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21 juillet 2022 4 21 /07 /juillet /2022 21:57

ACTUALITES

Le golden boy algérien, Rafik Khalifa, jugé par défaut en juin dernier à Nanterre, a été jugé pour banqueroute et détournement de fonds. En pleine déconfiture, il avait dissimulé sa villa estimée à 35 millions d’euros, Bagatelle.

On pouvait également lire dans Le Monde du 15 juin 2022 : C’est ici la soirée avec l’acteur du film « Elvis » ? demande un chauffeur dans une camionnette blanche. Des artisans livrent une partie du décor pour une soirée de gala à la villa Bagatelle.

Préparatifs à la réception Soirée Elvis suite à la projection du fim « Elvis » au cours du Festival du film 2022.

Préparatifs à la réception Soirée Elvis suite à la projection du fim « Elvis » au cours du Festival du film 2022.

Prétexte pour évoquer l’histoire de la somptueuse villa Bagatelle à la Californie.

Le duc de La Force en fut le commanditaire en 1928. Cette villa a coûté trois millions de francs-Poincaré. En 1939, le duc de La Force la met en vente, le prix est fixé à deux millions de francs, l’agence Andrau précisant « à débattre ». Elle est décrite comme une maison provençale Louis XVI en crépi rose sur un terrain de 13 000 m2 avec deux étages et ascenseur, aménagée au rez-de-chaussée pour de grandes réceptions, dans un cadre paradisiaque.

En 1942, le duc Caumont de La Force, de l’Académie française, se fait adresser son courrier à l’hôtel Gallia où il réside ayant mis sa villa en vente dès 1939. En 1945, la propriété appartient à Monsieur Hefty.

En 1949, elle possède toujours un petit pavillon de quatre pièces avec garage pour deux voitures mais n’est plus bâtie que sur 2 500 m2.

Benitez Rexach lui succède. C’est un richissime homme d’affaires portoricain devenu fou amoureux de la Môme Moineau qu’il avait épousée en 1929. Cette chanteuse de variétés va illustrer les soirées cannoises, petite marchande de fleurs devenue milliardaire.

 

La Môme Moineau et la villa Bagatelle
La Môme Moineau et la villa Bagatelle
La Môme Moineau et la villa Bagatelle

La Môme Moineau et la villa Bagatelle

L’architecte Gérard, en 1976, modifie notablement la propriété qui possède maintenant trois bâtiments.

En 2002, Rafik Khalifa, pharmacien de formation, achète la propriété 37 millions d’euros. En 2001 elle avait été acquise par un promoteur parisien pour 16 millions d’euros.

C’est dans cette villa qu’est organisée une soirée des mille et une nuits, le 3 novembre 2002, au cours de laquelle trois cents VIP dont Sting, Depardieu, la nièce de G.W. Bush, Jack Lang, s’étaient retrouvés pour fêter le lancement de la chaîne KTV en France par Rafik Khalifa.

Un an plus tard, Rafik Khalifa revend la propriété pour 17 millions d’euros.

Le nouveau propriétaire serait un prince saoudien tandis que R. Khalifa est écroué en Grande-Bretagne.

Et en 2013, c’est un banquier russe qui la rachète pour 21 millions d’euros.  

En février 2017, la propriété est à vendre…

Sources :            La France sans étoile de Philippe Erlanger.       

                            AM Cannes 2S 986

                            Nice-Matin novembre 2002

                            Internet

                            Le Monde 15 juin 2022.

 

SOUVENONS-NOUS

 Il nous faut évoquer la mémoire de deux jeunes cannois décédés dans la nuit du 23 au 24 août 1944 pour la défense de notre ville. Le drame s’est passé sur la hauteur de Saint-Cassien.

Plan de l’ouest de Cannes.

Plan de l’ouest de Cannes.

Francis Tonner était fils de fermiers au chemin des Puits (actuellement avenue Maurice Chevalier). Lait, maïs et céréales, modestes maraîchers. Il s’engagea le 24 octobre 1939 et son frère plus jeune le suivit bientôt. Il devint rapidement sous-officier. Il ira près de Toulouse délivrer un des principaux chefs de la Résistance belge. Les deux frères, en 1942, entrèrent au Service Secret britannique puis dans l’armée secrète (AS 24). La maison familiale devint alors un nid de résistance (dépôt d’armes et caches).

Abattu par les Allemands, Francis Tonner avait 24 ans.

Henri Bergia, fils de boulanger travaillait dans la marine marchande, il était démobilisé quand il entra dans la résistance à l’AS 24. Il y rencontra Francis Tonner le 23 août 1944, une petite équipe de treize hommes partit détruire les batteries allemandes du sommet de la colline des Puits ; à la hauteur de Saint-Cassien, elle fut frappée de plein fouet par l’ennemi. Francis Tonner, Henri Bergia, Janvier Passero y périrent. On retrouva les corps des dix parachutistes américains et d’un résistant, Janvier Passero.

