierrugues : Cannes à travers les âges.

Revue de Cannes et du Littoral 1903.

 

Cannes Soleil N° 85

 

Margaret Maria Brewster 

 

Lettres de Cannes et de Nice 1856-1857  

 

 Blason de Cannes

 

Blason de Cannes dans ses monuments Théâtre rue Louis-Ardisson MLR

 théâtre hoche

 

 hôtel de ville   blason palais de justice

  Fronton du Palais de Justice, boulevard Carnot. MLR   

 L’Hôtel de Ville MLR

     

 

CE MOIS A CANNES : Le Littoral 1924 annonce la mort si soudaine du prince Léopold d’Albany qui plonge dans la consternation aussi bien les Anglais résidant dans notre cité que les habitants de Cannes.

 

A 2 heures, S.A.R. voulut descendre le grand escalier qui conduit dans le jardin du Cercle Nautique. Le prince marchait seul, devant, selon l'étiquette, derrière lui suivaient quelques familiers, le capitaine Percival et le Docteur Royle lorsqu'il fit un faux pas et tomba sur les marches. La chute avait été si violente que le prince ne put se relever. On s'empressa autour de lui, mais certes on était loin de prévoir un si cruel dénouement ; on supposait la fracture de quelque membre, sans croire à des complications internes.

 

Le prince fut transporté dans les salons du Cercle où on lui donna les premiers soins puis à la villa Nevada chez M. Percival, capitaine de son état-major dont il était l'hôte depuis son arrivée à Cannes.

 

Le prince passa une soirée assez calme à lire, s'entretenant avec des amis ; rien ne faisait prévoir un dénouement fatal, et on croyait tout danger conjuré. Malheureusement il n'en a pas été ainsi. Vers minuit le prince a été pris d'une espèce de torpeur qui a précédé l'agonie et il a rendu le dernier soupir au milieu de ses amis.

 

Le prince Léopold était âgé de 30 ans à peine. Il était né le 7 avril 1853 et était le quatrième fils de la reine Victoria et du feu prince Albert ; il y a quelques années déjà, le prince avait fait une chute qui détermina une grave blessure au genou, mais il put alors être guéri. C'est aujourd'hui des suites d'un accident identique qu'il a succombé.

 

   tombealbany

 

Mémorial au duc d’Albany, Cimetière du Grand Jas. MLR

 

 

 

  LIENS ANNEXES : SUPER-CANNES

 

Publié en 2000, traduit en 2001 - existe en livre de poche

  L’auteur  J.G.Ballard, 1930-2009, écrivain de science-fiction anglais. Deux grands romans ont été adapté au cinéma l’un par David Cronenberg Crash ! l’autre par Steven Spielberg c’est L’Empire du Soleil. J’ai été à Cannes pour la première fois en 1947, c’était une toute petite ville, on en faisait le tour en une demi-heure. Il est revenu en 1996 pour la présentation de Crash ! Au festival et en 2000 parait Super-Cannes.

 

C’est à l’aube du troisième millénaire, sur les hauteurs de Cannes, un parc d’activités international Eden-Olympia-genre Silicon Vallée palais des festivals 1970européenne…Un roman qui mêle lieux imaginaires, lieux réels …Eden-Olympia (Sophia Antipolis),…à l’entrée de Cannes l’aéroport avec son musée Nostalgic Aviation ; la Croisette, le Blue Bar, la terrasse du Carlton, le palais des Festivals, Nice-Matin, le Noga-Hilton, la rue Amouretti, la gare et son passage souterrain, le boulevard d’Alsace, le Majestic, le festival du film…Je ne situe pas la rue Valentin rendez-vous nocturne…mal famé.  

 

Palais des Festivals 1970 Cannes-Soleil (le Blue Bar fait l’angle à gauche de la photo)

 

 

À La Bocca, une banlieue industrielle à l’ouest de Cannes… Un refuge pour orphelines, tenu par une douzaine de religieuses noires. Le foyer d’enfants se trouvait entre la gare de marchandises de la Sncf et un groupe d’immeubles délabrés. Le bâtiment de deux étages aux fenêtres gothiques et au toit en pente raide accueillait une école catholique. Un dortoir, au second étage avait été divisé en boxes…contenant chacun trois lits.

