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17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 22:16

A PROPOS DE LA VILLA LA FAVORITE.

La correspondance échangée avec G.V. (billets précédents) nous a incités à nous intéresser à la villa La Favorite située au 6 avenue de La Favorite. Elle a été décrite dans « Inventaire général du patrimoine culturel » par F. Fray et C. Mondon.

« C’est une maison de plan rectangulaire tripartite avec axe de symétrie traversant passant par le hall et le petit salon. Le perron d'entrée au nord s'oppose à la loggia semi-circulaire couverte en terrasse d'agrément qui repose sur la partie correspondante du sous-sol et qu'encadrent deux terrasses symétriques avec perron cintré. La cage d'escalier de service fait le pendant de l'escalier principal, formant deux avant-corps de part et d'autre de l'entrée. Un oriel rectangulaire à l'ouest et à l'est est couvert en terrasse d'agrément au premier étage. Une échauguette vitrée cantonne l'angle sud-ouest à hauteur du premier étage. Les portes fenêtres disposent de balustrades, comme le portique et les élévations. La perte du deuxième étage qui possédait une loggia centrale au sud et des terrasses d'agrément latérales couvrant le premier étage, rapproche accidentellement cette maison de modèles comme la Maison Blanche de Washington ».

Le jardin paysager est organisé en terrasses au-dessus de l'avenue. La végétation est en partie exotique. La conciergerie est traitée dans le style chalet.

Sur le sous-sol, le rez-de-chaussée est surélevé.

Cette demeure a été construite vers 1884 pour Mr Maxime Outrey, ancien ministre plénipotentiaire aux USA et au Japon. Il la baptisa de ce nom en hommage à l’opéra La Favorite de Donizetti créé en 1840 à l’opéra de Paris et présenté sous sa version italienne à la Scala de Milan en 1843.

La Favorite changea de propriétaire et fut louée notamment à Mrs Dodge l’épouse du célèbre fabricant d’automobiles.

 Onze ans plus tard elle fut rachetée par Mr Gruss-Gallieni (gendre du maréchal) dans le but d’agrandir son domaine (il possédait déjà la villa Wenden rebaptisée par lui Le Rouve ce qui signifie en malgache ‘’la maison du chef’’ souvenir de sa pacification à Madagascar).

Comme la villa lui cachait une partie de la vue sur la mer, il a fait détruire le dernier étage !

Arrive le maharadja de Pudikopta, il vit entre Paris et Cannes de 1922 à 1927. Au cours d’un trajet entre ces deux villes il eut un accident qui le rendit boiteux. On le voit alors avec une canne Fabergé qui rajoute à son élégance. Après sa mort, Molly, son épouse, vend La Favorite.

le 7 mai 1942 Le Littoral est heureux de souhaiter la bienvenue dans notre cité au général Weygand, son épouse et sa famille, et forme le vœu que leur existence cannoise ne leur procure que d'agréables et reposantes heures. Le Général vient, en effet, d'acquérir la Villa "La Favorite".  
On apercevait de temps en temps, sur la Croisette ou dans la rue d'Antibes, l'alerte silhouette du Général Weygand. Mais c'est avec un réel plaisir que l’on apprendra sa décision de devenir plus intimement l'hôte de Cannes.

En 1953, le propriétaire, Jacques Loup, se voit refuser la surélévation de la construction.

Le dernier acquéreur, un Russe, dit-on, a résolu le problème. En creusant le sous-sol il a gagné un niveau rez-de-jardin.

Vente HOUZZ USA.  Photo façade sud de la villa. Panneau publicitaire, 6 rue de la Favorite.

Vente HOUZZ USA.  Photo façade sud de la villa. Panneau publicitaire, 6 rue de la Favorite.

Dans ses dernières années, la veuve du maharadja est restée à l'écart et a commencé à boire beaucoup. On lui a diagnostiqué un cancer du côlon en 1967. Molly est morte à Cannes le 22 Novembre 1967 à l'âge de soixante-treize ans.

Cette villa est en travaux depuis plus d'un an, les nouveaux investisseurs ont conservé uniquement la façade et l'on totalement restructurée.

 

CE MOIS A CANNES : En novembre 1702, le roi d’Espagne, Philippe V, regagnant ses provinces, devait traverser notre contrée. Il fallut mettre en état les chemins et établir un nouveau pont sur la Siagne. Les travaux furent bien menés, la communauté de Cannes avançant pour sa part 39 livres 1 sol. Et le monarque put, sans encombre, effectuer son rapide trajet.

Source : Jean ONIMUS, Les Alpes Maritimes 1999.

 

LIENS ASSOCIES : JEAN-JACQUES ANTIER : Histoires d’amour des provinces de France.

Voici un extrait de ce livre : Lettre de l’évêque de Grasse, sous Louis XIV : Les femmes de Cannes sont trop décolletées, les chirurgiens font la barbe le dimanche, les tenanciers des bouchons n’attendent pas que les offices soient finis pour donner à manger et à boire. On danse trop, les filles courent les rues chaque nuit…

 

HUMOUR OU DESABUSEMENT

Grille d’entrée du jardin du Prado. Photo MLR. Il y manque deux panneaux, Interdit d’uriner et Interdit aux retardataires.

Grille d’entrée du jardin du Prado. Photo MLR. Il y manque deux panneaux, Interdit d’uriner et Interdit aux retardataires.

HISTOIRES D’EAUX, suite.

A la demande de lecteurs, voici la carte entière intitulée :

Topographie et Hydrographie. Archives municipales BH 133.

Topographie et Hydrographie. Archives municipales BH 133.

Un véritable magma de boue, de sable et d’eau constituait les surfaces actuelles de l’église Sainte-Marguerite et de ses alentours. La Roquebilière, la Maïre, ruisseaux impétueux alimentés par les eaux des hauteurs voisines, venaient se jeter dans la mer.

               LA FRAYERE : Plutôt les Frayères amènent en période de pluie un très gros volume d’eau, descendant entre les collines des Puits et le massif de la Croix-des-Gardes, finissant par rencontrer le Béal qui fera trois kilomètres de sinuosités dans la Roubine (quartier où se jette le Béal) avant d’atteindre la mer. La Frayère a été formée en sa partie supérieure de gneiss imperméable, ce qui explique ces crues subites emportant le pont de l’ancien chemin Royal allant à Fréjus.

               Le Trou de l’ancre est un marais. Le terrain gagné sur la mer est approximativement d’un mètre par an grâce aux sables et graviers qu’apportent la Siagne et l’Argentière. Mais à la fin du XIXe siècle, un phénomène inverse s’est produit dans le « Trou de l’ancre », la terre a reculé et la mer s’est avancée.

               Il faut encore rappeler aux riverains longeant la Frayère l’obligation de nettoyage et maintien de la largeur du lit. Ils doivent maintenir les arbres sur une certaine largeur de rive et enlacer les branches de façon à former des digues naturelles et continues.

               Le 21 février 1904, La Tribune de Cannes relate que le canal de la propriété Hoffmann (le Château de la Mer) débouche sur un barrage de sable venu de l’écoulement des eaux de la Roquebilière et de la Maïre. En détournant les eaux de celle-ci drainée depuis l’ancienne usine Jeancard jusqu’aux écuries du Château de la mer vers le Trou de l’Ancre, on rendrait possible la culture maraîchère.

Une usine pour le traitement de ces boues en leur transformation en engrais est imaginée par Jean Verdier, ingénieur ECP, ainsi voit le jour l’usine zymothermique (destruction des ordures ménagères) Beccari en 1929.

Le Trou de l’Ancre actuellement.

Le Trou de l’Ancre actuellement.

               LA ROQUEBILIERE : du provençal roca, rocheux, et bihoreau, vieux ou antique à l’extrémité est de la plaine de Laval sort du massif de la Croix-des-Gardes jusqu’à la propriété Hoffmann. Elle ne figure pas sur les cartes avant 1772.

               LA MAÏRE : La Maïre, du provençal « fossé d’écoulement auquel viennent s’ajouter plusieurs autres » selon Mistral, ne coule qu’en temps de pluie, elle prend naissance au milieu des prairies, à hauteur du chalet Mouton, atteint la mer par le canal Hoffmann. En 1818, un curage s’avère nécessaire au frais des riverains de la « Garonne Principale » dite la Maïre.

               LE DEVENS : du provençal defens, « dont l’usage est réglementé ». C’est sur cette partie de terrain que s’est développée en grande partie la première agglomération de La Bocca. Il appartenait avant la Révolution aux abbés de Lérins.

               FONT DE VEYRE, « la fontaine de cristal », pourquoi ne pas supposer qu’il existait une fontaine limpide ? Quelques vignes sont signalées en 1599 ; il est question de ravin de la foun dau veire en 1752 dans un devis de réfection du chemin de l’Oratoire de sainte Marguerite, lequel prévoit un pont de 8 à 10 cannes (4 à 5m.) au-dessus du vieux chemin. Le cadastre de 1814 montre l’existence de six bastides, un bastidon et sept masures dans ce quartier. Il signifie peut-être hors de dérivé de fouert, hors des propriétés du seigneur.

               PEYRE LONGUE est signalé dans notre ancien cadastre datant de 1599 une terro à la peyre longue. La colline dominant le vallon à l’est aurait été choisie comme emplacement d’un corps de garde lors des alertes causées par les pirates barbaresques ; les comptes trésoraires cannois mentionnent, en 1655, le règlement de la garde de nuit des galleres de turc, quatre heures, pour le coût de un écu.

 

ON NOUS COMMUNIQUE

Vendredi 18 novembre : Visite guidée de l’exposition Les Sports Elégants.

Rendez-vous à 14h45, Espace Calmette, rue Docteur-Calmette.

Vendredi 25 novembre : Sur les pas de nos ancêtres à la découverte du Suquet.

Causerie par madame F. Grac. Salle des Mutilés, 45 rue Mimont à 15h.

Pour tous renseignements tel : 06 10 83 12 39

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20 septembre 2016 2 20 /09 /septembre /2016 23:33

HISTOIRE D’EAUX

Topographie et hydrographie . Archives municipales.

Topographie et hydrographie . Archives municipales.

Nous commençons, durant quelques billets, une histoire des cours d’eau et des vallons à Cannes par l’ouest et la rivière la Siagne, frontière naturelle entre Mandelieu et Cannes.

La Siagne.  Photo Irène Payan

La Siagne. Photo Irène Payan

LA SIAGNE et son histoire :

Sous l'empereur Auguste, la traversée du delta de la Siagne, (nom provençal de la massette) était impossible ; c‘était une frontière naturelle excluant Mandelieu. De la plaine de Laval (au nord du crématorium actuel) à la Croix-des-Gardes ce n’est alors qu’une étendue de marais. La voie Julia Augusta emprunte les hauteurs de la Croix-des-Gardes. Elle est longtemps démunie de ponts et l’on doit acquitter un péage pour la traverser. Une criée publique du 15 mars 1570 nous apprend que l’on sème du riz sans autorisation. Cette culture sera abandonnée vers 1720 étant donné les eaux croupissantes qui donnent une infestion insupportable.

