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26 juillet 2017 3 26 /07 /juillet /2017 00:34

Une très jolie photographie à la vitrine de l’agence Europa 2 boulevard de La Croisette, une curiosité incessante, l’agréable accueil de M. Yann Rouault, un nom, un article.

Château Sainte-Anne. Rue du Commandant Bret, 28 à 36 boulevard d’Oxfor. Photo de l’agence.

Château Sainte-Anne. Rue du Commandant Bret, 28 à 36 boulevard d’Oxfor. Photo de l’agence.

C’est dans le cadre champêtre de ce quartier de Cannes que, vers 1855, lady Elisa Murgent épouse de sir Alfred Harley, comte d’Oxford et Mortimer achète de vastes terrains et fait bâtir le château Sainte-Anne et la villa Montfial.

En 1886, les deux demeures sont devenues la propriété d’un autre Anglais, le capitaine Wyner de Gray. En 1896, entouré de sa femme Eléonore, de ses filles Mary et Violet, le capitaine offre un bal somptueux en l’honneur du prince de Galles.

A cette époque, six domestiques dont un cocher vivaient au château.

Passionné de chasse, le capitaine louait auprès de la municipalité tous les terrains de l’île Sainte-Marguerite où elle pouvait se pratiquer.

Le jardin du château Saint-Anne. Source Culture.gouv.fr.

Le jardin du château Saint-Anne. Source Culture.gouv.fr.

Puis le capitaine se sépare de son domaine, qui, en 1925, figure dans les annuaires sous le nom d’Oasis, est habité par le futur propriétaire d’Isola Bella, M. Blum. Lord et lady Micheland en sont alors propriétaires. Lorsque Louis Hachette s’en porte acquéreur en 1929, il doit négocier l’achat du château Sainte-Anne qui a retrouvé son nom demandant l’autorisation de faire venir ses meubles avant même que l’acte de vente soit signé. Il vendra la villa Montfial avec jardin attenant, le tout occupant une surface de 2189 m2 détachée d’une plus grande propriété… Cette charmante bâtisse sera détruite pour laisser place à un immeuble moderne.

Après le décès de M. Hachette, ses héritiers honorant la promesse du défunt, vendent le château Saint-Anne à Mademoiselle Gabrielle Dujardin. Dans les années 30, celle-ci épouse son cousin germain, Fernand Adda, le plus important cotonnier d’Alexandrie.

Le château Sainte-Anne s’appelle désormais Oasis El Beïda sur une superficie de 18 970 m2.

Sources : Les Belles Collines de Terrefial, Montfial, Bénéfiat. Publication des Amis des Archives, article de J.L.

 

CE MOIS A CANNES :

Le 31 août 1897, la Fête Nationale sera célébrée à Cannes. C’est de Peternof, à bord du Pothuau que l’empereur Nicolas II de Russie et le Président de la République Française ont fait savoir au monde l’Alliance Franco-Russe. Source Archives municipales 1 J 18.

Affiche aimablement communiquée par les Archives municipales.

Affiche aimablement communiquée par les Archives municipales.

MAIS AUSSI ... 

Fête de Saint Porcaire martyr : il était abbé de Lérins lorsque des corsaires venus d’Afrique menacèrent l’asile où il donnait l’exemple de toutes les vertus. Le Saint Abbé mit en sûreté les plus jeunes de ses religieux puis, convoquant tous ceux qui étaient sous sa juridiction, il les exhorta à ne pas refuser de donner leur sang en témoignage de leur foi. Deux seuls sentirent faiblir leur courage et se cachèrent dans une grotte. Les autres, au nombre de cinq cents furent tous massacrés aussi bien que l’un des fugitifs, honteux de sa retraite.

Sources: Guide bleu Cannes-Le Cannet 1935. Archives municipales.

 

NOS DEPUTES (suite)

De par la loi du 12 janvier 1816, cinq députés de notre région étaient condamnés à l’exil, ayant voté la mort de Louis XVI. Jean-François Ricord, avocat à Grasse, s’était lié à Bonaparte lors du siège de Toulon en 1793, dut s’exiler en Belgique.

Nous connaissons André Capron célèbre maire de notre ville. Nous évoquons maintenant sa courte vie de député.

Quelle était la tendance politique d'André Capron ? Il se dit républicain, terme vague qui lui permet selon les mouvances politiques d'évoluer, avec un certain opportunisme, diront ses opposants. C'est un républicain, il n'hésitera pas à faire référence aux engagements de son père dans ses discours électoraux. Mais il est modéré, progressiste, libéral, il ne veut ni révolution, ni réaction. Il est favorable à une politique d'apaisement, c'est-à-dire un rapprochement avec les conservateurs, et notamment avec les milieux cléricaux.

Il reprend les paroles d’Émile Loubet : le programme de tout républicain tient dans ces mots la tolérance, l'union, l'apaisement.

