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25 mai 2016 3 25 /05 /mai /2016 02:11

PRÉTEXTE D’UNE RENCONTRE

Au cours de notre Assemblée générale, nous avons bavardé avec un aimable Néerlandais au sujet du baron Lycklama et du Bal masqué accroché aux cimaises du musée de La Castre qui fut offert par sa veuve.

 

Bal travesti chez le baron de Lycklama : huile sur bois, 0,48 x 0,81.Signature bas à droite Pierre Van Elven et en bas à gauche Villa Escarras 1874. Photo Gérard, aimablement adressée par le musée de la Castre.

Bal travesti chez le baron de Lycklama : huile sur bois, 0,48 x 0,81.Signature bas à droite Pierre Van Elven et en bas à gauche Villa Escarras 1874. Photo Gérard, aimablement adressée par le musée de la Castre.

Pierre Van Elven (1831-1908) accompagnait le baron Lycklama en Orient.

Qui était le personnage accroupi en bas à gauche du tableau ? Notre interlocuteur avait suggéré Abd-el-Kader, nous n’ignorons pas que des prisonniers de sa Smala étaient internés à l’île Sainte-Marguerite et G. H. (notre interlocuteur) nous apprenait que le baron l’avait rencontré à Damas, recherchant une autorisation pour se rendre à Palmyre. Et voici le résultat de la recherche par l’un d’entre nous, F. V.

Bal costumé de la villa Escarras le 16 février 1874. Les Échos du dimanche 21 février 1874

Le grand bal masqué donné par M. le baron Lyklama, a eu lieu lundi 16 février dans les beaux salons de la villa Escarras, accrus pour la circonstance d'une annexe en charpente recouverte en zinc, qui régnait dans toute la longueur de la maison d'habitation, englobant la ligne d'orangers touffus et le bosquet qui précèdent le jardin. Cette soirée, organisée sur des proportions exceptionnelles restera dans les traditions de Cannes comme un souvenir de fastueuse élégance ; et ces mots s'appliquent, à la fois aux brillants costumes des invités et à la réception dont ils ont été l'objet. Malgré le désir exprimé par le noble Hollandais de nous montrer sobre en ce qui le concerne nous ne serons que l'écho de la haute société qui, avec un empressement tout cordial, a répondu à son gracieux appel, en disant que depuis bien longtemps notre ville n’avait vu pareille fête.…

A dix heures plus de deux cents personnes se trouvaient réunies dans les deux grandes pièces du musée Lycklama, très artistiquement disposées en salles de bal ainsi que dans les deux salons de la villa, le tout bien entendu, ruisselant de lumière, qui faisait ressortir la plus abondante profusion de fleurs et de feuillages exotiques. Les danses ont d'abord duré avec le plus grand entrain jusqu'à une heure et demie du matin, aux accents d'un véritable orchestre habilement conduit par M. Brick le sympathique secrétaire du Cercle.

Un buffet de bal avait été dressé dans la salle à manger ordinaire de la villa, et, à chaque repos, les danseurs, conduisant leurs danseuses, allaient s'y servir des rafraîchissements qui n'eussent pu sans inconvénient circuler au milieu d'une assistance aussi nombreuse et aussi pressée. Le service de ce buffet avait été confié à la maison Nègre, si connue pour la supériorité de ses fournitures.

Une interruption d'une heure a été consacrée au souper, servi dans la salle à manger provisoire, vaste galerie brillamment illuminée et décorée de glaces, ou plutôt véritable jardin d'hiver, à cause de l'abondance des arbustes et des fleurs, avec cascade et ruissellement d'eau courante. Les quatorze tables, qui avaient été dressées là, s'étant trouvées insuffisantes, on a dû en improviser d'autres à l'intérieur de la villa, et le service s'est renouvelé plusieurs fois, afin de permettre à tous les invités de prendre part à ce repas nocturne, auquel, nous n'avons pas besoin de dire, rien n'a manqué. Le souper, abondamment fourni en poisson, jambon, volailles de Bresse, dindes truffées, faisans, chevreuil, pâtés, gelées variées, gâteaux de toutes sortes, etc… faisait le plus grand honneur au talent culinaire de l'habile chef de M.Lycklama.

Les danses ont repris ensuite avec une nouvelle animation et se sont prolongées jusqu'au jour

Nous allons citer quelques noms et quelques costumes, et dans notre embarras de respecter suffisamment la hiérarchie, nous présenterons cette énumération, forcément restreinte, en suivant l'ordre alphabétique :

Mme d'Agault, en petite cauchoise.

M.Allanson Knight, en grand veneur du XVIIIe siècle. Mme Allanson Knight (comtesse de Polignac), en Madame Pompadour.

M.Bar-Patteson, en costume officiel et Madame en paysanne anglaise.

Mme Bartholomew, en Diane chasseresse.

M.Béchard, en débardeur folichon.

M. le général comte de Bernis en manteau vénitien, et Madame la comtesse en merveilleuse.

Mme Braddon, en costume dix-huitième

Mme la comtesse de Chaponnay en marquise Pompadour.

Lady Cloncurry, en costume dix-huitième.

M.Close en Louis XIV jeune. Mme Close, en sorcière dix-huitième (costume anglais).

M. le chevalier de Colquhoun d'abord en Templier puis en bourgmestre flamand. Mme de Colquhoun en Marie Stuart, parée de riches diamants.

Lord Dalousie en habit de soirée, portant le grand cordon de l'ordre du Bain.

M. le comte des Fayères en domino.

M Maurice Dolphus en Pierrot.

M. Fauchier en costume du temps du Directoire, composé d'étoffes de l'époque.

M. de Font-Michel en costume de seigneur florentin

M le docteur Gimbert en médecin du dix-huitième siècle, habit de l'époque.

Mme Hankey en costume pompadour.

Mme Heard en costume Louis XV, cheveux poudrés et magnifiques diamants.

M. Hennesy en khalife.

Mlle Hooffman en costume de marquise recouvert de poudre diamantée.

Mlle Jenkinson en paysanne

M. le comte de Karoli en costume de bal et manteau vénitien

Mme Kennard en Marie–Stuart avec robe fleurdelisée

M. le comte de Lahédoyère, en seigneur du XVIe siècle, avec agrafes en diamants et turquoises.

M. le vicomte de Laferrière en manteau vénitien.

Mme et Mlle Leakre, en bergères.

M. et Mme de Lorrière en contrebandiers espagnols, étoffes et façon de l'époque

M. le comte Muiszech en costume de ligueur rehaussé de pierreries

Mme Moore en Marie Stuart

M. le prince de Moskova en toilette de bal et manteau vénitien.

Mlle Mulholland en costume arabe aux couleurs variées et enrichi de perles.

Mme la comtesse de Palfy en Nuit et en Printemps de Watteau.

M. le comte du Passage, en Michel Ange, et Mme la comtesse en costume tricolore fleurdelisé.

Mme Pillé en noble espagnole.

M. le vicomte du Ponceau en duc de Guise

M. le comte de Pracontal en jardinier Watteau.

Mlle Richardson, cheveux poudrés et costume Louis XV, en satin blanc piqué.

M Rigal en postillon de Longjumeau et Madame en Arménienne d'Erzéroum.

M. Tève en Arabe algérien.

M du Tillet en marié breton.

M Tripet en costume style Louis XIV, Mme Tripet-Scripytzine, en señora espagnol.

M le duc de Vallombrosa en toilette de bal et manteau vénitien, et Madame la duchesse en marquise Louis XV, parée de magnifiques perles et de superbes diamants.

Le maître de maison avait choisi parmi les nombreux costumes acquis dans ses voyages, un riche habit de seigneur de Bagdad, confectionné à Bagdad même, entièrement brodé d'or, avec coiffure enrichie de perles et brillants.

M. le baron de Lycklama n'a cessé de redoubler de soins pendant toute la soirée pour être agréable à ses hôtes, s'occupant des moindres détails de la fête qu'il était heureux de leur offrir assisté dans cette surveillance délicate par la conservateur de sa collection, M.E. Massenot, revêtu d'un costume à la fois simple et correctement fidèle de cheikh du Liban, rapporté par lui, de sa récente et fructueuse mission en Orient.

Notre compte rendu ne serait pas complet si nous ne rendions pas une justice méritée à la manière dont le service de cette fête importante a été fait par les gens de la maison, en livrée de gala, et par le personnel auxiliaire, si habilement dirigé par M. Louis Richard, premier maître d'hôtel du Grand hôtel de Cannes.

Revenons au tableau et au personnage accroupi en avant. Nous avons donc le choix entre trois noms. Laissons F. V. avoir le dernier mot : une préférence pour M. Massenot, homme de confiance du baron qui revient d'un long voyage en Orient où il a acheté de nombreuses antiquités. Il raconte son périple à certains convives admiratifs à ses pieds.

PEINTURES CANNOISES ANECDOTIQUES

BUTTURA Ernest Antoine Eugène : Rue de la boucherie vers 1860. Don de Madame de Praingy ou Prangy ( ?). photoHuile sur toile, photographie d’Irène Payan.

BUTTURA Ernest Antoine Eugène : Rue de la boucherie vers 1860. Don de Madame de Praingy ou Prangy ( ?). photoHuile sur toile, photographie d’Irène Payan.

Cette rue construite au XIXe siècle au pied de l’ancien rempart nord de la Ville du Moyen-Age, rappelle le souvenir de la boucherie municipale qui fut jusqu’à la fin de l’Ancien Régime l’une des nombreuses « resves » (ferme) créées par la Communauté en vue d’assurer le ravitaillement local. Le monopole de la vente au détail était adjugé au plus offrant… un système commercial tout à l’avantage du consommateur. Constant Bianchi.

 

COMPLEMENT D’ENQUETE

Un aimable lecteur a désiré joindre une anecdote concernant Alain Decaux : Il fut voisin de Cannes, ayant une maison à Valbonne. A. Decaux a reçu son épée d’académicien dans le grand amphithéâtre de la maison de la Radio. Il était devenu à la Libération, l’ami de Sacha Guitry.

 Alain Decaux, recopiait pour un journal une lettre qui lui était adressée par Lana Marconi : « Très cher ami, vous allez reconnaître la bague qui ne quittait jamais la belle main de Sacha. Que la pierre en soit sertie sur votre épée, et que celle-ci vous accompagne jusque dans votre dernière demeure afin qu'elle n'appartienne jamais à personne d'autre que vous. » Et en post-scriptum : « Ce sera sa façon à lui d'endosser l'habit vert » et il continuait  dans la petite boîte, je découvris la chevalière de Sacha et sa magnifique émeraude qui orne depuis lors mon épée d'académicien. Cette épée, j'en ai fait don, depuis, au Musée des Beaux-arts de Lille, ma ville natale.

 

CE MOIS A CANNES

10 juin 1863 :   pose de la première pierre du Grand-Hôtel.

 

 

Photo Carte postale, collection particulière.

Photo Carte postale, collection particulière.

Sur des plans dessinés par Vianay et Blond, cinq cents ouvriers participent à sa construction.

En 1865 on y ajoute un gymnase et une salle d’armes.

Autant de merveilles qui éblouissent Prosper Mérimée, lequel écrit alors : « On a bâti, sur le bord de mer, un hôtel presque aussi grand que le Louvre et qui est toujours plein. ».

Il est vendu en 1881. En 1901, de nouveaux propriétaires l’achètent ; ils font construire une villa dans les jardins.

En 1929, il est rénové puis revendu en 1933.

Pas entretenue pendant la guerre de 39-40, la bâtisse vieillit mal. Le grand parc attire les clients, mais les immenses salons et les cent chambres sont d’un entretien trop lourd. L’époque où les rois occupaient des étages entiers est révolue. Démoli en 1958, le Grand Hôtel est reconstruit en 1963 au même endroit et compte alors 10 étages et 78 chambres. Il sera surélevé d’un étage dans les années 70. Puis le Grand Hôtel vivote, il sera vendu en 1957, la vente aux enchères de son mobilier aura lieu en 1958.