La Siagne est amenée aux moulins de l’Abadie, en aval de Pégomas, au moyen de fossés aménagés, bial, beal ou bief. L’eau de mer remonte sous l’eau douce aussi loin que le fond du lit le permet ; l’ensemble Béal-Siagne, zone lacustre, rencontre la faune marine ce qui explique une accumulation de coquilles dues aux variations brutales de salinité et de température.

C’est une rivière fantasque. Le débit d’étiage est de 5 m3 et le maximum dépasse les 500 m3 par seconde. De ce fait, les inondations sont à prévoir, celle qui a marqué les esprits date de 1494 qui a tout emporté, détruit les digues et rompu le pont…ou ce qu’il en restait car il était déjà inutilisable en 1480. A cette époque, le passage se faisait en barque.

 L’inondation de 1743 fut presque aussi dévastatrice. Il fallait chaque fois colmater les brèches et refaire les berges.

En 1902 on suggère de mettre un peu de pétrole deux fois par semaine pour tuer les larves de moustiques et des mouches… du pétrole sur les fossés d’eau croupissante autour de l’abattoir serait une bonne chose.

 En 1908 on s’inquiète. La Siagne pourrait reprendre son ancien lit (ruisseau du Béal qui est devenu un canal dérivé de la Siagne) ses eaux sont parfois refoulées par la mer. Il faudrait envisager la création d’une digue à la hauteur des moulins de l’Abadie.

La plaine de Laval, dépression appelée aussi Plaine Siagne Vieille, reçoit encore les eaux en cas d’inondation.

Nous avons tous en mémoire les terribles inondations qu’a vécu Cannes le 3 octobre 2015, terminons par des actualités souriantes : Nice-Matin du 8 mars 2016 annonce que les berges du Béal sont aménagées dans cette basse vallée de la Siagne avec une passerelle de 12 mètres pour favoriser la traversée du cours d’eau.

Le Béal. Photo Nice-Matin

Le Béal. Photo Nice-Matin

Sources : Médiathèque de Cannes : Digressions autour de deux voies romaines à Cannes et Toponymie boccassienne de Robert Jeancard 1944.

A. Barbier : Les vendanges de ma jeunesse.

P. Ipert, A. Saratore : Il était une fois La Bocca.

Archives municipales : 6O3, 9O5, 9O7, 9O10.

Pierre VOULAND : Etude de toponymie régionale.

 

CE MOIS A CANNES

Décision du Conseil du 5 Brumaire de l’an III, le 26 octobre 1794.

La citoyenne Marthe Ardisson désirant toujours se rendre plus utile à la Nation, vient de donner le jour à un garçon qu’elle a donné par son exposition à un inconnu. C’est le quatrième républicain dont elle fait cadeau à la Nation, outre une citoyenne qu’elle a encore mise au monde. Heureuse fécondité qui, en attirant l’attention du Conseil, doit solliciter ses soins en faveur du nouveau-né en lui procurant une nourrice et un trousseau.

Dans le même temps, la corporation des sages-femmes du service des bâtards demandait une augmentation (sic) du salaire en raison de l’accroissement de leur travail. L’augmentation réclamée fut votée et on réquisitionnait le salpêtre des caves des particuliers. Poudre à canon, chair à canon…

 

COURRIER DES LECTEURS : Notre correspondant du mois dernier nous a communiqué le début de ses recherches que nous vous faisons partager. Les photographies sont d’un ami fidèle, F.V.

Nous ne lui avions cité que le fonds Andrau consultable aux archives municipales de Cannes et la revue Or et Bleu, et voici sa réponse : Le Maharadja Martanda Bhairava Tondaiman a démarré la construction de cette étonnante demeure en 1924.

Il était alors propriétaire de la sublime villa La Favorite qui appartint plus tard au chausseur Jacques Loup. Sa mort survint en 1928. Madame Graziella Magann reprit le projet. Un grand Bouddha de marbre vert trônât dans le jardin jusqu’en 2005. Dans les années 70, un reportage photo fût réalisé par la famille de photographes Alfieri pour le compte des propriétaires, Madame Assemat et Monsieur, président de la BNP.

Qui prendra la suite de la recherche ?

Bastide du Riou, rue du Pont-Saint-Victor.
Bastide du Riou, rue du Pont-Saint-Victor.

Bastide du Riou, rue du Pont-Saint-Victor.

 

LIENS ASSOCIES : Il s’agit d’un film. Mélodie en sous-sol d’Henri Verneuil 1962.

Palm Beach, carte postale collection particulière

Palm Beach, carte postale collection particulière

C’est un polar qui conserve aujourd’hui un charme certain. Nous aurions aimé revoir tous les « édifices » de la Croisette maintenant disparus. Jean Gabin site la résidence « Le Marly » où réside le personnage incarné par Alain Delon, mais le décor omniprésent est le Palm Beach.

Le Marly, 106 Croisette.Photo E.R.

Le Marly, 106 Croisette.Photo E.R.

ON NOUS COMMUNIQUE

Une aimable associée a été si enthousiasmée par la sortie à l’île Sainte-Marguerite qu’elle nous a envoyé sur le champ le texte suivant :

A l’issue de la visite guidée des cimetières de l’île, nous terminons notre journée par une agréable pause dans un cabanon aimablement ouvert à notre intention, datant de 1933 et toujours tenu par la même famille.

Confortablement installé sur la terrasse chacun de nous se pose mille et une questions au sujet de ce lieu paradisiaque. Notre hôte y répond volontiers.

Combien y a-t-il de cabanons sur l’île ? Une vingtaine.

Qui sont les propriétaires de ces cabanons ? Un seul propriétaire, la ville de Cannes. Particularité pour les cabanons situés en bordure du littoral, l’État en est le propriétaire ; les occupants sont donc locataires des lieux selon une convention allouée à l’année avec possibilité de renouvellement.

Quelles conditions pour être locataire ? Être Cannois de souche, assurer l’entretien de l’habitation et de l’environnement en respectant rigoureusement le cahier des charges (très strictes).

L’histoire très intéressante de ces cabanons nous est contée. On peut lire l’article de Michelle David à ce sujet en consultant la brochure éditée par notre association, Promenade sur l’île Sainte-Marguerite.

Charmante cuisine ouverte.

Charmante cuisine ouverte.

Dans ce jardin bucolique entre la fontaine et les toilettes un héron est le maître des lieux.

De la terrasse une marine encadrée de volubilis enchante notre regard.

Que souhaiter de mieux pour terminer cette journée très réussie.

Ce cabanon a conservé son authenticité, la douche, une pomme, est dehors, les toilettes au bout de l’entrée, au fond du jardin ; c’est un petit espace habitable, la vue est illimitée, le jardin bien vaste, nous n’évoquerons pas ici les difficultés de ravitaillement…

Ce fut un très beau moment et nous vous en remercions. 

 

Regrets de ne pas y avoir participé ?

Regrets de ne pas y avoir participé ?

Prochaine sortie Lundi 10 octobre : Journée aux Baux de Provence.

Le matin, visite guidée du château médiéval suivie d’un déjeuner au restaurant.

L’après-midi : Marc Chagall aux Carrières de lumières.

Pour tous renseignements tel : 06 10 83 12 39.

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24 août 2016 3 24 /08 /août /2016 15:32

PROMENADES PUBLIQUES

Nous finissons l’histoire des jardins publics à Cannes avec le square de la Foncière.

Le 8 janvier 1883, inauguration officielle en fanfare du Grand Square : les visiteurs venus par trains spéciaux de toute la région et même de Paris sont là. L’escadre de la Méditerranée a tenu aussi à être de la fête. Monsieur Eugène Gazagnaire, maire de Cannes rend hommage à l’initiative privée qui répand partout autour de nous la vie et la prospérité.

Des tribulations commencent en 1913, M. Mari, l’architecte du Collège de garçons Carnot, propose qu'on reporte la route dans le square. Cela donne une appréciable superficie de terrain qui permettra de régulariser la cour du collège devant la façade Nord. L'architecte aura ainsi la place nécessaire pour le développement d'une nouvelle grille de clôture avec portail sur le boulevard Carnot… Le Littoral 22/10/1913

M. Vial, conseiller municipal, demande de voter le déclassement de l'avenue à l'entrée de laquelle s'érige le portail du Collège.

Il lui est répondu qu'on exécute d'abord les travaux de l'avenue qui doit remplacer celle que l'on va déclasser. Le public veut bien abandonner cette avenue, mais il veut la certitude qu'une autre lui sera donnée en échange ; de plus, étant donné que la Foncière a donné à la Ville ce terrain pour qu'elle en fasse un square, qui sait si cette compagnie ne viendra pas chercher noise sous le prétexte qu’on a établi une route dans un terrain donné pour être affecté à un square ?.

M. Vial se porte, en quelque sorte, garant de l'autorisation de la Foncière ; malgré cela il est décidé qu'on fera d'abord toutes démarches nécessaires, qu'on commencera les travaux de la nouvelle avenue et qu'on votera le déclassement à une prochaine séance. Le Littoral 10/12/1913

Riposte dans Echos de Cannes 18/12/1913 : On va le mutiler avec le consentement du donateur à qui il n'appartient plus, et de son nu-propriétaire (pour quelques mois encore) qui est le Conseil Municipal. Quant à l'acceptation des usufruitiers, les Cannois qui protestent, elle paraît n'être d'aucune importance.

Ces cochons de payants que sont les contribuables, ça n'est bon qu'à ça... payer.

Eh ! On verra bien !

Finalement, à l’entrée du square, la statue équestre d’André Capron, en rhyolite rose de l’Estérel, du sculpteur Alphonse Grebel, avait été commandée par les Cannois en 1933 avec le concours de la ville. Placée au début du quai Laubeuf jusqu’à la Libération, on la transporta par la suite au square Carnot.

Statue équestre d’André Capron. Square Carnot. MLR

Statue équestre d’André Capron. Square Carnot. MLR

Au début de l’allée principale, deux Paulownia tomentosa reconnaissables en février pour leurs fruits à coque dure dominent l’allée centrale. Les majestueux cèdres de l’Atlas sont là depuis la création du square. Ils symbolisent la grandeur, la majesté, la richesse et l’abondance que se devait donner l’image de Cannes. Deux villes sont actuellement propriétaires du square, pour un tiers Cannes et les deux tiers Le Cannet. Il n’y a pas de ligne de démarcation !

Cèdre Square Carnot . MLR

Cèdre Square Carnot . MLR

COMPLEMENTS D’ENQUETE :

La curiosité des blogueurs se réveille. C’est le 27 mars 1877, à l’entête des chemins de fer de Paris à Lyon que l’autorisation est donnée à la ville de Cannes d’établir un bureau d’octroi dans la cour de la gare des voyageurs pour 10,50 francs de location de l’emplacement par an (83 m2).

