Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
30 août 2017 3 30 /08 /août /2017 18:40

 

POUR UN SOURIRE

1960 : Présenté en sélection officielle, L'Avventura de Michel Angelo Antonioni est très mal accueilli par le public lors de sa projection. Monica Vitti, actrice principale, sort en larmes de la salle et se fait injurier. Le soir même, lors d'un dîner de gala organisé au Palm Beach par la production de L'Avventura, un incident éclate entre le chanteur Dario Moreno, qui se produit devant les convives, et l'acteur Alain Cuny, l'un des interprètes principaux de La Dolce Vita. Alain Cuny, choqué par l'accueil fait à L'Avventura, s'indigne que l'on fasse un triomphe au « pitre » Moreno après avoir hué Antonioni, et invective publiquement le chanteur, le comparant au « poisson énorme et visqueux » qui apparaît à la fin de La Dolce Vita. Dario Moreno répond à Alain Cuny : Monsieur, je regrette beaucoup les paroles que vous venez de prononcer parce que moi je vous admire beaucoup.

Alain Cuny est ensuite exclu du Festival par le délégué général Robert Favre Le Bret. La polémique autour de L'Avventura, qui reçoit finalement le prix spécial du jury, est citée comme l'un des scandales du Festival.

BILLET N° 89 SEPTEMBRE 2017

L'affiche du 62e Festival de Cannes reprend un photogramme du film, on y voit Monica Vitti de dos en contre-jour dans l'embrasure d'une fenêtre.

 

NOS DEPUTES (suite)

Nous avons eu à Cannes « notre Dreyfus », il fut député de Cannes et d’Antibes de 1932 à 1936 et nous allons le suivre durant les années trente-quarante.

Dessin : L. L. Dreyfus, la terreur de Jeanpierre et Guiter. Archives municipales de Cannes.

BILLET N° 89 SEPTEMBRE 2017

Sa première réunion, en 1930, se tient au bar Augusta, 114 rue d’Antibes, devant 200 auditeurs. Il est partisan du désarmement pacifique mais la France ne doit pas se laisser berner. La Fédération française de bridge abonde en son sens et convie les bridgeurs à prélever 10 % sur leur gain de jeu qui seront consacrés à l’achat d’un avion pour la défense de l’Empire, il portera le nom symbolique de L’As de Coeur.

Louis Louis-Dreyfus est connu pour sa grande aisance financière, il sera surnommé « Double Louis Dreyfus » par le pamphlétaire Léon Daudet, et il multiplie les dons, ce que ne manquera pas de publier Le Littoral : à l’occasion du mariage de sa fille à Paris avec M. Jean Rheims, il verse la somme de 5 000 francs qui seront répartis entre les bonnes œuvres de Cannes. Il est alors député de la circonscription Cannes-Antibes. Les honnêtes gens le feront triompher.

Photographie prise à l’occasion de la pose d’une plaque commémorative du pyroscaphe de 1783 inventé par Claude de Jouffroy d’Abbans.

Photographie prise à l’occasion de la pose d’une plaque commémorative du pyroscaphe de 1783 inventé par Claude de Jouffroy d’Abbans.

Il est attentif aux problèmes horticoles de la région cannoise : nous le retrouvons dans les critiques du journal local Le Littoral, il invite le gouvernement à organiser la déclaration obligatoire des récoltes de plantes à parfum (fleurs et herbes) ainsi que celle des produits dérivés (huiles essentielles).

En mai 1931, non encore élu, il décrit la situation des producteurs de fleurs et plantes servant à la fabrication des eaux de fleurs d’oranger, des eaux de toilette et des essences pour parfums qui ne fait qu’empirer depuis des années :  des milliers de travailleurs de la terre, groupés ou non en coopératives de production, et s’adonnant surtout dans nos régions du Midi, à la culture des plantes à parfum (oranger, lavande, jasmin, rose, œillet, menthe),  voient s’accroître sans cesse la mévente de leurs produits. Ce fait n’est pas dû aux produits dérivés des plantes à parfum, qui, bien au contraire, est plutôt en augmentation, mais à la surproduction industrielle qui sévit dans les laboratoires, surtout à l’étranger. On a, en effet, tendance à y remplacer de plus en plus les produits naturels par des produits artificiels dont le prix de revient est infiniment moindre, mais dont la qualité est inférieure et qui s’avèrent même nocifs lorsqu’il s’agit de produits destinés à l’alimentation (fleur d’oranger) ou, à l’usage externe par pénétration sur l’épiderme (eaux de toilette, à base de lavande et de néroli) .

Quant aux parfums proprement dits, la clientèle, qui croit avoir à faire à des parfums fabriqués avec de pures essences de fleurs, alors que les huiles essentielles n’entrent plus dans la fabrication que pour une part infime, risque de ne plus recourir aux produits français quand elle s’apercevra qu’elle a été dupée.

(Notons que ceci est toujours d’actualité dans le plateau de Valensole pour les producteurs de lavandin).

En juin, soucieux de la crise économique sans précédent qui atteint cruellement nos compatriotes, il apporte son obole, une somme de 2 000 francs, aux communes de Cannes et d’Antibes. En juillet, c’est 2 000 francs, à titre de coopération personnelle, qu’il verse au Collège international de Cannes.

Il s’inquiète avec succès du confort de ses électeurs, réclamant auprès de la Compagnie du P.L.M. une redevance annuelle pour assainir le quartier de La Bocca, l’établissement du chemin de fer ayant modifié le régime d’évacuation des eaux pluvieuses.

Que dire de son épouse ? Le 9 mars 1932, Madame Louis-Dreyfus (née Emma Levy) est allée accomplir un geste généreux à Vallauris dévasté par l’orage, apportant 500 000 francs au Dr Sénès, maire de la ville. Toujours préoccupé par l’économie locale, L. Louis-Dreyfus intervient auprès du Gouverneur général de l’Algérie pour qu’on revoie les exigences phytosanitaires de l’arrivée des fleurs, par suite de la détérioration du produit (30 octobre 1932).

En 1934, il intervient au sujet des droits de douane appliqués aux produits des potiers de Vallauris à leur entrée en Angleterre, remerciements des intéressés.

Pour rappeler l’air du temps, il est friand de la guillotine et retient sa place pour les exécutions publiques (exécution de Weidmann). Il s’intéresse à un criminel, Michel Scarella, ancien lieutenant des milices espagnoles qui a abattu, le 12 mai 1939, le chef cuisinier de l’hôtel où il travaillait à Antibes ; condamné à mort, il sera gracié le 12 juillet 1939.

L’entrée en jeu de M. Louis-Dreyfus dans la lutte pour une élection municipale a fait se retirer le maire sortant, le Dr Gazagnaire. Et le gagnant est : Pierre Nouveau (1935-1940).

IM. Louis Louis-Dreyfus termine tristement son parcours et devient sénateur des Alpes-Maritimes en 1937, il est surveillé à distance par un policier et deux infirmières quand il se rend à la préfecture. Son élection est une honte pour le département.

Sources : AM Cannes K 46, 2S173.  Le Littoral.

COMPLÉMENT D’ENQUÊTE

Masséna, duc de Rivoli, fut candidat officiel pour la députation de 1869 (billet N°84). Il était très mondain et il faut bien le dire, ne s’occupait pas beaucoup de sa députation. Il a enrichi le monde de découvertes importantes. C’est lui qui a prouvé le premier qu’un gilet pouvait tenir avec un seul bouton. Revue de Cannes 28 janvier 1869.

 

CE MOIS A CANNES : 

Septembre 1946. Pour inaugurer le premier festival de Cannes, le ministre du Commerce et de l’Industrie (Robert Lacoste) a eu cette phrase célèbre : Je déclare ouvert le festival de l’Agriculture.

 

LIENS ANNEXES :

Natalia Sumarakov-Elston, une comtesse exilée, raconte : autour de Cannes, il y avait de nombreux Cosaques qui élevaient des volailles, ils n’ont jamais appris le français…. Ils lancèrent le chic miséreux : les balayeurs de Cannes étaient célèbres, ils étaient très élégants et avaient grande allure dans leurs vareuses militaires. Tout le monde les adorait. J’ai connu une Anglaise qui vivait au-dessous de l’appartement d’un colonel qui travaillait comme balayeur, et il avait pris l’habitude de lui donner un exemplaire de Tattler le magazine qu’il recevait chaque semaine…

Sources : M.Glenny et N. Stone. The Other Russia: The Experience of Exile. 1919-1939, New-York, Oxford University Press. 1990.

 

ON NOUS COMMUNIQUE :

Samedi 23 septembre, nous serons à Viva Association, espace Riviera du Palais des Festivals.

Jeudi 28 : Journée à Bordighera à la découverte de l’architecte Charles Garnier. Le matin, visite guidée de la vieille ville, l’après-midi sera consacrée à celle de la villa Garnier.

L’atelier des Amis des Archives a réalisé une brochure forte intéressante :

BILLET N° 89 SEPTEMBRE 2017

Pour tous renseignements ( : 06 10 83 12 39.

Repost 0
Published by mlr
commenter cet article
26 juillet 2017 3 26 /07 /juillet /2017 00:34

Une très jolie photographie à la vitrine de l’agence Europa 2 boulevard de La Croisette, une curiosité incessante, l’agréable accueil de M. Yann Rouault, un nom, un article.

Château Sainte-Anne. Rue du Commandant Bret, 28 à 36 boulevard d’Oxford. Photo de l’agence.

Château Sainte-Anne. Rue du Commandant Bret, 28 à 36 boulevard d’Oxford. Photo de l’agence.

C’est dans le cadre champêtre de ce quartier de Cannes que, vers 1855, lady Elisa Murgent épouse de sir Alfred Harley, comte d’Oxford et Mortimer achète de vastes terrains et fait bâtir le château Sainte-Anne et la villa Montfial.

En 1886, les deux demeures sont devenues la propriété d’un autre Anglais, le capitaine Wyner de Gray. En 1896, entouré de sa femme Eléonore, de ses filles Mary et Violet, le capitaine offre un bal somptueux en l’honneur du prince de Galles.

A cette époque, six domestiques dont un cocher vivaient au château.

Passionné de chasse, le capitaine louait auprès de la municipalité tous les terrains de l’île Sainte-Marguerite où elle pouvait se pratiquer.

Le jardin du château Sainte-Anne. Source Culture.gouv.fr.

Le jardin du château Sainte-Anne. Source Culture.gouv.fr.

Puis le capitaine se sépare de son domaine, qui, en 1925, figure dans les annuaires sous le nom d’Oasis, est habité par le futur propriétaire d’Isola Bella, M. Blum. Lord et lady Micheland en sont alors propriétaires. Lorsque Louis Hachette s’en porte acquéreur en 1929, il doit négocier l’achat du château Sainte-Anne qui a retrouvé son nom demandant l’autorisation de faire venir ses meubles avant même que l’acte de vente soit signé. Il vendra la villa Montfial avec jardin attenant, le tout occupant une surface de 2189 m2 détachée d’une plus grande propriété… Cette charmante bâtisse sera détruite pour laisser place à un immeuble moderne.

Après le décès de M. Hachette, ses héritiers honorant la promesse du défunt, vendent le château Sainte-Anne à Mademoiselle Gabrielle Dujardin. Dans les années 30, celle-ci épouse son cousin germain, Fernand Adda, le plus important cotonnier d’Alexandrie.

Le château Sainte-Anne s’appelle désormais Oasis El Beïda sur une superficie de 18 970 m2.

Sources : Les Belles Collines de Terrefial, Montfial, Bénéfiat. Publication des Amis des Archives, article de J.L.

 

CE MOIS A CANNES :

Le 31 août 1897, la Fête Nationale sera célébrée à Cannes. C’est de Peternof, à bord du Pothuau que l’empereur Nicolas II de Russie et le Président de la République Française ont fait savoir au monde l’Alliance Franco-Russe. Source Archives municipales 1 J 18.

