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24 novembre 2015 2 24 /11 /novembre /2015 21:45

~~ALPHONSE ALLAIS dans une lettre de décembre 1893 écrivait : Il fait du soleil sur la promenade de la Croisette comme s’il en pleuvait. Qui dit mieux ?

ET POURTANT, SOUVENONS-NOUS

Le Riou, près du square Mistral, en haut de la photo l'avenue Georges-Clémenceau. Photo M.L.R.

Le Riou, près du square Mistral, en haut de la photo l'avenue Georges-Clémenceau. Photo M.L.R.

~~Dans la nuit du 3 au 4 octobre 2015, à cet endroit, une vague gigantesque descendue du Riou a provoqué l’encastrement de vingt voitures, les autres déambulant se sont remplies de boue à la hauteur des sièges. La concentration de pluie en une heure sur Cannes ce soir-là a été la troisième plus forte en France depuis 1958.

ACTUALITÉS : Le 17 septembre 2015 a été baptisée la nouvelle cloche de la chapelle Saint-Cassien.

Cloche de la chapelle de Saint-Cassien, sont gravés les noms de ses deux marraines. Photo M.D.Cloche de la chapelle de Saint-Cassien, sont gravés les noms de ses deux marraines. Photo M.D.

Cloche de la chapelle de Saint-Cassien, sont gravés les noms de ses deux marraines. Photo M.D.

L’ancienne, qui n’avait pas encore été déposée, avait un son fêlé par des impacts de balle, elle datait de 1800, elle sera déposée au-dessus de la souche du chêne touché par les bombardements de 1944.

La confrérie dédiée au culte de saint-Cassien apparait à Cannes en 1653. Les recteurs de la confrérie obtiennent de deux propriétaires, Gaspard Escarras et Jacques Arluc la cession gratuite de l’emplacement du terre-plein de la butte et du passage.

Sur le fronton de la chapelle est gravé C A (Canna abbelia), rappelant l’appartenance aux abbés des îles de Lérins.

Le 15 avril 1792, vingt citoyens cannois, maire et curé en tête, remportent, à Grasse, l’adjudication de la vente de la chapelle avec la butte comme bien national, comme personne autre à oser concourir, en qualité de mandataires de quatre-vingt-trois Cannois. Un comité de recteurs est nommé.

La chapelle sera fortement endommagée par l’explosion d’un stock de munitions allemandes entreposé à l’ouest de la butte en 1944.

Ce n’est qu’en 1969 qu’un comité de sauvegarde de la chapelle est constitué au sein de la municipalité. Les survivants des descendants du rectorat et la municipalité décident de céder la butte et la chapelle à la ville pour en assurer l’entretien.

En 1970, la grande grille originale de 1712 en fer forgé a été refaite. Seule la partie supérieure en forme de demi-lune est nouvellement créée, elle porte les initiales M.A. en remerciement à Antoine Molinéri, entrepreneur qui a pris à sa charge la totalité des frais de la restauration de la chapelle.

Haut de la grille de la chapelle. Photo M.D.

Haut de la grille de la chapelle. Photo M.D.

Honoré Camos reconstitue derrière l’autel le tableau représentant saint Cassien en prières. La messe de Noël y aura lieu le 27 décembre 1970.

Chaque année, le week-end le plus proche du 23 juillet, on célèbre sur le pré la fête patronale, messe en provençal, danse de la souche, pique-nique.

L’édifice reste fragile, dépourvu de fondations profondes. Il est érigé sur un terrain argileux soumis aux intempéries.

Sources : Histoires d’espaces publics, Ville de Cannes, par Michelle David et Marie-Hélène Cainaud.

 

JARDINS ET VOIES PUBLIQUES

Nous commençons une nouvelle rubrique en nous attachant à faire peu à peu, dans l’ordre de leur création, leur histoire. Il faut dire que pour les Cannois qui menaient une vie difficile dans un cadre déjà de rêve, l’idée d’espaces verts n’était pas leur préoccupation.

Une idée de l’état d’esprit : Nous devons dire … qu’on n'acclimate pas les végétaux. On introduit des plantes dans un pays, et quand elles y trouvent les conditions qui sont propres à leur existence, elles y vivent et croissent. Le mot acclimatation est nul dans le règne végétal, on introduit mais on n'acclimate pas.

Revue de Cannes 08/04/1865

 

LE JARDIN DE CANNES ou LE SQUARE MISTRAL (ancien square Brougham, boulevard du Midi).

L’abattoir et ses odeurs délétères, à l’embouchure du Riou, provoquèrent de telles pétitions que la Municipalité décida le 1er mars 1863 de le transférer à La Bocca, d’aménager la zone située à l’ouest devant l’abattoir en un jardin et de le dédier à lord Brougham en témoignage de reconnaissance de la Ville de Cannes envers le premier étranger venu s’installer sur son rivage. L’opération fut retardée faute d’argent. Ce n’est que le 16 février 1865 qu’on décida sa création grâce à une souscription des Cannois et des étrangers.

Nous avons voulu interroger, nous-même, le propriétaire le plus proche sur la rive droite du Riou, pour savoir s'il contribuerait largement à la souscription des riverains, annoncée dans l'article que nous réfutons — Nullement, m'a-t-il répondu, ceci est un rêve et une utopie mis en avant par trois ou quatre personnes qui cherchent à enterrer la vente des terrains. En engagements sérieux, la souscription n'atteindra pas 5 francs.