En 1927, sous la présidence de M. Capron, maire, l’octroi de La Bocca est ouvert (80 m2). Merci à L.S.

 

LIENS ANNEXES : PIERRE GIUGLARIS.  Si La Bocca m’était contée.

A quelques pas de la Verrerie, entre l’avenue Marco del Ponte et la ligne de chemin de fer, un très modeste entrepôt recouvert de tuiles rouges abritait l’atelier du maître Jean Barol (1873-1956). Installé à La Bocca depuis 1922, né à Vallauris en 1873, il était le beau-père de M. Pillot, l’horticulteur bien connu de la villa La Calade, à la Croix des Gardes.

BILLET 77 SEPTEMBRE 2016BILLET 77 SEPTEMBRE 2016BILLET 77 SEPTEMBRE 2016

A l’école de Clément Massier à Golfe-Juan il apprit la technique du dessin et de la cuisson et devint un jour directeur de la Poterie d’Art de Montières à Amiens. En 1927, à l’exposition nationale du travail à Paris, il reçut le titre de premier céramiste de France. Dans les grands magasins de Cannes, il exposa plusieurs tableaux.

 

PROMENADES PICTURALES que nous devons à Jean-Paul Potron, Paysages de Cannes.

JOSEPH CONTINI Château des Tours, aquarelle 41 x 54 cm. Collection particulière, photo Michel de Lorenz

JOSEPH CONTINI Château des Tours, aquarelle 41 x 54 cm. Collection particulière, photo Michel de Lorenz

Peintre attitré du shah de Perse, il s’installe route de Fréjus (avenue Docteur Picaud). Dans son atelier, il dispense des cours de dessin et de photographie avec son associé Bussi. La municipalité lui alloue 2 500 francs en 1881 afin qu’il puisse acquérir le mobilier et le matériel nécessaires. Vers 1885, la situation s’améliore, il déménage au 3 de la rue Herman (actuelle rue des Etats-Unis), en 1890, rue Hoche.

 Ce château des Tours fut bâti entre 1852 et 1856 sur un terrain rocailleux complanté de pins à l’ouest de Cannes par Robinson Woolfield, c’était le château Sainte-Ursule, surnommée « des Tours » par les Cannois, il est rapidement vendu à Lord Londesborough puis au duc de Vallombrosa en 1858. En 1890 l'hôtelier allemand Martin Ellmer achète et fait transformer le château en hôtel de voyageurs par l'architecte cannois Laurent Vianay qui modifie aussi le jardin, dont une partie est revendue avant 1895. C’est aujourd’hui une copropriété, son jardin reste un des beaux jardins anciens de Cannes, au 10 avenue Docteur Picaud.

 

COURRIER DES LECTEURS

Un aimable lecteur s'intéresse à la Bastide du Riou située rue du Pont-Saint-Victor.

Nous faisons nous-même des recherches et prions nos correspondants de se joindre à nous. 

 

ON NOUS COMMUNIQUE

L’atelier des Amis des archives s’ouvre avec une nouvelle année que nous espérons fructueuse. Les réunions se tiennent désormais à la Maison des Associations, rue Louis-Braille le premier et le troisième mercredi du mois de 15 à 17 heures.

Mercredi 14 septembre : Journée à l’île Sainte-Marguerite ; nous visiterons les trois cimetières et déjeunerons au Fort-Royal.

Pour tous renseignements tel : 06 10 83 12 39.

 

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27 juillet 2016 3 27 /07 /juillet /2016 21:47

LIENS ASSOCIES : MARIE LAURENCE DE ROCHEFORT YES YOU CANNES

Cette lecture nous a donné l’idée de connaître l’histoire du 3,14, ancien Savoy.

Ludique avec ses couleurs et sa décoration inspirée des cinq continents, l’hôtel 3,14 a été conçu selon les règles du Feng Shui chinois qui signifie littéralement « le vent et l'eau ». C’est un art millénaire qui a pour but d'harmoniser l'énergie environnementale d'un lieu de manière à favoriser la santé, le bien-être et la prospérité de ses occupants.

Le Savoy, c’est le passé qui nous intéresse, fut construit en 1926. Les architectes en sont P. Gadenn (A.D.) et P. Martineau (DSLG). Il est alors bâti sur un terrain de 20 200 m2 environ, tenant du Nord à la rue du Dragon, de l’est à la rue de la Plage, du midi à la rue Tradelière et de l’ouest à la villa Lakmé. (en1929, la villa La Mascotte).

Hôtel 3,14. Rue François Einesy. Photo MLR.

Hôtel 3,14. Rue François Einesy. Photo MLR.

Cet hôtel est clôturé par un mur en maçonnerie surmonté de balustres. Il est constitué d’un rez-de-chaussée et de deux étages, la toiture formant terrasse. Un escalier en ciment de six marches à l’entrée formant véranda. Quatre fenêtres, deux de chaque côté du perron. Le corps du milieu est en retrait.

 

En-tête d’une lettre. Archives municipales de Cannes.

En-tête d’une lettre. Archives municipales de Cannes.

Très vite l’hôtel qui appartient à la Société Foncière du Nord de la France, est l’objet de vente aux enchères publiques. En 1929, la vente atteint 1 400 000 francs, il y aura une première surenchère avec une vente réalisée à 1 633 000 francs puis une folle enchère à 2 550 000 francs après saisie immobilière en 1935.

Plan de l’hôtel Savoy. Archives municipales.

Plan de l’hôtel Savoy. Archives municipales.

En 1956, on lit dans un courrier de la ville de Cannes : Les prescriptions du programme d’aménagement de la Ville prévoient pour le secteur considéré que la hauteur à la verticale des constructions ne peut excéder la largeur de la voie. Signé, maire de Cannes. Ainsi sera refusée une surélévation. Sources : Archives municipales de Cannes 2S 402, 47 W1674.

 

CE MOIS-CI

Lettre d’André Capron, alors adjoint au maire, à Jean Hibert maire de Cannes :

J’avais eu la pensée de vous proposer de faire classer votre tour du Suquet pour la soustraire aux injures du temps et des hommes. Vous me direz que je veux me mêler de ce qui ne me regarde pas. Je vous répondrai que cette tour nous regarde, nous autres Cannois, et si bien nous regarde que sans elle Le Suquet perdrait une grande partie de sa silhouette pittoresque. Alors je vous interroge timidement pour savoir ce que vous en pensez.

A. Capron écrit du château de Passins dans l’Isère. La tour du Suquet ne sera classée monument historique que le 28 juillet 1928.

Recherche de F. V.

 

A LA FAVEUR D’UNE RENCONTRE.

Une amie ayant connu l’octroi à Cannes, boulevard Carnot a évoqué ses souvenirs : les camions, les charrettes, les charretons, transportant des marchandises, faisaient la queue devant la bascule pour payer leur droit de passage.

C’est celui de la route de Grasse à la limite du Cannet, implanté en 1874 qui est déplacé sur le boulevard Carnot à la hauteur du square.

Publiée dans Nice-Matin, date incertaine.

Publiée dans Nice-Matin, date incertaine.

L'octroi Bd Carnot . Photo F.V.

L'octroi Bd Carnot . Photo F.V.

C’est vers 1800 que Cannes, comme d’autres villes, institua l’octroi, à la recherche de recettes. On institua des taxes sur les combustibles et d’autres produits. Le territoire de Cannes rapportait des vins et des huiles en abondance, en plus des figues, citrons, oranges donnant lieu à un commerce abondant. Cannes était aussi l’entrepôt et le débouché de toutes les denrées des montagnes voisines.

En 1880, un bureau d’octroi et un poste de police sont créés sur le terrain Debionne à l’angle de la Nationale 7 et du chemin de Notre-Dame-des-Pins, un autre à la verrerie de La Bocca (au rez-de-chaussée du commissariat actuel). 

Octroi La Bocca 1904. Carte postale aimablement communiquée par F. V.

Octroi La Bocca 1904. Carte postale aimablement communiquée par F. V.

En voici une autre

Carte postale aimablement communiquée par Irène Payan.

Carte postale aimablement communiquée par Irène Payan.

La recette de l’octroi était en 1880 de 579 130 F.

Le 31 décembre 1942, le dernier bureau d’octroi fermait ses portes, il accroissait encore plus les difficultés d’approvisionnement des denrées. Par la loi du 2 juillet 1943, le gouvernement Laval supprimait l’octroi en France.

 

COMME L’ASSOCIATION …

Est en léthargie pour l’été, nous vous invitons à faire une sortie très familiale au musée Escoffier à Villeneuve-Loubet. Nous avons par deux fois, évoqué Escoffier, (billet de mars 2013 et de novembre 2013). Aujourd’hui nous vous donnons la recette de la Salade César qu’il créa en l’honneur de son ami César Ritz, le célèbre hôtelier de Paris et de Monaco.

L’originalité vient que la salade est servie dans un bol constitué en pâte sablée.

Pour la pâte, 200 g de farine et 80g de Maïzena, 180g de beurre manié, 1 cuiller à café de sucre et une pincée de sel, 1 cuiller à soupe de vinaigre balsamique, 1 jaune d’œuf et 5 cuillers à soupe d’eau. La pâte sablée est mise au frais pendant trois heures avant d’être étalée et découpée en quatre disques qui doivent former quatre bols. Cuisson : 180°, 25 minutes.

La garniture est faite de deux blancs de poulet cuits et coupés en dés, une salade romaine, bien sûr, et des copeaux de Parmesan pour garnir.

La sauce d’accompagnement est une mayonnaise parfumée par six filets d’anchois hachés avec une gousse d’ail. Cette recette est authentique.

Photo sans commentaire.

Photo sans commentaire.

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24 juin 2016 5 24 /06 /juin /2016 00:56
Villa Roche Cline, avenue Montrouge. Photo F. V.

Villa Roche Cline, avenue Montrouge. Photo F. V.

LA PUBLICITE NOUS INSPIRE ENCORE : VILLA ROCHE CLINE

C'est une villa de luxe comme seule la Côte d'Azur en recèle. A Cannes, dans le prestigieux quartier de La Californie, dans une discrète impasse, la villa de la fondatrice éponyme du groupe de cosmétiques mondial Estée Lauder vient d'être mise en vente par le réseau immobilier Engel & Volkers. Située à moins d’un kilomètre de la Croisette, la villa Roche Cline est une somptueuse propriété construite vers 1900, et transformée en villa de style Belle Époque dans les années 1920.

AM Cannes 2S309

AM Cannes 2S309

Estée Lauder et son mari achetèrent cette villa en 1963 comme résidence secondaire et maison de vacances. Dans sa biographie, la brillante femme d’affaires la décrit comme sa « maison de vacances préférée ». Elle y aurait même créé certains de ses parfums les plus célèbres dont Belle.