Une vision futuriste parfois sordide qui balaye la Côte d’Azur qui s’appuie sur l’histoire des années disparues et sur la beauté des lieux avec des personnages troubles. Une promenade entre crimes, haute technologie, capitalisme et misère humaine. Un parc d’activités dans un décor champêtre transformé en laboratoire de toutes les perversions. 

 Il serait intéressant de retrouver la réalité.

 

 

 

ON NOUS COMMUNIQUE

 

Une visite guidée du Palais des Festivals et des Congrès est prévue le mardi 13 mars à 15 heures, rendez-vous sur place.

 

Vendredi 30 mars, Assemblée Générale au Logis des Jeunes de Provence, rue de Mimont à 16h30. C’est l’occasion pour renouveler ou adhérer à l’association des Amis des Archives, la cotisation est fixée à 25€. (04 93 69 11 57.

 

 

 

 

 

 

 

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24 janvier 2012 2 24 /01 /janvier /2012 23:36
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LOUIS GERMAN, UN PEINTRE A REDÉCOUVRIR
Il est dans la lignée des peintres provençaux du XXe siècle. Avant de se lancer dans la peinture, Louis German avait travaillé plusieurs années à Vallauris comme peintre décorateur sur céramiques chez Jérôme Massier. Nous ne connaissons que deux plats signés de sa main dont un qui s’en est allé en Russie.
Puis c’est l’installation à Cannes en 1906. Il s’affiche « peintre aquarelliste » et réalise notamment le décor des bannières en soie que la ville offrait en récompense lors des fêtes locales, Carnaval et des batailles de fleurs.
  German Château Saint-Honorat
Pêcheurs devant Saint-Honorat  M.D.
Sa renommée s’étend, il donne des leçons. Parmi ses élèves, des personnalités de l’aristocratie qui séjournent sur la Côte d’Azur comme la duchesse de Vendôme et la comtesse de Gérard. Aux côtés de peintres locaux reconnus, Pastour, Quertant, Victor Tuby, Pavec, Barol, il participe aux expositions et aux foires aux croûtes organisées par l’Association des Beaux-Arts de Cannes qui a posé ses chevalets dans l’ancienne école de La Castre.
  ecole des beaux-arts
 
Après l’édition d’un album, en 2009, intitulé Louis German, peintre cannois de la Méditerranée, un beau livre très illustré vient d’être édité par son petit-fils Marcel Meaufront-German. Devoir de mémoire empreint d’une profonde émotion et d’affection qu’il avait particulièrement à cœur de réaliser. Une exposition des œuvres de l’artiste vient d’être organisée par la Fondation German en partenariat avec la ville de Cannes, plus de quatre-vingts œuvres retrouvées récemment dans quelques collections privées de France et des pays d’Europe. M.D.
 
     Ecole des Beaux-Arts : deuxième rue du Barri Le Suquet MLR
Vendredi 13 janvier 2012, vernissage à Cannes de l’exposition Louis German. Tous les amis de son petit-fils, Marcel Meaufront-German, l’entouraient, ceux qui voulaient découvrir le peintre dont ils entendaient parler depuis longtemps, ceux qui avaient aidé aux livres ou à l’exposition et c’est dans une ambiance chaleureuse que les représentants du Maire ont retracé l’histoire… En plus des peintures nous avons découvert de belles céramiques que nous n’attendions pas… Certains étaient venus avec d’autres tableaux du peintre pour les faire voir… L.S.
 plat german
Jusqu’au 12 février, salle Miramar.  
 
LE MUSÉE DE LA CASTRE, SES AMBITIONS, SES BESOINS, EN 1934.
L’association des Musées de Cannes-Lérins s’est jointe au Conseil municipal pour la visite du domicile des salles des Seigneurs de Cannes.
... Il réservait des surprises : deux cent-dix mètres carrés de surface, en cinq salles dont deux parfaitement éclairées et toutes voûtées.
Elles se trouvent dans le voisinage immédiat du Musée Lycklama et sont inoccupées. Elles répondraient parfaitement à la première des réalisations prévues par l'Association des Musées de Cannes-Lérins : le Musée des Pêcheries de la Baie de Cannes.
La visite continue par les bâtiments contigus à la vieille chapelle de sainte Anne, dans la cour même du château et qui servent pour le moment d'entrepôts.
     
