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25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 23:25
 

en-tête ami archives Bis

 

 

IL ETAIT UNE FOIS LE COURS MAINTENON

 

Propos recueillis de la petite fille de la fondatrice, Madame Amos Blay.

Notes de Madame Palet, 1919 : nous sommes décidées à quitter Saint-Amand où nous vivons. Madame Palet, veuve de guerre et son amie Mademoiselle Oudart, enseignante, descendent à Cannes.

Elles vont visiter la villa Les Cigales où un cours « à vendre » est installé. Dans le quartier du « Petit Juas », joli cadre, palmiers, soleil et logement. Il est tenu par les demoiselles Chareton.

Nous décidons d’acheter le cours. En juillet, ces demoiselles nous annoncent que le propriétaire ne veut plus vendre, mais elles ont trouvé un autre endroit, rue Buttura avec en face le parc de Monsieur Riouff où les élèves se rendront pendant les récréations. Pour nous, un appartement sur la Croisette, dans un petit immeuble « Villa del Sol », de quatre étages, la boutique Hermès se trouve au rez-de-chaussée. Cela nous enchante.

Le premier septembre, nous quittons Saint-Amand avec mes deux filles…le local du cours est lamentable, c’est trop tard pour reculer ; alors courageusement nous refaisons les peintures. Les inscriptions sont rares et à la rentrée seulement sept élèves se présentent… le cours « Montalembert » aurait très mauvaise réputation, nous choisirons « Cours Maintenon ». L’hiver suivant, enfin soixante-dix  élèves sont inscrites, quel succès !

 

clubmaintenon

Club Maintenon, rue  Edith-Cavell       MLR

 

Un autre local s’impose : la villa Les Thermes au nord de la voie ferrée avec un terrain la jouxtant. Le cours Maintenon prend son essor, établissement privé pour des élèves catholiques, cependant l’établissement recevra des chrétiennes, des musulmanes et des israélites. On enseignait déjà l’anglais dans les classes primaires, durant une demi-heure chaque jour. En dehors de l’accès au baccalauréat, il y avait l’apprentissage des arts, des langues étrangères et des sports : tennis, escrime, golf, équitation. Des séances de natation étaient organisées sur la plage. La cérémonie de distribution des prix, avec toute sa solennité, était présidée par les autorités locales, civiles et religieuses, françaises et étrangères.

Au début seules les familles cannoises mettaient leurs filles au cours, puis les enfants dont les parents avaient de belles propriétés dans lesquelles ils passaient six mois d’hiver. Les enfants d’ambassadeurs et de hauts fonctionnaires en poste à l’étranger furent accueillis.

 

Vers 1922 arrivèrent des Américaines, des Nordiques, des Suédoises, des Canadiennes venant apprendre le français. On les emmenait aux conférences, aux grandes manifestations d’art ou d’opéra, aux batailles de fleurs…Puis arriveront des Serbes, quelques Roumaines, Hongroises, Tchèques ; à l’annonce de la seconde guerre mondiale, chacune rentrera chez elle.

Paris occupé, le cours sera au complet, les Parisiens étant descendus dans leur villa. Plusieurs élèves d’origine juive seront hébergées et protégées.

Après la Libération, de jeunes Américaines, filles des officiers supérieurs de la Flotte américaine en Méditerranée, travaillent une partie de la journée avec des professeurs anglais et avancent ainsi leurs « crédits » reconnus par les universités des U.S.A. Les sujets étaient envoyés sous scellés au moment des examens qui se passaient à Cannes.

 

Puis Madame Jorge Blay remplacera sa mère, Madame Palet, à la direction de l’établissement. A cette époque arriveront des Iraniennes. Le cours continuera à fonctionner jusqu’en 1974. Dix ans plus tard, l’Association des anciennes élèves du cours Maintenon sera créée tandis que la résidence hôtelière « Club Maintenon »  ne conservera du passé que le nom, non, ajoutons « et une bonne réputation » . A. B.

 

 

ERNEST- EUGENE DUBOYS (1808-1877)

 

Par la publicité immobilière, immeuble remarquablement situé, nous sommes nombreux à connaître le rond-point Duboys-d’Angers. Les plus anciens témoignages oraux remontent aux années 1920, le restaurant d’Armenonville achevait la rue Duboys-d’Angers en direct de la Croisette. armenonville

 

Regardez-bien : une maison centrale agrandie par deux ailes symétriques couvertes en terrasses d’agrément, un jardin paysager avec cabinet de verdure et fabrique de plan octogonal  qui entoure la maison et s’inscrit dans l’ovale du rond-point. Un pavillon avec des boutiques ajouté en bordure sud du jardin. Un passage couvert sous un toit vitré précédé d’une marquise conduisait de l’entrée nord du jardin à celle de l’édifice.