La villa historique a été largement rénovée ces dernières années et offre toutes les prestations les plus modernes. Prix demandé : 8.350.000 euros.

photo Internet, villa Roche Cline , vue du jardin.

photo Internet, villa Roche Cline , vue du jardin.

Complétée par un studio indépendant entièrement équipé, la maison principale est répartie sur quatre étages qui jouissent tous d’une vue panoramique sur la mer. Elle comporte 10 pièces, dont 6 chambres et 6 salles de bain. Le jardin et sa terrasse d’environ 100 mètres carrés accueillent une piscine chauffée, une cuisine d’été et une cheminée ouverte. Le salon d’été est recouvert d’une pergola sur laquelle poussent roses blanches et jasmin blanc, les fleurs préférées d’Estée Lauder.

Estée Lauder a vendu sa villa en 1980. Son actuelle propriétaire est Claudia Kempen qui y proposait des animations. La galerie Oscar, de Nice, y a exposé deux fois en 2014 et 2015.

 

CE MOIS A CANNES

La Révolution réquisitionne les cloches : la municipalité de Cannes, qui est dans le Var, est rappelée à l’ordre le 2 juillet 1792, elle accepte de céder les cloches de quatre chapelles mais fait savoir que les quatre cloches de l’église Notre-Dame de l’Espérance ne peuvent souffrir aucune réduction ; l’une est destinée à la sonnerie de l’horloge, la seconde sert pour annoncer les prières aux agonisants et les deux dernières pour appeler les fidèles aux exercices de piété. Merci à Nice-Matin, 27 mars 2016.

 

LU POUR VOUS Le Littoral 30/05/1920

Nos lecteurs approuvent en général l'idée d'une « Ligue pour la Sieste ».

(Qu'attendent-ils donc pour la réaliser? — L'hiver ? ) . Certains nous écrivent même pour nous demander quelques conseils... complémentaires. La Sieste leur plaît ; mais elle ne leur suffit point. Ils réclament une lutte en règle contre la chaleur, et nous font l'honneur de compter sur nous pour choisir les moyens et indiquer les armes. Une fois de plus, voilà le journaliste promu au rôle de confesseur…

Nice matin - Notre Histoire - 22 mai 2016

Nice matin - Notre Histoire - 22 mai 2016

Eh bien, allons ! Essayons-nous en directeur de conscience. Vous désirez connaître, Madame, quelques procédés pour avoir moins chaud, sinon frais.

Voici ce que notre sagesse vous propose :

1°) Mettez des robes montantes. C'est laid, mais plus on se découvre, plus on a chaud.

2°) Mangez peu. Buvez moins encore. L'un et l'autre fabriquent des calories (terme de science, on a ses diplômes...)

3°) Levez-vous de bonne heure, vers 5 heures. Vous ne vous doutez pas comme il fait bon de 6 à 8...

4°) Ne lisez pas les journaux. Ça donne des sueurs d'angoisses : il y a maintenant, chaque jour, des histoires à faire frémir de chefs d’États qui tombent par des portières ! Mieux vaut encore le cinéma.

5°) Restez seule sans rien faire en appliquant le régime ci-dessus au complet dans la demi obscurité, cinq jours de suite. Le sixième, vous serez devenue folle ou bien vous descendrez dans la rue, ne pouvant plus y tenir et vous ne sentirez plus la chaleur tant vous vous trouverez heureuse de revoir les visages de vos semblables, entre autres la tête sympathique de votre serviteur. PH.

 

LES ESPACES VERTS A CANNES : LE SQUARE DE MORES

Il est situé avenue Francis-Tonner, près de la résidence Le Château de la Mer.

En 1864, y fut introduit le mimosa Acacia dealbata, ou mimosa d’hiver, originaire de Tasmanie, et, vers 1890, à grands frais, des palmiers de Bordighera. Le parc a été tracé par Gilbert Nabonnand devenu célèbre pour avoir conseillé Lord Brougham dans la création de jardins exotiques.

Nous cherchons en vain, actuellement, un massif de rosiers Centfeuilles Nabonnand ou la Rose de mai Nabonnand que G. Nabonnand avait réussi à sélectionner pour une culture plus facile et de rendement accru. Nous cherchons également la trace d'un camphrier Cinnamomum camphora. 

L’ensemble de la propriété Le Château de la mer fut mis en vente en 1928, après le décès de la baronne Marie-Médora de Morès survenu en 1921. Faute d’acquéreurs, en avril 1937, les Boccassiens assistent avec tristesse à la démolition du château et en 1938, les « congés payés » installent leurs tentes dans le parc.

Ce n’est que le 27 mars 1942 que la Ville, par une demande de déclaration d’utilité publique, désire faire l’acquisition des terrains qui cernent les restes de la résidence d’un côté, terrain de sports et diverses œuvres sociales, de l’autre, la plus arborée, un square à aménager lequel sera appelé square de Morès le 27 juillet 1942. Les dix classes de l’école de la Roubine, ayant été grandement endommagées au cours du bombardement du 11 novembre 1943, le conseil municipal décida, le 22 février 1945 d’utiliser la partie ouest du parc afin d’y reconstituer quatre classes. Le pavillon subsistant dans le parc sert d’appartements aux enseignants depuis 1947. Plus tard, la ville vend aux enchères un tiers du parc avec les ruines du château (résidence du Château de la Mer), puis les vieilles écuries (immeuble de La Licorne).

Voici un Cinnamomum camphora.

Voici un Cinnamomum camphora.

Les feuilles, longues de 10 cm environ, dégagent une forte odeur de camphre au froissement. Les fruits sont des drupes charnues sphériques portées par un pédoncule vert épais. Ils sont bleu sombre à noir à maturité. Cet arbre n’existe plus.

Square de Morès  photo Ville de Cannes.

Square de Morès photo Ville de Cannes.

 

Jardin Animé du Cap-Ferrat proposait à la ville de Cannes un thème à développer sur les jardins du Château de la Mer . Il s’agissait d’ Évocations tropicales, avec de grands animaux dans leur habitat naturel et de Féerie tropicale avec des Oiseaux exotiques et des Poissons tropicaux, dans une présentation très spectaculaire. C’était en 1954 et classé sans suite.

 

PROMENADE PICTURALE

Sources : PAYSAGES DE CANNES  Jean Paul Potron

 

Dominique Trachel : Paysannes près d’une source à Cannes-La Bocca. Aquarelle 87 x 55

Dominique Trachel : Paysannes près d’une source à Cannes-La Bocca. Aquarelle 87 x 55

Michel de Lorenzo. Il fait partie de quelques Niçois qui osent franchir le Var et aller peindre en France. Il n’est pas nécessaire de rechercher l’existence réelle de cette fontaine au XIX e siècle, avoir choisi l’ouest de Cannes, bien loin de la Croisette un sujet pastoral met en valeur son savoir-faire et un aspect bucolique et inusité bien que réel de Cannes à la fin du XIXe siècle.

Hercule Trachel, son frère, a traité le même sujet.

 

COMPLEMENT D’ENQUETE

Une aimable associée participant à un atelier Histoire régionale aux archives municipales Calmette, a lu l’acte de décès du 15 juillet 1844 au nom d’Abd el Kader décédé à 23 ans à l’île Sainte-Marguerite et né à Mascara. On peut lire dans Nice-Matin : selon l’historien Xavier Yacono, entre juin et juillet 1843, quarante-neuf hommes, cent-treize femmes, quatre-vingt-neuf enfants et trente-neuf domestiques ont été débarqués sur l’île, escortés d’un contingent de soldats. Ils constituent la smala d’Abd el Kader … ses trois épouses et ses deux fils, sa famille, ses proches et ses subordonnés ont vécu plusieurs années dans la prison du fort. Nous laissons toute réflexion personnelle à nos lecteurs.

Bonnes vacances aux juilletistes!

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25 mai 2016 3 25 /05 /mai /2016 02:11

PRÉTEXTE D’UNE RENCONTRE

Au cours de notre Assemblée générale, nous avons bavardé avec un aimable Néerlandais au sujet du baron Lycklama et du Bal masqué accroché aux cimaises du musée de La Castre qui fut offert par sa veuve.

 

Bal travesti chez le baron de Lycklama : huile sur bois, 0,48 x 0,81.Signature bas à droite Pierre Van Elven et en bas à gauche Villa Escarras 1874. Photo Gérard, aimablement adressée par le musée de la Castre.

Bal travesti chez le baron de Lycklama : huile sur bois, 0,48 x 0,81.Signature bas à droite Pierre Van Elven et en bas à gauche Villa Escarras 1874. Photo Gérard, aimablement adressée par le musée de la Castre.

Pierre Van Elven (1831-1908) accompagnait le baron Lycklama en Orient.

Qui était le personnage accroupi en bas à gauche du tableau ? Notre interlocuteur avait suggéré Abd-el-Kader, nous n’ignorons pas que des prisonniers de sa Smala étaient internés à l’île Sainte-Marguerite et G. H. (notre interlocuteur) nous apprenait que le baron l’avait rencontré à Damas, recherchant une autorisation pour se rendre à Palmyre. Et voici le résultat de la recherche par l’un d’entre nous, F. V.

Bal costumé de la villa Escarras le 16 février 1874. Les Échos du dimanche 21 février 1874

Le grand bal masqué donné par M. le baron Lyklama, a eu lieu lundi 16 février dans les beaux salons de la villa Escarras, accrus pour la circonstance d'une annexe en charpente recouverte en zinc, qui régnait dans toute la longueur de la maison d'habitation, englobant la ligne d'orangers touffus et le bosquet qui précèdent le jardin. Cette soirée, organisée sur des proportions exceptionnelles restera dans les traditions de Cannes comme un souvenir de fastueuse élégance ; et ces mots s'appliquent, à la fois aux brillants costumes des invités et à la réception dont ils ont été l'objet. Malgré le désir exprimé par le noble Hollandais de nous montrer sobre en ce qui le concerne nous ne serons que l'écho de la haute société qui, avec un empressement tout cordial, a répondu à son gracieux appel, en disant que depuis bien longtemps notre ville n’avait vu pareille fête.…

A dix heures plus de deux cents personnes se trouvaient réunies dans les deux grandes pièces du musée Lycklama, très artistiquement disposées en salles de bal ainsi que dans les deux salons de la villa, le tout bien entendu, ruisselant de lumière, qui faisait ressortir la plus abondante profusion de fleurs et de feuillages exotiques. Les danses ont d'abord duré avec le plus grand entrain jusqu'à une heure et demie du matin, aux accents d'un véritable orchestre habilement conduit par M. Brick le sympathique secrétaire du Cercle.

Un buffet de bal avait été dressé dans la salle à manger ordinaire de la villa, et, à chaque repos, les danseurs, conduisant leurs danseuses, allaient s'y servir des rafraîchissements qui n'eussent pu sans inconvénient circuler au milieu d'une assistance aussi nombreuse et aussi pressée. Le service de ce buffet avait été confié à la maison Nègre, si connue pour la supériorité de ses fournitures.