Puis, ce fut le tour de la chapelle elle-même, joyau du XIIe siècle, qui constituerait le cadre éminemment propice à un Musée d'art religieux de Basse-Provence, qui, on le sait, est un des autres buts de l'Association. M. Jean Gazagnaire fit de cette destination envisagée un clair exposé, conciliant les intérêts relatifs à l'église N.-D. d'Espérance et ceux du Musée. A cet exposé, assistait le curé Grau qui avait fait au Comité les honneurs de sa nef et de sa sacristie, riche de quelques statues anciennes, dont une, très belle de sainte Anne patronne de la plus vieille église de la Castre. Il fut naturellement convenu que toute modification susceptible de survenir dans l'utilisation des locaux dont dispose, dans le voisinage immédiat de sa paroisse, le curé Grau serait faite en pleine entente et après accord avec lui.
  musee de la castre
 
Musée Castre : Arrière du château MLR
 
Le Conseil d'administration des Musées de Cannes-Lérins dès maintenant fait appel aux Cannois qui tiennent à la sauvegarde et à la mise en valeur d'un passé, cœur de leur ancien castrum. Tous les dons seront reçus avec gratitude, les manuscrits ou livres intéressant Cannes, Lérins, jusqu’aux tableaux, miniatures, estampes, cartes, dessins, plans se rattachant à l'histoire locale, depuis le «calen » jusqu'au viro-peï, depuis la modeste «pointe » jusqu'aux falbalas des aïeules. Une chaise, un bahut, un lit, un outil, une table, des armes, des faïences, etc., le Comité acceptera et assurera la conservation de l'objet le plus simple comme le plus rare.
Deux conditions seulement : objets de Basse-Provence, objets anciens. Le nom des donateurs sera publié dans les journaux et affiché dans les musées en regard de chaque don.
En vue de la réalisation de son premier projet, le Comité insiste particulièrement auprès des pêcheurs et navigateurs cannois qui seraient heureux de voir à l'honneur les souvenirs de leurs Vieux et notamment, des engins de pêche, des ustensiles de bord, des appareils, des ancres, des pavillons, des boussoles et aussi bien des sculptures sur bois, des bateaux en réduction, des cartes, des gravures, des dessins, etc. Un Musée régional doit être l'œuvre de tous : ceux qui l'ont entrepris sont au service de tous.
 
CE MOIS- CI A CANNES
Séisme à Cannes – Le Littoral illustré
Le 25 février 1887, un tremblement de terre dont l’axe se trouvait en Sicile était ressenti tragiquement à Cannes. La chapelle Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, rue des Roses, a servi de refuge à plus de 150 personnes. Sur la place de l’Oasis, des familles entières bivouaquaient. Cet événement a provoqué une panique en Angleterre qui aidera les sinistrés. La communauté étrangère a rivalisé avec les Cannois pour adoucir les poignantes misères nées de cette terrible catastrophe  51399,50 francs seront recueillis essentiellement en Grande-Bretagne, cependant l’impact de l’événement est tel que la fin de la saison touristique, à l’époque l’hiver, est définitivement compromise.
 
Notre-Dame-des-Sept-Douleurs est actuellement l’immeuble « 16 République », la rue des Roses la rue des Mimosas et la place de l’Oasis  la place du Commandant Lamy.
Cannes avait connu également un séisme le 16 février 1752, un mercredi des Cendres, ce qui avait fort frappé ses habitants.
     
 
LIENS ASSOCIES   Margaret Maria BREWSTER           LETTRES DE CANNES A NICE 1856-1857
 
Il y a beaucoup de beauté et d’intérêt sur les plages de la Croisette… également ce tas de boules et de cônes poilus qui sont répandus sur le sable. Il y en a de deux sortes, l’une est toute ronde et n’est composée de rien d’autre que des poils secs ou des fibres de noix entrelacés pour former une boule.   posidonie
L’autre a la forme d’un cône dont un bout est aussi sec et fibreux mais l’autre est humide et vert, et où se trouve encore, sur quelques-uns une sorte de calice ou compartiment et sur d’autres il y a des restes de tiges et de feuilles vert-brun.
Les posidonies sont les seules plantes marines capables de fixer les fonds du littoral marin grâce à leurs racines adventives et sont l’objet de beaucoup d’attention actuellement.                                                         
Posidonies ramassées au Moure Rouge MLR
ON NOUS COMMUNIQUE : l’association des Amis des Archives de Cannes organise le jeudi 16 février une conférence intitulée Le Japonisme réalisée par Jacques Vannier. Rendez-vous à l’Hôtel Windsor, à 14h 30, conférence suivie d’une Crêpes Party. Renseignements ( 04 93 69 11 57
 