F. Tonner et H. Bergia furent portés disparus. Par la suite, on retrouvera sur les lieux du combat, un avant-bras gauche et sa main portant une alliance. Triste découverte pour la famille Bergia.

Henri Bergia avait 31 ans, il était marié et père d’une petite fille.

 

Francis Tonner (photo de gauche) et Henri Bergia (photo de droite) et stèle commémorative.
Francis Tonner (photo de gauche) et Henri Bergia (photo de droite) et stèle commémorative.

Francis Tonner (photo de gauche) et Henri Bergia (photo de droite) et stèle commémorative.

Sources : Nice-Matin 23 août 2018

                 Conférence de M. le Docteur Jean-Loup Gassend 14 mai 2022.

 

ET JE ME SOUVIENS

Une aimable blogueuse nous envoie du vécu. C’est si lointain !

 « Bonjour, j'habite à côté de la stèle du Libérator et mes parents ont récupéré de cet avion, de l'aluminium, ce qui était rare à cette époque, mon papa en a fait une marmite à confitures que j'ai toujours conservée en souvenir et maman, avec la toile des parachutes en nylon,  s'est confectionné des jupons.  Il reste la stèle qui a bien été mise en évidence avec une partie du moteur et l'hélice. » M.L.

Stèle du Liberator.

Stèle du Liberator.

Le 25 mai 1944, crash du B-24 Liberator de l'USAAF américaine serial 41-29412 surnommé "Strictly from Hunger".
A l'arrière de la stèle une inscription dédiée à un (probable) groupe de résistants ayant tenté de récupérer les rescapés aux Allemands.

 

COMPLEMENT D’ENQUÊTE

Liliane Scotti , de notre équipe, a écrit l’histoire du Blue Bar pour le bulletin n°48 de l’Association L’Ami des Archives dont nous prélevons quelques lignes.

Le Palais Croisette est bâti après la démolition du Cercle Nautique construit par la Société des Régates en 1864. Celui-ci avait été mis sous séquestre en 1940, la Ville en deviendra propriétaire en 1942. Et en 1947, en 3 mois et demi, il fut édifié pour accueillir le Festival de septembre 1947.

Le Blue Bar y était locataire depuis 1936 entre les vitrines Elisabeth Arden et les fourrures Renal. Il sera dorénavant à l’angle de la Croisette et de la rue Amouretti.

Le Blue Bar et sa terrasse.

Le Blue Bar et sa terrasse.

Festivaliers, acteurs, réalisateurs et critiques refaisaient le film au Blue Bar, il était de bon ton de prendre son café au soleil avant la première projection et de se précipiter à la sortie pour une place…  car on se bousculait pour une place en terrasse ou en salle. Il faut dire que la cuisine était bonne, l’ambiance chaleureuse et le service rapide.

Dès les années 50 c’est la famille Brals qui se trouve aux commandes ; Louis travaille avec ses demi-frères Emile et André Poderos et en 1971 la famille devient propriétaire de la totalité du fond de l’établissement. Les filles de Louis Brals rejoindront l’équipe qui dans les années 85 comptera quarante-cinq personnes.

L’affaire reste familiale jusqu’à la démolition du Palais Croisette en 1988. Et de nouveau se profile une nouvelle crise avec la question du relogement du Blue Bar. La brasserie sera évincée des plans du Noga Hilton et après un long procès, elle renaîtra en 1995 au Royal Bar,  pour fermer ses portes définitivement en 2000.

ON VOUS COMMUNIQUE

Bonne nouvelle. Eliane Reig, de notre équipe, a réalisé une brochure sur Jeanne Marni, éminente femme de lettres du début du siècle dernier à qui nous avons consacré quelques articles (billets avril et mai 2022 ). Cette brochure intitulée Madame Jeanne Marni à Cannes retrace sa biographie, son œuvre, son combat féministe (aux côtés de sa mère Manoël de Grandfort et de sa fille Emmy Fournier) et sa vie cannoise.

BILLET N°148 AOUT 2022

Vous pourrez consulter cette brochure ainsi qu’un dossier aux archives de la ville de Cannes, ville où elle séjourna dans sa villa Marni quartier du Pezou jusqu’à sa mort, aux archives de la ville d’Agen où elle est née ainsi qu’aux archives de Ville-d’Avray où elle vécut épisodiquement et y fut inhumée avec sa mère Manoël de Grandfort.

Par cette brochure, Jeanne Marni va enfin trouver sa place et sa reconnaissance auprès des autres écrivains ayant séjourné à Cannes plus connus comme Prosper Mérimée, Edmond Rostand, Juliette Adam et d’autres.

Un extrait est paru dans le bulletin de juillet des Amis des Archives et un second article paraitra dans le bulletin d’octobre.

ET TOUJOURS Bonnes vacances aux fidèles lecteurs du blog.

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