Affiche aimablement communiquée par les Archives municipales.

Affiche aimablement communiquée par les Archives municipales.

MAIS AUSSI ... 

Fête de Saint Porcaire martyr : il était abbé de Lérins lorsque des corsaires venus d’Afrique menacèrent l’asile où il donnait l’exemple de toutes les vertus. Le Saint Abbé mit en sûreté les plus jeunes de ses religieux puis, convoquant tous ceux qui étaient sous sa juridiction, il les exhorta à ne pas refuser de donner leur sang en témoignage de leur foi. Deux seuls sentirent faiblir leur courage et se cachèrent dans une grotte. Les autres, au nombre de cinq cents furent tous massacrés aussi bien que l’un des fugitifs, honteux de sa retraite.

Sources: Guide bleu Cannes-Le Cannet 1935. Archives municipales.

 

NOS DEPUTES (suite)

De par la loi du 12 janvier 1816, cinq députés de notre région étaient condamnés à l’exil, ayant voté la mort de Louis XVI. Jean-François Ricord, avocat à Grasse, s’était lié à Bonaparte lors du siège de Toulon en 1793, il dut s’exiler en Belgique.

Nous connaissons André Capron célèbre maire de notre ville. Nous évoquons maintenant sa courte vie de député.

Quelle était la tendance politique d'André Capron ? Il se dit républicain, terme vague qui lui permet selon les mouvances politiques d'évoluer, avec un certain opportunisme, diront ses opposants. C'est un républicain, il n'hésitera pas à faire référence aux engagements de son père dans ses discours électoraux. Mais il est modéré, progressiste, libéral, il ne veut ni révolution, ni réaction. Il est favorable à une politique d'apaisement, c'est-à-dire un rapprochement avec les conservateurs, et notamment avec les milieux cléricaux.

Il reprend les paroles d’Émile Loubet : le programme de tout républicain tient dans ces mots la tolérance, l'union, l'apaisement.

En 1902, après son élection à la mairie de Cannes en janvier, le décès de son ami Jean Hibert, lui donne l'opportunité de briguer un siège, sans concurrent, le 13 juillet, au Conseil général. Il restera élu jusqu'à sa démission en 1910, pour être réélu en 1919 jusqu'en 1929.

Le journal Le Littoral lui était opposé. Le 23 mai 1903, il se fait élire administrateur puis président du conseil d'administration de la Société d'imprimerie et journaux du Littoral. Il contrôle dorénavant cet important journal local, qui s'était montré particulièrement violent contre lui ces derniers mois.

A. Capron veillera à ce qu’il soit un journal fait pour tous et par tous, destiné à être le défenseur des intérêts de Cannes et de la région, se gardant des personnalités tapageuses, tenant son rôle d'informateur propagateur de toutes les réformes généreuses qui peuvent être tentées sans violence dans le domaine politique et social . Le Littoral devient un journal d'opinion, républicain progressiste, qui soutiendra sans faillir la municipalité Capron, défendant ses positions, généralement conservatrices, et s'attaquant, parfois violemment, à l'idéologie radical-socialiste.

En 1903, la carrière politique d'André Capron pouvait prendre une nouvelle dimension, il avait toutes ses chances pour être élu député des Alpes-Maritimes, mais le principal obstacle en a été son épouse qui redoutait là un prétexte pour le bel André de s'échapper souvent de Cannes. Beaucoup de proches, et Ferdinand Bac le premier, confirment qu'elle avait quelques sérieuses raisons d'être jalouse, son mari ayant la réputation d'un charmeur invétéré. Ni objurgations, ni prières ne purent faire fléchir le veto de la châtelaine de la Villa Madrid écrit un journaliste du Suquétan le 11.02.1903. Il présentera la candidature de son ami François Arago, qui remportera l'élection. Il ne sera député des Alpes Maritimes qu'en 1928 après le décès de son épouse.

Dorénavant, le sort politique de la candidature Arago, qui sera député de la circonscription cannoise de 1903 à 1910 puis de 1914 à 1924, est lié à celui de la municipalité Capron. L'échec de l'un retentit sur l'autre. Fidèle dans ses amitiés et à ses idées, Capron suivra Arago dans la défaire de 1910. Le système politique régional est ainsi complet et verrouillé : le lien entre le pouvoir municipal et le pouvoir départemental est renforcé par le pouvoir législatif, sous le parrainage bienveillant du sénateur M. Rouvier.

Ses alliances politiques, sa main mise sur un important journal régional démontrent chez André Capron ruse, calculs ambitieux et opportunisme. Je pense que l'on a trop souvent décrit André Capron, comme un maire débonnaire, patelin, dont les réparties et les somnolences lors des discours officiels étaient source d'amusantes plaisanteries de la part des journalistes locaux.

 

 

André Capron, dessin humoristique. Aimablement communiqué par F.V.

André Capron, dessin humoristique. Aimablement communiqué par F.V.

Lors de la campagne pour les législatives, un journaliste, excessif et sans doute calomnieux, du Réveil d'Antibes écrit le 28 avril 1928 toutes les opinions sont respectables à la condition pourtant qu'elles soient sincères ; or, ignore-t-on encore que M. Capron préparant son élection se faisait conduire par sa fidèle gouvernante tous les dimanches à la grand' messe, ce, pour ne pas froisser les susceptibilités des gens d'église ; sait-on qu'en sortant de l'église, M. Capron, le même, allait régulièrement prendre séance aux tenues d'obligations de la loge maçonnique du rite écossais, ce pour se ménager les sympathies des francs-maçons ; se doute-t-on qu'entre temps, le même M. Capron, allait verser son obole à la caisse du secours rouge communiste ? ? ? Voici l'homme et ses opinions…

Ses compromissions et louvoiements politico-électoraux ne lui enlèvent en rien son côté très humain et charitable et le succès des nombreuses réalisations en faveur des Cannois et de la ville de Cannes. F.V.

 

COMPLEMENTS D’ENQUÊTE :

Dès le recensement de 1866, est signalée une propriété Arimondy dans le quartier des Vallergues. Sur le plan régulateur de 1884, elle s’appelle la villa Sainte-Rose. Elle appartient à Monsieur Jules-Antoine Arimondy, négociant en blé sur le quai Saint-Pierre. On la remarque par sa tourelle octogonale coiffée d’un beau toit de tuiles et surmontée d’un élégant paratonnerre. A son décès, sa fille unique, épouse de notre député Gilette, hérite de la villa. Madame Gilette-Arimondy décède le 3 janvier 1920… Cela devient une autre histoire.

Villa Marie-Rose, allée Sainte-Rose. Photo aimablement proposé par un correspondant.

Villa Marie-Rose, allée Sainte-Rose. Photo aimablement proposé par un correspondant.

Bonnes vacances .

Repost 0
28 juin 2017 3 28 /06 /juin /2017 19:18

ACTUALITÉS :

Une innovante exposition au Musée Picasso qui se tient à Paris du 21 mars au 3 septembre 2017, nous a donné l’idée de retrouver la trace d’Olga Picasso.

Acte de décès d'Olga Picasso

Acte de décès d'Olga Picasso

En 1935, la liaison durable de Picasso avec Marie-Thérèse Walter dont il aura une fille cette année-là, précipite le départ d’Olga Picasso pour Cannes avec son fils Paulo. Elle va mener une vie très discrète, recueillant sa petite-fille Marina après la séparation de ses parents, Paulo et Emilienne, jusqu’ à sa mort, Marina est alors âgée de cinq ans.

Une rencontre fortuite au boulevard Carnot à la recherche de l’immeuble où elle a vécu, le 76 aujourd’hui démoli, N. C. a rencontré une dame, très âgée, qui l’a connue : Olga donnait des réceptions très appréciées mais nous apportions mets et vins, elle ne se séparait jamais d’un médaillon contenant une photo jaunie de sa mère. Elle reposait avec ce médaillon sur son lit de mort.

Olga Picasso décède d’un cancer dans une certaine solitude, jamais son illustre époux n’ira la voir. Elle est enterrée au cimetière du Grand-Jas, quartier protestant. Des témoins compatissants feront en sorte que son petit-fils, Pablo, suite à son suicide horrible en 1973, la rejoigne dans la tombe.

Gardons d’Olga Picasso l’image si connue

Portrait d’Olga dans un fauteuil. Huile sur toile 130 x 88,8 cm. 1917. Musée Picasso.

Portrait d’Olga dans un fauteuil. Huile sur toile 130 x 88,8 cm. 1917. Musée Picasso.

LES DÉPUTÉS DE CANNES :

Après l’article paru dans le précédent billet, Gillette fut battu et pourtant réhabilitons sa mémoire :

Lecture du  Courrier du Littoral, 15 janvier 1903.

… Pour beaucoup, M. Gillette-Arimondy est un commerçant très intelligent, très actif, qui, méthodique et ordonné, a « su faire ses affaires », mais la plupart ignorent que ce commerçant est doublé d'un universitaire, d'un normalien, ayant acquis des grades dont tous ceux qui ont quelque culture connaissent la valeur.

… Né à Grasse en 1846, M. J. Gillette fit ses premières études à l'école laïque de M. Cresp, le père Cresp, comme l'appelaient les écoliers de l'époque.

Le jeune écolier eut tôt fait d'apprendre les premiers rudiments de l'enseignement que professait le père Cresp, et à neuf ans, il entrait comme externe au collège de Grasse, où il ne tardait point à manifester un goût marqué pour les sciences.

Cinq ans après, il fut envoyé au Lycée de Nice, où il reste jusqu' à l'épreuve du baccalauréat, qu'il subit avec succès. A ce moment, le jeune lycéen partit pour Paris, où il entra au Lycée Charlemagne, en mathématiques spéciales.

Deux ans plus tard, c’est-à-dire à vingt ans, — l’âge des beaux rêves et des nobles aspirations — M. Gillette était reçu à I 'Ecole Normale supérieure, section des sciences, où il fut l’élève du grand Pasteur.

A vingt-deux ans, il était reçu licencié de sciences mathématiques et licencié ès-sciences physiques.

A sa sortie de l'Ecole, il fut nommé professeur de physique au lycée de Niort.

Là, le jeune professeur ne se contenta  point de faire des cours aux jeunes lycéens qui lui étaient confiés…  Il s'affilia à la Ligue de l'Enseignement public, que présidait Jules Simon, et dont une section avait été fondée à Niort par Antonin Proust, et il enseigna les sciences aux enfants du peuple.

Mais la carrière du jeune professeur, qui semblait devoir être des plus brillantes, fut brusquement interrompue par les événements de 1870. Le 4 septembre, la République fut proclamée à Paris et la nouvelle en parvint aussitôt à Grasse, où M. Gillette se trouvait en congé de vacances. Un Comité Républicain fut constitué et il en fut élu le président. En cette qualité, il se rendit à l'Hôtel de la Sous-Préfecture et, entouré des membres de son comité, il proclama la République. Quelques jours après, il était désigné pour faire partie de la commission municipale, que présidait un proscrit de décembre, l'avocat Rebuffet.

Durant cette période troublée, M. J. Gillette fit preuve du plus grand sang-froid, et se faisant l'apôtre des idées démocratiques, il s'appliqua à vaincre les résistances de ceux qui ne voyaient point sans amertume, l'avènement du régime nouveau.

Mais les évènements se précipitaient, il ne suffisait pas d’administrer, il fallait combattre. En janvier 1871, des bataillons de mobilisés étaient organisés et M. J. Gillette, élu capitaine de la première compagnie, du premier bataillon, partait pour l'Algérie, où il fit campagne durant cinq mois. Il prit part à l'expédition d'El-Miliah, où l'arrière-garde de la colonne subit une vigoureuse attaque dans laquelle elle perdit plusieurs hommes.