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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 21:37

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LA SOCIETE DE SAINT-VINCENT-DE-PAUL ET L’OEUVRE CANNOISE DES JARDINS OUVRIERS

Au 14 rue Notre-Dame se trouve actuellement le siège de la Société de Saint-Vincent-de-Paul, ouverte depuis 1903. Son existence remonte cependant à 1861, par arrêté préfectoral du 13 novembre, la Société s’installe au 16 rue Grande (pour les non-initiés rue Meynadier). En 1871, son directeur était Auguste Macé, ancien magistrat, grand bienfaiteur de la cité. La Société distribuait de la nourriture et des vêtements, faisait garderie pour les enfants des ouvriers.

C’est en Angleterre que sont apparus les premiers « champs de pauvres » en 1819 alors pour les indigents et les chômeurs, puis en 1830, les Armengärten en Allemagne.

A Cannes, les jardins ouvriers de la Société de l’œuvre de Saint-Vincent-de-Paul ont débuté en 1925. La société loua un terrain avenue Commandant-Bret où vingt-cinq jardins furent créés sous l’appellation de Jardins de Provence. En 1930, la société put acheter un terrain au quartier du Grand Jas où furent mis à disposition seize jardins. Une parcelle supplémentaire acquise en 1939 a porté leur nombre à dix-huit.

A la veille de la seconde guerre mondiale, quatre cent quatre-vingt-dix jardins étaient attribués à des familles nombreuses et modestes.

Après la Libération, de nombreux jardins disparurent, l’abondance devant rapidement renaître... En 1950, l’œuvre comptait encore onze terrains représentant cent-quatre-vingts jardins de 200 à 300 m2  dont six à Font-de-Veyre prêtés par la mairie de Cannes, dans les quartiers de Mauvarre, Bruxelles, Madrid ainsi que dans l’impasse des Plaines.

  oeuvre de saint-vincen-de-paul

Œuvre de Saint-Vincent-de-Paul, rue Notre-Dame. MLR

Actuellement, avec ses dix-neuf jardins du Grand Jas et six à Font-de-Veyre dont elle est propriétaire et six prêtés par la Ville, l’œuvre cannoise des Jardins Ouvriers de Saint-Vincent-de-Paul poursuit son action en agissant toujours en faveur des plus démunis. La tradition semble bien enracinée et l’esprit d’entraide est toujours respecté. M.D.

 

LE GINKGO BILOBA

Cet arbre, originaire de Chine, peuplait la planète il y a des millions d’années (fossilisé dans les schistes de l’ère primaire de Lodève dans l’Hérault), mais il avait pratiquement disparu lors des bouleversements climatiques. Grâce à quelques spécimens retrouvés dans d’anciens temples chinois, on a pu les réimplanter. L'arbre devint l’arbre sacré des temples shintoïstes.

En 1750, un médecin botaniste allemand ramena des graines d’un séjour au Japon et c’est à Utrecht qu’il les planta. Johan Wolgang von Goethe (1749-1832) souhaita en planter dans son jardin de Weimar et fit de son arbre fétiche le thème d’un poème écrit en 1815 : La feuille de cet arbre, qu’à mon jardin confia l’Orient, laisse entrevoir son sens caché, au sage qui sait s’en servir…

Vers 1780, M. de Pétigny, botaniste, en acheta cinq pieds à un Anglais pour la somme considérable de 200 livres, soit 40 écus d’or, d’où son surnom d’arbre aux quarante écus.

M. Antoine Gouan en planta dans le jardin botanique de Montpellier où il fleurit pour la première fois en 1812. En 1795, une bouture de ce ginkgo fut plantée au Jardin des Plantes à Paris. Ces deux spécimens existent encore aujourd’hui.

   le ginkobiloba

 

Le ginkgo, utilisé depuis toujours en pharmacie pour soigner des affections circulatoires, est d’une exceptionnelle résistance à la pollution, aux maladies, aux insectes et peut vivre plus de mille ans. En 1946, les premières verdures égayant Hiroshima provenaient de la repousse d’un ginkgo carbonisé lors du bombardement atomique. T.G.   