Une interruption d'une heure a été consacrée au souper, servi dans la salle à manger provisoire, vaste galerie brillamment illuminée et décorée de glaces, ou plutôt véritable jardin d'hiver, à cause de l'abondance des arbustes et des fleurs, avec cascade et ruissellement d'eau courante. Les quatorze tables, qui avaient été dressées là, s'étant trouvées insuffisantes, on a dû en improviser d'autres à l'intérieur de la villa, et le service s'est renouvelé plusieurs fois, afin de permettre à tous les invités de prendre part à ce repas nocturne, auquel, nous n'avons pas besoin de dire, rien n'a manqué. Le souper, abondamment fourni en poisson, jambon, volailles de Bresse, dindes truffées, faisans, chevreuil, pâtés, gelées variées, gâteaux de toutes sortes, etc… faisait le plus grand honneur au talent culinaire de l'habile chef de M.Lycklama.

Les danses ont repris ensuite avec une nouvelle animation et se sont prolongées jusqu'au jour

Nous allons citer quelques noms et quelques costumes, et dans notre embarras de respecter suffisamment la hiérarchie, nous présenterons cette énumération, forcément restreinte, en suivant l'ordre alphabétique :

Mme d'Agault, en petite cauchoise.

M.Allanson Knight, en grand veneur du XVIIIe siècle. Mme Allanson Knight (comtesse de Polignac), en Madame Pompadour.

M.Bar-Patteson, en costume officiel et Madame en paysanne anglaise.

Mme Bartholomew, en Diane chasseresse.

M.Béchard, en débardeur folichon.

M. le général comte de Bernis en manteau vénitien, et Madame la comtesse en merveilleuse.

Mme Braddon, en costume dix-huitième

Mme la comtesse de Chaponnay en marquise Pompadour.

Lady Cloncurry, en costume dix-huitième.

M.Close en Louis XIV jeune. Mme Close, en sorcière dix-huitième (costume anglais).

M. le chevalier de Colquhoun d'abord en Templier puis en bourgmestre flamand. Mme de Colquhoun en Marie Stuart, parée de riches diamants.

Lord Dalousie en habit de soirée, portant le grand cordon de l'ordre du Bain.

M. le comte des Fayères en domino.

M Maurice Dolphus en Pierrot.

M. Fauchier en costume du temps du Directoire, composé d'étoffes de l'époque.

M. de Font-Michel en costume de seigneur florentin

M le docteur Gimbert en médecin du dix-huitième siècle, habit de l'époque.

Mme Hankey en costume pompadour.

Mme Heard en costume Louis XV, cheveux poudrés et magnifiques diamants.

M. Hennesy en khalife.

Mlle Hooffman en costume de marquise recouvert de poudre diamantée.

Mlle Jenkinson en paysanne

M. le comte de Karoli en costume de bal et manteau vénitien

Mme Kennard en Marie–Stuart avec robe fleurdelisée

M. le comte de Lahédoyère, en seigneur du XVIe siècle, avec agrafes en diamants et turquoises.

M. le vicomte de Laferrière en manteau vénitien.

Mme et Mlle Leakre, en bergères.

M. et Mme de Lorrière en contrebandiers espagnols, étoffes et façon de l'époque

M. le comte Muiszech en costume de ligueur rehaussé de pierreries

Mme Moore en Marie Stuart

M. le prince de Moskova en toilette de bal et manteau vénitien.

Mlle Mulholland en costume arabe aux couleurs variées et enrichi de perles.

Mme la comtesse de Palfy en Nuit et en Printemps de Watteau.

M. le comte du Passage, en Michel Ange, et Mme la comtesse en costume tricolore fleurdelisé.

Mme Pillé en noble espagnole.

M. le vicomte du Ponceau en duc de Guise

M. le comte de Pracontal en jardinier Watteau.

Mlle Richardson, cheveux poudrés et costume Louis XV, en satin blanc piqué.

M Rigal en postillon de Longjumeau et Madame en Arménienne d'Erzéroum.

M. Tève en Arabe algérien.

M du Tillet en marié breton.

M Tripet en costume style Louis XIV, Mme Tripet-Scripytzine, en señora espagnol.

M le duc de Vallombrosa en toilette de bal et manteau vénitien, et Madame la duchesse en marquise Louis XV, parée de magnifiques perles et de superbes diamants.

Le maître de maison avait choisi parmi les nombreux costumes acquis dans ses voyages, un riche habit de seigneur de Bagdad, confectionné à Bagdad même, entièrement brodé d'or, avec coiffure enrichie de perles et brillants.

M. le baron de Lycklama n'a cessé de redoubler de soins pendant toute la soirée pour être agréable à ses hôtes, s'occupant des moindres détails de la fête qu'il était heureux de leur offrir assisté dans cette surveillance délicate par la conservateur de sa collection, M.E. Massenot, revêtu d'un costume à la fois simple et correctement fidèle de cheikh du Liban, rapporté par lui, de sa récente et fructueuse mission en Orient.

Notre compte rendu ne serait pas complet si nous ne rendions pas une justice méritée à la manière dont le service de cette fête importante a été fait par les gens de la maison, en livrée de gala, et par le personnel auxiliaire, si habilement dirigé par M. Louis Richard, premier maître d'hôtel du Grand hôtel de Cannes.

Revenons au tableau et au personnage accroupi en avant. Nous avons donc le choix entre trois noms. Laissons F. V. avoir le dernier mot : une préférence pour M. Massenot, homme de confiance du baron qui revient d'un long voyage en Orient où il a acheté de nombreuses antiquités. Il raconte son périple à certains convives admiratifs à ses pieds.

PEINTURES CANNOISES ANECDOTIQUES

BUTTURA Ernest Antoine Eugène : Rue de la boucherie vers 1860. Don de Madame de Praingy ou Prangy ( ?). photoHuile sur toile, photographie d’Irène Payan.

BUTTURA Ernest Antoine Eugène : Rue de la boucherie vers 1860. Don de Madame de Praingy ou Prangy ( ?). photoHuile sur toile, photographie d’Irène Payan.

Cette rue construite au XIXe siècle au pied de l’ancien rempart nord de la Ville du Moyen-Age, rappelle le souvenir de la boucherie municipale qui fut jusqu’à la fin de l’Ancien Régime l’une des nombreuses « resves » (ferme) créées par la Communauté en vue d’assurer le ravitaillement local. Le monopole de la vente au détail était adjugé au plus offrant… un système commercial tout à l’avantage du consommateur. Constant Bianchi.

 

COMPLEMENT D’ENQUETE

Un aimable lecteur a désiré joindre une anecdote concernant Alain Decaux : Il fut voisin de Cannes, ayant une maison à Valbonne. A. Decaux a reçu son épée d’académicien dans le grand amphithéâtre de la maison de la Radio. Il était devenu à la Libération, l’ami de Sacha Guitry.

 Alain Decaux, recopiait pour un journal une lettre qui lui était adressée par Lana Marconi : « Très cher ami, vous allez reconnaître la bague qui ne quittait jamais la belle main de Sacha. Que la pierre en soit sertie sur votre épée, et que celle-ci vous accompagne jusque dans votre dernière demeure afin qu'elle n'appartienne jamais à personne d'autre que vous. » Et en post-scriptum : « Ce sera sa façon à lui d'endosser l'habit vert » et il continuait  dans la petite boîte, je découvris la chevalière de Sacha et sa magnifique émeraude qui orne depuis lors mon épée d'académicien. Cette épée, j'en ai fait don, depuis, au Musée des Beaux-arts de Lille, ma ville natale.

 

CE MOIS A CANNES

10 juin 1863 :   pose de la première pierre du Grand-Hôtel.

 

 

Photo Carte postale, collection particulière.

Photo Carte postale, collection particulière.

Sur des plans dessinés par Vianay et Blond, cinq cents ouvriers participent à sa construction.

En 1865 on y ajoute un gymnase et une salle d’armes.

Autant de merveilles qui éblouissent Prosper Mérimée, lequel écrit alors : « On a bâti, sur le bord de mer, un hôtel presque aussi grand que le Louvre et qui est toujours plein. ».

Il est vendu en 1881. En 1901, de nouveaux propriétaires l’achètent ; ils font construire une villa dans les jardins.

En 1929, il est rénové puis revendu en 1933.

Pas entretenue pendant la guerre de 39-40, la bâtisse vieillit mal. Le grand parc attire les clients, mais les immenses salons et les cent chambres sont d’un entretien trop lourd. L’époque où les rois occupaient des étages entiers est révolue. Démoli en 1958, le Grand Hôtel est reconstruit en 1963 au même endroit et compte alors 10 étages et 78 chambres. Il sera surélevé d’un étage dans les années 70. Puis le Grand Hôtel vivote, il sera vendu en 1957, la vente aux enchères de son mobilier aura lieu en 1958.

L’ancien Grand Hôtel est démoli et reconstruit en 1963, toujours agrémenté par son beau jardin.

Quant à la Villa du Grand Hôtel – rebaptisée, entre 1929 et 1932, « La Malmaison »–, elle avait été cédée à la commune en 1957 ; elle accueille, aujourd’hui, de grandes expositions d’art contemporain.

Source : Andrée Bachemont, Hôtels et Palaces à la Belle époque. 

Le Grand Hôtel boulevard de la Croisette

Le Grand Hôtel boulevard de la Croisette

ON NOUS COMMUNIQUE

Jeudi 9 juin, promenade à Beausoleil. Le matin, visites guidées du Riviera Palace et de la villa Juturne. Déjeuner au restaurant. Après-midi : visite guidée du quartier Belle-Epoque et du quartier du Carnier.

Tel : 06 10 83 12 39.

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26 avril 2016 2 26 /04 /avril /2016 00:30

LA VILLA PRIMAVERINA

La vente des objets et mobilier de la villa Primaverina, 81 avenue Docteur-Picaud, dispersée aux enchères à Cannes vendredi 18 mars 2016 nous a rendus curieux d’en savoir plus sur celle-ci et ses occupants.

Villa Primavera. Nice-Matin.

Villa Primavera. Nice-Matin.

Vers 1890, sur le vaste terrain de l’ancienne route de Fréjus est construite la villa Eliama (1881) qui disparait vers 1913, à sa place est bâtie la villa Primavera, (depuis 1960, la résidence Primavera).

 La villa Primaverina a été construite plus tard à l’initiative du prince roumain originaire d’Albanie, Jean Ghika et de son épouse Hazel-Marie Paliner-Singer. Le couple s’installe à La Bocca vers 1905. Ils ont une fille, Alexandra, née en 1902. Celle-ci épousera Paul Weiller qui, lui, fera construire la villa Isola Celesta (voir billet N° 70 mai 2011).

La villa eut comme hôtes célèbres le prince Georges Ghika et son épouse Liane de Pougy dit-on sur la toile. Georges Ghika (1884-1915) était issu d’une branche cadette non régnante dite Ghika-Brigadier.