L’ancien Grand Hôtel est démoli et reconstruit en 1963, toujours agrémenté par son beau jardin.

Quant à la Villa du Grand Hôtel – rebaptisée, entre 1929 et 1932, « La Malmaison »–, elle avait été cédée à la commune en 1957 ; elle accueille, aujourd’hui, de grandes expositions d’art contemporain.

Source : Andrée Bachemont, Hôtels et Palaces à la Belle époque. 

Le Grand Hôtel boulevard de la Croisette

Le Grand Hôtel boulevard de la Croisette

ON NOUS COMMUNIQUE

Jeudi 9 juin, promenade à Beausoleil. Le matin, visites guidées du Riviera Palace et de la villa Juturne. Déjeuner au restaurant. Après-midi : visite guidée du quartier Belle-Epoque et du quartier du Carnier.

Tel : 06 10 83 12 39.

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26 avril 2016 2 26 /04 /avril /2016 00:30

LA VILLA PRIMAVERINA

La vente des objets et mobilier de la villa Primaverina, 81 avenue Docteur-Picaud, dispersée aux enchères à Cannes vendredi 18 mars 2016 nous a rendus curieux d’en savoir plus sur celle-ci et ses occupants.

Villa Primavera. Nice-Matin.

Villa Primavera. Nice-Matin.

Vers 1890, sur le vaste terrain de l’ancienne route de Fréjus est construite la villa Eliama (1881) qui disparait vers 1913, à sa place est bâtie la villa Primavera, (depuis 1960, la résidence Primavera).

 La villa Primaverina a été construite plus tard à l’initiative du prince roumain originaire d’Albanie, Jean Ghika et de son épouse Hazel-Marie Paliner-Singer. Le couple s’installe à La Bocca vers 1905. Ils ont une fille, Alexandra, née en 1902. Celle-ci épousera Paul Weiller qui, lui, fera construire la villa Isola Celesta (voir billet N° 70 mai 2011).

La villa eut comme hôtes célèbres le prince Georges Ghika et son épouse Liane de Pougy dit-on sur la toile. Georges Ghika (1884-1915) était issu d’une branche cadette non régnante dite Ghika-Brigadier.

Georges était un original et il avait 15 ans de moins que Liane. Aucun Ghika n’assistait au mariage à Saint-Philippe du Roule naturellement, les parents de Georges étaient fous de rage et sa tante la reine Nathalie de Serbie lui avait coupé les vivres. Georges avait épousé la séduisante courtisane parce que leur liaison était devenue publique et qu’on se moquait, ce qu’il ne pouvait supporter. Comme il était moins riche, il avait demandé la séparation de biens.

La princesse Jean Ghika, (restée veuve en 1922) dont on vend les peintures et objets d’art, fut une « Cannoise » participant à la vie de la Ville.

La princesse est présente au premier Bal des Petits Lits blancs en 1936. 

Portrait de la princesse Ghika. Catalogue de la salle des ventes . 2016

Portrait de la princesse Ghika. Catalogue de la salle des ventes . 2016

Aux heures plus sombres de la dernière guerre, elle travaille à la Maison du Prisonnier avec Hélène Vagliano. Elle crée un ouvroir où de nombreuses femmes de prisonniers et de mobilisés viennent confectionner des lainages pour les soldats. Elle fonde à La Bocca l’annexe de la Croix-Rouge, elle milite dans la Résistance et échappe à la Gestapo de justesse (malade, elle a été hospitalisée).

 Elle s’éteint à Cannes le 9 mai 1951.

Le jardin du château Font-de-Veyre où est installé le conservatoire de musique, porte son nom depuis le 19 février 1993, peut-être en remerciements tardifs, en 1934, la princesse et Sidney Kent Singer son frère ont cédé gratuitement une parcelle de leur jardin pour rectification d’un tournant de la route nationale 7. 

 

CE MOIS A CANNES

Les artistes locaux travaillaient isolés, le 26 février 1902, treize se réunissaient dans le sous-sol du Café des Abeilles, rue d’Antibes, pour se fortifier mutuellement et donner des expositions. Le 15 mars, les treize sont devenus quinze peintres, six sculpteurs, un céramiste, un lithographe, un serrurier d’art, un docteur et deux élèves architectes. Le céramiste Cros offre un local, 100 m2, une cour, un atelier rue Jean-Gougon. 

Céramique Cros.  Collection particulière. Photo MD.et plaque sur le mur d'enceinte de la villa L'Oasis boulevard d'Alsace. Photo MLR.
Céramique Cros.  Collection particulière. Photo MD.et plaque sur le mur d'enceinte de la villa L'Oasis boulevard d'Alsace. Photo MLR.

Céramique Cros. Collection particulière. Photo MD.et plaque sur le mur d'enceinte de la villa L'Oasis boulevard d'Alsace. Photo MLR.

Des cours s’organisent quatre fois par semaine de 8 heures à 10 heures. Le jeudi, cours d’anatomie. Dès 1903, l’Association des Beaux-Arts se crée sous la présidence de Paul Bermond.

Le premier salon fut organisé par Louis Pastour le 10 mai 1903 dans une salle de l’Hôtel de Ville sous la présidence d’honneur du maire de Cannes, André Capron, qui avait financé l’exposition. Le dernier salon a eu lieu en 1982. Deux présidentes firent agir leurs relations pour faire de Cannes un prolongement de Paris, la princesse Gagarine Stourdza, épouse du maître Denis Puech, (billet N°13 mai 2011) puis la duchesse de Vendôme, princesse de Belgique aidée par Jean-Gabriel Domergue.

Sources : RENAISSANCE DU MUSEE DES BEAUX ARTS DE CANNES sous l’autorité de Monsieur Hubert Landais, Directeur des Musées de France. 1983.

 

LIENS ANNEXES : Le Roman du Festival de Cannes de Jacqueline Monsigny et Edward Meens.

CARMEN JONES en 1955, est interdit de projection dans toute la France, Carmen étant interprétée par une femme de couleur. Robert Fabre Le Bret, avec l’accord officiel du gouvernement américain, organise la soirée d’inauguration du Festival avec la projection de Carmen Jones, sur le porte-avions américain se trouvant en rade de Cannes. Les héritiers de Bizet ne peuvent qu’accepter à contrecœur que le film soit projeté « une seule fois » le soir de l’ouverture du Festival, dans le palais de la Croisette. La projection est triomphale.

Ou 9 mai 1975 : ouverture du Festival. Un pain de plastic de deux kilos explose contre une porte latérale du Palais. Un mystérieux Comité de lutte populaire revendique l’attentat. Puis c’est le tour de la villa de Marcel Dassault d’être la cible des dynamiteurs. A quatre heures cinquante du matin, quelques jours plus tard, une violente explosion retentit contre le mur du restaurant le Bistinguo, un jeune homme a sauté avec sa propre bombe. Le malheureux était le seul membre du Comité de lutte populaire. Jean-Luc Milan, 21 ans. Tout le monde oublie rapidement ce mauvais début.

 

INEDIT

Nous commençons une rubrique qui sera fournie par le hasard d’une rencontre ou de quelques lignes lues.

34 rue Jean-Jaurès : En rentrant sous le porche, on voit encore un immeuble « pur jus » de 1870 environ. Avant la percée de la rue Chabaud, l’entrée de l’immeuble se tenait côté actuel du marché Gambetta, c’est maintenant Ciné Photo Son, priorité aux commerces émergents, l’entrée fut déplacée.

34 Rue Jean-Jaurès.34 Rue Jean-Jaurès.

34 Rue Jean-Jaurès.

Les intempéries du 3 octobre 2015 ont fait arriver l’eau dans cette cour à plus d’un mètre. Bien que sur une carte traçant l’hydrographie du lieu aucun cours d’eau ne figure, au cours de la construction du corps d’immeuble où est situé l’actuel Monoprix, on avait mis à jour une importante nappe d’eau. Des travaux l’avaient canalisée et la conduite a cédé.

(C’est ainsi que le magasin Bouchara vient seulement d’ouvrir ses portes, rue Chabaud le 29 février, ayant connu deux mètres d’eau au sous-sol et cinquante centimètres d’eau et de boue dans la boutique) expurgé.

 

SOUVENONS-NOUS :

Alain DECAUX, fils de François, avocat, naît à Lille le 23 juillet 1926 et meurt à Paris le 27 mars 2016.

Journaliste inspiré par Alexandre Dumas, il se passionne pour l'histoire qu'il veut mettre à la portée de tous.

Son premier livre : " Louis XVII retrouvé" parait en 1947. La radio en 1969 (Alain Decaux raconte) et la télévision l'aideront à diffuser largement ses recherches avec la caméra explore le temps et l'histoire pour tous ...

Il est élu à l'Académie Française le 15 février 1979.

Alain Decaux.

Alain Decaux.

Concernant notre région, il publie en 1964 Les heures brillantes de la Côte d'azur

En 1982 il commente un album illustré La Côte d'azur aux éditions Solar. Avec Jean Valbonne il participe à un autre ouvrage portant le même titre pour les éditions Minerva.

Monaco et ses princes, sept siècles d'histoire est édité par France Loisirs en 1997 sous la signature de ce merveilleux conteur d'histoire. Merci J.B.

 

INSOLITE

Le Parthénon à Cannes : Procession des Cannoises. Rue Hoche. Photo MLR.

Le Parthénon à Cannes : Procession des Cannoises. Rue Hoche. Photo MLR.

ON NOUS COMMUNIQUE

Mercredi 25 mai : Promenade pédestre le long du canal de la Siagne ; elle sera accompagnée et commentée par Jacques Cessin. Rendez-vous 14h15 parking de la chapelle Notre-Dame de Vie.

Renseignements tel : 06 10 83 12 39.

Les Archives municipales organisent la visite du quartier « Prado-République » jeudi 26 mai, de 10h à 12 h.

Renseignements tel : 04 89 82 20 70.

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30 mars 2016 3 30 /03 /mars /2016 22:44

~~VILLA ARAUCARIA

La soif des promoteurs nous a intéressés et nous avons eu envie de vous faire connaître davantage l'ancienne villa Araucaria. Elle a été construite à l’intérieur d’un vaste domaine où se trouvait autrefois le château de Thorenc qui fut construit vers 1870 pour la duchesse de Bedford (initiatrice du Five o’clock tea) (billet N°24, avril 2012).

En 1925, un fils de maharajah fit édifier dans le parc la villa Araucaria. Les architectes Emile Molinié, Charles Nicod et Georges de Montaud, la dessinèrent dans le style moderniste de l’époque. Quelques années plus tard la villa devint indépendante du domaine.

En 1928, son propriétaire est M. Durand de Lyon et elle s’appelle La Carmencita. La comtesse Sampieri (née Cahen d’Anvers) l’achètera dans les années 50 au baron de Dietrich, puissant industriel d’Alsace-Lorraine. C’est sans doute la comtesse Sampieri qui fit agrandir la villa et adapter le jardin. Elle possédait aussi les villas Laurence, avenue du Roi-Albert et Elvina, angle du boulevard de la République et de l’avenue de Lyon.

Villa et chemin des AraucariasVilla et chemin des Araucarias

Villa et chemin des Araucarias

Dans le parc loti certainement avec les autorisations nécessaires, sont érigés deux importants immeubles, au moins une vingtaine d’appartements et la villa redistribuée, ce qui signifie une voiture et demie par appartement ; on est loin de deux remises, quatre voitures ou quatre voitures hippomobiles dans le Chemin des Araucarias !

