Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
25 mai 2016 3 25 /05 /mai /2016 02:11

PRÉTEXTE D’UNE RENCONTRE

Au cours de notre Assemblée générale, nous avons bavardé avec un aimable Néerlandais au sujet du baron Lycklama et du Bal masqué accroché aux cimaises du musée de La Castre qui fut offert par sa veuve.

 

Bal travesti chez le baron de Lycklama : huile sur bois, 0,48 x 0,81.Signature bas à droite Pierre Van Elven et en bas à gauche Villa Escarras 1874. Photo Gérard, aimablement adressée par le musée de la Castre.

Bal travesti chez le baron de Lycklama : huile sur bois, 0,48 x 0,81.Signature bas à droite Pierre Van Elven et en bas à gauche Villa Escarras 1874. Photo Gérard, aimablement adressée par le musée de la Castre.

Pierre Van Elven (1831-1908) accompagnait le baron Lycklama en Orient.

Qui était le personnage accroupi en bas à gauche du tableau ? Notre interlocuteur avait suggéré Abd-el-Kader, nous n’ignorons pas que des prisonniers de sa Smala étaient internés à l’île Sainte-Marguerite et G. H. (notre interlocuteur) nous apprenait que le baron l’avait rencontré à Damas, recherchant une autorisation pour se rendre à Palmyre. Et voici le résultat de la recherche par l’un d’entre nous, F. V.

Bal costumé de la villa Escarras le 16 février 1874. Les Échos du dimanche 21 février 1874

Le grand bal masqué donné par M. le baron Lyklama, a eu lieu lundi 16 février dans les beaux salons de la villa Escarras, accrus pour la circonstance d'une annexe en charpente recouverte en zinc, qui régnait dans toute la longueur de la maison d'habitation, englobant la ligne d'orangers touffus et le bosquet qui précèdent le jardin. Cette soirée, organisée sur des proportions exceptionnelles restera dans les traditions de Cannes comme un souvenir de fastueuse élégance ; et ces mots s'appliquent, à la fois aux brillants costumes des invités et à la réception dont ils ont été l'objet. Malgré le désir exprimé par le noble Hollandais de nous montrer sobre en ce qui le concerne nous ne serons que l'écho de la haute société qui, avec un empressement tout cordial, a répondu à son gracieux appel, en disant que depuis bien longtemps notre ville n’avait vu pareille fête.…

A dix heures plus de deux cents personnes se trouvaient réunies dans les deux grandes pièces du musée Lycklama, très artistiquement disposées en salles de bal ainsi que dans les deux salons de la villa, le tout bien entendu, ruisselant de lumière, qui faisait ressortir la plus abondante profusion de fleurs et de feuillages exotiques. Les danses ont d'abord duré avec le plus grand entrain jusqu'à une heure et demie du matin, aux accents d'un véritable orchestre habilement conduit par M. Brick le sympathique secrétaire du Cercle.

Un buffet de bal avait été dressé dans la salle à manger ordinaire de la villa, et, à chaque repos, les danseurs, conduisant leurs danseuses, allaient s'y servir des rafraîchissements qui n'eussent pu sans inconvénient circuler au milieu d'une assistance aussi nombreuse et aussi pressée. Le service de ce buffet avait été confié à la maison Nègre, si connue pour la supériorité de ses fournitures.

Une interruption d'une heure a été consacrée au souper, servi dans la salle à manger provisoire, vaste galerie brillamment illuminée et décorée de glaces, ou plutôt véritable jardin d'hiver, à cause de l'abondance des arbustes et des fleurs, avec cascade et ruissellement d'eau courante. Les quatorze tables, qui avaient été dressées là, s'étant trouvées insuffisantes, on a dû en improviser d'autres à l'intérieur de la villa, et le service s'est renouvelé plusieurs fois, afin de permettre à tous les invités de prendre part à ce repas nocturne, auquel, nous n'avons pas besoin de dire, rien n'a manqué. Le souper, abondamment fourni en poisson, jambon, volailles de Bresse, dindes truffées, faisans, chevreuil, pâtés, gelées variées, gâteaux de toutes sortes, etc… faisait le plus grand honneur au talent culinaire de l'habile chef de M.Lycklama.

Les danses ont repris ensuite avec une nouvelle animation et se sont prolongées jusqu'au jour

Nous allons citer quelques noms et quelques costumes, et dans notre embarras de respecter suffisamment la hiérarchie, nous présenterons cette énumération, forcément restreinte, en suivant l'ordre alphabétique :

Mme d'Agault, en petite cauchoise.

