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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 23:47

 

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AIMEZ-VOUS ARTEMISIA GENTILESCHI ? On en a mis partout ! Nice-Matin, Télérama, Le Figaro Magazine, même un DVD Artemisia

Nous avons appris que « notre » tableau Judith et la servante s’était envolé pour Milan. Cette pièce maîtresse du musée de la Castre (article de Nice-Matin du 6 juin 2011) signée d’Artemisia Gentileschi partait au Palazzo Reale à Milan.

L’artiste naît à Rome au début du XVII e siècle. Son père, Orazio Gentileschi, peintre renommé, y a son atelier. Artemisia lui prépare ses toiles, broie ses couleurs et l’aide à l’occasion. Son professeur Tassi, une personnalité violente, accusé d’avoir arrangé le meurtre de sa femme, viole Artemisia. 

Artemisia Gentileschi se maria quelques années plus tard et le couple alla probablement s’installer à Florence, elle y est célèbre en 1615. À partir de 1620, elle visite Rome, Genève, Venise puis s’installe à Naples de 1640 jusqu’à sa mort. Elle quitte Naples une fois, pour aider son père dans la décoration de la Maison de la Reine, à Greenwich.

« Notre » peinture, une huile sur toile 2,35 x 1,75 m, don de madame DERIVE au musée en juin 1933, fut restaurée et rentoilée en 1973.

Les négociations pour l’exposition de Judith et la servante ont duré 5 ans. C’est la seule œuvre en France parmi les cinquante réalisées par l’artiste. Elle reviendra après un passage au musée Maillol à Paris. Nous n’avons pas depuis longtemps eu le loisir de l’admirer. Cette peinture ne correspond pas à la ligne ethnologique et anthropologique du musée de la Castre qui s’avère trop petit actuellement. artemesia gentileschi HD GERMAIN 

     

Artemisia Gentileschi  Judith et la servante

Huile sur toile 235 x 175 cm Inv. 2006.0.751 - Coll. Musée de la Castre, Cannes Photo Germain

Et pourtant, on consacrera à La Malmaison en 2004-2005  une exposition de Jean-Claude Vignes, décédé en 1996, sur le thème du dessin du corps, de la renaissance du corps qui s’inspire de très près de ce tableau.

Sources: 

Nice-Matin 6 juin 2010- 28 novembre2010 .                                      Télérama 7 mars 2012, Le Figaro magazine 17 mars 2012 qui occultent tous deux le prêt de notre musée.

                                                             Renaissance du Musée des Beaux-arts de Cannes Ouvrage collectif.La Ville de Cannes fait appel au mécénat avec à la clef des réductions d’impôts, contacter Delphine Valette à La Malmaison, Croisette, 06 400 Cannes.

 

 

UN OCCUPANT DE LA VILLA CALDANA

Cette villa, qui fut expropriée le long de la voie du funiculaire, appartenait à l’époque à une princesse polonaise de CZETWISTZINSKI.

Le 15 août 1937, Meher Baba et les femmes s’y installèrent. Celles-ci passaient leurs journées à se promener, à jouer, une disciple donnait des cours de couture aux femmes indiennes, une autre de dactylographie. Baba y déjeunait mais repartait à la villa voisine, Capo di Monte, de 15 heures jusqu’à 17 heures 30 pour rencontrer les hommes « mandali » et les visiteurs. Le soir, il jouait au ping-pong et parfois emmenait les femmes à la campagne.

En octobre, il reçut le mast (fou de Dieu, l’inspiration) et resta des semaines sans voir de visiteurs, absorbé dans son travail avec le mast.

En novembre, il repartit pour Bombay, ne revenant en Occident que quinze ans plus tard.

 

meherbaba

 

Baba à Cannes 1937 copyright Lawrence Reiter

 

La villa Caldana n’a pas survécu au passage de Baba. Il se dit qu’après son départ il n’a plus été possible de la louer et elle fut détruite. Les fondations y sont toujours présentes, de beaux arbres majestueux, palmiers, pins parasols, eucalyptus, prouvent la magnificence du jardin de l’époque. Il y règne une grande paix qui prête à la méditation loin du tumulte de la ville.

 

Sources:   Archives municipales : 2 S 87

                   Internet : Meher Baba en France.

caldana (2)

Chemin de Caldana. MLR

 

 

« mandali »  est un terme qui exprimait pour Baba ses proches disciples.

 

 

CE MOIS-CI À CANNES :  COURRIER DE CANNES, 13 AOÛT 1874

 

L’ENLÈVEMENT DE BAZAINE

La grande nouvelle est incontestablement aujourd'hui la fuite de l'ex-maréchal Bazaine du fort  Sainte-Marguerite. Nous n'avons pas la prétention de donner d'une manière officielle le récit de cette évasion mais nous pouvons affirmer à nos lecteurs, que les renseignements que nous allons leur fournir sont aussi vraisemblables que possible, contrôlés qu'ils ont été par nous-mêmes. Nous avons fait, pour emprunter le mot du Figaro, une enquête parallèle à celle de la justice et nous allons la livrer au public. Comment et par quel moyen Bazaine a-t-il pu fuir ?