 

 

Maquette du projet en cours.

Maquette du projet en cours.

REMINISCENCE

détail du billet de 20€

détail du billet de 20€

Le nouveau billet de banque de 20 € a en filigrane le portrait d’Europe. La fenêtre située dans la partie supérieure de l’hologramme devient transparente et fait apparaître le portrait d’Europe visible sur les deux faces du billet. Ce portrait provient d’un vase vieux de 2 000 ans découvert dans le sud de l’Italie et qui est exposé au Louvre.

~~Nous avons aussi au Musée de la Mer notre Europe.

L'Enlèvement d'Europe (photo adressée aimablement par le Musée de la Mer).

L'Enlèvement d'Europe (photo adressée aimablement par le Musée de la Mer).

COMPLEMENT D’ENQUÊTE

Un fidèle lecteur communique au sujet de la Californie : elle était surnommée " la petite Sibérie". Cette appellation était due aux vents froids qui règnent toujours dans ce quartier ; le hasard a voulu que les premiers hivernants russes le colonisent à la fin du XIXe siècle.

 

PEINTURES CANNOISES ANECDOTIQUES : LA VILLA ROSALIE

François-Louis Français (1814-1897) : Jardin de la villa Rosalie.

François-Louis Français (1814-1897) : Jardin de la villa Rosalie.

Le 28 décembre 1909, elle est à vendre à l’agence Andrau. Située route d’Antibes et boulevard Alexandre III, elle possède onze chambres et un logement de jardinier au premier étage (toujours accessible entre l’immeuble Diana et la boulangerie). Le terrain est clos des murs, lawn-tennis, puits, nombreuses sources d’arrosage, grand bassin pour irrigation, buanderie, lavoir. Les cocotiers, dattiers, phœnix, mandariniers ornent le jardin.

 

Carte postale aimablement transmise par F.V.

Carte postale aimablement transmise par F.V.

Tout, porte à croire que la résidence Diana a été bâtie sur cette propriété qui en 1954 s’appelle Entella et est convertie en immeuble avec un appartement par niveau.

Sources : Archives municipales 2S 136

 

Tout ça pour ça!

Villa Rosalie Ave. Maréchal-Juin Photo M.L.R.

Villa Rosalie Ave. Maréchal-Juin Photo M.L.R.

 

 

LIENS ANNEXES : PAULINE DREYFUS, CE SONT DES CHOSES QUI ARRIVENT.

Marguerite Maeght habite au 10 rue des Belges. Son fils est Adrien. Une boutique minuscule dont la vitrine est si encombrée qu’on se croirait sur un stand des puces : mobilier moderne et postes de radio, telles sont les spécialités de la maison Arté. Contre les murs,… posées par terre, des dizaines de toiles dont on ne voit que le châssis. … Aimé Maeght se rend régulièrement à Paris pour récupérer les tableaux que les marchands juifs n’ont plus le droit de vendre, ou ceux qui risqueraient d’être pillés par l’occupant allemand… Aimé recouvre les tableaux de scènes de genre peintes à la gouache et signées de sa main ; n’est-t-il pas un artiste, lui aussi ? Marguerite retourne quelques toiles. En vrac, Utrillo, Renoir, Matisse, Monet…

 

Emplacement de la maison Arté, photo MLR.

Emplacement de la maison Arté, photo MLR.

ON NOUS COMMUNIQUE

Vendredi 8 avril vous est proposé un après-midi à Nice.

A 14 heures, visite guidée du vieux Nice et à 16 heures visite de la crypte archéologique.

Pour tous renseignements tel : 06 10 83 12 39.

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23 février 2016 2 23 /02 /février /2016 14:20

LE QUARTIER DE LA CALIFORNIE

Son nom vient de la culture du cassier qui se pratiquait de façon abondante sur cette colline et dont la fleur, recherchée par les parfumeurs de la région, se revendait à prix d’or, à l’instar de cette contrée lointaine où l’on allait chercher de l’or, cette colline enrichissait ses heureux propriétaires.

Le quartier est surnommé La Petite Russie. En 1903, le gendre de M. Tripet-Skrypitzine, le général vicomte de Salignac-Fénelon, fait l'acquisition de la partie nord du jardin de la villa Alexandra et commande un projet de résidence d'hiver à l'architecte champenois H. Piquart. Ce n'est qu'en 1920 qu'il fait réaliser le projet commandé avant la Grande Guerre et qui prend le nom de villa Fénelon.

La villa est bâtie sur plus de 1200 m2 avec vue « encore » plongeante sur Cannes.

Pavillon de Flore, 22 avenue Coste-Belle.
Pavillon de Flore, 22 avenue Coste-Belle.

Pavillon de Flore, 22 avenue Coste-Belle.

Pablo Picasso achète la maison en 1955 et s'y installe avec Jacqueline Roque. Le photographe Lucien Clergue est le témoin de la vie du peintre à La Californie. C'est de là qu'il peint, en 1958, La Baie de Cannes où il représente le paysage marin étranglé par le milieu urbain.

La villa était considérée comme « l’Escurial du Maître » où son ultime favorite, Jacqueline Roque, filtrait les visites, en particulier de ses petits-enfants Pablo et Marina, car « Monseigneur » travaillait.

Picasso est alors un fervent communiste, on reçoit régulièrement dans la villa, Hélène Parmelin et son époux Edouard Pignon.

En 1961, la construction d'un nouvel immeuble lui cachant la vue sur la mer le décide à rechercher un autre lieu. Il abandonne la villa cannoise et s'installe à Mougins.

 Lors de l'inventaire de la succession du peintre, de nombreuses œuvres jusqu'alors ignorées sont trouvées dans la maison et font l'objet de la dation Pablo Picasso de 1979 à l'origine du musée national qui porte son nom.

Suite à la réouverture du musée Picasso à Paris (Hôtel Salé), Marina Picasso, unique petite fille légitime, a donné ses impressions et ses souvenirs amers à l’hebdomadaire Le Point du 24 décembre, ce qui a suscité cette rubrique.  

Marina Picasso a hérité de La Californie, y a fait faire d’importantes transformations, la baptisant Pavillon de Flore et cependant, trop lourde en réminiscence, Marina Picasso décide actuellement de la mettre en vente.

Sources : Wikipédia ; Le Point N° 2258 ; Picasso, créateur et destructeur, par Arianna Huffington.

Voir aussi le billet de lamidesarchives N° 27 juillet 2012.

LES CONFÉRENCES NOUS INSPIRENT

En décembre 2015, Jacqueline Leconte et Michelle David ont fait une vidéo-conférence Les Régates à Cannes suivi par un magnifique diaporama réalisé par Irène Payan.

Michelle David a évoqué le créateur des Régates à Cannes, Léopold Bucquet.

Léopold Bucquet, ingénieur des Ponts et Chaussées, vint à Cannes avec sa mère devenue veuve pour y soigner une santé chancelante. Madame L.B. Bucquet achète alors en 1846 un vaste domaine et y fait construire le Château Montfleury.

L. Bucquet, canotier de Seine, surnom qu’on lui donne, s’adresse à Honoré Arluc, charpentier de marine dont les chantiers sont établis à côté de la rue Rouguière (rejoignant la rue Félix-Faure à la rue Meynadier), à l’est de la maison Gazielle (actuellement Splendid Hôtel). Ainsi, sur ses plans, est bâti le premier bateau non ponté : l’Alma.

Photographie extraite d’une revue de 1927.

Photographie extraite d’une revue de 1927.

 Sur l’initiative de L. Bucquet et d’E. Tripet, la Société des Régates de Cannes est fondée. Les premières Régates ont lieu en 1859, la navigation de plaisance est née.

En ce lundi de Pâques 1859, quatre yachts, le Lero d’Alphonse Gioan, l’Olga d’Eugène Tripet, Jeannette de M. Turcat et le Touriste, second bateau de L. Bucquet entrent en course, rejoints par de petites embarcations à voiles, à rame ou à godille, au total 26 bateaux prennent le départ.

S’installant définitivement à Cannes, L. Bucquet fait bâtir la villa Lucia, domaine rural à l’époque.

Villa Lucia, 55 avenue Maréchal Juin. Photo MLR. Vue arrière et façadeVilla Lucia, 55 avenue Maréchal Juin. Photo MLR. Vue arrière et façade

Villa Lucia, 55 avenue Maréchal Juin. Photo MLR. Vue arrière et façade

Il s’éteint à Cannes en la villa Alba, route d’Antibes le 16 mars 1862, à l’âge de 44 ans.  Sa mère avait revendu le château Montfleury en 1855 pour acheter la villa Alba, chemin de la Californie (actuellement villa Luna Nova, 16 avenue du Roi-Albert).

 

ET LE MOIS DERNIER

Nous avons eu une conférence remarquable le mois dernier : A la rencontre de Guy de Maupassant. Nous en avons retenu deux extraits.

Maupassant a sur Cannes des impressions parfois contradictoires je n’ai jamais vu nulle part ces couchers de soleil de féerie, ces incendies de l’horizon tout entier… tantôt sarcastiques les innombrables villas semées dans la verdure ont l’air d’œufs blancs pondus sur les sables, pondus sur les rocs, pondus sur des forêts de pins par des oiseaux monstrueux venus pendant la nuit du pays des neiges que l’on aperçoit là-haut. (Sur l’eau)

Le 20 mars 1883 le PLM de 7 heures du soir le dépose à Cannes à 16 heures. Il descendait chez sa mère qui séjournait villa Mon Plaisir, boulevard d’Alsace. Un hôtel de trois étages récemment construit (vers 1870) agrémenté d’un grand jardin et faisant pension. Maupassant a également séjourné au Splendid Hôtel et au Chalet de l’Isère que nos lecteurs ont déjà localisés.

Hôtel des îles britanniques. 9 boulevard d’Alsace.

Hôtel des îles britanniques. 9 boulevard d’Alsace.

La Pension Monplaisir devenue Hôtel Britannique a été construit vers 1875 par Monsieur Alexandre Sue. Vers la fin du XIXe siècle, sont rajoutées deux ailes aux extrémités. Transformé en copropriété en 1952, il prend le nom de Résidence des Iles Britanniques. Dans les années 1956, la partie sud-est de l’immeuble est modernisée et devient la Résidence Provençale.

Où se situe André Capron, le maire de Cannes bien connu des Amis des archives, dans cette famille de Maupassant ?

Le trisaïeul d'André Capron, au XVIIIe siècle, est un dénommé Jean Jacques Salomon Oulson (1717-1790) originaire d'une famille protestante d'armateurs et de capitaines au long cours implantée à Rouen et sa région.

Parmi ses enfants une de ses filles, Geneviève est l'arrière-grand-mère d’André Capron et sa sœur, Thérèse, a une petite fille qui épouse Albert Pluchard (1798-1853).

La sœur de cet Albert Pluchard, Aglaë (1796-1850) épouse en 1821 Jules Maupassant grand-père de Guy.

Pour la famille Capron ce sont des cousins, un peu éloignés.

Pour Gustave et Laure de Maupassant, Madame Pluchard est leur tante.

Pour Guy et son frère, Albert Pluchard est un cousin germain.

 

André CAPRON aurait-il rencontré Guy de Maupassant à Cannes ? C'est peu probable, André Capron venant de Paris, arrive à Cannes en 1890 pour se marier au mois de juin de la même année. Guy de Maupassant est déjà très malade et n’a certainement pas fréquenté les réceptions mondaines de la villa Madrid ; durant les années 1890, 1891 et 1892 Guy de Maupassant ne fera que de courts séjours à Cannes.

 

LES JARDINS ET VOIES PUBLIQUES.

Photo. Plan du square Mero aimablement communiqué par les Archives municipales.