Georges était un original et il avait 15 ans de moins que Liane. Aucun Ghika n’assistait au mariage à Saint-Philippe du Roule naturellement, les parents de Georges étaient fous de rage et sa tante la reine Nathalie de Serbie lui avait coupé les vivres. Georges avait épousé la séduisante courtisane parce que leur liaison était devenue publique et qu’on se moquait, ce qu’il ne pouvait supporter. Comme il était moins riche, il avait demandé la séparation de biens.

La princesse Jean Ghika, (restée veuve en 1922) dont on vend les peintures et objets d’art, fut une « Cannoise » participant à la vie de la Ville.

La princesse est présente au premier Bal des Petits Lits blancs en 1936. 

Portrait de la princesse Ghika. Catalogue de la salle des ventes . 2016

Portrait de la princesse Ghika. Catalogue de la salle des ventes . 2016

Aux heures plus sombres de la dernière guerre, elle travaille à la Maison du Prisonnier avec Hélène Vagliano. Elle crée un ouvroir où de nombreuses femmes de prisonniers et de mobilisés viennent confectionner des lainages pour les soldats. Elle fonde à La Bocca l’annexe de la Croix-Rouge, elle milite dans la Résistance et échappe à la Gestapo de justesse (malade, elle a été hospitalisée).

 Elle s’éteint à Cannes le 9 mai 1951.

Le jardin du château Font-de-Veyre où est installé le conservatoire de musique, porte son nom depuis le 19 février 1993, peut-être en remerciements tardifs, en 1934, la princesse et Sidney Kent Singer son frère ont cédé gratuitement une parcelle de leur jardin pour rectification d’un tournant de la route nationale 7. 

 

CE MOIS A CANNES

Les artistes locaux travaillaient isolés, le 26 février 1902, treize se réunissaient dans le sous-sol du Café des Abeilles, rue d’Antibes, pour se fortifier mutuellement et donner des expositions. Le 15 mars, les treize sont devenus quinze peintres, six sculpteurs, un céramiste, un lithographe, un serrurier d’art, un docteur et deux élèves architectes. Le céramiste Cros offre un local, 100 m2, une cour, un atelier rue Jean-Gougon. 

Céramique Cros.  Collection particulière. Photo MD.et plaque sur le mur d'enceinte de la villa L'Oasis boulevard d'Alsace. Photo MLR.
Céramique Cros.  Collection particulière. Photo MD.et plaque sur le mur d'enceinte de la villa L'Oasis boulevard d'Alsace. Photo MLR.

Céramique Cros. Collection particulière. Photo MD.et plaque sur le mur d'enceinte de la villa L'Oasis boulevard d'Alsace. Photo MLR.

Des cours s’organisent quatre fois par semaine de 8 heures à 10 heures. Le jeudi, cours d’anatomie. Dès 1903, l’Association des Beaux-Arts se crée sous la présidence de Paul Bermond.

Le premier salon fut organisé par Louis Pastour le 10 mai 1903 dans une salle de l’Hôtel de Ville sous la présidence d’honneur du maire de Cannes, André Capron, qui avait financé l’exposition. Le dernier salon a eu lieu en 1982. Deux présidentes firent agir leurs relations pour faire de Cannes un prolongement de Paris, la princesse Gagarine Stourdza, épouse du maître Denis Puech, (billet N°13 mai 2011) puis la duchesse de Vendôme, princesse de Belgique aidée par Jean-Gabriel Domergue.

Sources : RENAISSANCE DU MUSEE DES BEAUX ARTS DE CANNES sous l’autorité de Monsieur Hubert Landais, Directeur des Musées de France. 1983.

 

LIENS ANNEXES : Le Roman du Festival de Cannes de Jacqueline Monsigny et Edward Meens.

CARMEN JONES en 1955, est interdit de projection dans toute la France, Carmen étant interprétée par une femme de couleur. Robert Fabre Le Bret, avec l’accord officiel du gouvernement américain, organise la soirée d’inauguration du Festival avec la projection de Carmen Jones, sur le porte-avions américain se trouvant en rade de Cannes. Les héritiers de Bizet ne peuvent qu’accepter à contrecœur que le film soit projeté « une seule fois » le soir de l’ouverture du Festival, dans le palais de la Croisette. La projection est triomphale.

Ou 9 mai 1975 : ouverture du Festival. Un pain de plastic de deux kilos explose contre une porte latérale du Palais. Un mystérieux Comité de lutte populaire revendique l’attentat. Puis c’est le tour de la villa de Marcel Dassault d’être la cible des dynamiteurs. A quatre heures cinquante du matin, quelques jours plus tard, une violente explosion retentit contre le mur du restaurant le Bistinguo, un jeune homme a sauté avec sa propre bombe. Le malheureux était le seul membre du Comité de lutte populaire. Jean-Luc Milan, 21 ans. Tout le monde oublie rapidement ce mauvais début.

 

INEDIT

Nous commençons une rubrique qui sera fournie par le hasard d’une rencontre ou de quelques lignes lues.

34 rue Jean-Jaurès : En rentrant sous le porche, on voit encore un immeuble « pur jus » de 1870 environ. Avant la percée de la rue Chabaud, l’entrée de l’immeuble se tenait côté actuel du marché Gambetta, c’est maintenant Ciné Photo Son, priorité aux commerces émergents, l’entrée fut déplacée.

34 Rue Jean-Jaurès.34 Rue Jean-Jaurès.

34 Rue Jean-Jaurès.

Les intempéries du 3 octobre 2015 ont fait arriver l’eau dans cette cour à plus d’un mètre. Bien que sur une carte traçant l’hydrographie du lieu aucun cours d’eau ne figure, au cours de la construction du corps d’immeuble où est situé l’actuel Monoprix, on avait mis à jour une importante nappe d’eau. Des travaux l’avaient canalisée et la conduite a cédé.

(C’est ainsi que le magasin Bouchara vient seulement d’ouvrir ses portes, rue Chabaud le 29 février, ayant connu deux mètres d’eau au sous-sol et cinquante centimètres d’eau et de boue dans la boutique) expurgé.

 

SOUVENONS-NOUS :

Alain DECAUX, fils de François, avocat, naît à Lille le 23 juillet 1926 et meurt à Paris le 27 mars 2016.

Journaliste inspiré par Alexandre Dumas, il se passionne pour l'histoire qu'il veut mettre à la portée de tous.

Son premier livre : " Louis XVII retrouvé" parait en 1947. La radio en 1969 (Alain Decaux raconte) et la télévision l'aideront à diffuser largement ses recherches avec la caméra explore le temps et l'histoire pour tous ...

Il est élu à l'Académie Française le 15 février 1979.

Alain Decaux.

Alain Decaux.

Concernant notre région, il publie en 1964 Les heures brillantes de la Côte d'azur

En 1982 il commente un album illustré La Côte d'azur aux éditions Solar. Avec Jean Valbonne il participe à un autre ouvrage portant le même titre pour les éditions Minerva.

Monaco et ses princes, sept siècles d'histoire est édité par France Loisirs en 1997 sous la signature de ce merveilleux conteur d'histoire. Merci J.B.

 

INSOLITE

Le Parthénon à Cannes : Procession des Cannoises. Rue Hoche. Photo MLR.

Le Parthénon à Cannes : Procession des Cannoises. Rue Hoche. Photo MLR.

ON NOUS COMMUNIQUE

Mercredi 25 mai : Promenade pédestre le long du canal de la Siagne ; elle sera accompagnée et commentée par Jacques Cessin. Rendez-vous 14h15 parking de la chapelle Notre-Dame de Vie.

Renseignements tel : 06 10 83 12 39.

Les Archives municipales organisent la visite du quartier « Prado-République » jeudi 26 mai, de 10h à 12 h.

Renseignements tel : 04 89 82 20 70.

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30 mars 2016 3 30 /03 /mars /2016 22:44

~~VILLA ARAUCARIA

La soif des promoteurs nous a intéressés et nous avons eu envie de vous faire connaître davantage l'ancienne villa Araucaria. Elle a été construite à l’intérieur d’un vaste domaine où se trouvait autrefois le château de Thorenc qui fut construit vers 1870 pour la duchesse de Bedford (initiatrice du Five o’clock tea) (billet N°24, avril 2012).

En 1925, un fils de maharajah fit édifier dans le parc la villa Araucaria. Les architectes Emile Molinié, Charles Nicod et Georges de Montaud, la dessinèrent dans le style moderniste de l’époque. Quelques années plus tard la villa devint indépendante du domaine.

En 1928, son propriétaire est M. Durand de Lyon et elle s’appelle La Carmencita. La comtesse Sampieri (née Cahen d’Anvers) l’achètera dans les années 50 au baron de Dietrich, puissant industriel d’Alsace-Lorraine. C’est sans doute la comtesse Sampieri qui fit agrandir la villa et adapter le jardin. Elle possédait aussi les villas Laurence, avenue du Roi-Albert et Elvina, angle du boulevard de la République et de l’avenue de Lyon.

Villa et chemin des AraucariasVilla et chemin des Araucarias

Villa et chemin des Araucarias

Dans le parc loti certainement avec les autorisations nécessaires, sont érigés deux importants immeubles, au moins une vingtaine d’appartements et la villa redistribuée, ce qui signifie une voiture et demie par appartement ; on est loin de deux remises, quatre voitures ou quatre voitures hippomobiles dans le Chemin des Araucarias !

 

 

Maquette du projet en cours.

Maquette du projet en cours.

REMINISCENCE

détail du billet de 20€

détail du billet de 20€

Le nouveau billet de banque de 20 € a en filigrane le portrait d’Europe. La fenêtre située dans la partie supérieure de l’hologramme devient transparente et fait apparaître le portrait d’Europe visible sur les deux faces du billet. Ce portrait provient d’un vase vieux de 2 000 ans découvert dans le sud de l’Italie et qui est exposé au Louvre.

~~Nous avons aussi au Musée de la Mer notre Europe.

L'Enlèvement d'Europe (photo adressée aimablement par le Musée de la Mer).

L'Enlèvement d'Europe (photo adressée aimablement par le Musée de la Mer).

COMPLEMENT D’ENQUÊTE

Un fidèle lecteur communique au sujet de la Californie : elle était surnommée " la petite Sibérie". Cette appellation était due aux vents froids qui règnent toujours dans ce quartier ; le hasard a voulu que les premiers hivernants russes le colonisent à la fin du XIXe siècle.

 

PEINTURES CANNOISES ANECDOTIQUES : LA VILLA ROSALIE

François-Louis Français (1814-1897) : Jardin de la villa Rosalie.

François-Louis Français (1814-1897) : Jardin de la villa Rosalie.

Le 28 décembre 1909, elle est à vendre à l’agence Andrau. Située route d’Antibes et boulevard Alexandre III, elle possède onze chambres et un logement de jardinier au premier étage (toujours accessible entre l’immeuble Diana et la boulangerie). Le terrain est clos des murs, lawn-tennis, puits, nombreuses sources d’arrosage, grand bassin pour irrigation, buanderie, lavoir. Les cocotiers, dattiers, phœnix, mandariniers ornent le jardin.