 

   Le Ginkgo Biloba femelle de la Croisette niveau Port-Canto T.G

 

CE MOIS-CI A CANNES :

Nous sommes en 1922, l’organisateur de la recherche de la paix est Aristide Briant. Il sait que  Lloyd George voudrait bien passer quelques jours de détente dans le Midi. Le maire, André Capron, et Cornuché, le directeur du Casino municipal, multiplient les télégrammes vers Londres pour vanter les mérites de leur cité. Ils lui proposent la somptueuse villa Valetta dont l’occupante canadienne est invitée à passer quelques jours au Carlton. Notre Président du conseil occuperait la villa Scott.

Finalement, A. Briant  réquisitionne le Carlton pour accueillir le Conseil de la Société des nations, le lieu des séances officielles, du 6 au 13 janvier 1922, sera la Rotonde du Cercle nautique qui depuis 1864 est le centre de la vie mondaine.

Aux représentants des grandes puissances alliées se joindront des délégués des anciennes puissances ennemies. Mussolini représentera le journal dont il est le directeur le Popolo d’Italia.

Dans le journal local on peut lire qu’il importe pour le bon renom de Cannes que les commerçants n’essayent pas d’en tirer un profit excessif.

Drôle d’ambiance les policiers innombrables suivent « discrètement » les personnalités officielles, examinent d’un œil soupçonneux les badauds attroupés devant le Carlton ou le Cercle nautique, s’approchent toujours « discrètement » des groupes pour écouter les conversations.

SDN1922Le 12 janvier, celui que l’on a surnommé « le violoncelle » (il en jouait dans la chambre 428 du Carlton, durant le sommet) celui qui battra tous les records du maroquin en étant vingt-deux fois ministre, plus simplement Aristide Briand, quitte précipitamment Cannes pour Paris où il va remettre sa démission au président de la République Alexandre Millerand. Seul du côté français, Aristide Briand accepte la thèse des Anglais selon laquelle il convient de faire des concessions à l’Allemagne car la sévérité des célèbres quatorze points de Wilson à Versailles lui semble de nature à provoquer de nouveau les plus grandes tensions entre l’Allemagne et les Alliés. Désavoué par le gouvernement, il reçoit l’ordre, par télégramme, de regagner Paris. Le journal « Excelsior » titre Le coup de Cannes.

Son départ a provoqué une grande déception et l’on n’a pu que fixer une réunion à Gênes pour une grande conférence européenne afin d’arrêter les projets de reconstitution économique de l’Europe orientale et centrale.

                                                                                                    Le Carlton, Croisette. MLR

 

Aristide Briand entra dans la vie de la Belle Otero en 1900 et y resta jusqu’à sa mort en 1932. C’est seulement auprès d’elle que je trouve la paix.

 

LIENS ANNEXES :

 LE BARON DE LYCKLAMA écrivait dans « Voyage en Russie, au Caucase et en Perse » Tous les voyageurs connaissent les émotions de retour…je rapportais, il est vrai, une santé bien délabrée sur les routes de la Perse, de la Mésopotamie et de la Syrie…Depuis mon retour, une heureuse inspiration m’ayant amené sur les côtes de Provence, à Cannes, j’ai enfin dû au délicieux climat de ces contrées favorisées le retour d’une santé que je croyais à jamais compromise.       musee lycklama

Le baron de Lycklama en costume oriental 1829, peint par Monsieur Vernet-Lecomte

Huile sur toile Inv 2005.0.350 - Coll. Musée de la Castre ; cliché Germain    

Le baron de Lycklama légua à la ville de Cannes sa collection complète d’objets rares et précieux acquis lors de ses nombreuses expéditions.

En partenariat avec la Fondation du Patrimoine, le musée de la Castre fait aujourd'hui appel au mécénat pour la restauration d’une exceptionnelle collection d’Art Qadjar que ce grand voyageur rapporta d’Orient.

Quoi de plus réjouissant pour présenter à nos aimables blogueurs nos meilleurs vœux  que ces peintures de l’Iran antique...       peinture iran

 

COMMUNIQUE : l'association des Amis des Archives de Cannes organise une sortie intitulée  Découverte d'un maître cirier, au Moulin de Sault, à Auribeau-sur-Siagne le jeudi 12 janvier. Pour tous renseignements téléphoner au 04 93 69 11 57. N'oublions pas d'adhérer à l'association, la cotisation annuelle est de 25€.

 

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Published by mlr - dans Histoire
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