Revue de Cannes 18/02/1865

Ce à quoi il se trompait. Lord Brougham lui-même cotisa pour 100 francs. Le docteur André, médecin homéopathe suisse, propriétaire d’un hôtel du quartier, supervisa les travaux. Des entrepreneurs prêtèrent leur matériel et main d’œuvre. La liste des souscripteurs est régulièrement publiée dans La Revue de Cannes.

Terminé au printemps de la même année, ce premier square, plus petit que le square actuel, fut agrandi après le départ de l’abattoir et l’endiguement du Riou à la fin de l’année 1867… Un bassin y fut creusé, orné d’un jet d’eau et, plus tard, le premier kiosque à musique des Allées y fut transporté, la musique municipale s’y faisait entendre le mercredi.

Bassin,square Mistral 14/11/2015. Photo M.L.R.

Bassin,square Mistral 14/11/2015. Photo M.L.R.

Lord Brougham, put assister momie enfouie dans une immense cravate aux cent tours à son inauguration. Cela avait coûté 1 600 francs à la municipalité…Il avait écrit : Il faut que la souche reste où l’arbre périt.

Ce square offre aux promeneurs ses pins, palmiers, séquoia, magnolia, érythrine crête de coq et jacaranda. On le surnomme La Petite Provence, un charmant lieu de rendez-vous enrichi par le monument de Victor Tuby à la gloire de Frédéric Mistral.

Statue de Frédéric Mistral. Square Mistral. Photo Irène Payan.

Statue de Frédéric Mistral. Square Mistral. Photo Irène Payan.

CE MOIS À CANNES : Emmanuel de Marande Cannes et Lérins, grands hommes et petites anecdotes.

Le Docteur Roustan, premier médecin cannois.

L’état sanitaire était lamentable en 1767 lorsque la municipalité cannoise s’en inquiéta vraiment. Certes la ville comptait « des chirurgiens » et des chirurgiens-barbiers. Ces derniers, parfois de bonne volonté, étaient souvent des charlatans. Ils alliaient, dans l’exercice de leur art, l’astrologie de bonne-femme, la médecine campagnarde et les boniments de colporteurs !

Le 30 décembre 1767, la municipalité délibéra à ce sujet : … Ceux qui n’ont pas les mêmes moyens n’ont pas cette ressource (faire appeler un médecin étranger) et on a le désagrément de voir cette perte précieuse d’hommes, enlevés à la fleur de l’âge ; priver la communauté de cultivateurs et autres gens de peine, c’est rendre les travaux plus chers et plus difficiles… Enfin les pauvres admis à l’hôpital y languissent et surchargent l’œuvre dont les revenus sont insuffisants.

Il fut décidé de faire à un médecin des propositions assez avantageuses pour l’engager à venir s’installer à Cannes et l’on délibéra « au sujet d’un habile médecin ».

Le choix se porta sur le docteur Darluc qui exerçait alors à Caillan qui refusa.

La municipalité chercha parmi les rares Cannois d’origine ayant le titre de médecin celui qui acceptait de revenir dans sa ville natale… C’est alors que l’on songea au docteur Roustan qui exerçait à Lambesc. Il accepta en précisant que les visites devraient lui être payées à raison de six sols, il soignerait gratis les pauvres et les malades de l’hôpital. Quant à ceux du Cannet ils devraient lui fournir un cheval pour son transport tant à l’aller jusqu’au retour.

De plus, le docteur Rostan demandait un logement et l’exemption des droits de piquet pour sa famille et son domestique : le contrat devait être conclu pour une durée de six années.

Le docteur Roustan par sa science, sa bonté, son dévouement et son inlassable patience, rendit à sa ville natale, avec la santé, un nouveau courage pour affronter les épreuves de la maladie.

Son souvenir méritait d’être vénéré.

Ainsi la rue Gonnet fut débaptisée et porta son nom… pour s’appeler maintenant rue Commandant-André.

 

COMPLÉMENT D’ENQUÊTE :

Le nom de Marcel Dassault a suscité auprès d’un de nos fidèles lecteurs ces quelques propos : c’est son frère, Paul, qui a inspiré à Marcel Bloch le choix d’un nouveau patronyme. Celui-ci s’est engagé très tôt dans la Résistance sous le nom de Chardasso (il semblerait qu'il aurait même signé plusieurs messages au Général de Gaulle par le pseudonyme de ''général Chars d'Assaut''). On dit que Marcel Dassault voulut, en rajoutant un L illustrer ainsi sa principale activité, l’aviation.

Une autre précision : le socle du buste d'Edouard VII a été réalisé en comblanchien avec gravure inscription par les Etablissements BRAVI, il a été mis en place le 13 octobre 1951. Merci à notre fidèle lectrice.

 

ON NOUS COMMUNIQUE

Samedi 5 décembre une diapo-conférence vous est proposée au Logis des Jeunes de Provence, En baie de Cannes, des régates de légende. Elle sera suivie du traditionnel buffet de fin d’année.

Pour tous renseignements tel : 06 16 78 97 71

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