 

Carte postale aimablement transmise par F.V.

Carte postale aimablement transmise par F.V.

Tout, porte à croire que la résidence Diana a été bâtie sur cette propriété qui en 1954 s’appelle Entella et est convertie en immeuble avec un appartement par niveau.

Sources : Archives municipales 2S 136

 

Tout ça pour ça!

Villa Rosalie Ave. Maréchal-Juin Photo M.L.R.

Villa Rosalie Ave. Maréchal-Juin Photo M.L.R.

 

 

LIENS ANNEXES : PAULINE DREYFUS, CE SONT DES CHOSES QUI ARRIVENT.

Marguerite Maeght habite au 10 rue des Belges. Son fils est Adrien. Une boutique minuscule dont la vitrine est si encombrée qu’on se croirait sur un stand des puces : mobilier moderne et postes de radio, telles sont les spécialités de la maison Arté. Contre les murs,… posées par terre, des dizaines de toiles dont on ne voit que le châssis. … Aimé Maeght se rend régulièrement à Paris pour récupérer les tableaux que les marchands juifs n’ont plus le droit de vendre, ou ceux qui risqueraient d’être pillés par l’occupant allemand… Aimé recouvre les tableaux de scènes de genre peintes à la gouache et signées de sa main ; n’est-t-il pas un artiste, lui aussi ? Marguerite retourne quelques toiles. En vrac, Utrillo, Renoir, Matisse, Monet…

 

Emplacement de la maison Arté, photo MLR.

Emplacement de la maison Arté, photo MLR.

ON NOUS COMMUNIQUE

Vendredi 8 avril vous est proposé un après-midi à Nice.

A 14 heures, visite guidée du vieux Nice et à 16 heures visite de la crypte archéologique.

Pour tous renseignements tel : 06 10 83 12 39.

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23 février 2016 2 23 /02 /février /2016 14:20

LE QUARTIER DE LA CALIFORNIE

Son nom vient de la culture du cassier qui se pratiquait de façon abondante sur cette colline et dont la fleur, recherchée par les parfumeurs de la région, se revendait à prix d’or, à l’instar de cette contrée lointaine où l’on allait chercher de l’or, cette colline enrichissait ses heureux propriétaires.

Le quartier est surnommé La Petite Russie. En 1903, le gendre de M. Tripet-Skrypitzine, le général vicomte de Salignac-Fénelon, fait l'acquisition de la partie nord du jardin de la villa Alexandra et commande un projet de résidence d'hiver à l'architecte champenois H. Piquart. Ce n'est qu'en 1920 qu'il fait réaliser le projet commandé avant la Grande Guerre et qui prend le nom de villa Fénelon.

La villa est bâtie sur plus de 1200 m2 avec vue « encore » plongeante sur Cannes.

Pavillon de Flore, 22 avenue Coste-Belle.
Pavillon de Flore, 22 avenue Coste-Belle.

Pavillon de Flore, 22 avenue Coste-Belle.

Pablo Picasso achète la maison en 1955 et s'y installe avec Jacqueline Roque. Le photographe Lucien Clergue est le témoin de la vie du peintre à La Californie. C'est de là qu'il peint, en 1958, La Baie de Cannes où il représente le paysage marin étranglé par le milieu urbain.

La villa était considérée comme « l’Escurial du Maître » où son ultime favorite, Jacqueline Roque, filtrait les visites, en particulier de ses petits-enfants Pablo et Marina, car « Monseigneur » travaillait.

Picasso est alors un fervent communiste, on reçoit régulièrement dans la villa, Hélène Parmelin et son époux Edouard Pignon.

En 1961, la construction d'un nouvel immeuble lui cachant la vue sur la mer le décide à rechercher un autre lieu. Il abandonne la villa cannoise et s'installe à Mougins.

 Lors de l'inventaire de la succession du peintre, de nombreuses œuvres jusqu'alors ignorées sont trouvées dans la maison et font l'objet de la dation Pablo Picasso de 1979 à l'origine du musée national qui porte son nom.

Suite à la réouverture du musée Picasso à Paris (Hôtel Salé), Marina Picasso, unique petite fille légitime, a donné ses impressions et ses souvenirs amers à l’hebdomadaire Le Point du 24 décembre, ce qui a suscité cette rubrique.  

Marina Picasso a hérité de La Californie, y a fait faire d’importantes transformations, la baptisant Pavillon de Flore et cependant, trop lourde en réminiscence, Marina Picasso décide actuellement de la mettre en vente.

Sources : Wikipédia ; Le Point N° 2258 ; Picasso, créateur et destructeur, par Arianna Huffington.

Voir aussi le billet de lamidesarchives N° 27 juillet 2012.

LES CONFÉRENCES NOUS INSPIRENT

En décembre 2015, Jacqueline Leconte et Michelle David ont fait une vidéo-conférence Les Régates à Cannes suivi par un magnifique diaporama réalisé par Irène Payan.

Michelle David a évoqué le créateur des Régates à Cannes, Léopold Bucquet.

Léopold Bucquet, ingénieur des Ponts et Chaussées, vint à Cannes avec sa mère devenue veuve pour y soigner une santé chancelante. Madame L.B. Bucquet achète alors en 1846 un vaste domaine et y fait construire le Château Montfleury.

L. Bucquet, canotier de Seine, surnom qu’on lui donne, s’adresse à Honoré Arluc, charpentier de marine dont les chantiers sont établis à côté de la rue Rouguière (rejoignant la rue Félix-Faure à la rue Meynadier), à l’est de la maison Gazielle (actuellement Splendid Hôtel). Ainsi, sur ses plans, est bâti le premier bateau non ponté : l’Alma.

Photographie extraite d’une revue de 1927.

Photographie extraite d’une revue de 1927.

 Sur l’initiative de L. Bucquet et d’E. Tripet, la Société des Régates de Cannes est fondée. Les premières Régates ont lieu en 1859, la navigation de plaisance est née.

En ce lundi de Pâques 1859, quatre yachts, le Lero d’Alphonse Gioan, l’Olga d’Eugène Tripet, Jeannette de M. Turcat et le Touriste, second bateau de L. Bucquet entrent en course, rejoints par de petites embarcations à voiles, à rame ou à godille, au total 26 bateaux prennent le départ.

S’installant définitivement à Cannes, L. Bucquet fait bâtir la villa Lucia, domaine rural à l’époque.

Villa Lucia, 55 avenue Maréchal Juin. Photo MLR. Vue arrière et façadeVilla Lucia, 55 avenue Maréchal Juin. Photo MLR. Vue arrière et façade

Villa Lucia, 55 avenue Maréchal Juin. Photo MLR. Vue arrière et façade

Il s’éteint à Cannes en la villa Alba, route d’Antibes le 16 mars 1862, à l’âge de 44 ans.  Sa mère avait revendu le château Montfleury en 1855 pour acheter la villa Alba, chemin de la Californie (actuellement villa Luna Nova, 16 avenue du Roi-Albert).

 

ET LE MOIS DERNIER

Nous avons eu une conférence remarquable le mois dernier : A la rencontre de Guy de Maupassant. Nous en avons retenu deux extraits.

Maupassant a sur Cannes des impressions parfois contradictoires je n’ai jamais vu nulle part ces couchers de soleil de féerie, ces incendies de l’horizon tout entier… tantôt sarcastiques les innombrables villas semées dans la verdure ont l’air d’œufs blancs pondus sur les sables, pondus sur les rocs, pondus sur des forêts de pins par des oiseaux monstrueux venus pendant la nuit du pays des neiges que l’on aperçoit là-haut. (Sur l’eau)

Le 20 mars 1883 le PLM de 7 heures du soir le dépose à Cannes à 16 heures. Il descendait chez sa mère qui séjournait villa Mon Plaisir, boulevard d’Alsace. Un hôtel de trois étages récemment construit (vers 1870) agrémenté d’un grand jardin et faisant pension. Maupassant a également séjourné au Splendid Hôtel et au Chalet de l’Isère que nos lecteurs ont déjà localisés.

Hôtel des îles britanniques. 9 boulevard d’Alsace.

Hôtel des îles britanniques. 9 boulevard d’Alsace.

La Pension Monplaisir devenue Hôtel Britannique a été construit vers 1875 par Monsieur Alexandre Sue. Vers la fin du XIXe siècle, sont rajoutées deux ailes aux extrémités. Transformé en copropriété en 1952, il prend le nom de Résidence des Iles Britanniques. Dans les années 1956, la partie sud-est de l’immeuble est modernisée et devient la Résidence Provençale.

Où se situe André Capron, le maire de Cannes bien connu des Amis des archives, dans cette famille de Maupassant ?

Le trisaïeul d'André Capron, au XVIIIe siècle, est un dénommé Jean Jacques Salomon Oulson (1717-1790) originaire d'une famille protestante d'armateurs et de capitaines au long cours implantée à Rouen et sa région.

Parmi ses enfants une de ses filles, Geneviève est l'arrière-grand-mère d’André Capron et sa sœur, Thérèse, a une petite fille qui épouse Albert Pluchard (1798-1853).

La sœur de cet Albert Pluchard, Aglaë (1796-1850) épouse en 1821 Jules Maupassant grand-père de Guy.

Pour la famille Capron ce sont des cousins, un peu éloignés.

Pour Gustave et Laure de Maupassant, Madame Pluchard est leur tante.

Pour Guy et son frère, Albert Pluchard est un cousin germain.

 

André CAPRON aurait-il rencontré Guy de Maupassant à Cannes ? C'est peu probable, André Capron venant de Paris, arrive à Cannes en 1890 pour se marier au mois de juin de la même année. Guy de Maupassant est déjà très malade et n’a certainement pas fréquenté les réceptions mondaines de la villa Madrid ; durant les années 1890, 1891 et 1892 Guy de Maupassant ne fera que de courts séjours à Cannes.

 

LES JARDINS ET VOIES PUBLIQUES.

Photo. Plan du square Mero aimablement communiqué par les Archives municipales.

Photo. Plan du square Mero aimablement communiqué par les Archives municipales.

En 1897-1898, la ville de Cannes a acquis ce terrain sur l’emplacement du cimetière de l’aire des Souis ou du caroubier , du nom des arbres qui y étaient plantés et supprimés en 1882.

Après l’enlèvement des tombes qui restent encore, les déblais seront transportés au nouveau cimetière aux frais de la Société Immobilière de Cannes dont le directeur est Louis Nouveau, qui prend à sa charge tous les frais de plantations, achat d’arbres et arbustes compris sur un lot de 1000 m2 .

Il s’agit d’aménager le lotissement du Riou, la ville prévoit l’installation d’un groupe scolaire attenant ; et ce cimetière désaffecté, La Commune, reste des années non interdit au public, toujours libre d’accès jusqu’en 1917.