Photo. Plan du square Mero aimablement communiqué par les Archives municipales.

En 1897-1898, la ville de Cannes a acquis ce terrain sur l’emplacement du cimetière de l’aire des Souis ou du caroubier , du nom des arbres qui y étaient plantés et supprimés en 1882.

Après l’enlèvement des tombes qui restent encore, les déblais seront transportés au nouveau cimetière aux frais de la Société Immobilière de Cannes dont le directeur est Louis Nouveau, qui prend à sa charge tous les frais de plantations, achat d’arbres et arbustes compris sur un lot de 1000 m2 .

Il s’agit d’aménager le lotissement du Riou, la ville prévoit l’installation d’un groupe scolaire attenant ; et ce cimetière désaffecté, La Commune, reste des années non interdit au public, toujours libre d’accès jusqu’en 1917.

Le 28 mai 1909 la ville décide d’y construire une école provisoire de trois classes.

Le 7 décembre 1934, par délibération du conseil municipal, est donné le nom de Parc Donat Mero au jardin public aménagé dans les terrains entourant le bassin des Eaux, réservoirs d’eau potable.

C’est un hommage mérité à ce maire qui a obtenu de Napoléon III la concession, non seulement du canal de la Siagne mais aussi du canal du Loup quatre ans après.

Au cours de la manifestation, le maire adresse ses félicitations à M. Robert qui a mis toute sa compétence au service de la Ville pour la création de ce jardin, sans oublier le jardinier-chef, M. Daumal.

A proximité du jardin existe un abri anti-bombardement datant de la Seconde Guerre. Redécouvert à l’occasion de travaux, il sert d’entrepôt.

Le square Méro est fermé puis, de nouveau inauguré en 1965, et de nouveau fermé pour travaux.

Connu également sous le nom de Jardin des Eaux, le square Méro, initialement loué par la ville à la Lyonnaise des Eaux, lui est cédé depuis le 13 janvier 1989 à titre gratuit.

Nouvelle inauguration en mai 2013, le jardin est superbement aménagé, on assure que tous les arbres existants ont été préservés, Micocouliers, arbres de Judée, Cèdres, Cycas, Magnolias et Stranvesias nous attendent. 

 Porte des anciens réservoirs. Compagnie d’irrigation de France, canal de la Siagne, 1868.Photo MLR.

Porte des anciens réservoirs. Compagnie d’irrigation de France, canal de la Siagne, 1868.Photo MLR.

Sources : Ville de Cannes, Histoire d’espaces publics.

Archives municipales : 2 O10 1849-1937.

ON NOUS COMMUNIQUE

L’Assemblée générale de notre association aura lieu le vendredi 18 mars à 16 heures à la Maison des Associations, rue Louis Braille.

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27 janvier 2016 3 27 /01 /janvier /2016 23:12

~~PRÉTEXTE À DIGRESSION

Le terme est à la mode et suivant les opportunités qui se présentent nous ferons état de conférences … digressives. Ce fut le cas de celle donnée samedi 11 décembre dans le cadre de la Société Scientifique et Littéraire, la plus ancienne de Cannes fondée en 1868.

Le sujet : Le Diamant, par Richard David qui évoque la vente de bijoux appartenant à Paul-Louis Weiller. Du 5 au 8 avril 2011 une partie de sa collection de bijoux fut vendue à Drouot dont un diamant de taille ancienne de 12 carats. On est loin du célèbre diamant nommé Le Jubilé qu’il a acheté chez Cartier en 1937 et qui repartit en Afrique du Sud en 1966. Ce diamant incolore glorieux, en forme de coussin avec un poids de 245.35 carats se classe comme le sixième plus gros diamant du monde.

Il était le fils de Lazare Weiller et il hérita au décès de son père de la villa Isola Celesta

Villa Celesta, 100 avenue de Vallauris. Aimablement proposé par F.V.

Villa Celesta, 100 avenue de Vallauris. Aimablement proposé par F.V.

La villa a été construite pour le sénateur Lazare Weiller. Le projet de 1925 est l’œuvre des architectes parisiens Jacques Lambert, Pierre Bailly et Gustave Saacké, l’architecte cannois Jean Arluc étant responsable du chantier.

Elle est bâtie sur une parcelle de terrain de 18 000 m2 environ détachée de l’immense domaine ayant appartenu à la Société Horticole Isola Bella dans le quartier de la Californie. C’est une maison de style néo-provençal à trois corps de bâtiments sur un étage.

L’architecte paysagiste est Marcel Huissmann. La roseraie est alors considérée comme une des plus belles d’Europe et sert de clôture mitoyenne jusque 1936 à la villa Isola Serena. En réalité la roseraie est fermée en son milieu par des lattes vertes et blanches, arrondies en cintres et couvertes de roses, qui donnent l’impression d’un miroir dans lequel se reflèterait le paysage, lit-on dans la revue L’Illustration du 25 septembre 1937. L’article, dithyrambique, se terminant par : Orchestrant le tout, le bruit du jet d’eau qui tombe dans le bassin et où se reflète un arc-en-ciel.

Villa Celesta , Bassin octogonal et son parterre de pensées, de myosotis et d'aubrétias. (Photo Internet)e

Villa Celesta , Bassin octogonal et son parterre de pensées, de myosotis et d'aubrétias. (Photo Internet)e

Lazare Weiller n’aura profité que deux ans de sa villa. En 1928, elle est mise en location. L’architecte américain, Oscar Lang, l’achète en 1930 et la conserve jusqu’en 1937.

La villa subira des agrandissements, elle appartient actuellement à de riches investisseurs qatars.

Nous espérons que nos lecteurs seront curieux de connaître les vies passionnantes que leur offre internet de Lazare et Paul-Louis Weiller.

 

LIENS ANNEXES : GUY RIBES AUTOPORTRAIT D’UN FAUSSAIRE 2015

Guy Ribes a vécu un moment à Malaussène, un « gros et fou » propriétaire terrien lui offre une bergerie sans eau ni électricité. Il achetait son matériel à La Palette de Rubens et vendait les aquarelles sur le port quand il est parti vivre à Cannes sur les hauteurs dans une vieille maison abandonnée qui s’écroulait mais qui avait une vue magnifique sur la baie.

L’été suivant, Emile qui était le fils de la conservatrice du musée de Cannes, est venu me trouver. Il fabriquait des bijoux et moi des aquarelles que nous vendions sur le port. Un jour il a sorti un tableau de Nicolas Poussin du musée et nous l’avons mis pour rigoler sur le trottoir au milieu de mes peintures. Un tableau de maître du XVIIe siècle posé sur le bitume, au milieu de mes aquarelles… C’était en plein festival pyrotechnique de Cannes…. Personne ne s’est rendu compte de quoique ce soit ! Un type finit par hurler au scandale, le Poussin fut rendu.

Le musée de La Castre. Photo M.L.R.

Le musée de La Castre. Photo M.L.R.

De quoi susciter l’envie de retourner au musée de La Castre qui présente une belle collection d’antiquités égyptiennes, syriennes, phéniciennes, grecques, étrusques et romaines et de remarquables sections précolombienne et océanienne (guide Michelin 1961).

 

CE MOIS À CANNES

Courrier de Cannes 15 février 1872

La vente de charité en faveur des pauvres secourus à Cannes par les dames de la Providence et de la maternité, par la conférence de Saint Vincent-de-Paule (sic) et par l’œuvre de patronage des jeunes filles du peuple a eu lieu… Nous citerons deux coussins larges comme la main gagnés par M. le curé, l’autre par M. Macé et qui avaient motivé le placement de cent billets à 50 cent. Soit la somme de cinquante francs… Il faut bien dire aussi que si ces deux coussins ont été si disputés, c’est qu’ils avaient été confectionnés l’un par les mains de Mme Viannet, l’autre par celles de Melle Guichard. (À l’attention de ces dames de l’Ouvroir qui se plaignent de faire encore des coussins).

 

PEINTURES CANNOISES ANECDOTIQUES

Les peintres ont été nombreux à se mesurer aux paysages cannois. Nous allons à la rencontre de rivages oubliés ou définitivement disparus sans tenir compte de l’importance de l’artiste mais de sa spontanéité et de sa sincérité.

EDOUARD MICHELIN fut à la fois peintre et manufacturier. Avant de se révéler capitaine d’industrie, Edouard Michelin est passionné de peinture et intègre la première place à l’école des beaux-arts de Paris en 1881.

L'Hôtel de la plage. 1883. Huile sur toile,70X104cm.Photo Michel de Lorenzo

L'Hôtel de la plage. 1883. Huile sur toile,70X104cm.Photo Michel de Lorenzo

Tournant le dos au Suquet, cette peinture montre les constructions récentes du Cercle nautique avec son kiosque à musique, de l’hôtel de la Plage avec en face l’établissement de bains de mer.

A côté de l’Hôtel de la Plage, racheté par Henri Ruhl, l’architecte niçois Charles Dalmas construira en 1911, la première partie de l’Hôtel Carlton. La seconde le sera en 1912-1913 sur l’emplacement de l’Hôtel de la Plage préalablement démoli. La Société des Bas-Alpins, riches habitants de Barcelonnette, émigrés au Mexique où ils avaient fait fortune et le grand-duc Vladimir de Russie apportent leur concours financier. L’hôtel disposé en fer à cheval autour d’un jardin, comporte sept étages, cent cinquante mètres de façade ornée d’un riche décor stuqué, deux cent cinquante chambres luxueuses avec salle de bain et salon attenant, ce qui est un luxe rare pour l’époque (les suites d’aujourd’hui). Des salons de réception, un bar, et pour le confort des clients fortunés, des boutiques de luxe et sept courts de tennis. Des hôtes illustres y ont séjourné : le Prince de Galles, le duc de Windsor, des Maharadjas, le roi Farouk et la Belle Otéro. Les débuts sont difficiles, la Première guerre éclate, l’hôtel est transformé en maison de convalescence. Après la guerre, il perdra sa riche clientèle russe. Pendant les années 1920-30, il reçoit des célébrités : le roi du Portugal, le roi de Suède, le Shah de Perse. Des joueurs célèbres comme Suzanne Lenglen, Borotra et Cochet disputeront des compétitions sur ses courts. Mais c’est la Conférence de la Paix en 1922 qui le lança véritablement. En 1940, malgré l’occupation, il continue à fonctionner, cependant, abritant de nombreux espions, la direction décide sa fermeture. Il sera rouvert après la libération de Cannes.

 

NÉCROLOGIE

Frontispice sur la façade du cinéma Star, rue d'Antibes. Photo M.L.R.

Frontispice sur la façade du cinéma Star, rue d'Antibes. Photo M.L.R.

Trois lectures s’offrent aux blogueurs :

Le lion est mort ce soir...

Le Star, c’est fini et dire que c’était le lieu de mon premier amour...

Ou : C’est un scandale... 

Le Star est, non, était, le plus ancien cinéma encore existant à Cannes, ville du Festival et qui pose sa candidature à l’UNESCO pour la conservation du patrimoine. Pour le prochain Festival du Cinéma, ce sont deux salles qui seront fermées aux projections, celle de la MJC étant hors d’usage. Bon courage aux organisateurs !

 

ON NOUS COMMUNIQUE

Vendredi 5 février 14H45, Fantaisie autour de Guy de Maupassant, une aimable causerie, au cercle Villa Vera, 51 avenue de Vallauris, suivie d’un goûter de crêpes.

Lundi 29 février : Journée à Aix-en-Provence. Au programme, le matin, la visite guidée de la collection du prince de Liechtenstein au centre d’art Hôtel Caumont et l’après-midi celle du mémorial du Camp des Milles.

Pour tous renseignements tel : 06 10 83 12 39.