Après la guerre, le jeune professeur soldat vint se fixer à Cannes où résidait depuis longtemps toute la famille de son père, il épousait Mademoiselle Arimondy, fille de M. Antonin Arimondy, négociant. Allié ainsi à l'une des plus anciennes familles cannoises, M. Gillette devint bientôt l'associé, puis le successeur de son beau-père. C'est ainsi que  son nom se doubla de celui d’une famille qui, devenue la sienne, l'attachait pour toujours au sol cannois.

M. Gillette-Arimondy a été pendant trente-deux ans à la tête d'une maison de commerce importante…

 

Commerce Graines et Farines, quai Saint-Pierre. Archives municipales.

Commerce Graines et Farines, quai Saint-Pierre. Archives municipales.

Mais durant ces mêmes périodes, M. Gillette-Arimondy a pris part à toutes les créations d’intérêt public. C’est ainsi qu’il participa activement à la campagne qui aboutit à la création d'un Tribunal de commerce à Cannes , qu'il présida les commissions d'enquêtes dont les travaux aboutirent à l'agrandissement de notre port , qu'il prit une part active à la création de notre école d'hydrographie, qu'il s'associa à la création de sociétés diverses, qu'il prit l'initiative de la création de la Société du Matériel d'Eclairage, qui a permis de donner à nos fêtes de nuit un éclat incomparable, qu'il a contribué puissamment à donner à l 'ensemble de nos fêtes une impulsion telle qu'elles sont devenues pour notre ville l'un des éléments essentiels de sa prospérité.

M. Gillette-Arimondy est, depuis sa fondation, l'un des membres les plus actifs de la Société d' Horticulture et d’ Agriculture de Cannes, qui l'a élu vice-président.

En 1884, M. Gillette-Arimondy fut nommé membre de la Chambre de Commerce de Nice, depuis, il a constamment été réélu. Il y a quelques années, les membres de cette Compagnie l'appelèrent à la vice-présidence.

Telle est la vie de cet homme qui, cédant aux instances de nombreux républicains, se présente devant les électeurs de la circonscription de Cannes-Antibes…

Signé G. BON.

M. Gillette-Arimondy fut battu par M. Arago, petit-fils de l’illustre physicien.

 

TOUJOURS d’ ACTUALITE : LE FESTIVAL.

En avant-première et en exclusivité, le trophée qui devait être décerné à l’occasion du 1er festival international du film de Cannes en 1939, sera présenté au cours d’un cocktail de presse.

Trophée du Festival 1939.

Trophée du Festival 1939.

Ce Trophée, ancêtre de la Palme d’or, avait quitté Cannes alors que le festival avait été interrompu par la déclaration de la Seconde Guerre mondiale. Cette pièce unique fut réalisée pour les organisateurs du 1er festival en 1939, par Jean de Vernon (1897-1975), graveur-médailleur et sculpteur français et retrouvée, en l’an 2000, au hasard d’une vente aux enchères en Allemagne.

Et en 2017 : Caroline Scheufele, coprésidente du joaillier CHOPARD qui réalise gracieusement chaque année la Palme d’or, a indiqué que pour le 70e anniversaire du Festival de Cannes, le trophée serait étoilé de 167 diamants.

VILLA MARIPOSA

C’est dans le billet N° 84 d’avril 2017 que nous l’avions citée. En feuilletant, mot inadéquat puisque numérisé, Le Littoral du 11 avril 1920 on apprend qu’un terrible incendie a ravagé la villa Mariposa dont le propriétaire était M. Terenchenko, (ministre des Affaires étrangères de Russie) durant le début de la Grande guerre) il était dans les lieux avec son épouse, sa fille et son gendre, M. et Mme Tchaïkovski, et des amis. C’était alors au 50 avenue Roi-Albert.

Photo d’archives.

Photo d’archives.

La villa a été érigée en 1878, riche de vingt-huit pièces, et a été remplacée en 1973 par dix-huit appartements. L’architecte cannois, M. Lizero en sera le « consultant » en France sur un projet de Sir Basile Spence, le jardin a été reconfiguré, la piscine occupe les anciennes serres.

En 1903, Bernard Kall, qui a acheté des terrains au sud-ouest de la villa, fait faire une analyse du sol. Le jardin, dont la superficie atteint dès lors 1,6 ha, est complété par des parterres et plantations rares de palmiers.

Résidence Mariposa   56-58 avenue Roi-Albert. Photo F. V.

Résidence Mariposa 56-58 avenue Roi-Albert. Photo F. V.

Si Mariposa était contée : sa vie fut brillante. Jugeons-en :

Madame Bernard KALL ouvre ses salons à un excellent orchestre et à un flot de danseurs le 21 janvier (Courrier de Cannes 17 janvier 1886).

Terenchenko adorait la musique et engageait des violoncellistes pour qu’ils restassent chez lui vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Après la révolution russe, ruiné, il vendit Mariposa.

Elle fut la résidence du prince Christian de Hesse, figure bien cannoise ; il était apparenté à la fois à la famille impériale russe et aux Mountbatten.

Pendant l’Occupation, elle fut réquisitionnée par l’armée allemande. Au moment de la menace du débarquement allié, on sacrifia le parc, creusant des tranchées et des abris individuels.

Mise en vente en 1950, elle fut achetée par le baron Olivier Allard qui venait d’épouser la veuve du fondateur de L’Ecole universelle. Pendant des mois un procès retentissant, interminable et à rebondissements multiples, eut lieu en Belgique, le Baron en sortit acquitté en 1972. Vivant toujours à Cannes mais dans une autre villa, il s’éteignit le 26 août 1981.

Sources : Journaux d’époque.

                 Inventaire général du patrimoine culturel.

                 Jean Bresson : La Fabuleuse histoire de Cannes.

Repost 0
Published by mlr
commenter cet article
1 juin 2017 4 01 /06 /juin /2017 00:25

LE DOMAINE DE LA CROIX - DES - GARDES

Chargé d’histoire, le château de la Croix-des-Gardes, comme l’appellent les Cannois, est devenu un lieu de légende. Le Festival international du film y aurait accueilli la première de ses soirées mythiques, et Alfred Hitchcock le choisit pour décor de La Main au collet, en 1955 avec Cary Grant et Grace Kelly.

En 1917, M. Paul Girod, industriel métallurgiste à Ugine, achète cinquante hectares de bosquets, de broussailles, de rocailles, à l’ouest de la Croix-des-Gardes. Au sommet de la colline, 213 mètres d’altitude, il fait construire une magnifique demeure de trois étages de style florentin. Les plans sont dressés par deux architectes, l’un genevois Edmond Fatio, l’autre cannois, Pierre Nouveau.

Sur treize hectares autour du bâtiment sont créés de somptueux jardins suspendus.

En 1925, Paul Girod vend sa propriété à M. Michael Goldman, créateur des bijoux Burma. En 1964, la villa, avec une partie du domaine, est vendue à l’un des propriétaires de Perrier, M. Leven. Des travaux importants sont entrepris. « Connaissance des Arts » écrit : Le bâtiment est évidé comme une coque de noix, le vestibule est ouvert jusqu’au toit.

Dans les années 1980, le Prince Charles et son secrétaire particulier y furent invités par M. Leven afin d’assister à des activités de bienfaisance. Son secrétaire raconte son étonnement quand on lui présenta un distributeur de boissons, trois robinets, le premier donnait de l’eau Perrier, le second un vin rosé très frais et le troisième un Bordeaux millésimé à la température adéquate.

BILLET N° 86 JUIN 2017BILLET N° 86 JUIN 2017

Le château dispose de 24 pièces et 20 chambres. Comme le souligne Alexander Kraft, PDG de Sotheby’s International Realty, au Club Immo, ce bien d’exception est actuellement proposé à la vente au-delà de 50 millions d’euros. Un château de légende à la fois glamour et monumental.

Sources : Demeures anciennes et beaux jardins. De M.D. Cannes Côte d’Azur, Archives municipales de Cannes.

Fabuleuse histoire de Cannes. Jean Bresson.

 

ACTUALITES : NOS DEPUTES Le Littoral 1913-1914.

M. Gillette (1840-1933) fut notre député durant quatre ans. Licencié en sciences physiques et chimiques et en mathématiques, il est élu député de Grasse (et donc de Cannes) en avril 1910.

Aurions-nous voté pour la réélection de ce député sortant et sorti de Cannes ?

Extraits du journal Le Littoral 1913-1914.

 Hélas ! Le critique le plus indulgent ne saurait trouver en lui les éléments du plus mince éloge et nous imaginons que l'ami — s'il en est un qui aura ce courage, — qui sera chargé de le saluer sur sa tombe, se trouvera fort embarrassé pour parler de lui sans insulter à sa mortelle dépouille. Après des études au lycée de Nice puis au lycée Charlemagne à Paris, il entra à l'École normale supérieure, mais en est renvoyé à cause de ses opinions politiques républicaines en 1866…

… Gillette est un bipède d'une espèce rarissime — heureusement. Maigre comme le carême en personne, la tête en ovale comme un gros citron ratatiné, les yeux en boule de loto, la bouche fendue en grimace, le buste étroit dans une veste flottante, les jambes maigres sous un pantalon trop court, il s'en va, silhouette de carnaval, avec des gestes d'automate. Au physique c'est un mannequin articulé. Au moral c'est une girouette grinçante : la Girouette-Arimondy brevetée du Courrier du Littoral.

Quand il parle, on dirait qu'il grogne. Quand il rit, on croirait qu'il va mordre. Quand il regarde, on jurerait que ses yeux sont des pistolets.

A la Chambre, lors de son premier discours il s'écriait : « Vieux Républicain sous l'Empire » ! Le mot était de taille. Et un de ses collègues commentait. : « S'il était déjà vieux sous l'Empire, il est excusable de radoter aujourd'hui. ».

… Dans l'art des volte-face il est passé maître. Par exemple, il a un sens profond de l'économie. Autrefois, quand il vendait de l'avoine, il facturait les bouts de ficelle, tandis qu'il répétait à sa vieille bonne cette belle parole qui lui est restée en surnom : T'aou Gardi I

Depuis qu'il est député, il évite les banquets pour ne pas avoir à donner de pourboires, et il s'achète des complets à 49 fr. 50 pour réaliser un boni sur ses 15.000 francs d'indemnité.

Il avait bien promis de verser six mille francs par an aux enfants pauvres des écoles laïques : mais il a sur ce point une excuse admirable : « L'élu est un autre homme que le candidat. Celui-ci promet. Celui-là se garde bien de tenir. Où est le mal ? »

… Un jour on parlait devant lui des besoins de la classe ouvrière : - « Peuh ! Ricana-t-il, les ouvriers sont exigeants, le pain noir est assez bon pour eux ! »

Une autre fois, une mère de famille en larmes lui contait sa détresse : « Je n'ai pas de travail, pas d'argent, pas de pain et j'ai quatre mioches », lui disait-elle pour l'attendrir. Il répondit à la pauvresse « Eh ! Madame, qu'aviez-vous besoin de les faire ? »

A la veille des élections :

Nouvelle cabriole de Monsieur Clown. La profession de foi de M. Gillette-Arimondy, dit oeuf d'autruche, est un morceau de littérature digne de la plume du professeur Goudron. Nous l'avons parcourue avec joie, et nous en recommandons la lecture attentive à tous les électeurs qui auraient pu garder quelque illusion sur la moralité du député sortant. Jamais le bluff électoral ne fut pratiqué avec une si tranquille inconscience. Jamais la réalité des faits ne fut maquillée avec une pareille audace. Jamais candidat n'osa équivoquer sur son programme avec un tel mépris de son drapeau. Gillette qui, au Congrès de Pau, avait adhéré à la politique radicale dont la haine de M. Poincaré, président de la République, est le principal pivot ;

Gillette qui s'est encanaillé à la rue de Valois, où les femmes de ministres assassinent froidement les journalistes de l'opposition, quand ce ne sont pas les beaux-frères de Leurs Excellences qui se font arrêter pour escroquerie ;

Gillette qui s'était crânement inscrit dans le parti radical unifié, avoue lui-même sa honte puisqu'il n'ose pas déployer loyalement sa bannière et puisque, se réfugiant dans le maquis des à peu près, il s'affuble d'une épithète radicale réformiste, qui ne signifie rien.