Les preuves matérielles recueillies sur les lieux indiqueraient que le prisonnier de Sainte-Marguerite est descendu le long des remparts, du côté du Sud-ouest, en passant par le glacis qui est devant son ancien logement : les gardiens ont trouvé en effet une corde à nœuds, pendue à cet endroit; on a même trouvé sur les rochers la longue-vue appartenant à l'ex-maréchal.

La hauteur du rempart à l'endroit où l'ex-maréchal s'est affalé, pour nous servir d'une expression marine, est de douze mètres environ, du parapet aux rochers; des rochers à la mer il y a dix mètres de hauteur environ, ces rochers sont à pic, escarpés et hérissés de pointes, il nous paraît fort difficile que l’ex-maréchal, qui est fort obèse et n'est plus jeune, se soit risqué à faire une pareille descente la nuit.

 Le fort Sainte-Marguerite I.P.

bazaine et le fort sainte-marguerite IPSC 4121

 

 

Mais par où serait-il passé alors?

Mystère !

Cette corde pendue aux remparts a vingt-cinq nœuds distancés les uns des autres de cinquante centimètres environ, est en bon chanvre, ni neuve ni vieille en tout semblable aux cordes des zingueurs.

Ce n'est que vers les neuf heures du matin, en lui portant le courrier, qu'on s'est aperçu de l'absence de l'ex-maréchal. Deux heures avant, c'est-à-dire à sept heures du matin, le colonel Villette avait

quitté l'île Sainte-Marguerite emportant une assez grande quantité de bagages avec lui.

Il dit aux marins du bateau de service qui le conduisaient à Cannes, qu'il allait passer un mois de congé à Paris, et pourtant il prit un billet pour Gênes à la gare d'où il partit par le train de sept heures cinq du matin.

À quelle heure l’évasion a-t-elle eu Iieu?

On assure à l’île Sainte-Marguerite que Bazaine dut s'échapper avant dix heures du soir, ce qui donnerait une certaine créance à cette version, c’est qu'en effet, les sentinelles de nuit ne prenant leur faction qu'à dix heures la surveillance était moins active, on n’expliquerait plus cette évasion, passé dix heures puisqu'un factionnaire était à partir de ce moment placé précisément sur le glacis en face de son logement et par où l'on suppose qu'il s'est évadé.

Quant aux moyens de locomotion dont il s'est servi pour se mettre hors d'atteinte des autorités françaises, c'est un bateau à vapeur battant pavillon italien qui l'a emmené.

Voici au sujet de ce bateau à vapeur les renseignements que nous avons recueillis à Golfe-Juan :

Dimanche au soir, vers les quatre heures, à Golfe-Juan, après avoir stoppé, deux embarcations partaient simultanément du bord, la première se dirigeant vers l'île Sainte-Marguerite pendant que la seconde venait accomplir les formalités en douane. À la demande faite à Golfe-Juan, il fut répondu que le bateau à vapeur venait embarquer quelques passagers.

La nuit, se fit peu à peu et le steamer navire resta mouillé en rade. À dix  heures et demie, nous dit le capitaine d'un bateau marchand, à l'ancre dans le port de Golfe Juan, le vapeur était sous pression et deux feux blancs, d'un vif éclat étaient pendus au grand mât. C'est donc vers onze heures qu'il a dû quitter le mouillage. Pourquoi ces feux blancs au lieu des feux rouge et vert, comme l’exige le règlement maritime.

Autre détail encore. Vers 9 heures du soir,  un monsieur et une dame se sont présentés au restaurant du Chalut du Diable, à la Croisette. Après avoir bu, le monsieur une romaine et la dame un verre de sirop d'orgeat, ils demandèrent à Rocca Marius, propriétaire de l'établissement, s'il voulait leur prêter son petit bateau plat, qui était sur le rivage, pour aller faire une petite promenade.

Celui-ci ne crut pas devoir leur refuser, il insista même pour les accompagner, ils répondirent qu'ils préféraient être seuls, et que du reste ils savaient fort bien ramer. Ils jetèrent un louis sur la table et dirent à Rocca qu'il leur rendrait la monnaie à leur retour. Ils s'embarquèrent, gagnèrent le large et ne retournèrent plus.

Le nommé Gras,  marin, a trouvé dans la journée du lundi, cette petite embarcation qui allait à la dérive vers la « pierre Fourmie », l’a harponnée et ramenée à Golfe-Juan, où elle est actuellement. La planche sur laquelle était écrit le nom de l'embarcation avait été enlevée. 