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16 décembre 2015 3 16 /12 /décembre /2015 21:16

~~VILLA SAINT-HENRI

Voie ferrée de rêve. Photo MLR.

Voie ferrée de rêve. Photo MLR.

~~Est-ce la peine de localiser la photo : c’est une trouée à la sortie de la voie rapide, avenue des Anciens Combattants d’Afrique du Nord, une villa et sa tour pointent à l’arrière-plan.

Il s’agit de la villa Saint-Henri, elle est située 2 avenue Laugier à proximité du square Mistral et date de 1875 environ.

Villa Saint-Henri. Photo MLR.

Villa Saint-Henri. Photo MLR.

Une tour ronde ajoutée en 1898 lors du partage de la villa en dix-huit lots abrite l’escalier tournant, suspendu et sans limon construit pour desservir tous les étages (en remplacement de l’escalier primitif et de l’escalier de service) et l’ascenseur. Celui-ci daté de la même année portait la marque de Ch. Stigler, ingénieur à Nice.

Villa Saint-Henri, la tour. Photo MLR.

Villa Saint-Henri, la tour. Photo MLR.

La belle surprise ce sont les peintures murales qui ornent cette remarquable cage d’escalier. Dans le goût du XVIIIe siècle, elles représentent des scènes champêtres et galantes avec putti, vasques et architectures de jardin. Elles sont l’œuvre de Théodore Levigne (1848-1912) signées et datées par lui de 1908.

T. Levigne, peintures de la montée d'escalier. Photo MLR.

T. Levigne, peintures de la montée d'escalier. Photo MLR.

Autre curiosité de cette tour, une cabine téléphonique portant la date de 1896. Elle est signalée par un phylactère mettant en scène deux putti, l’un montre la cabine du doigt, l’autre le téléphone !

Un jardin comportant étang, fausse rivière, rocher artificiel, fabrique de jardin agrémentait les lieux qu’occupent actuellement les immeubles qui cernent la villa.

Quel fut le premier propriétaire ? Pourquoi ce nom « Saint-Henri » ? Elle s’est appelée à l’origine « villa Geoffroy ». Le Littoral du 30 octobre 1887 indique la venue de Monsieur le colonel Grangez du Rouet, l’adresse est alors square Brougham.

Nous remercions Mr et Mme Bachour qui nous avaient invitées lors du Forum des Associations et qui nous ont confié oralement que la villa aurait été bâtie par un prince russe pour abriter une liaison illégitime. A suivre peut-être ! F. B.

 

LA PUBLICITE IMMOBILIERE

Villa Saint-Jean, avenue Maréchal-Juin

Villa Saint-Jean, avenue Maréchal-Juin

Cette publicité donne l’idée d’une nouvelle recherche.

Il y a encore peu de temps ce paragraphe aurait été intitulé La Maison de retraite russe avec ce qui suit : en ces lieux existait une vaste propriété rurale, le château Desange, plantée d’oliviers, de vigne, d’orangers, son bois de pins allant jusqu’à la route Impériale par un chemin carrossable. Louis Henry Desange l’avait acquise en 1855. Il en revend une partie en 1859 en gardant l’habitation.

Puis, en 1866, M. et Mme Pierre Gonnet achètent la propriété, sur laquelle ils aménagent l'hôtel des Anges inauguré en 1870.

Après 1900,  celui-ci devient l’hôtel Regina, dirigé par H. Aletti, il subit des agrandissements successifs. Une construction plus modeste, Les Cigales, est réservée pour certains membres du personnel, le long de l’impasse Saint-Ange.

L’Église orthodoxe russe dont le pope délégué à l’achat arrivera avec une valise pleine de billets représentant les oboles reçues. Le Conseil œcuménique des Eglises à Genève, après 1917, destine l’hôtel aux réfugiés russes. Les premiers arrivants restent attachés à leur culture, ils possèdent dans leur chambre une icône, des portraits de la famille impériale et des vues représentant des paysages russes. Certains d’entre eux avaient leur domestique qui partageait leur chambre, faute de place.

Ils sont alors cent-neuf pensionnaires. La majorité d’entre eux étant issue de la société russe tsarine, les hiérarchies se recréent, plus psychologiques que fondées sur la valeur du patrimoine, tout ce monde étant réduit à une dépendance oisive.

En 1953, la Fondation Tolstoï, Agence Américaine d’Aide aux Réfugiés de toutes origines, achète Le Regina pour le transformer en maison d’accueil avec la participation des membres fondateurs.

En 1954, l’achat des Cigales permet d’accueillir trente-deux nouveaux réfugiés, puis en 1955, avec l’acquisition de l’hôtel Insulinde qui se trouve de l’autre côté de la route d’Antibes (il s’agit toujours de la Nationale 7, devenue avenue Maréchal-Juin), c’est soixante pensionnaires de plus, d’horizons divers qui s’installent, dont les Russes orthodoxes enfermés dans des camps à Trieste sous le régime de Mussolini.

L’hôtel Les Cigales a été démoli pour permettre plus de places, puis, en 1985, l’hôtel Insulinde proche afin d’en faire un bâtiment fonctionnel pour les personnes invalides. Il est aussi promis à la démolition pour y bâtir la Résidence Saint-Jean.

Saint-Jean ne figure pas dans ce texte. Il y a bien eu la villa Saint-Jean, elle appartenait au comte de Paris, au prolongement de l’Allée du Parc Saint-Jean.

 

LE JARDIN DES GABRES RENÉ-GASSIN

La Ville a fini par acquérir en 1994-1995 l’ensemble des lots longeant l’axe routier, ce havre de verdure est le bienvenu tant pour la maison de retraite qui le jouxte que comme bouffée d’oxygène pour tous. Et nous y trouvons un ensemble de palmiers à feuilles de fougères, à s’y méprendre, si ce n’est le tronc - mot impropre puisqu’il s’agit d’une superposition de cicatrices de feuilles - caractéristique des palmiers.

Palmier à feuilles de fougères. Photo MLR.

Palmier à feuilles de fougères. Photo MLR.

Il y a aussi un maigre Araucaria, est-il de l’époque victorienne quand il connaissait un succès considérable, et qu’il était largement répandu dans les belles demeures cannoises ? Il rappelle la topiaire que la Renaissance imposait aux sapins. Si son araucaria est rachitique, on peut y voir des cycas. Le cycas pied femelle porte au centre des feuilles veloutées avec quelques ovules à la base. Ce n’est ni une fougère ni un palmier mais une plante à graine nue.

Cycas femelle. Photo MLR.

Cycas femelle. Photo MLR.

Il reste du passé de l’hôtel Regina son élégante grille qui donnait accès aux calèches jusqu’à l’entrée de l’hôtel.

Grille de l'ancien hôtel Regina. On y voit le monogramme HR. Photo MLR.

Grille de l'ancien hôtel Regina. On y voit le monogramme HR. Photo MLR.

LU POUR VOUS : CANNES SAISON N° 92 CHRONIQUE DU 4 JANVIER 1880

Avec la modique somme de 2,50 F par jour, on peut occuper un journalier. Le projet peut s’arrêter sans que cela puisse nuire ou compromettre ce qui aura déjà été fait.

Les personnes généreuses qui voudront bien s’associer à cette œuvre de bienfaisance auront atteint un double but, celui de soulager la misère et d’ajouter une ravissante promenade à celles qui existent déjà à Cannes …

On trouve sur place et très à portée, autant de pierres de toutes dimensions qu’il en faut pour donner à la future butte une élévation qui permettra de dominer les pins d’alentour et d’où la vue s’étendra sur cette contrée ravissante surnommée, à juste titre, le jardin de la France.

 

ON NOUS COMMUNIQUE :

Vendredi 15 janvier, aura lieu à 15 heures à la chapelle Bellini une conférence intitulée D’une chapelle à l’autre, Michel-Ange et la chapelle Sixtine. Elle sera suivie par le partage de la galette des rois.

Samedi 30 janvier, vous êtes invités à une Promenade architecturale et historique, boulevard Carnot. Pour tous renseignements tel : 06 10 83 12 39.

Aujourd’hui une année se termine en emportant le souvenir des douleurs, de l’attentat contre Charlie-Hebdo à la tuerie du Bataclan en passant par les ravages des pluies à Cannes.

Que cette nouvelle année soit pour tous une année de paix et de mieux vivre ensemble.

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24 novembre 2015 2 24 /11 /novembre /2015 21:45

~~ALPHONSE ALLAIS dans une lettre de décembre 1893 écrivait : Il fait du soleil sur la promenade de la Croisette comme s’il en pleuvait. Qui dit mieux ?

ET POURTANT, SOUVENONS-NOUS

Le Riou, près du square Mistral, en haut de la photo l'avenue Georges-Clémenceau. Photo M.L.R.

Le Riou, près du square Mistral, en haut de la photo l'avenue Georges-Clémenceau. Photo M.L.R.

~~Dans la nuit du 3 au 4 octobre 2015, à cet endroit, une vague gigantesque descendue du Riou a provoqué l’encastrement de vingt voitures, les autres déambulant se sont remplies de boue à la hauteur des sièges. La concentration de pluie en une heure sur Cannes ce soir-là a été la troisième plus forte en France depuis 1958.

ACTUALITÉS : Le 17 septembre 2015 a été baptisée la nouvelle cloche de la chapelle Saint-Cassien.

Cloche de la chapelle de Saint-Cassien, sont gravés les noms de ses deux marraines. Photo M.D.Cloche de la chapelle de Saint-Cassien, sont gravés les noms de ses deux marraines. Photo M.D.

Cloche de la chapelle de Saint-Cassien, sont gravés les noms de ses deux marraines. Photo M.D.

L’ancienne, qui n’avait pas encore été déposée, avait un son fêlé par des impacts de balle, elle datait de 1800, elle sera déposée au-dessus de la souche du chêne touché par les bombardements de 1944.

La confrérie dédiée au culte de saint-Cassien apparait à Cannes en 1653. Les recteurs de la confrérie obtiennent de deux propriétaires, Gaspard Escarras et Jacques Arluc la cession gratuite de l’emplacement du terre-plein de la butte et du passage.

Sur le fronton de la chapelle est gravé C A (Canna abbelia), rappelant l’appartenance aux abbés des îles de Lérins.

Le 15 avril 1792, vingt citoyens cannois, maire et curé en tête, remportent, à Grasse, l’adjudication de la vente de la chapelle avec la butte comme bien national, comme personne autre à oser concourir, en qualité de mandataires de quatre-vingt-trois Cannois. Un comité de recteurs est nommé.

La chapelle sera fortement endommagée par l’explosion d’un stock de munitions allemandes entreposé à l’ouest de la butte en 1944.

Ce n’est qu’en 1969 qu’un comité de sauvegarde de la chapelle est constitué au sein de la municipalité. Les survivants des descendants du rectorat et la municipalité décident de céder la butte et la chapelle à la ville pour en assurer l’entretien.

En 1970, la grande grille originale de 1712 en fer forgé a été refaite. Seule la partie supérieure en forme de demi-lune est nouvellement créée, elle porte les initiales M.A. en remerciement à Antoine Molinéri, entrepreneur qui a pris à sa charge la totalité des frais de la restauration de la chapelle.

Haut de la grille de la chapelle. Photo M.D.

Haut de la grille de la chapelle. Photo M.D.

Honoré Camos reconstitue derrière l’autel le tableau représentant saint Cassien en prières. La messe de Noël y aura lieu le 27 décembre 1970.

Chaque année, le week-end le plus proche du 23 juillet, on célèbre sur le pré la fête patronale, messe en provençal, danse de la souche, pique-nique.

L’édifice reste fragile, dépourvu de fondations profondes. Il est érigé sur un terrain argileux soumis aux intempéries.

Sources : Histoires d’espaces publics, Ville de Cannes, par Michelle David et Marie-Hélène Cainaud.