Il se plaint du « labeur écrasant qu'il a accompli pendant sa législature», affirme qu'il « laisserait volontiers la place à un autre », et déclare que c'est par « pur dévouement » qu'il se représente.

Il avait promis aux cheminots de défendre leur cause, et ce charlatan, traître à sa parole, a voté par deux fois contre la réintégration des cheminots. Il a même voté, par-dessus le marché, l'exclusion du député socialiste Colly.

Il avait proclamé qu'il ne s'occuperait jamais à faire accorder des décorations, ces hochets de vanité transformés en récompenses électorales, et il s'est humilié auprès des ministres pour obtenir quelques rares rubans - très rares et fort mal placés - puisqu'il a fait fleurir la boutonnière d'un individu que la police mobile de Pégomas a surveillé et soupçonné.

Il avait annoncé une interpellation sur les bandits de Pégomas. Il s'est tenu coi.

Il s'était engagé à venir rendre compte de son mandat tous les ans aux électeurs de toutes les communes. Il a manqué à sa promesse, en ce qui concerne Cannes, où il n'a jamais daigné venir s'expliquer publiquement pendant ces quatre ans.

Il affirme qu'il a obtenu le relèvement des droits de douane sur le néroli. C'est inexact ; car ce qu'il a obtenu de la Chambre n'est pas encore adopté par le Sénat.

Avant lui, M. François Arago avait fait triompher au Palais-Bourbon, un tarif identique ; c'est le Sénat qui avait, à l'époque, défait l'œuvre de la Chambre. Et le Sénat, vraisemblablement, peut faire une deuxième fois ce qu'il a fait une première fois. Gillette écrit sans rire, que « son intervention personnelle a abouti à des réalisations sur des questions économiques». Mais où sont-elles ces réalisations, que nous nous dépêchions de les aller voir ? Qu'a-t-il fait pour les oléiculteurs ? Rien. Il les a oubliés. Qu'a-t- il fait pour les horticulteurs ? Rien, sinon que son influence a fait diminuer la subvention accordée par le Ministre de l'Agriculture à notre Exposition Florale. Qu'a-t-il fait pour les agriculteurs ? Rien. Qu’a-t-il fait pour notre commerce local ? Rien. Qu'a-t-il obtenu pour nos villes ? Rien.

… Il n’a fait partie que d'une seule Commission : celle des économies. Il était là à sa place. Hélas ! il n'a même pas exercé ses talents d'harpagon puisque le budget, loin de diminuer, a enflé dans des proportions formidables.

En vérité, il ne s'est illustré à la Chambre qu'à deux séances mémorables. La première fois, c'est le jour où, dans sa muflerie et sa lâcheté, il a eu la bassesse d'âme d’insulter et de calomnier, du haut de la tribune, la femme de l'ancien sous-préfet de Grasse. Ce jour-là, Gillette s'est conduit comme un polisson. Et il n'est pas, dans la circonscription, un seul père de famille, un seul mari, un seul fiancé qui n'ait méprisé l'homme assez méprisable pour oser s'attaquer à une femme.

La seconde fois, c'est quand, pour sauver les Radicaillaux prévaricateurs compromis dans le scandale Rochette, il a essayé de salir un de ses plus honorables collègues.

Décidément, Gillette n'était pas un député, c'était un écouvillon. Il atteste, dans son affiche, que le programme radical est en partie réalisé. Vraiment il nous la baille belle. Non seulement la Chambre défunte n'a pas voté l'impôt sur le revenu, non seulement elle n'a pas trouvé le moyen, en quatre ans, de voter la Réforme électorale mais encore elle n'a pas été capable de voter le budget annuel.

… Pour la loi militaire, ce singulier médaillé de 1870 qui fit campagne en Algérie, préconise le retour à la loi de deux ans. Ceci est la condition qui lui a été dictée par le parti socialiste. Mais c'est aussi la déclaration qui situe le mieux sa candidature aux yeux de tous les bons français. Gillette, l'antipatriote, n'a pas conscience de l'honneur français. Le mot de Patrie ne dit rien à son âme haineuse. La future invasion ne trouble pas ses rêves. Il sacrifie à ses misérables intérêts électoraux la dignité et l'intégrité de la France. Cet homme n'est plus cannois.

Pour l'indemnité parlementaire, Gillette s'enlise dans une contradiction qui fait lumineusement ressortir son peu de sérieux. Tantôt il veut ramener cette indemnité au taux constitutionnel - et cet adjectif est une ânerie - de 9.000 francs par an, et tantôt il veut payer les députés par jetons de présence.

Gillette, c'est le chantage des Moines de Lérins, c'est la concussion des Pompes Funèbres, c'est le vol du Comité des Fêtes, c'est la fameuse Fête des Reines, c'est la dilapidation des fonds du Bureau de Bienfaisance, c'est le renvoi des employés municipaux, c'est le mouchardage des fonctionnaires, c'est le cambriolage du mur de la vie privée, c'est la violence, le mensonge, l'outrage, élevés à la hauteur d'un principe radical-réformiste.

L’autre jour, au Riou, M. Gillette-Arimondy nous dépêchait ses turcos.

Avant-hier, à la Croisette, deux taxi-autos déposaient sur la Place du Masque de fer une douzaine de ces gentlemen que Gillette a spécialement engagés pour empêcher M, Arago de parler.

Faut-il que Gillette redoute la contradiction pour qu'il s'avise d'organiser le chahut à prix d'or !

Signé Verax.

 

PROMENADES PICTURALES :

Hiver à Cannes. Huile sur toile. 56 x 46 cm. Collection particulière.

Hiver à Cannes. Huile sur toile. 56 x 46 cm. Collection particulière.

(Cette peinture a été exposée à la biennale des Antiquaires de Paris en 1986).

Van Dongen est descendu plusieurs fois à Cannes participant aux Fêtes mondaines qui se devaient d’être au Palm Beach.

Souvenir ou résurrection, actuellement dans les sous-sols du casino de la Pointe Croisette, Jean-Pierre Spiedel fait le tri. « On est en train de dresser un inventaire très précis de ce qui a fait l’histoire du Palm Beach. De la vaisselle, de vieilles tables à roulette et de blackjack, des éléments de décor et même des vins précieux » explique le directeur artistique de cet établissement cannois qui baissera bientôt définitivement le rideau.

Tables de jeux, lustres, chaises, tableaux, sculptures… Ce sont près de 600 lots qui seront vendus lors de la vente aux enchères des objets du casino Palm Beach, les 3 et 4 juin prochains. Mais pour les fameux colosses qui trônent dans le hall du casino, une mise en beauté s’impose avant la vente. Les voilà donc entre les mains de dix artistes, soigneusement choisis par Jean-Pierre Speidel.

Inaugurées en 1929, fermées en 1991, et finalement rouvertes sous l’enseigne Partouche, depuis 2002, ses salles de jeux s’installeront dès le printemps prochain au rez-de-chaussée du 3.14 (voir billet N°76 août 2016).

Customisation par le dessinateur Kristian intitulée « Mélodie en sous-sol ». Photo L.S.

Customisation par le dessinateur Kristian intitulée « Mélodie en sous-sol ». Photo L.S.

ON NOUS COMMUNIQUE                                                       

Jeudi 8 juin : Promenade pédestre, guidée et commentée des Basses-Vallergues. RDV : 14h15 au club Carnot, av du Petit-Juas.

Jeudi 22 juin : Promenade pédestre guidée et commentée des Hautes-Vallergues. RDV : 14h30 arrêt « Hôpital ». Goûter champêtre chez un adhérent et ami. Inscriptions avant le 15 juin. 15 personnes maximum.

Pour tous renseignements : ( 06 10 83 12 39.

Repost 0
Published by mlr
commenter cet article
27 avril 2017 4 27 /04 /avril /2017 00:22

LE FESTIVAL DE CANNES

Il est à l’honneur en commençant par Je me souviens de Georges Perrec (1936-1982) qui écrit page 47 Je me souviens que Claudia Cardinale est née à Tunis (ou tout au moins en Tunisie).

Claudia Cardinale illustre la superbe affiche du 70e Festival qui s’inspire d’une photo publiée dans Nice-Matin que nous reproduisons ici.

La photographie a été prise sur une terrasse à Rome.

La photographie a été prise sur une terrasse à Rome.

ACTUALITÉS :

1 - Le pont Alexandre III, créé au moment de l’arrivée du train à Cannes en 1863, s’appelait le pont de la Baume (voir le billet N° 83) et quand le boulevard Notre-Dame des Pins est devenu boulevard Alexandre III en l’honneur du tsar Alexandre III (cérémonie du 14 décembre 1894), l’usage a voulu qu’il s’appelle du même nom.

Le pont Alexandre III avait été décoré par deux fresques en 1982. Certes, elles étaient un peu défraîchies, l’une évoquait la plage et le Suquet, l’autre Le Carlton, enfin, difficilement.

 

Photo communiquée par un correspondant.
Photo communiquée par un correspondant.

Photo communiquée par un correspondant.

La ville de Cannes a fait appel à un artiste spécialisé dans la décoration urbaine pour sa rénovation.  Cette double réalisation illustre Pulp Fiction d’un côté, La Leçon de Piano de l’autre, deux films récompensés de la Palme d’or en 1993 et 1994.

 Comment a été fait ce choix ? Il ne manque pas de films tournés à Cannes qui auraient pu être à l’honneur ! Il était possible, par exemple, d’évoquer La main au collet, film de 1955 d’Alfred Hitchcock, les couleurs nous auraient ravis davantage.

Une scène importante a été tournée à la villa Stanford dans ce luxueux quartier de Cannes appelé La Croix-des-gardes. L’adresse est 145 boulevard Leader…  

2 - Nous venons d’entendre à la télévision que d’anciens petits boulots reviennent à la mode, ainsi cireur de chaussures, assez lucratif, une moyenne de 2 000 € net par mois.

On ne résiste pas : Echos de Cannes 15/01/1882

… Ce Cours, sache-le de suite, spacieux de plus de 1100 mètres de long sur 50 de large, est la plus belle place incontestablement de toutes celles des villes du littoral ; c'est là que les Cannois se retrouvent le plus volontiers pour la promenade simple, les rendez-vous d'affaires, ou pour écouter des concerts qui sont donnés par une société de musique dont les principaux artistes viennent des premières musiques de nos régiments…

Le passant peut, à bon compte, procurer à sa chaussure le revif luisant qui lui manque. Je me complaisais dans l'observation de cette toilette opérée sub Jove calido, bien différente sous tous les rapports de celle qui s'effectue à Paris, en pareille saison, sub Jove frigido, et je me disais : ce peuple, à en juger par les plus humbles de ses représentants, est vraiment hospitalier et ami de la belle grâce, même dans les plus infimes choses. Comme cela est bien imaginé. Par exemple, au lieu de laisser le client perché sur un pied comme une cigogne, de le faire asseoir en face d'une sellette en pente douce, où il pose ses pieds sur deux pédales bien amenuisées, dominant une estrade, et cela sur un fauteuil rembourré garni de velours, muni de larges supports pour les bras et dont les quatre pieds sont encastrés dans de petits cadres pour empêcher toute déviation compromettante. Que je lui trouvais bon air à ce voyageur crotté, fatigué sans doute, à siéger, comme un sénateur, sur ce siège curule, eu toute sécurité et sérénité, sur ce piédestal à l'abri de tout contact, sous l'ombrage d'un palmier, en face de la statue neigeuse du bon Lord, du Splendid Hôtel ou des flots azurés. Comment te narrer avec quelle méthode sûre et prompte l'opérateur procède, de quels égards respectueusement laconiques il use, et comme il termine son œuvre par une inspection générale et un brossage catégorique?