M.Allanson Knight, en grand veneur du XVIIIe siècle. Mme Allanson Knight (comtesse de Polignac), en Madame Pompadour.

M.Bar-Patteson, en costume officiel et Madame en paysanne anglaise.

Mme Bartholomew, en Diane chasseresse.

M.Béchard, en débardeur folichon.

M. le général comte de Bernis en manteau vénitien, et Madame la comtesse en merveilleuse.

Mme Braddon, en costume dix-huitième

Mme la comtesse de Chaponnay en marquise Pompadour.

Lady Cloncurry, en costume dix-huitième.

M.Close en Louis XIV jeune. Mme Close, en sorcière dix-huitième (costume anglais).

M. le chevalier de Colquhoun d'abord en Templier puis en bourgmestre flamand. Mme de Colquhoun en Marie Stuart, parée de riches diamants.

Lord Dalousie en habit de soirée, portant le grand cordon de l'ordre du Bain.

M. le comte des Fayères en domino.

M Maurice Dolphus en Pierrot.

M. Fauchier en costume du temps du Directoire, composé d'étoffes de l'époque.

M. de Font-Michel en costume de seigneur florentin

M le docteur Gimbert en médecin du dix-huitième siècle, habit de l'époque.

Mme Hankey en costume pompadour.

Mme Heard en costume Louis XV, cheveux poudrés et magnifiques diamants.

M. Hennesy en khalife.

Mlle Hooffman en costume de marquise recouvert de poudre diamantée.

Mlle Jenkinson en paysanne

M. le comte de Karoli en costume de bal et manteau vénitien

Mme Kennard en Marie–Stuart avec robe fleurdelisée

M. le comte de Lahédoyère, en seigneur du XVIe siècle, avec agrafes en diamants et turquoises.

M. le vicomte de Laferrière en manteau vénitien.

Mme et Mlle Leakre, en bergères.

M. et Mme de Lorrière en contrebandiers espagnols, étoffes et façon de l'époque

M. le comte Muiszech en costume de ligueur rehaussé de pierreries

Mme Moore en Marie Stuart

M. le prince de Moskova en toilette de bal et manteau vénitien.

Mlle Mulholland en costume arabe aux couleurs variées et enrichi de perles.

Mme la comtesse de Palfy en Nuit et en Printemps de Watteau.

M. le comte du Passage, en Michel Ange, et Mme la comtesse en costume tricolore fleurdelisé.

Mme Pillé en noble espagnole.

M. le vicomte du Ponceau en duc de Guise

M. le comte de Pracontal en jardinier Watteau.

Mlle Richardson, cheveux poudrés et costume Louis XV, en satin blanc piqué.

M Rigal en postillon de Longjumeau et Madame en Arménienne d'Erzéroum.

M. Tève en Arabe algérien.

M du Tillet en marié breton.

M Tripet en costume style Louis XIV, Mme Tripet-Scripytzine, en señora espagnol.

M le duc de Vallombrosa en toilette de bal et manteau vénitien, et Madame la duchesse en marquise Louis XV, parée de magnifiques perles et de superbes diamants.

Le maître de maison avait choisi parmi les nombreux costumes acquis dans ses voyages, un riche habit de seigneur de Bagdad, confectionné à Bagdad même, entièrement brodé d'or, avec coiffure enrichie de perles et brillants.

M. le baron de Lycklama n'a cessé de redoubler de soins pendant toute la soirée pour être agréable à ses hôtes, s'occupant des moindres détails de la fête qu'il était heureux de leur offrir assisté dans cette surveillance délicate par la conservateur de sa collection, M.E. Massenot, revêtu d'un costume à la fois simple et correctement fidèle de cheikh du Liban, rapporté par lui, de sa récente et fructueuse mission en Orient.

Notre compte rendu ne serait pas complet si nous ne rendions pas une justice méritée à la manière dont le service de cette fête importante a été fait par les gens de la maison, en livrée de gala, et par le personnel auxiliaire, si habilement dirigé par M. Louis Richard, premier maître d'hôtel du Grand hôtel de Cannes.