Le 28 mai 1909 la ville décide d’y construire une école provisoire de trois classes.

Le 7 décembre 1934, par délibération du conseil municipal, est donné le nom de Parc Donat Mero au jardin public aménagé dans les terrains entourant le bassin des Eaux, réservoirs d’eau potable.

C’est un hommage mérité à ce maire qui a obtenu de Napoléon III la concession, non seulement du canal de la Siagne mais aussi du canal du Loup quatre ans après.

Au cours de la manifestation, le maire adresse ses félicitations à M. Robert qui a mis toute sa compétence au service de la Ville pour la création de ce jardin, sans oublier le jardinier-chef, M. Daumal.

A proximité du jardin existe un abri anti-bombardement datant de la Seconde Guerre. Redécouvert à l’occasion de travaux, il sert d’entrepôt.

Le square Méro est fermé puis, de nouveau inauguré en 1965, et de nouveau fermé pour travaux.

Connu également sous le nom de Jardin des Eaux, le square Méro, initialement loué par la ville à la Lyonnaise des Eaux, lui est cédé depuis le 13 janvier 1989 à titre gratuit.

Nouvelle inauguration en mai 2013, le jardin est superbement aménagé, on assure que tous les arbres existants ont été préservés, Micocouliers, arbres de Judée, Cèdres, Cycas, Magnolias et Stranvesias nous attendent. 

 Porte des anciens réservoirs. Compagnie d’irrigation de France, canal de la Siagne, 1868.Photo MLR.

Porte des anciens réservoirs. Compagnie d’irrigation de France, canal de la Siagne, 1868.Photo MLR.

Sources : Ville de Cannes, Histoire d’espaces publics.

Archives municipales : 2 O10 1849-1937.

ON NOUS COMMUNIQUE

L’Assemblée générale de notre association aura lieu le vendredi 18 mars à 16 heures à la Maison des Associations, rue Louis Braille.

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27 janvier 2016 3 27 /01 /janvier /2016 23:12

~~PRÉTEXTE À DIGRESSION

Le terme est à la mode et suivant les opportunités qui se présentent nous ferons état de conférences … digressives. Ce fut le cas de celle donnée samedi 11 décembre dans le cadre de la Société Scientifique et Littéraire, la plus ancienne de Cannes fondée en 1868.

Le sujet : Le Diamant, par Richard David qui évoque la vente de bijoux appartenant à Paul-Louis Weiller. Du 5 au 8 avril 2011 une partie de sa collection de bijoux fut vendue à Drouot dont un diamant de taille ancienne de 12 carats. On est loin du célèbre diamant nommé Le Jubilé qu’il a acheté chez Cartier en 1937 et qui repartit en Afrique du Sud en 1966. Ce diamant incolore glorieux, en forme de coussin avec un poids de 245.35 carats se classe comme le sixième plus gros diamant du monde.

Il était le fils de Lazare Weiller et il hérita au décès de son père de la villa Isola Celesta

Villa Celesta, 100 avenue de Vallauris. Aimablement proposé par F.V.

Villa Celesta, 100 avenue de Vallauris. Aimablement proposé par F.V.

La villa a été construite pour le sénateur Lazare Weiller. Le projet de 1925 est l’œuvre des architectes parisiens Jacques Lambert, Pierre Bailly et Gustave Saacké, l’architecte cannois Jean Arluc étant responsable du chantier.

Elle est bâtie sur une parcelle de terrain de 18 000 m2 environ détachée de l’immense domaine ayant appartenu à la Société Horticole Isola Bella dans le quartier de la Californie. C’est une maison de style néo-provençal à trois corps de bâtiments sur un étage.

L’architecte paysagiste est Marcel Huissmann. La roseraie est alors considérée comme une des plus belles d’Europe et sert de clôture mitoyenne jusque 1936 à la villa Isola Serena. En réalité la roseraie est fermée en son milieu par des lattes vertes et blanches, arrondies en cintres et couvertes de roses, qui donnent l’impression d’un miroir dans lequel se reflèterait le paysage, lit-on dans la revue L’Illustration du 25 septembre 1937. L’article, dithyrambique, se terminant par : Orchestrant le tout, le bruit du jet d’eau qui tombe dans le bassin et où se reflète un arc-en-ciel.

Villa Celesta , Bassin octogonal et son parterre de pensées, de myosotis et d'aubrétias. (Photo Internet)e

Villa Celesta , Bassin octogonal et son parterre de pensées, de myosotis et d'aubrétias. (Photo Internet)e

Lazare Weiller n’aura profité que deux ans de sa villa. En 1928, elle est mise en location. L’architecte américain, Oscar Lang, l’achète en 1930 et la conserve jusqu’en 1937.

La villa subira des agrandissements, elle appartient actuellement à de riches investisseurs qatars.

Nous espérons que nos lecteurs seront curieux de connaître les vies passionnantes que leur offre internet de Lazare et Paul-Louis Weiller.

 

LIENS ANNEXES : GUY RIBES AUTOPORTRAIT D’UN FAUSSAIRE 2015

Guy Ribes a vécu un moment à Malaussène, un « gros et fou » propriétaire terrien lui offre une bergerie sans eau ni électricité. Il achetait son matériel à La Palette de Rubens et vendait les aquarelles sur le port quand il est parti vivre à Cannes sur les hauteurs dans une vieille maison abandonnée qui s’écroulait mais qui avait une vue magnifique sur la baie.

L’été suivant, Emile qui était le fils de la conservatrice du musée de Cannes, est venu me trouver. Il fabriquait des bijoux et moi des aquarelles que nous vendions sur le port. Un jour il a sorti un tableau de Nicolas Poussin du musée et nous l’avons mis pour rigoler sur le trottoir au milieu de mes peintures. Un tableau de maître du XVIIe siècle posé sur le bitume, au milieu de mes aquarelles… C’était en plein festival pyrotechnique de Cannes…. Personne ne s’est rendu compte de quoique ce soit ! Un type finit par hurler au scandale, le Poussin fut rendu.

Le musée de La Castre. Photo M.L.R.

Le musée de La Castre. Photo M.L.R.

De quoi susciter l’envie de retourner au musée de La Castre qui présente une belle collection d’antiquités égyptiennes, syriennes, phéniciennes, grecques, étrusques et romaines et de remarquables sections précolombienne et océanienne (guide Michelin 1961).

 

CE MOIS À CANNES

Courrier de Cannes 15 février 1872

La vente de charité en faveur des pauvres secourus à Cannes par les dames de la Providence et de la maternité, par la conférence de Saint Vincent-de-Paule (sic) et par l’œuvre de patronage des jeunes filles du peuple a eu lieu… Nous citerons deux coussins larges comme la main gagnés par M. le curé, l’autre par M. Macé et qui avaient motivé le placement de cent billets à 50 cent. Soit la somme de cinquante francs… Il faut bien dire aussi que si ces deux coussins ont été si disputés, c’est qu’ils avaient été confectionnés l’un par les mains de Mme Viannet, l’autre par celles de Melle Guichard. (À l’attention de ces dames de l’Ouvroir qui se plaignent de faire encore des coussins).

 

PEINTURES CANNOISES ANECDOTIQUES

Les peintres ont été nombreux à se mesurer aux paysages cannois. Nous allons à la rencontre de rivages oubliés ou définitivement disparus sans tenir compte de l’importance de l’artiste mais de sa spontanéité et de sa sincérité.

EDOUARD MICHELIN fut à la fois peintre et manufacturier. Avant de se révéler capitaine d’industrie, Edouard Michelin est passionné de peinture et intègre la première place à l’école des beaux-arts de Paris en 1881.

L'Hôtel de la plage. 1883. Huile sur toile,70X104cm.Photo Michel de Lorenzo

L'Hôtel de la plage. 1883. Huile sur toile,70X104cm.Photo Michel de Lorenzo

Tournant le dos au Suquet, cette peinture montre les constructions récentes du Cercle nautique avec son kiosque à musique, de l’hôtel de la Plage avec en face l’établissement de bains de mer.

A côté de l’Hôtel de la Plage, racheté par Henri Ruhl, l’architecte niçois Charles Dalmas construira en 1911, la première partie de l’Hôtel Carlton. La seconde le sera en 1912-1913 sur l’emplacement de l’Hôtel de la Plage préalablement démoli. La Société des Bas-Alpins, riches habitants de Barcelonnette, émigrés au Mexique où ils avaient fait fortune et le grand-duc Vladimir de Russie apportent leur concours financier. L’hôtel disposé en fer à cheval autour d’un jardin, comporte sept étages, cent cinquante mètres de façade ornée d’un riche décor stuqué, deux cent cinquante chambres luxueuses avec salle de bain et salon attenant, ce qui est un luxe rare pour l’époque (les suites d’aujourd’hui). Des salons de réception, un bar, et pour le confort des clients fortunés, des boutiques de luxe et sept courts de tennis. Des hôtes illustres y ont séjourné : le Prince de Galles, le duc de Windsor, des Maharadjas, le roi Farouk et la Belle Otéro. Les débuts sont difficiles, la Première guerre éclate, l’hôtel est transformé en maison de convalescence. Après la guerre, il perdra sa riche clientèle russe. Pendant les années 1920-30, il reçoit des célébrités : le roi du Portugal, le roi de Suède, le Shah de Perse. Des joueurs célèbres comme Suzanne Lenglen, Borotra et Cochet disputeront des compétitions sur ses courts. Mais c’est la Conférence de la Paix en 1922 qui le lança véritablement. En 1940, malgré l’occupation, il continue à fonctionner, cependant, abritant de nombreux espions, la direction décide sa fermeture. Il sera rouvert après la libération de Cannes.

 

NÉCROLOGIE

Frontispice sur la façade du cinéma Star, rue d'Antibes. Photo M.L.R.

Frontispice sur la façade du cinéma Star, rue d'Antibes. Photo M.L.R.

Trois lectures s’offrent aux blogueurs :

Le lion est mort ce soir...

Le Star, c’est fini et dire que c’était le lieu de mon premier amour...

Ou : C’est un scandale... 

Le Star est, non, était, le plus ancien cinéma encore existant à Cannes, ville du Festival et qui pose sa candidature à l’UNESCO pour la conservation du patrimoine. Pour le prochain Festival du Cinéma, ce sont deux salles qui seront fermées aux projections, celle de la MJC étant hors d’usage. Bon courage aux organisateurs !

 

ON NOUS COMMUNIQUE

Vendredi 5 février 14H45, Fantaisie autour de Guy de Maupassant, une aimable causerie, au cercle Villa Vera, 51 avenue de Vallauris, suivie d’un goûter de crêpes.

Lundi 29 février : Journée à Aix-en-Provence. Au programme, le matin, la visite guidée de la collection du prince de Liechtenstein au centre d’art Hôtel Caumont et l’après-midi celle du mémorial du Camp des Milles.

Pour tous renseignements tel : 06 10 83 12 39.

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