Collection A. Bachemont

Collection A. Bachemont

CE MOIS A CANNES :

Sidney Bechett a écrit Petite Fleur en 1956 pour la jolie Anne-Marie Mersen. Sur la photo on la voit jetant des fleurs pendant la bataille de fleurs du Festival cette année-là.

Photo aimablement communiquée par Irène Payan.

Photo aimablement communiquée par Irène Payan.

LIENS ANNEXES : Jean Bresson : La Fabuleuse histoire de Cannes.

Au bar du Palm-Beach, les employés sont en grève, 1er mai 1936, la grève durera une quinzaine de jours, les consommateurs font leurs cocktails eux-mêmes et s’amusent à les baptiser « à-peu-près », « Sur-le-tas », « Bada-Blum », « C.G.T.-Roi », le premier prix allant à la mixture servie dans un verre hors de la normale et baptisée « Joue-haut » par allusion au nom du chef de la centrale ouvrière.

 

COURRIER DES LECTEURS

La conférence La famille Von Derwies … de Nice à Cannes, faite par Mademoiselle Laredo.

Une aimable lectrice apporte les précisions suivantes au billet précédent : tout d'abord on ne peut pas dire que le baron Von Derwies passa "la plus grande partie de sa vie à Saint-Pétersbourg". En effet dans son enfance (entre 1870 et 1881) il vécut à Nice et en Suisse puis dès la Révolution, la famille ne retournera plus en Russie. Son fils est né à Nice en 1899 et mort à Cannes en 1938. 

Nous remercions vivement T.G.

 

ON NOUS COMMUNIQUE :

Mercredi 31 mai : journée à Levens en covoiturage.

Le matin : visite guidée de Levens et de la maison du Portal où sont exposées les œuvres de J.P. Augier. Déjeuner au restaurant « Le Mas fleuri ».

L’après-midi, visite de l’atelier de sculpture de M. Augier encadrée par M. Augier lui-même.

Pour tous renseignements : ( 06 10 83 12 39

 

Repost 0
Published by mlr
commenter cet article
29 mars 2017 3 29 /03 /mars /2017 19:15

Le Point du 23 mars 2017 fait un dossier « Spécial Cannes ». Le maire, Monsieur Lisnard, se veut populaire, souvent alpagué par les Cannois. Nous ne résistons pas :

Le Littoral 23 04 1904 : On a fait quelque bruit, hier,  en ville, d'un incident, d'ailleurs sans importance, qui s'est produit à I ‘angle de la rue Bivouac et de la rue Jean de Riouffe.

Le lieu probable de l’incident. Photo MLR

Le lieu probable de l’incident. Photo MLR

Voici les faits en deux mots : M. Capron suivait à cheval la rue Jean-de-Rioufle. Il s'arrêta un instant à l'angle de la rue Bivouac pour causer avec M. Raybaud conseiller municipal ; à ce moment, il remarqua sur le trottoir et venant de leur côté le directeur d'une feuille qui, depuis sa fondation, s'est donné la  spécialité de l'injure et de l'outrage. L'individu en question regarda M. Capron avec insistance, de son air narquois et provocateur. M.Capron sauta de cheval et lui dit :

 « Je vous défends de me regarder ainsi, insolemment» ; et comme l'individu prenait une attitude agressive, M. Capron lui administra un soufflet qui envoya notre homme rouler sur le trottoir.

Tout se borne là. M. Capron remonta à cheval et s'éloigna au pas, se rendant  à son cabinet de l'Hôtel de Ville. Merci à F. V.

 

CE MOIS A CANNES : Revue de Cannes, 7 avril 1869.

Discours électoral du préfet des Alpes-Maritimes, ses inexactitudes et sa réfutation.

L’Union de Cannes et Grasse accuse le Préfet d’avoir apporté un document apocryphe et controuvé, violence et inexactitude complète de ce factum.

Monsieur le duc de Rivoli est le seul candidat officiel à la députation, il a déjà été fixé au choix du gouvernement par le vœu des populations (de Cannes et Grasse)… Il faut des aptitudes particulières qui font malheureusement défaut à Monsieur Méro. Monsieur le duc est le petit-fils d’une illustration de la contrée, Monsieur Masséna…

Aptitudes d’un député officiel : une honorabilité indiscutable et un dévouement à servir la population.

On laisse aux internautes la possibilité de mieux connaître M. Masséna.

 

LIENS ANNEXES : JEAN GALTIER BOISSIERE  Mon Journal depuis la Libération.

L’auteur écrit le 4 mars 1945 :

Mendel (Michel) Szkolnikoff, russe apatride condamné en 1933 pour émission de chèques sans provision, se voit confisquer les deux  milliards qu’il avait gagnés avec la Kriegsmarine. Ce Michel avait acquis soixante immeubles, fait le trust de l’hostellerie (à Nice hôtels Piazza, Savoie, Rhul ; à Cannes Majestic et Martinez, à Aix-les-Bains, le Grand Hôtel ; à Monaco, l’Hôtel Saint-James et des Anglais ; à Paris, la Chope de Clichy, etc.) avait acheté 100 millions de bijoux pour sa femme, une réfugiée allemande. Michel et son épouse seraient passés en Espagne avec leur or et leurs pierreries.

15 juin 1945 : le Russe Michel, qui avait gagné deux milliards avec la Kriegsmarine a été assassiné.

 

HISTOIRES D’EAUX, suite et fin.

Plan cadastral de 1884. Archives municipales de Cannes.

Plan cadastral de 1884. Archives municipales de Cannes.

Nous finissons avec la Californie, entièrement enterrée, et dont nous connaissons en partie l’histoire parce qu’elle passe sous les résidences de la rue de Russie et qu’elle intéresse l’église russe du boulevard Alexandre III.

Ce sont donc des anecdotes.

Fin de l’année 1996, les policiers de notre ville se sont adressés à la gardienne Des Dauphins assurant que, avertis par la surveillance du littoral à Antibes, la résidence polluait la mer au niveau du Mouré rouge avec son mazout. Descente à la chaufferie, effectivement le niveau de la cuve est au plus bas, le plein avait été effectué la veille. (En fait la cuve était percée) La recherche du pollueur avait été faite en soulevant plaque d’égout par plaque d’égout pour remonter jusqu’à la résidence. Le Service d’hygiène de la ville a demandé à la Lyonnaise des Eaux de pomper jour et nuit la conduite enterrée d’un bras de la Californie jusqu’à ce que le mazout soit dilué. Ce furent de bien onéreux travaux mais cela est une autre histoire.

L’anecdote suivante fut que la pompe  du sous-sol ne suffît plus, une deuxième s’avéra nécessaire quand le long du Mouré rouge s’édifièrent, à la place de coquettes villas, de gros immeubles nécessitant trois étages de parkings souterrains. Les eaux souterraines furent ainsi refoulées.

Le service du drainage de la nappe aquifère de « Notre » jolie église russe située dans le même axe a dû être mal surveillé et la crypte souffre d’une humidité catastrophique, les cercueils qu’elle renferme sont en très mauvais état, pour mémoire entre autres  celui de l’archiprêtre Grigorï Ostrohoumor, de deux grands ducs Nicolaï Nicolaïevitch le Jeune et Pietre Nicolaïevitch Romanov, Pierre Alexandrovich dOldenbourg (qui avait épousé la sœur de Nicolas II, Olga),  et celui d’Hélène Vagliano, chère à la mémoire des Cannois.

Le bulbe de l’église russe quitte son clocher. Boulevard Alexandre III. Photo ER

Le bulbe de l’église russe quitte son clocher. Boulevard Alexandre III. Photo ER

4 octobre 2015 : Cannes est sous des trombes d’eau et de boues, coupure du courant pendant 12 heures (nous fûmes privilégiés). Le sous-sol est sec. Les eaux de la Californie ont trouvé un nouveau chemin pour arriver à la mer, lequel ?

Sachez qu’une simple goutte d’huile peut se répandre sur 1 km2.

Sources : 1Fi 278 le ruisseau de la Californie ; Fin 1996 : pollution, merci à † J. F. ; Inondations 4 octobre 2015.

 

ECOUTE POUR VOUS

La conférence La famille Von Derwies … de Nice à Cannes, faite par Mademoiselle Laredo.

Serge Von Derwies et son épouse Marina ont passé une grande partie de leur vie à Saint-Pétersbourg, tout en descendant à Cannes l’hiver. Ils louent d’abord la villa Mariposa puis achètent à la Californie la villa Les Mimosas. Ils mènent grand train, ils prennent part à toutes les mondanités de Cannes, donnent de grands dîners dans leur superbe villa. Une de leurs deux filles décède à Cannes en 1914. Au cimetière du Grand Jas ses parents ont fait construire une chapelle d’inspiration byzantine.

Tombe de la famille Baron Serge Von Derwies. Photo FV
Tombe de la famille Baron Serge Von Derwies. Photo FV

Tombe de la famille Baron Serge Von Derwies. Photo FV

En 1917, la révolution russe entraînant des difficultés financières, le baron vend une partie du parc de la propriété, puis la villa en 1927. Ils s’installent dans la villa Les Pins, boulevard Alexandre III, puis  au  Cannet, à la Ravine, ensuite à la villa Méditerranée, rue Commandant-Bret où le baron décède le 7 novembre 1943, son épouse le 30 octobre 1947. Cette dernière était d’une grande beauté, son portrait en pied par Alexandre Cabanel (huile sur toile 140 x 105) se trouve au musée Chéret à Nice. 

Ce complément est apporté par M. D. Publication des Amis des Archives et T.G.

 

ON NOUS COMMUNIQUE

Jeudi 27 avril : Journée à Vins-sur-Caramy et La Celle.

Le matin, visite du château de Vins-sur-Caramy en compagnie de son propriétaire, Déjeuner à Brignoles " Au Vieux Pressoir ".

L’après-midi, visite guidée de l’Abbaye médiévale de La Celle.

Pour tous renseignements ( 06 10 83 12 39.

Repost 0
15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 23:45

BILLET N° 83 MARS 2017

HOTEL DE L’EUROPE :

Di(s)gression, en souvenir d’un livre de Micheline Presle. J’ai raccompagné une amie à son domicile dans le quartier Saint-Nicolas, elle m’a dit qu’il s’agissait de l’hôtel de l’Europe dont voici l’histoire.

Hôtel de l’Europe. 31 rue Léon-Noël. Collection particulière.

Hôtel de l’Europe. 31 rue Léon-Noël. Collection particulière.

Il a été construit vers 1863. Il comprenait un bâtiment principal, un pavillon avec une verrière, ainsi qu’une annexe. Situé en plein midi, à mi-côte, vaste jardin, jeu de croquet. Cuisine bourgeoise soignée, vins premiers crus. Arrangements pour famille si séjour prolongé.

En 1865, son propriétaire est M. Roch. Puis les propriétaires seront quatre, Augier de Cannes, Martel de Cannes, Labat capitaine de Cavalerie en retraite de Nice, André Capitaine de Frégate dont le contrat de mariage stipulait que tous les biens à venir de la future épouse seront paraphernaux. En 1907, Jean Jouve, en son vivant maître d’hôtel, en fait l’acquisition.  A son décès, en 1910, son fils, Alfred, cède sa part à sa soeur Julie, future Madame Dupont qui le tiendra jusqu’en 1918.