 

JARDINS ET VOIES PUBLIQUES

Nous commençons une nouvelle rubrique en nous attachant à faire peu à peu, dans l’ordre de leur création, leur histoire. Il faut dire que pour les Cannois qui menaient une vie difficile dans un cadre déjà de rêve, l’idée d’espaces verts n’était pas leur préoccupation.

Une idée de l’état d’esprit : Nous devons dire … qu’on n'acclimate pas les végétaux. On introduit des plantes dans un pays, et quand elles y trouvent les conditions qui sont propres à leur existence, elles y vivent et croissent. Le mot acclimatation est nul dans le règne végétal, on introduit mais on n'acclimate pas.

Revue de Cannes 08/04/1865

 

LE JARDIN DE CANNES ou LE SQUARE MISTRAL (ancien square Brougham, boulevard du Midi).

L’abattoir et ses odeurs délétères, à l’embouchure du Riou, provoquèrent de telles pétitions que la Municipalité décida le 1er mars 1863 de le transférer à La Bocca, d’aménager la zone située à l’ouest devant l’abattoir en un jardin et de le dédier à lord Brougham en témoignage de reconnaissance de la Ville de Cannes envers le premier étranger venu s’installer sur son rivage. L’opération fut retardée faute d’argent. Ce n’est que le 16 février 1865 qu’on décida sa création grâce à une souscription des Cannois et des étrangers.

Nous avons voulu interroger, nous-même, le propriétaire le plus proche sur la rive droite du Riou, pour savoir s'il contribuerait largement à la souscription des riverains, annoncée dans l'article que nous réfutons — Nullement, m'a-t-il répondu, ceci est un rêve et une utopie mis en avant par trois ou quatre personnes qui cherchent à enterrer la vente des terrains. En engagements sérieux, la souscription n'atteindra pas 5 francs.

Revue de Cannes 18/02/1865

Ce à quoi il se trompait. Lord Brougham lui-même cotisa pour 100 francs. Le docteur André, médecin homéopathe suisse, propriétaire d’un hôtel du quartier, supervisa les travaux. Des entrepreneurs prêtèrent leur matériel et main d’œuvre. La liste des souscripteurs est régulièrement publiée dans La Revue de Cannes.

Terminé au printemps de la même année, ce premier square, plus petit que le square actuel, fut agrandi après le départ de l’abattoir et l’endiguement du Riou à la fin de l’année 1867… Un bassin y fut creusé, orné d’un jet d’eau et, plus tard, le premier kiosque à musique des Allées y fut transporté, la musique municipale s’y faisait entendre le mercredi.

Bassin,square Mistral 14/11/2015. Photo M.L.R.

Bassin,square Mistral 14/11/2015. Photo M.L.R.

Lord Brougham, put assister momie enfouie dans une immense cravate aux cent tours à son inauguration. Cela avait coûté 1 600 francs à la municipalité…Il avait écrit : Il faut que la souche reste où l’arbre périt.

Ce square offre aux promeneurs ses pins, palmiers, séquoia, magnolia, érythrine crête de coq et jacaranda. On le surnomme La Petite Provence, un charmant lieu de rendez-vous enrichi par le monument de Victor Tuby à la gloire de Frédéric Mistral.

Statue de Frédéric Mistral. Square Mistral. Photo Irène Payan.

Statue de Frédéric Mistral. Square Mistral. Photo Irène Payan.

CE MOIS À CANNES : Emmanuel de Marande Cannes et Lérins, grands hommes et petites anecdotes.

Le Docteur Roustan, premier médecin cannois.

L’état sanitaire était lamentable en 1767 lorsque la municipalité cannoise s’en inquiéta vraiment. Certes la ville comptait « des chirurgiens » et des chirurgiens-barbiers. Ces derniers, parfois de bonne volonté, étaient souvent des charlatans. Ils alliaient, dans l’exercice de leur art, l’astrologie de bonne-femme, la médecine campagnarde et les boniments de colporteurs !

Le 30 décembre 1767, la municipalité délibéra à ce sujet : … Ceux qui n’ont pas les mêmes moyens n’ont pas cette ressource (faire appeler un médecin étranger) et on a le désagrément de voir cette perte précieuse d’hommes, enlevés à la fleur de l’âge ; priver la communauté de cultivateurs et autres gens de peine, c’est rendre les travaux plus chers et plus difficiles… Enfin les pauvres admis à l’hôpital y languissent et surchargent l’œuvre dont les revenus sont insuffisants.

Il fut décidé de faire à un médecin des propositions assez avantageuses pour l’engager à venir s’installer à Cannes et l’on délibéra « au sujet d’un habile médecin ».

Le choix se porta sur le docteur Darluc qui exerçait alors à Caillan qui refusa.

La municipalité chercha parmi les rares Cannois d’origine ayant le titre de médecin celui qui acceptait de revenir dans sa ville natale… C’est alors que l’on songea au docteur Roustan qui exerçait à Lambesc. Il accepta en précisant que les visites devraient lui être payées à raison de six sols, il soignerait gratis les pauvres et les malades de l’hôpital. Quant à ceux du Cannet ils devraient lui fournir un cheval pour son transport tant à l’aller jusqu’au retour.

De plus, le docteur Rostan demandait un logement et l’exemption des droits de piquet pour sa famille et son domestique : le contrat devait être conclu pour une durée de six années.

Le docteur Roustan par sa science, sa bonté, son dévouement et son inlassable patience, rendit à sa ville natale, avec la santé, un nouveau courage pour affronter les épreuves de la maladie.

Son souvenir méritait d’être vénéré.

Ainsi la rue Gonnet fut débaptisée et porta son nom… pour s’appeler maintenant rue Commandant-André.

 

COMPLÉMENT D’ENQUÊTE :

Le nom de Marcel Dassault a suscité auprès d’un de nos fidèles lecteurs ces quelques propos : c’est son frère, Paul, qui a inspiré à Marcel Bloch le choix d’un nouveau patronyme. Celui-ci s’est engagé très tôt dans la Résistance sous le nom de Chardasso (il semblerait qu'il aurait même signé plusieurs messages au Général de Gaulle par le pseudonyme de ''général Chars d'Assaut''). On dit que Marcel Dassault voulut, en rajoutant un L illustrer ainsi sa principale activité, l’aviation.

Une autre précision : le socle du buste d'Edouard VII a été réalisé en comblanchien avec gravure inscription par les Etablissements BRAVI, il a été mis en place le 13 octobre 1951. Merci à notre fidèle lectrice.

 

ON NOUS COMMUNIQUE

Samedi 5 décembre une diapo-conférence vous est proposée au Logis des Jeunes de Provence, En baie de Cannes, des régates de légende. Elle sera suivie du traditionnel buffet de fin d’année.

Pour tous renseignements tel : 06 16 78 97 71

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22 octobre 2015 4 22 /10 /octobre /2015 00:06

~~On peut voir en vitrine de l’agence Taylor la mise en vente de cette superbe propriété.

M.L.R.

M.L.R.

~~C’est une des dernières grandes demeures style belle époque offrant un panorama unique sur la baie. La surface habitable de la propriété est de 1.700 mètres carrés tandis que le parc arboré représente environ 1 hectare. Un projet de transformation approuvé par la Ville de Cannes et l'architecte des bâtiments de France vise à agrandir cette bâtisse en vue de devancer les souhaits non encore exprimés des futurs clients. Elle devrait ainsi compter une quinzaine de suites, trois piscines, un garage pour dix voitures... Le prix n'est pas précisé mais il représente plusieurs dizaines de millions d'euros...

Nous avons pu, en partie, reprendre son passé.

En 1934, Saint-Cyrès a été mise en vente par l’agence Andrau. Elle appartenait à M. Saavedra qui fut architecte à Cannes. Elle est située ainsi : confrontant au midi l’avenue Albert Ier et la propriété villa Beau-Désert, à l’est, la villa Mont-Joli, au nord et à l’ouest la villa Sémiramis… Les immeubles sont bâtis sur le terrain de 10 000 m2, une villa proprement dite, un bâtiment à usage de garage et le logement de personnel et un bâtiment à usage de conciergerie. Prix 100 000 F.

Un télégramme expédié de La Bourboule à la date de 1940 est envoyé par Marcel Bloch qui fixe l’achat « avec le terrain » pour la somme de 700 000 F. Il achète donc cette maison meublée dans un quartier calme et tranquille le 18 juillet, la sentant un abri plus sûr que sa maison de campagne à Saint-Aignan à côté du bois. En septembre 40, son fils Serge entre au lycée Carnot en seconde classique.

Marcel Bloch est arrêté alors par le gouvernement de Vichy en octobre 1940 et « interné administrativement ».

Après avoir changé de nom en juin 1946, il débaptise la Société des avions Marcel Bloch créée au moment du Front populaire pour la rebaptiser Société des avions Marcel Dassault dont le siège est transféré de Thiers à la villa Saint-Cyrès. En 1951, la Société immobilière Marcel Dassault, SARL a son siège à Cannes, empire débordant largement le domaine aéronautique avec presse et édition.

Au décès de Marcel Dassault, en 1984, son fils aîné, Claude, hérite de Saint-Cyrès, on pense qu’il y vécut jusqu’à sa mort survenue en 2011.

La propriété a récemment changé de mains.

Sources : Archives municipales 2S762. Publicités sur Internet.

Marcel Dassault ou les ailes du pouvoir. Guy Vadepied.

~~HISTOIRE MOUVEMENTEE D’UNE STATUE

Depuis son inauguration en grande pompe en avril 1912, Cannois et visiteurs admirent la magnifique statue d’Edouard VII édifiée sur l’esplanade du casino, en bord de mer. Deux ans après le décès du roi, la ville a voulu rendre hommage à l’un de ses plus illustres bienfaiteurs. Le sculpteur Maître Denys Puech a fixé dans le marbre la silhouette du roi en costume de yachtman, tenue qu’il aimait porter à bord de son grand voilier. Sur le socle, fondue dans le bronze une jeune fille rieuse jette des fleurs symbolisant la ville de Cannes.

Carte postale aimablement communiquée par les Archives municipales.

Carte postale aimablement communiquée par les Archives municipales.

~~Pour les 25 ans de l’Entente cordiale, en 1929, à l’initiative de Lord Derby proche de la famille royale, une plaque commémorative est déposée au pied de la statue en présence de personnalités et d’une foule nombreuse.

Fin 1941, alors que notre région n’est pas encore envahie par les troupes allemandes, « d’odieux personnages à la solde de Vichy » font basculer et tomber la statue qui se brise, voulant ainsi détruire ce symbole de l’amitié franco-britannique. Les morceaux sont conservés. Dès la victoire de mai 1945 mettant fin à la Seconde guerre mondiale, la municipalité souhaite que la statue retrouve sa place. Le sculpteur Emile Patras est chargé de sa réparation. Cette nouvelle inauguration donne lieu à des réjouissances, les Cannois désirant laver l’affront infligé à un grand roi ami.

Quelques années plus tard la statue est renversée un jour de vent violent... Il est alors question de la reconstituer mais le comité d’Esthétique rejette cette proposition pour des raisons artistiques, ne voulant pas remplacer la statue par une copie.

Il ne reste donc de cette œuvre de Denys Puech que des cartes postales ! Rapidement nos amis anglais comprennent la tristesse des Cannois de ne plus avoir une effigie du roi, symbolisant l’amitié franco-anglaise. Aussi le 13 octobre 1951, c’est dans l’enthousiasme que l’on inaugure un buste d’Edouard VII offert par le sanatorium de Virginia Water près de Londres. Il avait été transporté à bord de la frégate Mermaid qui mouilla au port de Cannes le 7 octobre 1951. T. G.