De cet ensemble de circonstances, il paraît  résulter :

Que l'ex-maréchal a dû  être amené au vapeur par l'embarcation qui s'était dirigée vers l'île Sainte-Marguerite pendant que le capitaine prenait l'entrée au Golfe-Juan.

Que le monsieur et la dame inconnus avaient préparé l'évasion.

Qu'ils ont dû attendre l'évadé dans le bras de l'île, que là ils se sont embarqués avec lui et ont abandonné le bateau de Rocca.

Disons, pour compléter notre récit, que ce n'est que lundi à deux heures de l'après-midi que l'évasion de Bazaine a été connue à Cannes ; dans la nuit du lundi, Monsieur le juge de paix de Cannes, le parquet et le lieutenant de gendarmerie se sont rendus sur les lieux. Ils sont retournés à Cannes le lendemain mardi, pour repartir une heure après, comme la mer était houleuse, ils ont requis le Jean-Baptiste, yacht appartenant à S.A.R. le duc de Caserte, qui les a conduits au fort.

Le colonel Villette, qui était parti pour l'Italie, a rebroussé chemin à Nice et s'est laissé arrêter à Marseille en gare par M. Giaccometti, commissaire spécial des chemins de fer.

Au dernier moment, on nous assure que les deux inconnus qui ont emprunté l'embarcation de Marius Rocca, ne seraient autres que Mme Bazaine et son cousin, M. Roullo.

Il est complètement faux que le bateau qui a reçu Bazaine à son bord fut le Georges, attendu que ce dernier était dans le port de Cannes lundi, d'où il n'est parti qu'à quatre heures du soir pour Nice.

Les gardiens de la prison au nombre de quatre ont été arrêtés et dirigés sur la prison de Grasse.

 

N.B. Glacis : terrain découvert dans le domaine militaire, en légère pente.

         Pierre Fourmie : le port de Beaulieu Port Fourmi.

 

 

LIENS ASSOCIES : ALEXIS DE TOCQUEVILLE par André Jardin

Alexis de Tocqueville a déjà craché du sang, il lui faut un climat doux, et c’est ainsi qu’en 1858, le ministre des Affaires étrangères de la IIe République loue pour la saison d’hiver au prix de 4 000 francs la villa Mont-Fleury à Cannes. Départ de Paris le 28 octobre. M et Mme de Tocqueville arrivent à destination le 4 novembre. Le froid ne nous a pas quittés. Les montagnes qui nous entourent ici sont couvertes de neige et il gèle toutes les nuits. La fin du voyage avait eu lieu sous la neige depuis Fréjus  jusqu’en vue de Cannes. Alexis de Tocqueville écrit le 6 à son frère Édouard… Si épuisé de fatigue qu’il m’eût été impossible d’aller plus loin… Ici même il gèle à glace la nuit et les montagnes sont blanches… nous ne pouvons mieux tomber comme habitation.

La villa Mont-Fleury est à une demi-lieue à l’est de la ville au milieu de bois d’orangers et de citronniers… Elle est exposée au midi et on y accédait par une allée de dattiers et de cyprès…

L’auteur raconte : « Tocqueville était brouillé avec lord Brougham depuis quinze ans, époque à laquelle, à propos du droit de visite (auprès des prisonniers), le lord l’avait accusé de merveilleuse ignorance dans un discours qui avait entraîné un échange de lettres publiques de ton fort vif. À Cannes, ce fut un semblant de réconciliation qui permit à Tocqueville de lutter contre l’ennui en puisant dans la riche bibliothèque de l’Anglais, du moins dans les périodes où il pouvait lire. »

Son épouse n’allait guère mieux …Le gosier de ma femme est d’un état pitoyable qui, presque toujours, la met dans l’obligation de se servir d’une ardoise. Moi, je ne peux plus mettre un pied devant l’autre ; je suis obligé de parler à voix basse et peu. Les lectures un peu étendues me rendent bientôt incapable d’écouter.

villa mont-fleury 3Puisé dans les Archives municipales de Cannes : " Nous avons loué ici une maison très agréable, qui est voisine d'un grand bois d'arbres verts. On a en face de soi et autour de soi des bois d'oliviers au-dessus desquels s'étend la mer ; tout cela serait fort agréable à voir si on avait le cœur gai en regardant"  (Lettre à son neveu Hubert, 15 novembre 1858)

En 1868, la propriété est morcelée, deux maisons sont construites qui deviendront les villas Mauvarre et Caldana. 

En 1944, la villa est réquisitionnée par la Gestapo ; des résistants y sont emprisonnés et torturés, parmi eux Hélène Vagliano dont le calvaire commença dans les caves de cette villa, où, triste ironie, elle avait passé sa prime enfance.

 

 

Actuelle résidence Lobelia,allée des Oliviers. MLR

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Published by mlr - dans Histoire
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