Monogramme AJ au-dessus de la porte d’entrée. Photo MLR.

Monogramme AJ au-dessus de la porte d’entrée. Photo MLR.

Revendu cette année-là, L’Hôtel d’Europe devient alors la Villa l’Olivine. Au deuxième et au troisième étage des balcons sont aménagés. Elle se loue alors en appartements meublés.

Résidence L’Olivine. Photo MLR.

Résidence L’Olivine. Photo MLR.

Depuis plusieurs années, L’Olivine a été vendue en copropriété. Les palmiers devant la résidence sont toujours là, elle garde un charme désuet … même si sa superficie a terriblement rétréci.

Dans le rappel des servitudes de l’acte notarié, on peut lire : Les constructions qui pourront être édifiées … ne pourront jamais servir à l’établissement d’une maison de tolérance…et pour tout le restant de la propriété.

Sources : Chronique de l’Hôtellerie Cannoise. Archives Communales de Cannes.

                 Acte notarié de propriété

 

CE MOIS A CANNES : 

Du 22 au 24 mars 1930, l’Automobile Club féminin de France organise un rallye féminin au départ de Paris, place de la Concorde avec arrivée à Cannes. Ces dames devront effectuer une série d’épreuves, régularité, démarrage, freinage, marche arrière, ralenti et accélération. La comtesse de Ganay l’emporte sur Renault et Mlle Deutsch de la Meurthe sur Hispano-Suiza. Ces deux amazones couvrant la distance en moins de treize heures.

Sources : Côte d’Azur, Histoires des sports élégants. Publication Archives municipales de Cannes.

 

LIENS ANNEXES : JEAN- JACQUES ANTIER. La Côte d‘Azur, ombres et lumières. 1992

GAMBETTA, Grand Béta, à la gare de Cannes, fut enlevé prestement par Juliette ADAM (née Juliette Lambert) pour qu’il ne fut pas reconnu par la foule. Après le renversement de Thiers, il était très aimé du peuple qui se souvenait de son évasion en ballon de Paris assiégé. Le 2 janvier 1874, ils embarquaient avec l’ami Spuller pour aller déjeuner à Sainte-Marguerite. Beau mangeur, beau buveur, il ajoute la gaîté de son appétit à la gaîté du soleil et de l’enveloppement bleu. Puis ils visitèrent l’abbaye de Lérins. Gambetta, anticlérical militant, étonna tout le monde par ses connaissances religieuses…

 

HISTOIRES D’EAUX. (Suite) 

.

BILLET N° 83 MARS 2017

LA LÈPRE

La Lèpre coule sous l'avenue Isola Bella (partie haute), elle est visible dans la propriété privée Toscana à l'intersection de l’avenue Isola Bella, l’avenue Fiesole et de l’avenue Hightower.

La Lèpre, villa Toscana , avenue Fiesole. Photo F.V.

La Lèpre, villa Toscana , avenue Fiesole. Photo F.V.

L'insolite est cette roue à aube, elle est située sur l'actuel  filet d'eau de la Lèpre, dans le passé, la Lèpre avait-elle un débit plus important ou bien cette roue ne pouvait être qu’une "fabrique" du parc de la somptueuse villa Isola Bella lotie antérieurement et jamais  fonctionnelle...

Les résidents de ce quartier dénommé La Lèpre (beaucoup de propriétés appartenaient à des propriétaires teutons...avant la guerre de 1914), se sont plaints de cette appellation pas très flatteuse, (on pense tout de suite à un lieu où se trouvait une léproserie) et ont demandé une nouvelle appellation, c'est ainsi qu'on lui a donné le nom de Pierreval plus chantant que La Lèpre. Pierre Vouland, qui est une référence, attribue ce nom à un citoyen appelé Lèpre qui apparait dans les textes dès 1468, bien avant que ne soit enregistré le nom du lieu, 1624.

Puis elle est encore visible en bordure de deux propriétés toujours avenue Isola Bella un peu plus bas, après, elle est souterraine.

Tout cela parait confus, au lecteur d’en faire le tri. F.V.

LES GABRES

Nous arrivons aux Gabres dont le rond-point a fait l’effet d’une communication, (blog de janvier2016), elles signifient deux racines de cours d’eau.

Les Gabres avenue de Turkheim.

Les Gabres avenue de Turkheim.

Un bras se jette dans la propriété des Degrémont, l’actuelle résidence Beauséjour, avenue éponyme, l’autre longe le Grand-Hôtel.

LA BAUME n’est pas représentée sur la carte. C’est pourtant le nom de tout un quartier, le pont Alexandre III s’est appelé pont de la Baume à la création de la ligne de chemin de fer. Elle est captée par les Gabres et était mise en valeur dans la propriété Villa Madrid.

 

 

Photo aimablement communiquée par F.V.

Photo aimablement communiquée par F.V.

ON VOUS COMMUNIQUE

Samedi 18 : Valorisation d’un quartier : La Bocca. Visite organisée par la direction des Archives municipales avec notre participation. Entrée Libre à partir de 15 heures, salle de la Verrerie.

Samedi 25 : Assemblée générale de notre association à la Maison des Associations, 9 rue Louis-Braille, à 11 heures. Accueil à partir de 10h30. Repas au restaurant Le Jardin.

Mercredi 29 : Hommage aux photographes cannois : pour son 70e anniversaire, souvenirs du festival du film en son ancien palais.

Pour Cannes Bel-Age, salle Carnot à 14h30 diapo conférence par Irène Payan : En baie de Cannes, des régates de légende.

Repost 0
26 janvier 2017 4 26 /01 /janvier /2017 00:22

LES VITRINES

Les vitrines des agents immobiliers sont source d’inspiration pour une rubrique foncière : aujourd’hui,  la villa Bagatelle.

 Villa Bagatelle, 2 boulevard de l’Observatoire.

Villa Bagatelle, 2 boulevard de l’Observatoire.

Le duc de La Force en fut le commanditaire en 1928. Cette villa a coûté trois millions de francs-Poincaré. En 1939, le duc de La Force la met en vente, le prix est fixé à deux millions de francs, l’agence Andrau précisant « à débattre ». Elle est décrite comme une maison provençale Louis XVI en crépi rose sur un terrain de 13 000 m2 avec deux étages et ascenseur, aménagée au rez-de-chaussée pour de grandes réceptions, dans un cadre paradisiaque.

En 1942, le duc Caumont de La Force, de l’Académie française, se fait adresser son courrier à l’hôtel Gallia où il réside ayant mis sa villa en vente dès 1939. En 1945, la propriété appartient à monsieur Hefty, en 1949, elle possède toujours un petit pavillon de quatre pièces avec garage pour deux voitures mais n’est plus bâtie que sur 2 500 m2.

Benitez Rexach lui succède. C’est un richissime homme d’affaires portoricain devenu fou amoureux de la Môme Moineau qu’il épousa en 1929. Cette chanteuse de variétés va illustrer les soirées cannoises, petite marchande de fleurs devenue milliardaire.

 

Collection particulière

Collection particulière

L’architecte Gérard en 1976 modifie notablement la propriété qui possède maintenant trois bâtiments.

En 2002, Rafid Khalifa, pharmacien de formation, achète la propriété 37 millions d’euros. En 2001 elle avait été acquise par un promoteur parisien pour 16 millions d’euros.

C’est dans cette villa qu’est organisée une soirée des mille et une nuits, le 3 novembre 2002, au cours de laquelle trois cents VIP dont Sting, Depardieu, la nièce de G.W. Bush, Jack Lang, s’étaient retrouvés pour fêter le lancement de la chaîne KTV en France par Rafid Khalifa.

Un an plus tard, Rafid Khalifa revend la propriété pour 17 millions d’euros.

Le nouveau propriétaire serait un prince saoudien tandis que R. Khalifa est écroué en Grande-Bretagne. (Ce que j’écrivais en 2010).

 Et en 2013, c’est un banquier russe qui la rachète pour 21 millions d’euros.  

Sources : La France sans étoile de Philippe Erlanger.       

                AM Cannes 2S 986

                Nice-Matin novembre 2002

                Internet

 

COMPTE-RENDU PARTIEL ET PARTIAL

De la diapo-conférence du 10 décembre. Une documentation variée et surprenante comme cette lettre adressée par Marcel Pagnol au maire Cornut-Gentille.

De quoi donner aux absents des regrets.

BILLET N° 82 FÉVRIER 2017
BILLET N° 82 FÉVRIER 2017
BILLET N° 82 FÉVRIER 2017
BILLET N° 82 FÉVRIER 2017
BILLET N° 82 FÉVRIER 2017
BILLET N° 82 FÉVRIER 2017

HISTOIRE D’EAUX (suite)

Typographie et hydrographie

Typographie et hydrographie

LA FOUX

La Foux descend du Cannet et emprunte parfois la rue de la République comme en octobre 94, forte de ses affluents des Moulières et du Pézou.

On la laisse encore affleurer en plein cœur de Cannes (entre le quartier Saint-Nicolas et le lycée Jules-Ferry), cependant au cours des ans elle a été canalisée. Pour en régler le débit, elle est équipée dans sa partie souterraine de pompes qui déversent une partie de ses rejets plus ou moins propres dans le réseau d’assainissement classique afin de préserver la qualité des eaux puisqu’elle se jette sur la plage cannoise à la hauteur du palais des Festivals.

La Foux, rue de La Baronne. Photo MLR

La Foux, rue de La Baronne. Photo MLR

On a peine à imaginer que le niveau était à un mètre au-dessus de la rue, dans un magma de boue le 3 octobre 2015.

Elle a pour affluents, un grand mot, le ruisseau de Terrefial et le ruisseau de Bénéfiat qui est canalisé depuis les dernières constructions devant l’église du Prado.

Le ruisseau de Terrefial, avenue du Grand Pin. Photo MLR

Le ruisseau de Terrefial, avenue du Grand Pin. Photo MLR

En 1860, est établi un devis des travaux à faire pour réunir la chaussée de la rue de la Foux (qui deviendra la rue des Serbes en 1918) avec le chemin de la Croisette, murs de soutènement à faire pour préserver les remblais des eaux du torrent de la Foux de fortes vagues de la mer, aux abords du pont de la Foux, cela sera effectué avec de fortes dalles calcaires du pays, depuis la mer jusqu’au pont de la Peyrière.

La construction d’un radier dans le vallon de la Foux se fera par adjudication, le 1er avril 1880, à 2 heures en mairie. Dans « Ruggiero » juillet 1868, adjudication des travaux de l’égout collecteur du pont de la Foux à la jetée du port sur 1315 mètres.

Plan du pont de la Foux 1871. AM Cannes

Plan du pont de la Foux 1871. AM Cannes

N. B. : La villa Armand, la rue Armand n’existent pas, il s’agit de la villa Herman, nous sommes en 1871, une façon d’éviter un patriotisme exacerbé et belliqueux.

 En 1825, Louis Herman créa la Parfumerie de l’île Notre-Dame. On y distillait la fleur d’oranger. M. Herman était d’origine alsacienne, chevalier du Christ de Portugal. Il traça la rue à ses frais, la municipalité officialisa le nom de l’actuelle rue des Etats-Unis en 1874.

En 1841, Jean-François Reynaud désire installer une distillerie sur le terrain qui passe près du pont de la Foux, rue d’Antibes, ainsi qu’un atelier de salaisons. Onze ans plus tard, François Brun, originaire de Grasse vend, cède et transporte à Constant Herman, domicilié à Paris, une maison de bas en haut servant principalement d’atelier de parfumerie avec du côté du midi un jardin complanté de jasmin et du côté de l’est un laboratoire de distillation avec puits, réservoir et dépendances. M. Brun l’avait acquis de Gaspard Rigal en 1847, la partie cultivable ayant été acquise d’Honoré Saissy. Ce fut un paiement comptant en espèces sonnantes de 25 000 francs pour le dit immeuble et ses dépendances préalablement estimés par des amis communs d’icelles.