Buste d'Edouard VII. Signé au dos G.L.1884 Esplanade Pompidou à gauche du Palais des Festivals

Buste d'Edouard VII. Signé au dos G.L.1884 Esplanade Pompidou à gauche du Palais des Festivals

Archives municipales 16M12, Le Littoral 1912, Saison de Cannes 1945, Nice-Matin 1951.

LU POUR VOUS : Le Littoral, 4 novembre 1886.

L'origine de la Toussaint remonte au commencement du VIIe siècle. Le pape Boniface IV, ayant obtenu de Phocas le célèbre temple appelé Panthéon, et bâti par Agrippa, vingt-cinq ans avant Jésus-Christ, le purifia et en fit une église qu'il dédia à la Vierge et aux martyrs. Dès lors, la fête de la Toussaint fut instituée. Dans les premières années du IXe siècle, le pape Grégoire IV ordonna que cette fête fût reçue dans toute la chrétienté, et voulut qu'on la célébrât le premier jour de novembre.

Dans l'église catholique, la commémoration ou fête des morts, devint générale, depuis que saint Odilon, abbé de Cluny, l'eut établie dans son diocèse, vers la fin du Xe siècle.

CE MOIS A CANNES

Les compétitions se déroulent en plein cœur de la ville. On tourne autour des Allées et de la rue d’Antibes. Le 11 novembre 1919, 1° Grand-Prix de l’Armistice couru sur 1500 m. rassemble le tout cannois sportif… et celui qui ne l’est pas. La victoire échoit au parisien Lakhari, mais le cannois Honoré Bottin termine dans sa foulée.

LIENS ASSOCIES ET INSOLITES

Avenue de Flotte et Avenue de la Baronne, c’est dans le quartier « République » cruellement éprouvé samedi 3 octobre et les noms nous ont intrigués.

Croisement de l’avenue de la Baronne et du boulevard de la République.
Croisement de l’avenue de la Baronne et du boulevard de la République.

Croisement de l’avenue de la Baronne et du boulevard de la République.

~~Nous devons à J.B. de quoi satisfaire notre curiosité. Robin de Flotte, marié à Cannes en 1839, aurait possédé une bastide à cet endroit de 1842 à 1852. Gaston Etienne, baron de Flotte, issu d’une vieille famille provençale, est né à Saint-Jean-du-Désert, près de Marseille, le 28 août 1805 et y décède le 25 août 1882. La Baronne est son épouse et l’avenue faisait partie de la propriété.

D’après le roman de Catherine Decours La dernière Favorite, Madame de Flotte était la dame d’honneur de Désirée Clary, princesse de Suède. Toutes deux étaient amoureuses de Maurice de Balincourt à Aix-les-Bains l’été 1812. La princesse de Suède décrivait sa rivale comme une grande femme pointue, de peau affreuse, avec du pissard dans sa manière (Laure d’Abrantès). Quand tout Paris est à Aix : Madame Mère accompagnée de son frère, le cardinal Fesch, sa fille Pauline, flanquée de Talma, l’amant du jour, sa belle-fille, Julie Clary épouse de Joseph, roi d’Espagne, et Désirée énorme formant trois sphères superposées, princesse de Suède, que ne quittait pas sa suivante Mme de Flotte, la duchesse d’Abrantès qui soignait une faiblesse du pylore et même Joséphine...

ON NOUS COMMUNIQUE

Le jeudi 19 novembre, l’Association Les Amis des archives propose une journée à Grasse comprenant la visite guidée de la cité au Moyen Âge suivie de la visite de la nouvelle bibliothèque patrimoniale.

Pour tous renseignements tel : 06 16 78 97 71.

Lundi 2 novembre de 10h30 à 12h, L’Espace Calmette dans le cadre de l’atelier Histoire régionale présente une conférence sur le thème L’Architecte Laurent Vianey.

Tel : 04 89 82 20 70.

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23 septembre 2015 3 23 /09 /septembre /2015 19:00

ACTUALITES : LA PLACE BERGIA

Nice-Matin (14 juillet 2015) nous fournit toujours de quoi susciter nos recherches. Il s’agit d’embellir le site et de recréer une aire de loisirs et de détente. Il est prévu un giratoire surélevé à l’intersection entre le Riou et la Croix-des-Gardes pour améliorer la fluidité du trafic. Espérons un peu moins de rébellion parmi les Cannois.

La Boule suquetane s’est s’installée place du Riou, (ou du Pont-Romain ou Repetto - à l’une des extrémités se trouvait la fonderie - une des industries les plus florissantes de la ville),

Platane de la place Bergia. Photo Irène Payan et  peinture aimablement communiquée par M.D. (vue du Suquet à droite la cheminée de l'usine RepettoPlatane de la place Bergia. Photo Irène Payan et  peinture aimablement communiquée par M.D. (vue du Suquet à droite la cheminée de l'usine Repetto

Platane de la place Bergia. Photo Irène Payan et peinture aimablement communiquée par M.D. (vue du Suquet à droite la cheminée de l'usine Repetto

~~devenue place Henri-Bergia (jeune suquetan héros de la Résistance). Son siège social était au bar du Pont-Romain, à l’angle du boulevard Vallombrosa et de la rue du Pont-Romain, à proximité du collège Stanislas. Une compétition de stature internationale s’intitulait le « Grand Prix de Pâques » et mettait tout le quartier sur le pied de guerre. C’était véritablement la fête au village et chacun pour la circonstance s’endimanchait. Les jeunes n’hésitaient pas à grimper sur le vénérable platane, s’installant à califourchon sur les branches basses afin de ne rien perdre des exploits de leurs favoris. Les marchands de pain d’épices, de berlingots et de pan bagnats faisaient d’excellentes affaires et le bar du Pont-Romain ne désemplissait pas.

~~En 1979, la municipalité envisage une transformation du carrefour Vallombrosa où s’articulerait la future voie rapide en direction de Rocheville. La réaction des gens du quartier est vive, on parle d’investir la mairie et de « faire un malheur ». On se contenta d’y déposer une liste de protestataires qui fit réfléchir le maire, Georges-Charles Ladeveze.

Source : André Cottalorda. La fabuleuse histoire du sport cannois tome 2.

ET PUIS

Deux commerçants, que nous supposons aimables, ont regretté (Nice-Matin 09 juillet 2015) l’absence de travaux d’embellissement pourtant votés en conseil municipal, et de citer les rues piétonnes du Batéguier et Victor-Cousin.

Que vient faire le Batéguier dans le « carré d’or » de Cannes ? La consultation du livre de Pierre Vouland, Etude de toponymie régionale nous apprend que ce terme apparaît en 1503, qu’il est peut-être tiré du verbe provençal batega qui signifie frissonner, quand il s’agit de l’eau. À l’île Sainte-Marguerite, il peut désigner la passe qui, pour les usagers, est très dangereuse à la hauteur de l’étang éponyme.

 Rue du Batéguier.

Rue du Batéguier.

~~Quant à Victor Cousin, la rue voisine, qui porte son nom est tout aussi discrète.

 Rue Victor-Cousin.

Rue Victor-Cousin.

~~Et pourtant ce fut un philosophe illustre sous trois régimes, à qui l’on fit des obsèques nationales, dont la tombe est dans une des allées principales du cimetière du Père-Lachaise, Vanité des vanités

 Pierre tombale de Victor Cousin, cimetière du Père Lachaise, Paris. Photo M.L.R.

Pierre tombale de Victor Cousin, cimetière du Père Lachaise, Paris. Photo M.L.R.

~~VICTOR COUSIN

NÉ A PARIS LE XXVIII NOV. MDCCXCII - MORT A CANNES LE XIV JANV. MDCCCLXVII Déchiffré par F. R.

En 1861, il rejoint son vieil ami Prosper Mérimée à Cannes. Ce dernier évoquera les tisanes d’eucalyptus prises ensemble. P. Mérimée parvint à lui réserver l’une des maisons de M. Caillaux dans la propriété Villa des Anges route d’Antibes (actuellement au bout de l’impasse des Anges). Laissons parler Mérimée : J’ai ici la compagnie et le voisinage de M. Cousin qui est venu guérir d’une laryngite et qui parle comme une pie, mange comme un ogre et s’étonne de ne pas guérir sous le beau soleil qu’il voit pour la première fois. Victor Cousin meurt le 13 janvier 1867.

Sources : Elles et Eux, tome 2, publication Ville de Cannes.

Les deux rues précitées sont en bordure du Grand-Hôtel, s’y trouvaient dans les années 1860 entrepôts et dépendances des palaces de la Croisette.

Ces deux rues, la nuit tombée, apportent des frissons et des liaisons dangereuses garanties ...

COMPLÉMENT D’ENQUÊTE par M. D.

La statue de la Vierge qui se trouve sur l’esplanade du Suquet n’est pas de Victor Tuby mais d’Emile Patras. Ce monument fut érigé en témoignage de reconnaissance à la Vierge Marie pour sa protection pendant la guerre 1939-1945. Il a été inauguré par le cardinal Gerlier, archevêque de Lyon, le 31 mai 1948. Elle a remplacé la croix qui fut déplacée dans le petit jardin jouxtant la place. Nous remercions toujours nos lecteurs pour leur vigilance et leur surveillance du blog.

Statue de la Vierge d’Espérance. Et Détail (signature Emile Patras) Photos M. D.
Statue de la Vierge d’Espérance. Et Détail (signature Emile Patras) Photos M. D.

Statue de la Vierge d’Espérance. Et Détail (signature Emile Patras) Photos M. D.

ET : Le bulbe de l’église russe est tombé. Photo M.D.V.

ET : Le bulbe de l’église russe est tombé. Photo M.D.V.

~~ARBRES ERRATIQUES : Au gré des nouveaux tracés de la Croisette, de nombreux yuccas ont été transplantés. Ils sont depuis longtemps à la mode, en témoigne cet article. Le Littoral 18/11/1934:

Une plante dépolluante. Il absorbe principalement le benzène et l'ammoniac. Ses fruits sont souvent comestibles comme ceux de Yucca filifera.

L'introduction en Europe d'un des plus beaux genres de plantes de la famille des Uliacées, les Yuccas, date de 1696. A la suite des explorations fréquentes faites dans le sud de l'Amérique du Nord, de la Californie et du Mexique, le nombre de ces plantes augmenta dans de fortes proportions. Communément cultivés dans les parties accidentées et rocailleuses, les Yuccas sont d'un effet incomparable au moment de leur floraison. La tige se dresse en colonne, semblable à un tronc de palmier, dont la surface est marquée de cicatrices annulaires, profitant de la chute des feuilles les plus inférieures. Les Yuccas sont utilisés pour la fabrication du papier, auquel les fibres donnent une grande solidité.

Yucca facilement localisable sur la Croisette

Yucca facilement localisable sur la Croisette

~~Un des points les plus intéressants de l'histoire des Yuccas est l'étude de leur fécondation, faite, avec soin par le docteur Engelmann, en Amérique. Il a été amené à considérer les stigmates de l'ovaire de ces plantes comme inutiles dans cette importante fonction ; les anthères ne s'ouvrent que tardivement, alors que la fleur est flétrie, et laissent échapper un pollen visqueux qui ne peut arriver facilement à l'ovaire. D'autre part, le pollen n'a jamais germé en contact avec les pailles stigmatiques. Le matin, les fleurs observées par Engelmann étaient remplies d'insectes, mais l'un d'eux était dominant, un lépidoptère qui, venant s'accoupler dans les fleurs des Yuccas, favorise l'arrivée du pollen dans le tube de l'ovaire. Ces observations s'accordent avec d'autres faites en France, et établissent que la fécondation dans les fleurs peut se faire sans l'intervention du stigmate.

ON NOUS COMUNIQUE :

Mercredi14 octobre : Journée à Antibes. Covoiturage.