Revenons au tableau et au personnage accroupi en avant. Nous avons donc le choix entre trois noms. Laissons F. V. avoir le dernier mot : une préférence pour M. Massenot, homme de confiance du baron qui revient d'un long voyage en Orient où il a acheté de nombreuses antiquités. Il raconte son périple à certains convives admiratifs à ses pieds.

PEINTURES CANNOISES ANECDOTIQUES

BUTTURA Ernest Antoine Eugène : Rue de la boucherie vers 1860. Don de Madame de Praingy ou Prangy ( ?). photoHuile sur toile, photographie d’Irène Payan.

BUTTURA Ernest Antoine Eugène : Rue de la boucherie vers 1860. Don de Madame de Praingy ou Prangy ( ?). photoHuile sur toile, photographie d’Irène Payan.

Cette rue construite au XIXe siècle au pied de l’ancien rempart nord de la Ville du Moyen-Age, rappelle le souvenir de la boucherie municipale qui fut jusqu’à la fin de l’Ancien Régime l’une des nombreuses « resves » (ferme) créées par la Communauté en vue d’assurer le ravitaillement local. Le monopole de la vente au détail était adjugé au plus offrant… un système commercial tout à l’avantage du consommateur. Constant Bianchi.

 

COMPLEMENT D’ENQUETE

Un aimable lecteur a désiré joindre une anecdote concernant Alain Decaux : Il fut voisin de Cannes, ayant une maison à Valbonne. A. Decaux a reçu son épée d’académicien dans le grand amphithéâtre de la maison de la Radio. Il était devenu à la Libération, l’ami de Sacha Guitry.

 Alain Decaux, recopiait pour un journal une lettre qui lui était adressée par Lana Marconi : « Très cher ami, vous allez reconnaître la bague qui ne quittait jamais la belle main de Sacha. Que la pierre en soit sertie sur votre épée, et que celle-ci vous accompagne jusque dans votre dernière demeure afin qu'elle n'appartienne jamais à personne d'autre que vous. » Et en post-scriptum : « Ce sera sa façon à lui d'endosser l'habit vert » et il continuait  dans la petite boîte, je découvris la chevalière de Sacha et sa magnifique émeraude qui orne depuis lors mon épée d'académicien. Cette épée, j'en ai fait don, depuis, au Musée des Beaux-arts de Lille, ma ville natale.

 

CE MOIS A CANNES

10 juin 1863 :   pose de la première pierre du Grand-Hôtel.

 

 

Photo Carte postale, collection particulière.

Photo Carte postale, collection particulière.

Sur des plans dessinés par Vianay et Blond, cinq cents ouvriers participent à sa construction.

En 1865 on y ajoute un gymnase et une salle d’armes.

Autant de merveilles qui éblouissent Prosper Mérimée, lequel écrit alors : « On a bâti, sur le bord de mer, un hôtel presque aussi grand que le Louvre et qui est toujours plein. ».

Il est vendu en 1881. En 1901, de nouveaux propriétaires l’achètent ; ils font construire une villa dans les jardins.

En 1929, il est rénové puis revendu en 1933.

Pas entretenue pendant la guerre de 39-40, la bâtisse vieillit mal. Le grand parc attire les clients, mais les immenses salons et les cent chambres sont d’un entretien trop lourd. L’époque où les rois occupaient des étages entiers est révolue. Démoli en 1958, le Grand Hôtel est reconstruit en 1963 au même endroit et compte alors 10 étages et 78 chambres. Il sera surélevé d’un étage dans les années 70. Puis le Grand Hôtel vivote, il sera vendu en 1957, la vente aux enchères de son mobilier aura lieu en 1958.

L’ancien Grand Hôtel est démoli et reconstruit en 1963, toujours agrémenté par son beau jardin.

Quant à la Villa du Grand Hôtel – rebaptisée, entre 1929 et 1932, « La Malmaison »–, elle avait été cédée à la commune en 1957 ; elle accueille, aujourd’hui, de grandes expositions d’art contemporain.

Source : Andrée Bachemont, Hôtels et Palaces à la Belle époque. 

Le Grand Hôtel boulevard de la Croisette

Le Grand Hôtel boulevard de la Croisette

ON NOUS COMMUNIQUE

Jeudi 9 juin, promenade à Beausoleil. Le matin, visites guidées du Riviera Palace et de la villa Juturne. Déjeuner au restaurant. Après-midi : visite guidée du quartier Belle-Epoque et du quartier du Carnier.

Tel : 06 10 83 12 39.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

Recherche

Pages

Liens