Le guide Pinatel indique 6 morts par suite d’inondations en 1895 : … Un drame terrible se passait dans cette gorge encombrée de maisons (actuel boulevard de la République), le long d’un boulevard trop étroit, parcouru par le torrent de la Foux roulant dans un lit trop serré, tantôt sous des voûtes trop basses tantôt à travers des ponts multiples et sans hauteur, tantôt sous des arcades d’une largeur plus qu’insuffisante…

En 1914, un résident cannois se plaint auprès du maire : une odeur pestilentielle et de dépotoir de tous les immondices malsains que l’on pense et même les bains des teinturiers du Cannet dont l’eau est saturée en rouge ou noir au gré des teintures… les eaux provenant des moulins à ressences et des fabriques de parfumerie sont-elles considérées comme nuisibles auquel cas il faudrait les interdire.

En 1953, la Foux traversait la place du Commandant Maria en souterrain pour sortir au boulevard d’Alsace à proximité du passage à niveau Chabaud (passage actuel pour piétons à la hauteur de la rue Hadad-Simon), elle repassait ensuite entre les maisons, à ciel ouvert, et se jetait à la mer au « droit de la rue des Etats-Unis » répandant de mauvaises odeurs et offrant à la vue des détritus divers et variés. La Foux sera recouverte provisoirement d’une plate-forme en béton armée sur une longueur de 22 m. et une largeur moyenne de 6 m.

C’est seulement en 1958 qu’il est envisagé sérieusement de recouvrir le dernier tronçon entre la rue d’Antibes et la mer.

 Photo M.L.R.

Photo M.L.R.

Sources : Nice-Matin 2012

                AM Cannes 102 W 17, séance extraordinaire du Conseil Municipal.

                AM Cannes 2 O 36, 5 J 55.

                Histoire de Cannes sous la direction d’Alain Ruggiero.

                Au fil des ans, le Quartier de la République. Amis des archives, article d’A. Cayrol.

 P.S. Une note plus odorante : la source de la Foux servait à tanner les cuirs et arroser les champs de fleurs, traversant la propriété Les Fontaines parfumées. Au XIIe siècle, l’eau s’écoulait à travers la ville de Grasse dégageant une agréable odeur, ce qui a inspiré pour le nom de la bâtisse. Nice-Matin, dans son numéro du 2 septembre 2016 nous apprend que « Louis Vuitton » se met au parfum à Grasse. Acquises en 2013 par LVMH, Les Fontaines parfumées ont été entièrement rénovées, il s’agit des ateliers des parfumeurs pour Louis Vuitton et Dior. Cette Foux n’est pas cannoise, elle emprunte le mot provençal qui désigne un mini défilé dans lequel coule de l’eau.

 

CE MOIS À CANNES

La Saison de Cannes, mardi 16 février 1926.

Le match devait avoir lieu à 11 heures. A 7 heures du matin, le club était déjà en activité… Dans la rue Pasteur qui limite le fond du court, des preneurs de vue cinématographiques amenèrent vers 7 heures la plateforme que les employés des tramways utilisent pour réparer les fils…

Il n’y a plus une place à prendre à n’importe quel prix… Un Portugais arrivé dans la nuit de son pays offre 1000 francs pour rentrer et se fait expulser par les agents lassés de son insistance.

10 heures, des agents montent sur les toits et dans les arbres pour déloger les resquilleurs qui tentent de trouver une place confortable et gratuite… Les tuiles du toit disparaissent peu à peu et sont remplacées par des têtes hilares qui sont parvenues à narguer la police… 10h1/2, les barrages de police sont débordés, des énergumènes crèvent le grillage…

11 heures, Suzanne Lenglen, pâle sous sa poudre, puis Miss Willis pénètrent sur le court.

Suzanne Lenglen et Miss Willis. Photo aimablement communiquée par M. D.

Suzanne Lenglen et Miss Willis. Photo aimablement communiquée par M. D.

MICHELE MORGAN est décédée le 20 décembre 2016. Henry-Jean Servat raconte dans Nice-Matin le 22 décembre 2016 : Durant les heures sombres de la France occupée, quand il y a eu la ligne de démarcation, elles (il s’agit de Michèle Morgan, Micheline Presle et Danielle Darrieux) sont venues s’installer en zone libre dans le Sud. Elles résidaient au Grand Hôtel, dont le propriétaire était le père de Louis Jourdan.

Avec Quai des Brumes, elle avait atteint la célébrité, Dans le scénario, Prévert avait écrit : « t’as de jolies jambes », mais Gabin a improvisé à son gré…

Elle choisit le rêve américain plutôt que le cauchemar nazi, Michèle avait tourné un film à Berlin en 1938, L’Entraîneuse…elle a traversé la ville après la fameuse nuit de cristal, elle a serré fort la main de François Perier. Elle avait compris que les temps seraient terribles en Europe.

Un contrat avec la RKO en poche, Michèle Morgan traverse l’Atlantique... Elle est partie de Cannes un beau matin, seule à 18 ans, pour rallier Perpignan en train, puis prendre un bateau pour New York depuis Lisbonne.

1946 : Michèle Morgan et Jean Cocteau dans la première édition du Festival. Photo Ladepêche.fr

1946 : Michèle Morgan et Jean Cocteau dans la première édition du Festival. Photo Ladepêche.fr

Ouverture du Festival de Cannes en 1946, Prix d’interprétation pour La Symphonie pastorale.

ON NOUS COMMUNIQUE

Vendredi 24 février : Conférence par Mademoiselle Laredo, La famille Von Derwies de château en villa : de Nice à Cannes. Cercle Villa Vera, 41 avenue de Vallauris à 15 heures. Goûter de crêpes.

Pour tous renseignements ( 06 10 83 12 39.

Repost 0
15 décembre 2016 4 15 /12 /décembre /2016 01:03

LE ROND-POINT DU PONT DES GABRES

Il n’a pas de nom sur le plan mais sa fontaine décorative a été faite à la mémoire du général Maubert.

C’est le 16 mars 1990 que par délibération du conseil municipal le projet de cet ilot central a vu le jour. Le coût a été estimé à 700 000 francs, il fallait prévoir l’alimentation en eau, la fontainerie, les vidanges, l’éclairage.

Le placage de l’ossature métallique qui constitue l’arche centrale est une pierre marbrière « rose du Portugal ». Les quatre motifs périphériques en pierre de Bassonville sont composés chacun de deux pyramides juxtaposées et de deux lames métalliques.

C’est la société LCE Fontaines et Jets d’eau qui remporte le marché, l’architecte étant Gilles Amphoux, de Sommières.

Place Maubert. MLR

Place Maubert. MLR

La famille Maubert à l’honneur : en 1880, le grand-père du général Maubert, verrier à l’usine qui fonctionnait au château de La Napoule, s’installe à Cannes et crée un négoce de gros pour la verrerie. Cette activité occupe quarante ouvriers verriers et vanniers au fond du bâtiment. En façade un important magasin de porcelaine, cristaux, orfèvrerie.

Il aura deux fils dont Paul Maubert, le père de Paul-Maxime-Jean, notre héros.

La maison Maubert, 154 rue d’Antibes. MLR

La maison Maubert, 154 rue d’Antibes. MLR

Le futur général Paul Maubert s’engage dans l’armée en 1917 et obtient sa première citation. Il participera à la libération de l’Alsace en 1944 puis prend le commandement de l’artillerie en Afrique équatoriale. Il cesse le service actif en 1957. Commandeur de la Légion d’honneur, Croix de guerre 14-18, 39-45 avec palme, Croix de combattant volontaire. Médaille coloniale, Cannes se devait de l’honorer. Il meurt à Cannes.

 

CE MOIS A CANNES

27 janvier 1924 : signature de la donation par Madame la Vicomtesse de Solignac-Fénelon et de Oleg Tripet-Skryptzine d’une bande de terrain faisant communiquer la route d’Antibes au boulevard Alexandre III ainsi que du rond-point boisé contenant un monument élevé par le père des donateurs à la mémoire de son épouse ; il portera son nom « square Alexandra ».

Square Alexandra. MLR

Square Alexandra. MLR

LIENS ANNEXES : PIERRE GIUGLARIS. Si La Bocca m’était contée.

L’auteur évoque l’implantation de mûriers, il y a presque 150 ans, le long du boulevard de Coubertin rejoignant le quartier Saint-Joseph à la RN 7. Ils appartenaient à la propriété AUTRAN pour l’élevage des vers à soie. Quand, vers 1965, l’ensemble des logements sociaux des Mûriers a été construit à proximité de la Frayère, il a fallu surélever les constructions et les routes. Plus le niveau du sol montait, plus les mûriers rapetissaient, ils étaient bien plus grands à l’origine qu’aujourd’hui. Il a fallu stopper le remblayage sous peine de voir les mûriers s’étouffer. Les services municipaux et espaces verts procèdent tous les trois ans à un élagage et veillent à leur entretien.

Ce livre a été écrit en 2004, nous avons cherché en vain l’avenue des mûriers mais avons trouvé à proximité un square récent planté de, devinez quoi….

BILLET N° 81 JANVIER 2017

Aux Archives municipales, côte 3F 26, le sous-préfet de l’arrondissement de Grasse, dans une lettre adressée à la mairie de Cannes le 22 juin 1812, demande la quantité de cocons bouillis dans notre commune, le prix moyen auquel ils ont été payés, la quantité de kilogrammes de soyes  qui ont été filés et le prix moyen auquel elle a été vendue. Nous n’avons pas la réponse.

Il insiste le 19 avril 1813 dans une lettre relative à la plantation de la culture de la soie blanche… Un grand nombre de cultivateurs s’y livrent avec zèle et intelligence…Vous voudrez bien prévenir les personnes de votre commune qui vous paraîtrons à même d’en faire usage, je leur ferai parvenir de la graine de ver à soie et leur fournirai les instructions nécessaires. Le ministre des manufactures et du Commerce accordera ses encouragements. Il ne fait pas état de l’implantation des mûriers !

Mûrier alba.

Mûrier alba.

COMPLEMENTS D’ENQUETE

Nous avons eu une vidéo-conférence animée par Madame Fernande. Grac, dans le cadre des activités du Bel Age de la ville, sur le Suquet. Les illustrations étaient abondantes, prêtées par Irène Payan. Celle-ci dessous manquait au blog du mois dernier, c’est chose faite.

Le lac du Riou. Communication Irène Payan.

Le lac du Riou. Communication Irène Payan.

HISTOIRES D’EAUX suite

 Nous quittons le Riou et nous nous intéressons au Châtaignier.

Le Châtaignier où aboutissent les ruisseaux Petit Juas et Vallergues, aujourd’hui totalement artificialisé, draine toute la partie de l’agglomération située entre les Vallergues (à seulement quelques mètres sous terre) et le haut du boulevard Carnot; il passe sous Monoprix et jusqu’au Palais des Festivals. Il circule  dans un souterrain mais il n’en a pas toujours été ainsi.

Dans une lettre adressée au préfet en 1826, les commerçants et les riverains du quartier évoquent l’écoulement dans le vallon : le chemin qui de Cannes conduit au Cannet, est traversé par un torrent qui coule du nord au midi et dans lequel se dégorgent toutes les eaux qui coulent dans ce chemin, de manière qu’en temps de pluie, il est transformé en rivière.

Le cours d’eau évolue alors à ciel ouvert : Il existe sur ce torrent un pont très bas et des ouvertures pour l’écoulement des eaux qui arrivent de chaque côté et qui présentent un volume conséquent puisqu’au mois d’août 1825, ces eaux s’élevaient dans ce chemin à une hauteur de dix pieds. Il faudra attendre 1863 pour trouver les premières traces de recouvrement. Dans une lettre adressée au préfet un riverain demande l’autorisation de voûter le dit vallon sur une partie de son parcours.