Visite du Fort carré le matin, l’après-midi sera réservé à une visite guidée au musée de la carte postale.

Pour tous renseignements tel : 06 16 78 97 71

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27 août 2015 4 27 /08 /août /2015 00:47

ACTUALITES : LE POUSSIAT

BILLET N° 65 SEPTEMBRE 2015

Le Musée éphémère du cinéma au palais des festivals avec son « Usine de films amateurs » de Michel Gondry offrait cet été aux visiteurs de réaliser gratuitement un film en trois heures (durée de la séquence, sans reprise, trois minutes). De nombreux box permettaient de jouer dans des décors différents. Cette photo est extraite d’une première co-production.

De quoi faire le lien avec le passé, le poussiat est un pieu, un poteau ; le Poussiat est donc le quartier où se trouvaient les poteaux enfoncés en terre pour y amarrer les embarcations au sec (Pierre Vouland, Etude de toponymie régionale).

Le décor représente une des arcades de l’actuel marché Forville. Ce marché est « récent ». C’est à partir de 1860 que l’on se préoccupe de doter la ville d’un marché central. Avec l’arrivée des riches résidents, il fallait réserver à la promenade la plus belle place de la ville, la place de la Marine, située au bord de la mer, or c’est sur le Grand Cours, à l’extrémité est de cette place, (à l’emplacement actuel de la mairie) que se tenait chaque jour le marché.

Le lieu avait été choisi au cours de la séance municipale du 16 mai 1861. La commission a choisi à l’unanimité le quartier du Poussiat … parce qu’en démolissant les vieilles maisons de ce quartier pour faire l’emplacement de la Halle et en relevant le sol, on assainirait un quartier vraiment infect dont l’état nuit à la santé publique ».

Le nouveau marché n’est édifié qu’en 1884. Ce sont de pittoresques pavillons en bois couverts de tôle.

Remerciements F.V.

Remerciements F.V.

En 1934, sur le même emplacement, de nouvelles halles en maçonnerie lourde remplacent les structures légères, sur un seul niveau, les occupants des immeubles riverains avaient manifesté leur opposition à un bâtiment à deux niveaux, redoutant sans doute des nuisances sonores. Il garde encore une certaine authenticité.

Sources : Gabriel Bernard, Le Suquet, atelier « Recherches sur le passé de Cannes ».

ACTUALITES : LA BASTIDE ROUGE

Service presse de la mairie

Service presse de la mairie

C’est une ancienne maison rurale du XIX e siècle au centre d’une surface d’environ onze hectares, située sur une parcelle d’un vaste domaine abbatial de Lérins vendu à la Révolution.

Vers 1925, la maison se composait d’un corps central encadré de deux ailes. Un portique imitant une galerie de cloître roman bordait la façade sud du corps central, précédé d’un jardin très élaboré dit jardin monastique planté d’essences méditerranéennes que protégeaient au sud des cyprès florentins, avec une exèdre pour cacher la tuilerie voisine et à l’ouest une haie de cyprès de Lambert où s’intercalaient des cyprès florentins.

Le domaine agricole aurait été ensuite acheté par la parfumerie Chris, sans doute sans la bastide.

A. Bachemont, A la découverte de … La Bocca. Publication Les Amis des archives.

Des locaux modernes de 800m2 répartis sur trois étages sont offerts aux jeunes entreprises prometteuses par la ville de Cannes. La Bastide rouge, à La Bocca, abritent désormais des startups autour de l’économie créative, l’imagerie numérique et les nouvelles technologies.

CE MOIS A CANNES : Fête de la Saint-Fiacre

Les jardiniers se préparent à fêter dignement leur patron : Saint Fiacre. Cette fête, qui sera très brillante, aura lieu les 2, 3 et 4 septembre et sera donnée dans le local de l'exposition, rue Oustinoff…

Nos jardiniers et maraîchers s'en sont donné à cœur joie hier dimanche.

Leur bal a été des plus animés.

Bravo !

Aujourd’hui lundi, continuation de la fête. Voici le programme des réjouissances :

- De 2 h à 4 h. de l'après-midi, grand bal.

- A 4 h. concours de chant,

Romances, 1er prix, 10 fr ; 2e prix, 5 fr.

Chansonnettes, prix unique, 10 fr.

Un prix de 5 fr. sera décerné dans les trois concours à celui qui chantera le plus faux.

- A 6 heures, jeu de la marmite, de la poêle, etc.

- A 8 heures, reprise du bal.

Le Littoral 4 septembre 1893

CANNES SOUS LA RÉVOLUTION : LE PETIT COURS

En l'année 1760, le sieur Bounin, de Grasse, avait fait construire sur l’emplacement où nous voyons aujourd'hui le « Splendid Hôtel » une maison à usage de savonnerie et huilerie.

Le sieur Bounin, ayant cédé, par la suite, sa maison à un négociant de Nice nommé Gazielle, la dite maison fut alors désignée au cadastre : Maison Gazielle, et cela jusqu'au moment de la vente passée à M. Morlot, en 1863.

A 30 mètres à l'ouest de cette maison, le sieur François Ricord, de Grasse, fit construire en 1789-90, une maison dont il est si souvent parlé dans notre histoire locale, au sujet des nombreux incidents qu'elle a occasionnés. Elle conserva ce nom de maison Ricord, jusqu'au moment où elle fut démolie pour faire place à l'immeuble du Café des Allées.

Entre la maison du sieur Bounin et celle du sieur Ricord était donc une surface de terrain qui fût appelée par les Cannois : « Le Petit Cours ». C'est sur cette petite place que fût élevée la statue de Lord Brougham, et, du jour de son inauguration, en l'année 1879, le Maire de Cannes, Eugène Gazagnaire en accord avec son conseil décida que la dite place prît dès lors le nom de « Place des Palmiers ».

Ceci exposé, revenons à la période révolutionnaire et citons en passant l'incident qui se produisit aux abords de cette place le 25 septembre 1792.

Ce jour-là, les habitants de Cannes, se portèrent devant notre vieil Hôtel de Ville, occupant à cette époque le rez-de-chaussée de l'école désignée de nos jours Ecole du Mont-Chevalier, et forcèrent notre conseil communal à abandonner le dit local et venir occuper la maison Ricord, pour y tenir dorénavant ses séances, sous le prétexte que cette demeure appartenait à la Commune, à laquelle l'aristocratie l'avait ravie injustement.

La veille, des placards violents avaient été apposés dans différents quartiers de la ville, menaçant le Maire et les Officiers Municipaux des actes les plus terribles s'ils se refusaient au désir de la population. Le déménagement du mobilier municipal et des archives se fit sur la demande du Procureur de la Commune. Cet incident eut lieu le jour de l'inauguration de l'Arbre de la Liberté, planté sur le Grand Cours (les Allées).

Par une pétition du 23 Germinal de l'An II (1794), adressée à la Communauté de Cannes, le sieur Laugier, aubergiste, demande de faire l'acquisition du terrain situé entre la fabrique du sieur Bounin et la maison commune, c'est-à-dire « Le Petit Cours ».

A ce sujet, le Maire dit ce terrain que la main de fer de la féodalité n'a pu enlever, arracher à la Commune, provoque et irrite le désir du citoyen Laugier, aubergiste, qui, sans doute, se propose d'y élever une auberge. Il ne peut pas ignorer que ce local a fait pendant un long temps, un sujet de combat suscité par le despotisme. Ce terrain est utile et précieux au commerce, au roulage des tonneaux, aux sècheries, à tirer les navires à terre lorsque la tempête les surprend sur la rade, que c'est l'unique endroit propre à y élever les piles de douelles servant à la fabrication des tonneaux, à former un cours utile à la ville et à son embellissement, ainsi qu'aux habitants qui n'ont que ce terrain pour se promener et se garantir du soleil et où l'on aurait replanté des ormeaux si ce terrain n'était absolument nécessaire et indispensable pour y parquer les voitures qui vont et reviennent de l'armée et qui, sans cet emplacement ne pourraient s'empêcher d'obstruer la grande route d'Italie…

LIENS ASSOCIES : CHRISTIANE DECOURS, La dernière favorite.

Il s’agit de Zoé du Cayla, favorite de Louis XVIII et fille d’Omer Talon.

Nuit de Noël 1800, attentat de la rue Saint-Nicaise, contre le Premier consul, 2 morts, 50 blessés. Talon, toujours royaliste est dans le collimateur.

Le 28 septembre 1803, Omar Talon est arrêté dans sa belle propriété de Montargis pour conspiration contre la sécurité publique et incarcéré au Temple. Le 27 vendémiaire an VII, sur ordre de Bonaparte, il est déporté à l’île Sainte-Marguerite. Son fils, Denis, demande à prendre la place de ce vieillard (42 ans), en vain. Le 6 brumaire escorté de deux officiers de gendarmerie, il quitte Paris.

A Draguignan, il faut réparer les voitures. Le 3 frimaire, il est remis entre les mains du chef de bataillon Maret, « commandant d’armes de la place des îles Sainte-Marguerite ». Le préfet du Var et le maire de Cannes essayent de le cuisiner. « Il m’avoua son ignorance absolue sur la cause de sa détention, n’en paraissant point affecté du tout, au reste fort gai et fort content » rapporte le préfet du Var. Talon possède l’art de tirer parti au mieux d’une situation. C’est au maire de Cannes de relater à son tour au préfet du Var : « Un regain de vie s’est manifesté dans l’île depuis son arrivée. C’est actuellement un endroit charmant, avec de superbes allées tracées par ses soins dans la partie boisée. C’est un vrai bois de Boulogne d’avant 1789. Il occupe une fort jolie maison séparée et embellie, flanquée d’une remise pour sa voiture et d’une jolie écurie pour quatre chevaux. Il m’a dit son profit des chemins construits par lui pour ses promenades quotidiennes, soit à pied, soit à cheval, soit en voiture. Enfin il est très satisfait de son exil ».

Ile Sainte-Marguerite, allée des eucalyptus. Photo Irène Payan.

Ile Sainte-Marguerite, allée des eucalyptus. Photo Irène Payan.

Il avait fait de sa prison une thébaïde et pourtant un ami écrivit : Je l’ai trouvé estropié pour le reste de sa vie et journellement sujet à des accidents de santé, et dont la cause est évidemment morale. Napoléon, en 1807, finit par lâcher sa proie…


DERNIÈRE NOUVELLE

Photos Bulbe de l’église russe - Ave Alexandre III . Photo D.C.C 2015  et Eglise russe .M.L.R 2010.
Photos Bulbe de l’église russe - Ave Alexandre III . Photo D.C.C 2015  et Eglise russe .M.L.R 2010.

Photos Bulbe de l’église russe - Ave Alexandre III . Photo D.C.C 2015 et Eglise russe .M.L.R 2010.

Nous n’avons pas de photo où l’on voit deux pères tirant sur les cordes pour sonner les cloches, et pourtant ce serait déjà une archive !

ON NOUS COMMUNIQUE

Samedi 12 septembre, journée à Marseille, transport en autocar : le matin, visite guidée du musée des Docks romains et du musée de l’Histoire de Marseille, l’après-midi celle du Château Borely.

Dimanche 20 septembre : Viva Associations où nous tenons un stand, hall Riviera du Palais des Festivals, entrée libre de10 heures à 18 heures.

Vendredi 25 septembre : La Machine de Victor (voir le blog de juillet 2015) à 17 h 30 au moulin Tuby en présence du réalisateur et des acteurs.

Pour tous renseignements tel : 06 16 78 97 71

Les mardis 8 et 22 septembre, visite guidée du quartier Terrefial de 14 heures à 18 heures. Pour tous renseignements, téléphoner aux Archives municipales : 04 89 82 20 70.

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