 

Au milieu du XIXe siècle, ce fut la villa Saint-Jacques qu’Ernest-Eugène Duboys baptisa en l’honneur de son épouse la villa Marie-Hélène. Il crée une voie pour que sa résidence rejoigne la route royale N°97 au boulevard de la mer. Elle porte son nom en 1866, puis rue du  Cercle  nautique  et de nos jours rue Frédéric-Amouretti.

 

1913 : le comte L. de Vassart d’Hozier, habitant Maison-Laffite, est  le principal  héritier d‘Ernest-Eugène Duboys, décédé ; il décide de faire une vente des meubles de sa villa dont il n’aura pas l’emploi ailleurs, avant de livrer sa jouissance à une entreprise privée pour un « Palais d’hiver » , don étant fait à la Ville de toutes les plantations, grilles et portes de fer. La Ville ne sachant qu’en faire (elle aussi) exprime tous ses regrets de ne pouvoir l’accepter.

L’ensemble finit par appartenir à plusieurs sociétés et reste en l’état ; en 1937, le Parti socialiste français, succédant au Parti populaire français, désire y donner une kermesse de charité. Vœu refusé comme en 1936 au Parti populaire français.

En 1946, la Ville voudrait acheter l’ensemble immobilier dans le but d’y installer une bibliothèque et un musée municipaux, un conservatoire de musique et une salle de fêtes ou de conférences, ce projet sera sans suite.

En 1951, on envisage la construction de deux immeubles gratte-ciel d’une hauteur de soixante-cinq mètres, elle ne sera pas réalisée, et pourtant il apparaît qu’en haut lieu on y tient et que la Ville ne sera pas en mesure de s’y opposer…bien entendu…c’est en bordure de mer que ces bâtiments devraient s’élever…Le pavillon sera finalement remplacé en 1957 par un immeuble en U sur toute la largeur de la parcelle.

 

 PS  - Monsieur le Marquis Vassart d’Hozier refusant de livrer le chiffre de la fortune des héritiers de Monsieur Duboys d’Angers, Monsieur le Président demande l’autorisation de percevoir la somme de 5 000 francs déposée chez le notaire, Maître Westermann, pour le bureau de bienfaisance.

       - Ernest- Eugène Duboys est né le 16 janvier 1808 à Angers. Il s’intéressa à la vie politique surtout après le coup d’état du 2 décembre 1851, car il était un ardent bonapartiste, il fut maire de sa ville dont il résolut la grande question d’alimentation en eau, député, président de la Cour impériale d’Orléans. A Cannes, il mènera une vie discrète et y meurt le 30 avril 1877. MLR

 

LU POUR VOUS

            Dernière minute, si l’on peut dire : Juliette Adam, en 1869, invoqua les dieux païens au Cercle nautique, s’annonçant païenne, croyante aux dieux de la mythologie grecque. Le vieux M. Duboys se met cahin-caha à la tête de la croisade pour la religion chrétienne. L’époux Adam défend son épouse en engageant trois duels : le duel Dollfus, le duel Duboys, le duel Tollemache Sinclair. M. Duboys fait sur l’heure des excuses plates…suite dans  Le goût de Cannes, éditions Mercure de France 2006.

 

 

LIENS ASSOCIES

ANDRE BEUCLER: de Saint-Pétersbourg à Saint-Germain-des-Prés   (édition 1987)

André Beucler, qui se savait sur la liste des « intellectuels indésirables », quitte Paris pour Cannes en 1940. Il s’installe avec sa famille dans un appartement de plain-pied sur la route de Grasse qui a une autre issue, passage clandestin, rue Louis-Blanc, trois étages plus bas. De l’étage, on voit un port inutile et nu sous un soleil caressant, des palmiers, quelques embarcations de pêcheurs, mais surtout une scintillation fine et précieuse, tendue comme une armure jusqu’à l’horizon qui s’évapore de la mer.

 

  maupassant

 

 

Résidence Maupassant, rue Louis-Blanc  MLR

 

 

 

 

 

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Published by mlr - dans Histoire
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