Les vallons sont restés privés à 70%. Quand on inspecte le souterrain, les hauteurs sont variables et la manière de recouvrir le torrent aussi. Quand c’est un bel ouvrage en pierre, c’est un ouvrage public, autrement, chaque propriétaire fait à sa manière. Quant à la hauteur, elle varie de 2,5 mètres à 1,20 mètres. La quête des surfaces de terrains à construire a fini par enfouir le vallon.

Et pourtant, jadis, les Cannois allaient y chercher des écrevisses.

LE POUSSIAT :

Tire son nom de son embouchure, au niveau de l’actuel hôtel de ville, les pointus étaient tirés, poussés, dans cette anse protégée… à moins que ce nom vienne de pieu, des poteaux étaient enfoncés en terre pour y amarrer les embarcations.

Le Poussiat, ce n’est pas un cours d’eau mais des eaux d’infiltration qui ne se regroupent pas et qui  rendaient immonde le quartier de l’actuel marché Fortville.

Marché Fortville, une entrée.

Marché Fortville, une entrée.

Source : Nice-Matin, 1er novembre 2012 et sources précédentes.

10 pieds équivalent à peu près à 3 mètres.

ON NOUS COMMUNIQUE

Jeudi 12, à la chapelle Bellini à 16 h 30 conférence Les Indiens de la Terre de feu par Nicole Sabbagh. La conférence sera suivie d’un goûter.

Jeudi 16, à 15 h, la galette des rois à l’hôtel Martinez est offerte par la direction de l’hôtel aux membres des Amis des archives. Madame M.C. Boudaud retracera l’histoire du palace.

Pour tous renseignements 06 10 83 12 39.

Essayons de tourner la page et de faire ensemble de cette année qui commence une belle année en cultivant amitié et #Respect.

Repost 0
Published by mlr
commenter cet article
22 novembre 2016 2 22 /11 /novembre /2016 23:44

PETIT PAPA NOËL, pas tout à fait, VILLA LIBRA

C’est sur les hauteurs de Cannes, dans la villa Libra, que Tino Rossi vécut à la fin des années 1930. Entourée d’un jardin splendide, la maison bénéficie d’une vue unique sur la mer. Elle était devenue villa Catari. Sur les documents d’archives, on la reconnaît parfaitement, avec ses murs ocre et ses fenêtres arrondies.

Celle que l’on appelle aujourd’hui la villa Libra continue d’offrir une vue imprenable sur Cannes, la Méditerranée et l’Esterel. Un panorama exceptionnel que l’on doit à sa position dominante, sur les hauteurs de la cité cannoise, 3 avenue Monticelli.

Villa Libra

Villa Libra

               Construite durant les années 1930 dans le style Art déco, elle eut un occupant de renom, le marquis de Cuevas. En 1938, la sublime actrice Mireille Balin acquiert la villa Libra pour y inviter son nouveau compagnon, Tino Rossi, également son partenaire dans Naples au baiser de feu, le film d’Augusto Genina, avec également Michel Simon et Viviane Romance. Elle nomme sa nouvelle maison Catari en hommage à la chanson de Tino Rossi. Quand le couple se sépare, en septembre 1941, l’inoubliable interprète de Marinella reprend sa liberté. Mais il veillera toujours avec discrétion sur Mireille Balin.

                « Totalement restaurée, cette villa chargée d’histoire offre aujourd’hui près de 580 m2 habitables sur 3 niveaux », souligne-t-on chez John Taylor. « Au rez-de-chaussée, on découvre la vaste entrée, le bureau-bibliothèque, un salon avec cheminée, la salle à manger, ainsi qu’une cuisine délicieusement contemporaine, le tout s’ouvrant sur une magnifique terrasse. Autant de pièces à la fois spacieuses – 3,5 m de hauteur sous plafond – et lumineuses, où les éléments d’époque (parquets, moulures, balcons en fer forgé) apportent tout leur cachet. De son côté, le rez-de-jardin abrite un salon supplémentaire, cinq chambres et autant de salles de bains. Enfin, au premier étage, la chambre de maître, en suite, avec sa salle de bains et deux dressings (100 m2 environ), se prolonge par une deuxième terrasse : un espace sublime, hors du temps, à la fois protégé et au soleil, avec sa fontaine et son sol en pierre. Idéalement située dans le quartier résidentiel de la Californie, à Cannes, cette propriété est agrémentée d’un jardin verdoyant, d’une grande piscine avec pool-house en contrebas. Un appartement de gardiens, deux garages et deux emplacements de voitures complètent ce bien exceptionnel ».

 

HISTOIRE D'EAUX (suite)

BILLET N° 80 DÉCEMBRE 2016

VALLON PROVENÇAL : les nombreux vallons du quartier offrent une exposition idéale pour les cultures. Ils sont le plus souvent à sec mais permettent tout de même une irrigation dans cette région aride. Les familles Ardisson et Provensal se partagent l’ensemble des terres depuis La Bocca jusqu’au port. Pierre Provensal occupe dix hectares depuis la colline jusqu’au bord de mer. Le duc de Vallombrosa, E. Gougoltz, Thomas Woolfield construisent leurs puits pour l’irrigation de leurs jardins après avoir reçu l’accord du préfet.

Source : Les Hivernants de Cannes de 1835 à 1870. Mémoire de Valérie Collairo.

LE RIOU : Le vallon du Riou prend à la fois naissance dans la zone dite des Cougoussoles/Ponchude et dans la zone du Four à Chaux (carrières de Cougoussoles). C’est une arborescence mal définie sur les plans géo-hydrologiques. Les sondages profonds, lors de la construction de la place Foch à Le Cannet ont montré que son lit hydraulique se situe aux environs de moins trente mètres.

Le Riou rentre dans Cannes. Qui pourrait localiser le lac de la Ressence Barbe ? C’est un lac de réserve d’eau qui servait à alimenter le moulin à eau situé en contrebas. Il est alimenté par le Riou et il est question, en 1882, de le supprimer. C’est la Société Anonyme Immobilière de Cannes dont le directeur est le docteur Louis Nouveau, propriétaire de l’hôtel Continental, qui le suggère.

Le 10 mai 1883 est envisagé la transformation de l’ancien cimetière des Suisses en jardin public et le voûtage du Riou aux abords du Pont Romain avec un défonçage de l’ancien cimetière des Suisses à 1,5 mètre de profondeur pour que les racines des arbres puissent s’y développer à l’aise.

J. Taylor a déjà cédé une parcelle de son terrain (entre le vallon du Riou et le boulevard du Riou) d’une largeur de 12 mètres en face de la villa appartenant à la Société Immobilière.

Le 20 mai, la SIM est autorisée à dévier une partie du ruisseau et des voûtes et s’engage à maintenir cette déviation sur toute sa longueur. Il devient encaissé dans une rue de douze mètres partant du pont actuel du Riou et allant jusqu’au pont Romain.

En 1928, le Pont Romain est détruit.

Il a été envisagé un bassin de rétention d’eau, il n’a jamais été construit (émission tv).

Le Riou, derrière le square Mistral. Photo MLR.

Le Riou, derrière le square Mistral. Photo MLR.

Le dernier « épisode méditerranéen » qui signifie « grande capacité d’énergie à l’échelle d’un petit périmètre passant à travers les mailles de la météorologie » a transformé le Riou le 4 octobre 2016. Il a réussi à dresser les voitures stationnées les unes sur les autres, à envahir les propriétés voisines, sa boue s’engouffrant sur les voitures de leurs parkings, les enlisant sous 30 cm et noyant les sous-sols des immeubles alentour. 

Sources : Archives municipales 2 0 10,

                Fonds Dumez,

               « Le Républicain » journal de l’arrondissement de Grasse, 21 décembre 1883,

               M. Nesa, directeur Général des services techniques de Le Cannet,

               M. Bertrand, Annales de la Société Scientifique et Littéraire N°1.

 

CE MOIS À CANNES :

"Le soir de la deuxième fête de Noël toute la jeunesse cannoise se rendait à la Fouio, (feuille en Provençal), la voirie où maintenant passe le chemin de fer et le boulevard Jean Ibert au pied des dunes et jouait au Castelot. Le Castelet était connu des Romains, décrit par Ovide, le jeu de la dispersion. On plaçait une noix sur trois autres noix qui lui servait de piédestal et devant le Castelet on faisait une petite fosse. A quinze pas, on tirait sur le Castelet avec des noix. Toutes les noix qui tombaient dans la fosse appartenaient au maître du jeu. Celui qui abattait le Castelet gagnait quatre noix et rebâtissait le Castelet. On y a joué jusqu’en 1850, avec les travaux des Chemins de fer, cela ne devait plus être comme avant" ... air connu...

 

LE MUSÉE DE LA CASTRE

Au cours des Journées du Patrimoine, nous avons pu découvrir, en réalité redécouvrir, des œuvres des îles Marquises présentées isolées à la manière d’une sculpture de Matisse ou de Moore. Les « sauvages » ont-ils voulu concevoir une œuvre d’art ? Nul ne le sait, les îles Marquises ont été pillées par leurs découvreurs, il ne reste plus de « mémoire » chez leurs habitants et sans nul doute la richesse du musée de La Castre peut inciter à des revendications !

Tiki, Carte postale, musée de La Castre.

Tiki, Carte postale, musée de La Castre.

 Rareté aussi d’une « tête tatouée » maori de Nouvelle-Zélande qui risque de nuire au culte de l’âme des ancêtres. Même sans la visite guidée par le conservateur C. Roustan Delatour, nous espérons vous avoir fait une invitation à la visite du musée.

 

FRANCOIS THEVENIN (1931-2016) : On vit parfois près d’un grand artiste, à la lecture de Nice-Matin du 21 octobre 2016 on découvre : l’atelier de François Thévenin était situé 14 allée Font-de-Veyre, à l’ouest de Cannes.

Quelques-unes de ses œuvres. Photo Drouot.

Quelques-unes de ses œuvres. Photo Drouot.

François Thévenin fut élève des Beaux-Arts à Paris, c’est là qu’il rencontra sa future femme, Sido, qui l’accompagnera toute sa vie dans l’épanouissement commun de leur art. En 1955 ils eurent un fils, Dominique.

Le couple s’installe en 1958 dans la maison-atelier du vallon de Font-de-Veyre. Jacques Couëlle, l’architecte des milliardaires et ami, commence le village de Castellaras entre Mougins et Mouans-Sartoux. Il fait appel à eux pour décorer et meubler la « maison paysage », un habitat parfaitement intégré dans la nature.

Applique en bronze 1979. Cliché Art net.

Applique en bronze 1979. Cliché Art net.

François Thévenin emploie le laiton travaillé au marteau, fréquentant les chaudronniers et les ferronniers si nombreux alors à La Bocca.

Le Clos du paradis. Nice-Matin 21 octobre 2016.

Le Clos du paradis. Nice-Matin 21 octobre 2016.

Le couple finit une vie discrète, (Sido décède en 1986) dans la villa le Clos du paradis boulevard Sainte-Marguerite dans la Californie dans un cadre tel qu’ils l’avaient rêvé.

 

ON NOUS COMMUNIQUE

Samedi 10 décembre : Quand écrivains et peintres puisent leur inspiration à l’île Sainte-Marguerite, diapo conférence par des membres de notre atelier de recherches, suivie du pot de fin d’année. Rendez-vous 15h45, Maison des Associations, 9 rue Louis-Braille à Cannes.

Pour tous renseignements tel : 06 10 83 12 29

Repost 0
Published by mlr
commenter cet article

Présentation

Recherche

Pages

Liens