En 1902, après son élection à la mairie de Cannes en janvier, le décès de son ami Jean Hibert, lui donne l'opportunité de briguer un siège, sans concurrent, le 13 juillet, au Conseil général. Il restera élu jusqu'à sa démission en 1910, pour être réélu en 1919 jusqu'en 1929.

Le journal Le Littoral lui était opposé. Le 23 mai 1903, il se fait élire administrateur puis président du conseil d'administration de la Société d'imprimerie et journaux du Littoral. Il contrôle dorénavant cet important journal local, qui s'était montré particulièrement violent contre lui ces derniers mois.

A. Capron veillera à ce qu’il soit un journal fait pour tous et par tous, destiné à être le défenseur des intérêts de Cannes et de la région, se gardant des personnalités tapageuses, tenant son rôle d'informateur propagateur de toutes les réformes généreuses qui peuvent être tentées sans violence dans le domaine politique et social . Le Littoral devient un journal d'opinion, républicain progressiste, qui soutiendra sans faillir la municipalité Capron, défendant ses positions, généralement conservatrices, et s'attaquant, parfois violemment, à l'idéologie radical-socialiste.

En 1903, la carrière politique d'André Capron pouvait prendre une nouvelle dimension, il avait toutes ses chances pour être élu député des Alpes-Maritimes, mais le principal obstacle en a été son épouse qui redoutait là un prétexte pour le bel André de s'échapper souvent de Cannes. Beaucoup de proches, et Ferdinand Bac le premier, confirment qu'elle avait quelques sérieuses raisons d'être jalouse, son mari ayant la réputation d'un charmeur invétéré. Ni objurgations, ni prières ne purent faire fléchir le veto de la châtelaine de la Villa Madrid écrit un journaliste du Suquétan le 11.02.1903. Il présentera la candidature de son ami François Arago, qui remportera l'élection. Il ne sera député des Alpes Maritimes qu'en 1928 après le décès de son épouse.

Dorénavant, le sort politique de la candidature Arago, qui sera député de la circonscription cannoise de 1903 à 1910 puis de 1914 à 1924, est lié à celui de la municipalité Capron. L'échec de l'un retentit sur l'autre. Fidèle dans ses amitiés et à ses idées, Capron suivra Arago dans la défaire de 1910. Le système politique régional est ainsi complet et verrouillé : le lien entre le pouvoir municipal et le pouvoir départemental est renforcé par le pouvoir législatif, sous le parrainage bienveillant du sénateur M. Rouvier.

Ses alliances politiques, sa main mise sur un important journal régional démontrent chez André Capron ruse, calculs ambitieux et opportunisme. Je pense que l'on a trop souvent décrit André Capron, comme un maire débonnaire, patelin, dont les réparties et les somnolences lors des discours officiels étaient source d'amusantes plaisanteries de la part des journalistes locaux.

 

 

André Capron, dessin humoristique. Aimablement communiqué par F.V.

André Capron, dessin humoristique. Aimablement communiqué par F.V.

Lors de la campagne pour les législatives, un journaliste, excessif et sans doute calomnieux, du Réveil d'Antibes écrit le 28 avril 1928 toutes les opinions sont respectables à la condition pourtant qu'elles soient sincères ; or, ignore-t-on encore que M. Capron préparant son élection se faisait conduire par sa fidèle gouvernante tous les dimanches à la grand' messe, ce, pour ne pas froisser les susceptibilités des gens d'église ; sait-on qu'en sortant de l'église, M. Capron, le même, allait régulièrement prendre séance aux tenues d'obligations de la loge maçonnique du rite écossais, ce pour se ménager les sympathies des francs-maçons ; se doute-t-on qu'entre temps, le même M. Capron, allait verser son obole à la caisse du secours rouge communiste ? ? ? Voici l'homme et ses opinions…

Ses compromissions et louvoiements politico-électoraux ne lui enlèvent en rien son côté très humain et charitable et le succès des nombreuses réalisations en faveur des Cannois et de la ville de Cannes. F.V.

 

COMPLEMENTS D’ENQUÊTE :

Dès le recensement de 1866, est signalée une propriété Arimondy dans le quartier des Vallergues. Sur le plan régulateur de 1884, elle s’appelle la villa Sainte-Rose. Elle appartient à Monsieur Jules-Antoine Arimondy, négociant en blé sur le quai Saint-Pierre. On la remarque par sa tourelle octogonale coiffée d’un beau toit de tuiles et surmontée d’un élégant paratonnerre. A son décès, sa fille unique, épouse de notre député Gilette, hérite de la villa. Madame Gilette-Arimondy décède le 3 janvier 1920… Cela devient une autre histoire.

Villa Marie-Rose, allée Sainte-Rose. Photo aimablement proposé par un correspondant.

Villa Marie-Rose, allée Sainte-Rose. Photo aimablement proposé par un correspondant.

Bonnes vacances .

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